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cessenon
Description du blog :
Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
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Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
07.11.2009

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La conférence de Copenhague au cercle populaire

Publié le 07/11/2009 à 14:27 par cessenon
La conférence de Copenhague au cercle populaire

 

 

Les « écologiquement faibles » n’ont pas encore tout compris !

Puisse la présente synthèse faire progresser leur niveau de conscience

Qui pour l’heure ne ferait pas déborder un dé à coudre !

 

Oui, c’était le sujet retenu pour ce repas à thème du vendredi 6 novembre. Evidemment un sujet en lien avec l’actualité puisque la conférence de Copenhague, organisée par l’ONU, va se tenir en décembre 2009.

Le cercle avait invité un intervenant, Paul Sindic, auteur d’un livre non encore édité, qui a fait un exposé préliminaire devant quelque 45 participants à la soirée.

Il a mis l’accent sur deux points : la réalité du réchauffement climatique dû à l’émission de gaz à effet de serre, la famine et la maladie qui tuent chaque année entre 7 et 8 millions de personnes, soit 150 millions au cours des vingt dernières années. Une manière de génocide a-t-il commenté !

Des précisions ont été apportées sur l’organisme international qui a alerté l’opinion publique sur les effets prévisibles de ce réchauffement. Au-delà d’une augmentation de 2°C la situation ne sera plus maitrisable estiment les spécialistes. L’Afrique du Nord et les zones subtropicales deviendront un désert et il faut s’attendre à des migrations de populations qui ne supporteront plus leurs conditions de vie.

La question de la réduction des émanations de gaz à effet de serre est donc incontournable et le protocole de Kyoto avait jeté les bases des impératifs auxquels devraient se soumettre les puissances industrielles. Quelques années après Kyoto l’état des lieux montre les graves insuffisances des mesures réellement prises.

Le problème présente plusieurs aspects et la question du développement humain est elle aussi incontournable. Les réponses ne peuvent se réduire à une aide ponctuelle aux individus leur permettant d’avoir un minimum d’énergie électrique pour faire face aux besoins élémentaires. Ce qui est nécessaire c’est la création d’infrastructures collectives (routes, chemin de fer, écoles, hôpitaux…)

Il faut naturellement résoudre le problème avec d’autres méthodes que celles qui sont la cause du réchauffement climatique. A coup sûr ces solutions demandent des investissements considérables et des garanties quant aux réalisations et à leur fonctionnement.

La discussion, très ouverte, a permis au conférencier de développer ce qui est en cause dans la dégradation de l’environnement. En fait c’est la logique même du système qui est source des désordres que l’on constate au plan écologique. Cette logique n’a certainement pas pour objet la satisfaction des besoins des hommes mais la recherche du profit le plus grand dans le temps le plus bref. Aucune exigence pour ce qui est du transport du pétrole par exemple qui se fait avec des cargos atteints par la limite d’âge, aucune précaution pour la sureté du personnel et des populations quand la gestion des centrales nucléaires est confiée à des sociétés privées… le reste à l’avenant !

Le capitalisme, puisqu’il faut l’appeler par son nom, a la capacité de détourner à son avantage les inquiétudes légitimes des citoyens. On en a l’illustration avec la taxe carbone, ainsi qu’avec les dispositions proposées, via par notamment les éoliennes ou les panneaux solaires, pour faire du profit sans rien résoudre quant au fond. Il y a même une tentative de culpabiliser le consommateur alors que le système pousse à la consommation, trouvant intérêt à produire du matériel qui se périme, qu’il faut remplacer rapidement et jeter aux orties le plus rapidement possible.

C’est une autre logique qu’il faut mettre en œuvre, celle d’un développement humain durable, respectueux de la nature, des réserves qu’elle contient, qui refuse le gâchis et condamne l’irresponsabilité de ceux qui n’ont en fait qu’une exigence, celle de la rentabilité du capital. Etre écologique aujourd’hui de manière conséquente c’est s’en prendre à une conception de l’économie et des relations sociales qui fait au quotidien la preuve de sa nocivité.

Ah, certes ce n’est pas la voie de la facilité qui est ouverte ici mais l’ampleur des difficultés appelle à une prise de conscience dépassant et de loin les recettes sans effet qui nous sont présentées par une idéologie dominante qui se camoufle sous le masque des légitimes aspirations à un monde plus soucieux de la qualité de l’environnement que celui dans lequel nous sommes.

La référence au dépassement du capitalisme qui a été l’objet d’un échange mériterait un approfondissement. S’il s’agit de considérer que ce système est dépassé par l’histoire nous pouvons souscrire, malheureusement certains dirigeants du parti communiste ont utilisé l’expression pour justifier leurs renoncements et leurs abandons

Devant la longueur du débat Christiane, avait du souci pour ses lentilles qu’elle craignait de voir réduites en bouillie. Mais non, il paraît qu’elles étaient excellentes, à tel point qu’un quidam qui passait dans la rue aurait volontiers lorgné sur la portion des uns ou des autres !

 

 


Raimond-Roger Trencavel a-t-il été assassiné ?

Publié le 06/11/2009 à 12:01 par cessenon
Raimond-Roger Trencavel a-t-il été assassiné ?

 

 

C’était le thème d’une conférence croisée donnée au CIRDOC le jeudi 5 novembre par Jean Sagnes et Philippe Hammel devant un auditoire nombreux et attentif.

Jean Sagnes a rappelé le contexte : Raimond Roger Trencavel est à la tête de cinq vicomtés : Carcassonne, Béziers, Albi, le Razès (la région de Limoux). Deux sont des fiefs du comte de Toulouse, les deux autres du comte de Barcelone, roi d’Aragon.

En fait le système féodal hiérarchisé entre suzerains et vassaux est ici inextricable. Le comte de Toulouse par exemple doit l’hommage au roi de France pour ses terres toulousaines mais celles de Provence dont il est marquis sont sous la souveraineté du Saint Empire germanique.

C’est un regard original que porte Jean Sagnes sur le catharisme. Ceux qui s’en réclament se considèrent comme chrétiens, « bons chrétiens » même ! Ils sont d’ailleurs jugés comme tels par les catholiques qui les côtoient.

Il sera rappelé que déjà en 1204 une croisade a déjà affronté, avec la prise de Constantinople, des chrétiens, certes orthodoxes. Le pouvoir temporel de l’Eglise est illustré lors de la croisade des Albigeois par le fait que le commandement militaire est confié à un religieux. Un siècle plus tard Philippe IV le Bel reprendra la main avec la liquidation des Templiers et l’installation du Pape en Avignon.

Le statut de la femme en terre occitane est sensiblement différent de ce qu’il est sous d’autres latitudes. Sans dire qu’il y a égalité des sexes, elle a cependant le pouvoir de gérer ses biens, de les transmettre… C’est une autre question, mais la femme inspire les poètes / musiciens qui chantent le fin’amor.

Jean Sagnes fera état du rôle des chevaliers dans les cités. Hommes de guerre ils ont donné naissance à la noblesse qui a conquis ses biens et ses titres à la pointe de l’épée. On les retrouve souvent consuls.

Philippe Hammel va enchaîner avec l’étude du personnage de Raimond-Roger Trencavel et de son histoire. En 1209 il a 24 ans. C’est un bel homme qui n’a participé à aucune bataille, soucieux d’augmenter son patrimoine par l’achat de terre, ce qu’atteste le cartulaire des Trencavel. Par deux fois il choisit la guerre, la première en Arles, lors de l’avancée de l’armée des Croisés, la seconde devant Carcassonne.

Il a quitté Béziers la veille du sac de la ville avec des compagnons d’armes, des juifs, et probablement d'autres habitants dont on ne connaît pas l'appartenance religieuse qui avaient mesuré le danger qu’ils couraient à y rester. Il s’est réfugié dans Carcassonne qu’il entend défendre contre les Croisés qui assiègent la ville le 1er août. Du côté de ceux-ci l’affaire n’est pas gagnée, les barons souhaitent lever le camp avec la fin de la quarantaine qui se dessine.

L’intervention de Pierre II d’Aragon, le suzerain de Trencavel, se limita à une tentative de médiation. Arnaud Amaury, pour l’heure toujours chef militaire des Croisés, usa semble-t-il de traîtrise pour se rendre maître de la personne du vicomte Trencavel. Celui-ci fut donc fait prisonnier le 15 août dans une tour de son propre château.

D’après l’histoire languedocienne de Don Vayssette et Devic, deux moines bénédictins, écrite au 18ème siècle, qu’a consultée Philippe Hammel, la population de Carcassonne avait pu s’enfuir par un souterrain (à la grande colère d’Arnaud Amaury qui aurait peut-être souhaité leur faire connaître le même sort qu’aux Biterrois !)

Quoi qu’il en soit Raimond-Roger Trencavel meurt dans son cachot le 10 novembre 1209, de dysenterie affirme la Chanson de la Croisade mais l’opinion publique de l’époque estime qu’il a pu être assassiné sur ordre de Simon de Montfort qui accepte de devenir vicomte de Carcassonne. Evidemment la mort de Trencavel a facilité les choses aussi on peut légitimement s’interroger sur les causes du décès.

Jean Sagnes reprendra la parole pour quelques compléments sur notamment le lignage des Trencavel. Raimond-Roger est l’arrière-petit-fils d’un roi de France, Louis VI, il est le neveu de Raymond VI, le puissant comte de Toulouse, il est parent avec les grandes familles d’Europe, y compris avec le roi d’Angleterre… mais les intérêts sont plus forts que les liens familiaux, on l’a d’ailleurs vu pendant la guerre de 14 / 18, l’empereur Guillaume n’était autre que le petit-fils de la reine d’Angleterre, cela n’a pas empêché les peuples de s’étriper !

Il sera fait état aussi, de l’exécution en 1167, dans l’église de la Madeleine, de Raimond Trencavel, le grand-père de Raimond-Roger et de la reprise de la ville par Roger, le fils du vicomte assassiné.

On aura des détails sur l’évolution des sceaux des vicomtes de Béziers, le dernier ayant été, comme c’était la tradition, brisé par Raimond, le fils de Raimond-Roger, qui après diverses tentatives pour recouvrer les terres de son père, dut les abandonner au roi de France en 1247.

Un bouquet de fleurs a symboliquement été accroché par le responsable de l’organisation « Iniciativas 1209-2009 »à la plaque apposée sur la façade du CIRDOC et dévoilée le 22 juillet 1209 cependant que Claude Alranq a commenté qu’était ainsi honoré, à deux pas de la maison natale de Jean Moulin, un autre résistant.

Le verre de l’amitié terminait cette dernière, et toujours heureuse, initiative du CIRDOC pour la commémoration de 1209 cependant qu’à 21 h était présenté aux Franciscains la pièce de théâtre « Catharsis sound maquina » de Claude Alranq.

 

 

 

Qui était Louis Malbosc ?

Publié le 05/11/2009 à 11:25 par cessenon
Qui était Louis Malbosc ?

 

 

A Béziers à l’école Mairan une plaque honore la mémoire de Louis Malbosc où il a été instituteur pendant plus de vingt ans.

Louis Malbosc est Franc-maçon et plus précisément vénérable de la Réunion des Amis Choisis (une loge du Grand Orient de France, obédience de la Franc-maçonnerie bien implantée à Béziers). A ce titre, et comme beaucoup d’autres, il est révoqué par le régime de Vichy en 1941.

Si tous les Francs-maçons n’entrent pas dans la Résistance, Louis Malbosc le fait. Il prend la tête du réseau de renseignement Alliances. Il sera arrêté le 1er février 1944 par la gestapo, déporté à Karlsruhe, torturé et fusillé le 1er avril de la même année.

Une rue porte son nom dans le quartier de La Grangette. Il faut dire qu’ici tout un ensemble de rues est dédié à des martyrs de la Résistance.

Au faubourg, une école aujourd’hui désaffectée, était appelée Ecole Louis Malbosc. Il me semble que c’était un établissement pour élèves handicapés. Cette école avait été utilisée par la suite pour les activités du centre de loisirs de l’association Faubourg-relais mais avait subi des dégâts consécutifs à une crue de l’Orb.

Monsieur Matthieu, Verdier l’actuel directeur de l’école Mairan, a prévu une cérémonie le samedi 12 décembre pour rendre hommage à Louis Malbosc. Des dispositions ont été prises à cet effet.

 

Il était une fois...

Publié le 04/11/2009 à 10:00 par cessenon
Il était une fois...

 

 

... De La Salvetat sur Agout au Pont de l'Arn.

C’est le titre d’un livre écrit par Christiane Guiraud. C’est la saga de sa famille qui nous est contée. Elle commence en 1844 par une histoire émouvante. Nous sommes à Caumezelles, une grosse ferme qui appartenait aux grands-parents maternels de Pierre Escande lequel vit à Murviel les Béziers.

En ces premiers jours de mai 1844 une dame habillée de noir se présente devant Caumezelles où passait à cette époque la route qui mène à Lacaune. Elle porte un bébé de quelques semaines et demande si on peut le garder jusqu’au soir car elle a une longue marche à faire.

Marie-Anne Barthès, la maîtresse de maison, accepte de rendre service à la dame. Mais ni le soir, ni les jours suivants, la mère de l’enfant ne réapparaît. On s’occupe donc du bébé, une fillette, et on apprend ses nom et prénom par un morceau de papier placé dans les langes : Césarine Michel.

Césarine va vivre à Caumezelles jusqu’à son mariage en 1871. Officiellement elle n’a pas été adoptée par Mme et M. Barthès mais de fait elle est considérée comme le quatrième enfant du couple. D’ailleurs lors de son mariage le maître de Caumezelles la dote : une somme de 600 f, considérée comme ses gages de servante, une armoire en noyer et cerisier, quatre brebis et un agneau, divers documents…

Oui, officiellement Césarine a un statut de servante, c’est ce qui est déclaré lors du recensement de 1861. Par la suite, avec l’extrait de naissance nécessaire à la publication des bancs, elle saura qu’elle est née à Agde et que sa mère, devenue veuve, vit à Marseillan.

Dans la première partie du livre de Christiane Guiraud on peut lire ce qu’était la vie à Caumezelles dans la deuxième moitié du 19ème siècle, avec les travaux agricoles, les foires à La Salvetat, la fête patronale, la fatigue du cochon… une vie pas très différente de celle qu’elle était cent ans plus tard estime Pierre Escande. Il y a quand même quelques différences : si les deux garçons vont à l’école c’est Mme Barthès qui apprend à lire aux deux filles.

Césarine s’est donc unie à Louis Guiraud, le fils de la lavandière de Caumezelles. Elle ira vivre chez lui à La Pautru où Louis exerce le métier de tailleur. A cette époque on meurt souvent jeune. Le père de Louis est décédé à Puisserguier, où il était allé vendanger, à l’âge de 43, sa mère à 50, lui-même à 40 !

Césarine a eu deux enfants, une fille, Marie, et un garçon Milou, le grand-père de l’auteur, qui après son mariage quittera La Pautru pour le Pont de l’Arn où le travail dans l’industrie de la laine ne manque pas et où Césarine le suit.

Toute la deuxième partie de l’ouvrage est essentiellement consacrée à cette activité lainière qui s’est développée jusqu’au milieu du 20ème siècle à Mazamet et dans les environs. Après les moutons de Lacaune ce sont ceux d’Australie, d’Argentine, de Nouvelle Zélande, d’Uruguay, d’Afrique du Sud… qui fournissent la matière première. Au début des années 60 on voyait encore sur la 112 de gros camions chargés de peaux de moutons débarquées au port de Sète.

La saga familiale est complétée par le passage à Pont de l’Arn du grand-père Milou qui en 14 / 18 y fait halte avec sa compagnie, venue du Maroc et envoyée sur le front.

De même Emile, le père de Christiane, fait le récit de sa captivité en Allemagne où il est resté cinq ans prisonnier.

Le livre est illustré par plusieurs photos d’époque ainsi que par de nombreux détails sur le quotidien de l’entre deux guerres.

Par contre il n’y a pas d’analyse sur ce qui est en cause dans le déclin économique qui a affecté le sud du Tarn depuis une cinquantaine d’années.

 

Les Nières

Publié le 02/11/2009 à 11:29 par cessenon
Les Nières

 

 

La photo a été prise lors de la reconnaissance d’une randonnée effectuée le 1er octobre 2009. Nous avions laissé les voitures à côté du petit cimetière de Rongas et avions courageusement grimpé vers le Mont Cabanes qui culmine à 950 m.

Pour l’heure ce n’est pas trop dur, certes ça monte mais il ne fait pas encore trop chaud et nous avons de quoi nous désaltérer, la fin de la journée sera nettement plus pénible. D’autant qu’une erreur nous obligera à remonter une pente qui n’était pas prévue sur notre itinéraire.

Le nom du village ? Les Nières. Il n’y pas de rapport avec le mot occitan « niera » qui signifie « puce ».  Non, il s’agirait de la déformation d’un mot latin qui veut dire « noir ». Eh c’est qu’ici nous sommes en pays minier et d’ailleurs il y a trace de découvertes. On aura l’occasion de rencontrer une veine de charbon qui sort d’un talus.

Nous sommes sur la commune de Saint Gervais s/ Mare et le paysage ressemble à ceux que l’on peut trouver en Corse. Pins et châtaigniers sont les arbres dominants mais on a pu voir des sycomores et des chênes verts.

En redescendant on a aperçu le Mont Marcou (1087 m). J’ai une anecdote familiale à son sujet. C’était en septembre 1938 au moment des accords de Munich. Mon père, alors âgé de 34 ans, et trois autres Cessenonais avaient été requis par l’armée pour aller surveiller au sommet du Mont Marcou le passage éventuel d’avions ennemis. Il y avait Julonnet, Danton, et il me semble, mais je ne suis sûr de rien, Lo Roget. Je crois que l’escouade était logée à l’école de Saint Gervais s/ Mare et que l’ascension du Mont Marcou s’était effectuée de nuit. Julonnet, chargé de porter le poste radio, avait un moment perdu celui-ci et avait signalé la chose d’un « J’ai perdu le téléphone ! » Evidemment avec de tels soldats on n’avait guère de chance de gagner la guerre qui allait être déclarée un an plus tard !

Ah, Rongas ? Il y avait là une gare, sans doute un terminus et nous avons emprunté l’ancienne voie ferrée pour rejoindre nos voitures et nous abreuver au point d’eau qui est à l’entrée du cimetière !

 

 

Armande et la stèle

Publié le 31/10/2009 à 09:17 par cessenon
Armande et la stèle

 

 

Oui, nous laissons la parole à Armande de Sète, nous avons illustré son article avec une photo d'archive montrant une manifestation visant à empêcher le départ pour l'Algérie d'un train de rappelés.

 

 

La cérémonie au "mémorial des soldats héraultais morts en AFN" me laisse un goût amer.

C'est le 26 novembre 1957 que j'étais traduite devant le Tribunal Correctionnel de Montpellier, avec 5 camarades communistes, dont Gilbert Martelli qui fut plus tard, maire de notre ville.

Notre crime ?

Nous avions manifesté, avec des centaines d'autres pacifistes, contre l'envoi des "rappelés" en Algérie, en allant en gare de Sète, bloquer les trains de jeunes gens, partant vers la guerre, peut-être la mort, en tout cas vers l'horreur.

Et on me dit aujourd'hui que ces jeunes ont sacrifié leurs espérances de vie (et de bonheur) pour la patrie ? Qu'ils sont morts pour que "d'autres s'investissent dans un avenir de paix" (cf. Midi Libre) ? Sonnez, tambours, résonnez, trompettes !

Je ne suis pas certaine que ces jeunes "se sacrifiaient". Je pense qu'ils ont "été sacrifiés". Sur l'autel de la patrie ? Je ne le crois pas davantage. On les a sacrifiés à l'idéologie colonisatrice. La même qui fait écrire  (cf. L’HERAULT du Jour) encore aujourd'hui : Afrique "Française" du Nord. La même qui voudrait réhabiliter l'OAS. Et pourquoi pas l'usage de la torture ?

Je comprends que les familles qui ont perdu un des leurs dans cette "sale guerre" aient besoin d'un lieu pour se recueillir. Je comprends que l'on reconnaisse enfin que ces jeunes sont morts dans une "guerre" alors qu'on nous a asséné pendant des années le nom "d'évènements" d'Algérie. J'aurais aimé d'ailleurs que dans les discours on ait eu une pensée pour les morts algériens.

Les souffrances des familles sont les mêmes : (leurs) "sanglots font un seul glas"(Aragon).

C'était une guerre. Mais, hélas, pas pour l'honneur de la Patrie. Et pour cette guerre comme pour tant d'autres, on peut redire avec Anatole France : " On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels"....

Enfin, pas seulement des industriels...

 

 

A propos d’une stèle

Publié le 30/10/2009 à 10:05 par cessenon
A propos d’une stèle

 

 

Mardi 27 octobre était inaugurée à Sète une stèle à la mémoire des 218 soldats français originaires de l’Hérault morts pendant la guerre d’Algérie.

Il eut été opportun de rappeler à cette occasion l’anachronisme de cette guerre d’un autre temps, son absurdité, l’impasse à laquelle elle a conduit et les souffrances qu’elle a engendrées.

Aujourd’hui chacun y va de sa plainte sur les malheurs qu’il a vécus là-bas. Les harkis, les Pieds Noirs ne sont pas en reste.

Mais les souffrances c’est d’abord le peuple algérien qui les a endurées. S’inscrivant dans une période coloniale qui a vu la conquête du pays puis son occupation par une puissance économiquement et militairement supérieure, cette guerre a connu les exactions et les crimes que l’on sait, la pratique de la torture par l’armée française étant aujourd’hui parfaitement établie.

Au nombre des victimes on n’oubliera pas les appelés du contingent envoyés dans une expédition militaire qu’en majorité ils n’approuvaient pas. De fait s’il n’y avait eu que des volontaires pour faire la guerre en Algérie il n’y aurait pas eu grand monde !

Alors puisqu’on parle des soldats français morts en Algérie saisissons-nous des circonstances pour dénoncer l’incompétence des hommes politiques qui n’avaient pas compris ce qui était en cause et qui ont estimé que le recours à la force armée règlerait le problème.

C’était le temps du dernier quart d’heure de Lacoste. Un quart d’heure qui a duré beaucoup plus ! Merci Guy Mollet, merci De Gaulle, j’ai bien profité des prolongations !

Si cela n’avait dépendu que de moi figurerait sur la stèle de Sète l’inscription « Aux morts de la guerre d’Algérie, victimes de l’imbécillité  des gouvernements de l’époque ».

On pourrait y associer les soldats français qui se font massacrer aujourd’hui en Afghanistan dans une odeur de pétrole ou de gaz naturel.

 

Radis rosés de Pâques

Publié le 29/10/2009 à 09:12 par cessenon
Radis rosés de Pâques

 

 

Oui, c’est leur nom français officiel, bien que je les ai vus appelés radis chinois. Le nom scientifique est Raphanus sativus. On l’appelle encore radis de cinq semaines ainsi que Ostergruss.

Je sème dans la deuxième semaine d’août et je récolte à partir de fin septembre / début octobre jusqu’au mois de décembre. On peut légitimement s’interroger sur le qualificatif de « Pâques » qu’on accole à l’expression « radis rosés » !

Ils sont nettement plus gros que les radis ordinaires, la photo en témoigne, et un peu plus forts aussi. Mais j’ai trouvé une parade, je les épluche et je les mange avec du pain et du beurre salé.

Ah je n’ai pas utilisé les fanes pour faire de la soupe mais il paraît qu’elles ont savoureuses ces fanes.

Le radis rosé de Pâques aurait des tas de vertus : vitamines B et C et que sais-je encore ? Ainsi, on le voit, on serait presque sur le point de combler le trou de la sécurité sociale en prévenant tout risque de maladie par la consommation de radis rosés de Pâques.

Je m’interroge : avec la médaille du poireau ne devrais-je pas, au vu des mes récoltes en Ostergruss, postuler aussi pour l’Ordre National du Mérite ? On pourrait même créer un Ordre National du Mérite Agricole ce qui permettrait de concentrer les deux titres en un seul !

 

 

La CGT et la guerre d’Algérie

Publié le 28/10/2009 à 10:15 par cessenon
La CGT et la guerre d’Algérie

 

 

Tel était le thème de la formation proposée à ses adhérents par le syndicat CGT des hospitaliers de Béziers. A coup sûr une initiative que l’on doit aux relations de sa secrétaire avec l’intervenante, Huguette Azavant, une victime de Charonne, qui a animé cette journée.

Cette journée ? Elle s’est déroulée le mardi 27 octobre dans les locaux de La Barthe et a vu la participation d’une dizaine de personnes.

On pourrait penser que le colonialisme est une affaire classée, la roue de l’histoire ayant définitivement balayé l’idéologie qui avait cours selon laquelle un pays colonisateur apportait la civilisation aux populations arriérées qui n’en bénéficiaient pas !

Eh non, on assiste à un offensif tout azimut des tenants de l’Algérie française et de sa conséquence extrême, l’OAS avec son cortège de violences, d’attentats, de crimes... Aussi on ne peut qu’apprécier la tenue de ce stage studieux qui a permis à des jeunes qui n’avaient pas vécu cette période douloureuse de notre histoire de la connaître mieux.

C’est une fresque historique qu’a présentée Huguette Azavant, depuis la conquête en 1830 en passant par la colonisation et en débouchant sur l’indépendance. La colonisation c’est Bugeaud qui déclare qu’ici l’ennemi c’est la population tout entière !

La conférencière va fractionner son exposé en suivant la chronologie, s’arrêtant sur les années les plus marquantes. 1954 c’est la défaite de l’armée française à Diem Bien Phu. C’est aussi le début de l’insurrection en Algérie.

1956 voit la victoire de la gauche élue sur un programme de paix en Algérie. Hélas les engagements électoraux ne seront pas tenus. Le contingent est envoyé en Algérie pour y faire une guerre qui ne dit pas son nom. C’est le temps des rappelés.

C’est aussi le temps aussi de l’opposition à cet envoi des rappelés sur le théâtre des opérations. Des trains sont arrêtés, des manifestations organisées auxquelles participent les femmes, mères, épouses, fiancées… Ça ne suffira pas à empêcher la guerre de s’étendre avec la présence sur le sol algérien d’une armée qui atteindra 500 000 hommes.

La IVème république, son instabilité, son impuissance, la trahison de la gauche, conduiront au Coup d’Etat de 1958. Il se soldera par l’adoption à plus de 80% du corps électoral d’une nouvelle constitution, celle de la Vème république, qui porte en germe, via l’article 16, le pouvoir personnel dont De Gaulle usera et abusera.

La CGT et le Mouvement de la Paix intensifient leurs efforts pour mobiliser l’opinion publique contre la guerre qui se poursuit de l’autre côté de la Méditerranée. Une guerre atroce bien sûr mais elles le sont toutes !

Progressivement l’idée fait son chemin, y compris dans la pensée et les discours de De Gaulle, que les Algériens ont droit à l’autodétermination. Mais pour l’heure cela n’empêche ni les exactions de l’armée ni la répression en métropole.

On assiste à de nouvelles tentatives insurrectionnelles en Algérie : la semaine des barricades en janvier 1960, le putsch des généraux félons en avril 1961 cependant qu’une structure fascisante, l’OAS, voit le jour, cependant que sont créés des comités antifascistes.

Côté gouvernemental la répression contre les Algériens qui vivent en métropole atteint avec la journée du 17 octobre 1961 une dimension d’une ampleur inégalée jusque là : des dizaines de morts sans doute, des centaines de blessés, des arrestations massives, c’est le bilan à mettre à l’actif de Frey, ministre de l’intérieur et de Papon, le préfet de police, lors de la manifestation contre le couvre-feu à laquelle a appelé le FLN.

De son côté l’OAS poursuit ses attentats aveugles. Ceux du 7 février 1962 sont meurtriers et conduisent dans l’urgence à la manifestation du lendemain à laquelle appellent plusieurs organisations politiques, syndicales et pacifistes. Le mot d’ordre n’a rien de catégoriel, il proclame leur volonté de faire échec au fascisme et d’instaurer la paix en Algérie.

La police charge, c’est le drame, neuf morts et des dizaines de blessés. On retrouve encore les noms de Roger Frey et de Papon. Les obsèques des victimes auront lieu le 13 février et verront la présence d’une foule considérable.

La guerre d’Algérie va connaître son dénouement avec le cessez-le-feu qui prend effet le 19 mars 1962 à midi. L’OAS n’est pas désarmée pour autant et poursuivra ses tentatives pour infléchir le cours des événements bien au-delà de cette date avec des conséquences douloureuses pour les communautés hypothéquant le devenir de leurs relations.

Georges Vercoutre, présent à ce stage de formation, a tiré quelques conclusions à l’intention des participants cependant que Dominique Duarte a appelé à renforcer l’activité de la section syndicale qu’elle anime dans les domaines de la solidarité internationale et de la paix.

Une très bonne journée en vérité qui aura à n’en pas douter éclairé les jeunes qui l’ont suivie sur cette tranche d’histoire que leurs parents avaient vécu en direct !

 

Retour sur les cucurbitacées

Publié le 27/10/2009 à 08:24 par cessenon
Retour sur les cucurbitacées

 

Toujours la même photographe

 

 

Oui la courge qui faisait l’attraction du jardin de mon cousin, j’y conduisais les personnes qui passaient par le mien pour voir le phénomène, a été ramassée et pesée. Même qu’elle n’était pas facile à tenir dans les mains pour effectuer l’opération

Allez, tout de suite au résultat : 42 kg ! A inscrire dans le livre des records !

On pourrait aussi se livrer à un savant calcul : « Sachant qu’une adulte peut consommer x g de courge à un repas, combien de courges de ce poids seraient nécessaires pour éradiquer la famine dont souffre un milliard d’êtres humains ? »

Question subsidiaire : « De combien faudrait-il réduire les dépenses en armement pour résoudre ce problème ? »

Ah, j’ai pour l’occasion retrouvé le texte (Cyrano de Bergerac, Acte III, scène 13 d’Edmond Rostand) : « Vous voudriez de ma bouche tenir / Comment la lune est faite, et si quelqu'un habite / Dans la rotondité de cette cucurbite ? »

Mais non, selon nos informations notre tuca est saine et l’intérieur n’est squatté par aucun parasite.

Je sais, ça commence à bien faire ces histoires de courges et je vous entends dire « Cucurbites, assez ! »