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Nom du blog :
cessenon
Description du blog :
Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
07.11.2009

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Propos sur l’orme

Publié le 03/08/2009 à 13:31 par cessenon
Propos sur l’orme


La photo a été prise le dimanche 2 août en bordure du petit terrain de sports de l’Iranget. Il s’agit de feuilles et de grappes de graines d’ormes plantés là il y a sans doute plus de vingt ans. Les arbres ont atteint cinq ou six mètres de haut.
Ils ont échappé à la graphiose de l’orme, une maladie fongique, due à un champignon donc, transmise par un coléoptère, le scolyte de l’orme, qui a détruit de nombreux sujets en France où elle est apparue dans les années 1970.
Le genre Ulmus comprend de nombreuses espèces. A laquelle avons-nous affaire ici ? Nous l’ignorons !
Orme a donné par altération homme et le col de l’Homme Mort par exemple n’a certainement jamais vu de cadavre ! Et pas davantage Lo vallat de l’Ome Mòrt ! Quant au lieu-dit les Quatre-Hommes il ne s’agissait sans doute que d’un endroit repérable à quatre ormes plantés en quinconce et non de la demeure d’une femme qui se livrait à la polyandrie !
C’est que des ormes ont été plantés en nombre, particulièrement sous Henri IV et Sully : au bord des routes, sur les places des villages… On rendait même la justice au pied de certains !
Le bois de l’orme est utilisé en ébénisterie. J’ai dans ma salle de séjour un bahut en orme acheté en 1972 à Mende aux artisans lozériens. A l’origine les panneaux des portes étaient très clairs, presque blancs, mais ils ont foncé avec le temps.
Comme c’est un bois très dur on en faisait des sabots et comme il est imputrescible on l’utilisait pour les moyeux des roues à aubes des moulins à eau.
J’ai connu un autre emploi pour les ormes : mon beau-père ramassait la feuille de celui qui était au bord de son aire pour donner à manger aux cochons. Il leur préparait une manière de bouillie qui leur faisait paraît-il le plus grand profit.



OAS quand tu nous tiens !

Publié le 02/08/2009 à 15:43 par cessenon
OAS quand tu nous tiens !


Ah lui je ne sais pas qui c’est ! Il a « signé » Vitus et son courrier est arrivé chez un mien cousin qui a le même patronyme que moi. Sur l’enveloppe il était écrit que je suis instituteur à la retraite et que j’habite au 10 avenue de Béziers à Cessenon. A la retraite je le suis et instituteur je l’ai été il y a une quarantaine d’années ! A Cessenon je n’y ai pas couché depuis je crois 1982 !
Mais là n’est pas la question. Le ci-devant Vitus m’explique longuement que les communistes sont des imbéciles et des salauds. Je ne comprends d’ailleurs pas les efforts que déploie mon interlocuteur. Comme je suis un idiot je ne vois pas pourquoi il fournit tant d’efforts, je ne pourrais jamais assimiler un texte de huit pages dactylographiés bien que le titre soit suffisamment explicite « La légitimité de l’OAS ».
J’ai quand même lu et reconnaissez avec moi que j’ai du mérite vu mon faible quotient intellectuel !
Ah, il m’a semblé que je n’étais pas systématiquement en désaccord avec l’auteur. Non, non l’OAS n’est pas née du néant, elle est dans la logique de 132 ans de colonialisme et de 8 ans de guerre.
Je partage aussi cette analyse sous-jacente, les appelés du contingent dont j’ai été, ont visiblement manqué d’enthousiasme pour aller faire flotter le drapeau français aux confins du Sahara. Pour tout dire s’il n’y a avait eu que des volontaires pour aller faire la guerre en Algérie il n’y aurait pas eu grand monde !
Argument récurrent chez les Français d’Algérie : nous sommes venus défendre la mère patrie en 14-18 et en 39-45. Je réponds invariablement, mais je suis bête je le sais, que si les choses n’avaient dépendu que de moi la première guerre mondiale n’aurait pas eu lieu, et par voie de conséquence le traité de Versailles et la seconde guerre mondiale non plus !
Mais puisqu’on parle de chair à canon n’oublions pas les tirailleurs, algériens, sénégalais, qu’on n’a guère économisés dans l’atroce boucherie de 14-18. C’était même un peu fort de la part de la puissance colonisatrice d’obtenir pour sa guerre la collaboration des peuples qu’elle avait asservis !
Ah, on aurait dû en tenir compte lors des événements de Sétif, cela aurait évité bien des inconvénients pour la suite !
Mais non tous les Pieds Noirs n’étaient pas d’affreux colons toutefois je constate qu’ils ont été à la fois les instruments et aussi les victimes du colonialisme. L’histoire a tranché et, à moins d’envoyer un corps expéditionnaire afin de débarquer à nouveau à Sidi Ferruch, je ne vois pas comment on peut la réécrire.
Oui certainement qu’il y avait des Européens communistes en Algérie. Je ne sais pas comment Vitus les catalogue. Comme par nature les communistes sont idiots… Reconnaissons toutefois que certains d'entre eux n’avaient compris ni l’ampleur des problèmes ni leur nature !
Allez, on ne va pas épiloguer plus !

Le songe d’une nuit d’été

Publié le 30/07/2009 à 22:47 par cessenon
Le songe d’une nuit d’été



Armande de Sète nous a envoyé un petit texte dans lequel elle exprime son indignation de pacifiste devant la scène dont elle a été témoin. Nous le reproduisons ci-dessous.

Nous étions sur le front de mer. Vue sur le large et "le calme des dieux". Au premier plan, le phare caressé par le soleil couchant...
Soirée sereine. Pas de musique assourdissante. On peut converser avec ses voisins de table, tout en savourant les délicieuses sardines, grillées à point par des pêcheurs experts.
Il y a là des gens du village avec leurs familles venues en vacances au bord de la mer. Il y a aussi des touristes de passage.
C'est le Paradis comme je l'imagine.
Soudain, quelques enfants déboulent entre les tables. Ils ont entre 6 et 10 ans. Ils sont armés de carabines, de fusils-mitrailleurs, de kalachnikovs... en plastique bien sûr. Et ils font mine de tirer sur tout ce qui bouge, ou ne bouge pas.
Tout d'un coup, dans ma tête, ce n'est plus le Paradis. C'est n'importe où sur Terre, là où des hommes, avec de vraies armes, tirent sur n'importe qui, y compris sur des enfants [NDLR dont certains sont des enfants soldats !]
Je n'ai jamais compris pourquoi des parents apprennent à leurs enfants les jeux de la guerre et de la mort, en leur achetant ces jouets.
Bien sûr on me dira que ce sont des jeux et que les enfants savent faire la différence entre la réalité et la fiction. Qu'ils savent aussi faire la différence entre les jeux vidéo, voire les films de violence et de guerre vus à la télé, et les images réelles des infos où des humains, réels et non virtuels ou fictifs, tuent d'autres humains aussi réels et non virtuels ou fictifs. Je n'y crois pas beaucoup. Au jeu du voleur et du gendarme, c'est toujours le gendarme qui gagne (force reste à la loi) et au jeu des Indiens et des Blancs, ce sont toujours ces derniers qui ont le beau rôle.
Pour moi, les jeux participent à l'éducation, à la formation des hommes de demain. Pourquoi ne pas leur enseigner par des jeux le respect de la Vie et de la Paix entre tous les habitants de la Terre ?
Par pitié, pour le prochain Noël, n'achetez pas d'"armes" à vos enfants.

Evidemment nous ne sommes pas en mesure de dire quel impact aura l’indignation d’Armande auprès de nos lecteurs. Nous nous permettons d’ajouter que si les parents achètent de tels jouets à leurs enfants c’est que la culture de paix et de non-violence, pourtant prônée par l’ONU pour la décennie en cours, n’est pas vraiment entrée dans les mentalités. Celles-ci sont à l’image de ce qui domine dans le monde dans lequel nous vivons et qui se résume à « la raison du plus fort est toujours la meilleure ! "

C’est la danse des canards…

Publié le 30/07/2009 à 11:32 par cessenon
C’est la danse des canards…


Oui, on pourrait appeler ça le French coin-coin !
La photo a été prise l’été 2007, par Françoise ou Yannick, depuis la berge de l’Orb au niveau du jardin de La Plantade.
Quoique nos canards semblent ici plus préoccupés de se ravitailler que de se livrer à de l’exhibitionnisme nous nous interrogeons : est-ce que ce blog ne finira pas par être classé X ?
Le webmestre ne va-t-il pas être conduit à afficher une mise en garde signalant que pour entrer il faut avoir plus de 18 ans ? Une mesure qui doit être efficace car il faut déclarer sur l’honneur que l’on a bien l’âge requis pour visionner ce genre de document ! Nul doute que cela dissuade les jeunes qui chercheraient à tricher !
Remarquez que canes et canards restent quand même pudiques, certes leurs croupions sont emplumés mais ils n’enlèvent ni le haut ni le bas au cours de leur prestation.

Son associé :

Las cagarauletas

Publié le 29/07/2009 à 14:52 par cessenon
Las cagarauletas

Photo Yannick ou Françoise

Oui, vous aurez sans doute reconnu ces petits escargots qui en période de canicule se perchent sur le fenouil sauvage en attendant qu’il fasse beau. C’est que pour eux, le beau temps ce serait plutôt quand il pleut ! Là ils sont montés non pas au septième ciel, n’exagérez rien ce n’est pas un blog interdit au moins de 18 ans sur lequel vous êtes en ce moment, mais ils ont échappé à la température brûlante du sol.
Reproduisons ici « L’escargot », le poème de Robert Desnos :

Est-ce que le temps est beau ?
Se demandait l’escargot
Car pour moi, s’il faisait beau,
C’est qu’il ferait vilain temps.
J’aime qu’il tombe de l’eau
Voilà mon tempérament.
Combien de gens, et sans coquille,
N’aiment pas que le soleil brille.
Il est caché ? Il reviendra
L’escargot ? Et on le mangera.

Ce sont des escargots de Pise (on dit aussi « des dunes »). Non, non, ils n’ont pas l’air spécialement penchés. Leur nom scientifique c’est Hélix pisana et en occitan ce sont las cagarauletas, à ne pas confondre avec las morguetas, un peu plus grosses.
Oui les escargots de Pise sont vraiment tout petits. Il n’empêche qu’on les mange, particulièrement, mais pas seulement, en Italie. A vrai dire ils serviraient davantage d’amuse-gueules que de plat de résistance. On les fait bouillir et on les sert en vinaigrette. Hélas il n’y a pas grand-chose dans la coquille !
Je l’ai écrit par ailleurs on se servait des cagarauletas comme appât pour les anguilles. On en mettait au fond des verveux que l’on plaçait dans la rivière. On les laissait deux nuits dans l’eau, le temps que las cagarauletas bavent et attirent ainsi les anguilles.


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Marche de la Paix, édition 2009

Publié le 28/07/2009 à 17:09 par cessenon
Marche de la Paix, édition 2009


Le 9 Août 2009, au BOUSQUET d’ORB
10ème marche de la paix


Comme chaque été au mois d’août depuis 2000 nous commémorerons en 2009 les bombardements d'HIROSHIMA et NAGASAKI et renouvellerons notre exigence d’en finir avec la surenchère de l’armement atomique.
Cette année la guerre à GAZA a fait rage. Ce sont toujours les populations civiles qui paient le plus lourd tribut. En’Afghanistan, en Irak et partout ailleurs dans le monde les conflits doivent cesser.

Programme :

- à 10h, rendez-vous devant la mairie du Bousquet d’Orb. (au centre du village la place sur la route).
- Puis déplacement au Val de Vernazobre et visite commentée du site du « chantier de jeunesse ».
- 11 h 30, apéritif en présence du maire du Bousquet d’Orb.
- 12 h 30, pique-nique tiré du sac.
- Après-midi , en option, balade dans les environs.

Cette année, le couturier japonais Miyake invite le président américain Barack Obama à participer à la Journée universelle de commémoration de la paix, le 6 août à Hiroshima. Issey Miyake se met aujourd’hui au service de la lutte contre la prolifération nucléaire, un sujet sensible dans un pays à portée de tir nord-coréen. Voir le lien : http://www.prestigium.com/fr/news/mode/l-invitation-de-miyake-a-obama-hiroshima-you-can-1088/


Possibilité de covoiturage au départ de Béziers : RDV à 9 h sur le parking du petit Casino (prés de la route de Pézenas).


Las petetas de Murviel

Publié le 27/07/2009 à 15:58 par cessenon
Las petetas de Murviel


Depuis plusieurs années déjà Murviel a renoué avec une tradition ancienne, chaque été au mois d’août les Murviellois exposent dans les rues de leur ville des poupées grandeur nature représentant les activités diverses des gens.
Ce dimanche 26 juillet las petetas, oui c’est ainsi qu’on les appelle, n’étaient pas encore sorties mais nous avons pu en prendre quelques-unes en photo, notamment derrière la vitre de la MJC. C’est que Murviel a une Maison des Jeunes et de la Culture !
Voilà donc la photo que nous avons retenue : un viticulteur sans doute, avec son pantalon de velours marron, sa chemise à carreaux, sa « basquaise », ses bretelles, ses lunettes… assis sur une chaise, son épouse habillée de noir derrière lui.
On pourra voir bientôt, en déambulant dans la circulade, des communiantes, un mariage, des joueurs de pétanque, les musiciens de la clique, los vendemiaires, lo curat, un poudaire, un pescaire, un caçaire, le garde champêtre, le docteur avec son stéthoscope autour du cou, des dames avec leur vélo ou qui tricotent ou qui simplement prennent le frais devant leur porte…
Chaque année il s’en ajoute quelques-unes et il me semble qu’aujourd’hui il existe quelque deux cents petetas, confectionnées par les Murvielloises, petetas que l’ont peut rencontrer dans la journée au coin d’une rue.
Oui, la nuit il faut les rentrer car elles sont volées par des indélicats, sauf bien sûr s’il s’agit de Juliette penchée sur son balcon pendant que Roméo grimpe à la corde pour arriver jusqu’à elle. Ces deux là sont en sûreté car inaccessibles !
Une tradition spécifique à Murviel dont nous ignorons l’origine mais qui connaît un engouement certain pour les habitants comme pour les gens de passage.

Les adhérents de Tartuga34 battent la campagne

Publié le 26/07/2009 à 10:33 par cessenon
Les adhérents de Tartuga34 battent la campagne


Tartuga ? C’est le nom de l’association de cheloniophiles, c'est-à-dire de passionnés de tortues, dont l’ami Paul est un des membres actifs.
Ce mercredi 22 juillet une expédition avait été organisée par celui-ci. Il était accompagné de deux autres adhérents de Tartuga34 et d’Olivier Verneaut, un enseignant chercheur de l’université de Perpignan, spécialiste de tortues et autres reptiles.
Il s’agissait de visiter huit sites de la région, depuis Agde jusqu’à Leucate, où l’on peut rencontrer des tortues autochtones. On en recense deux espèces, toutes les deux aquatiques, la Cistude d’Europe (Emys orbicularis) et la Clémyde lépreuse (Mauremys leprosa).
Tiens nous avons appris, signe qu’autrefois les Testudos devaient être plus nombreuses dans le secteur, que la tortue est l’animal totémique de Lignan s/ Orb !
Parmi les huit sites visités ce mercredi 22 juillet l’équipe de prospection est venue sur la commune de Cessenon, dans la vallée du Rhonnel, un affluent de l’Orb qui descend de Cazedarnes. C’est qu’en aval du confluent et en amont de la base de canoës Kayaks de Réals il avait été trouvé il y a peu un spécimen de Mauremys leprosa. Nous en avions fait état.
Pour l’heure le Rhonnel est à sec, du moins dans sa partie basse mais il n’est pas impossible que des tortues se soient enterrées dans de la boue en attendant des jours meilleurs.
Naturellement l’association Tartuga34 serait heureuse si on lui signalait la présence en ces lieux d’une de ces séduisantes créatures, objet de toute leur passion !
Adresse électronique : latartuga34@orange.fr

Incendie à Cazedarnes

Publié le 25/07/2009 à 17:47 par cessenon
Incendie à Cazedarnes


Une internaute nous a adressé une photo de l’espace où est passé le feu le 11 juillet dernier. Nous sommes ici sur la commune de Cazedarnes, du côté de Coste Bonne et de Vigne Nègre.
L’incendie qui a démarré à 14 h à 200 m des maisons a nécessité l’envoi de quatre canadairs, d’un hélicoptère et d’une vingtaine d’engins terrestres. Maîtrisé vers 18 h il a détruit quelque 40 hectares de pinèdes et de garrigues.
Nous avons appris que quatre sinistres ont été recensés en un mois dans le secteur. De là à imaginer qu’il s’agit d’actes criminels il n’y a qu’un pas.
Si c’est le cas c’est véritablement de la folie : désastre écologique, dépenses pour la collectivité, risques pour les biens etg les personnes, mise en cause de la santé, voire de la vie des pompiers… On ne peut qu’être révolté par un tel état de fait.
Nous ne savons pas s’il y a un rapport mais le vendredi 24 juillet dans l’après-midi, il faisait d'ailleurs un fort vent ce jour-là, nous avons pu voir dans le ciel de Cessenon, deux canadairs effectuant une dizaine d’allers retours entre sans doute le lac du Salagou et une direction située vers le sud du village, c’est à dire en gros vers Cazedarnes. Toutefois l’incendie était peut-être plus loin cette fois. Samedi 25 nous les avons encore vu voler dans les parages.
Certes ce n’est pas aussi grave qu’à Marseille ou en Corse mais quand même cette situation est inquiétante.

Pour qui ? Pourquoi ? Ai-je quitté l’Algérie de Papa ?

Publié le 24/07/2009 à 17:36 par cessenon
Pour qui ? Pourquoi ? Ai-je quitté l’Algérie de Papa ?


Le dimanche 5 juillet un des mes voisins de la cité du parc et moi nous sommes retrouvés au cimetière neuf de Béziers. Mais nous n’étions pas exactement du même côté. Lui était à la cérémonie organisée par les « nostalgériques » devant la stèle à la gloire des tueurs de l’OAS, moi j’étais en face !
Le lendemain j’avais dans ma boîte à lettres un mot de mon voisin me proposant une rencontre pour débattre du sujet qui nous oppose. Il m’a même prêté un livre qu’il a écrit sur ses souvenirs de Pied Noir et son analyse passée et présente des choses.
J’ai lu son livre, je n’ai pas eu de surprise, il contient les idées que je connais à mon voisin. Nous sommes à des années lumière l’un de l’autre.
En gros on peut distinguer deux parties dans ce livre. L’une est faite de souvenirs, l’autre de considérations sur l’Algérie et la société présente.
Roger Dalger, c’est ainsi que mon voisin a signé son livre, est né à Alger en 1932 dans un milieu modeste. Le père, d’origine basque, est soudeur. La famille vit à Bab el Oued dans un logement exigu qui n’a rien d’un palace. Oui, tous les Pieds Noirs n’étaient pas d’affreux colons qui faisaient suer le burnous aux Arabes et il y avait aussi sans aucun doute quelques Maghrébins qui étaient « du côté du manche » !
Pendant la guerre de 39 – 45 le narrateur est envoyé chez des parents en Kabylie. Il raconte ses jeux d’enfants qui ressemblent assez à ceux que l’on pouvait avoir en… métropole ! C’est qu’officiellement l’Algérie c’est la France ! Il y a bien une monnaie qui n’est pas la monnaie nationale, un ensemble de données qui font qu’on voit bien que c’est vraiment différent mais pour l’heure personne ne remet en cause qu’il y a là-bas de l’autre côté de la Méditerranée trois départements français.
On retrouve notre écrivain à Alger après la fin des hostilités. A cette époque le confort dans les maisons n’est pas ce qu’il deviendra par la suite mais ce n’est pas vrai qu’en Algérie. Toutefois il semble acquis que là bas la situation des ouvriers, fussent-ils européens, est sans doute encore plus difficile que celle de leurs homologues qui vivent en… métropole.
Notre jeune Algérois nous raconte son adolescence, ses loisirs, ses premiers émois, nous parle de sa formation d’électricien, nous décrit longuement sa rencontre avec celle qui deviendra son épouse…
Il sera embauché aux CFA (les Chemins de Fer d’Algérie, eh non, ce n’est pas la SNCF, l’Algérie ce n’est pas tout à fait la France !) et acceptera un poste déshérité du côté d’Ouenza où un consortium exploite les mines de fer mais, il le souligne, ne crée pas dans le secteur les infrastructures nécessaires au bien être des habitants. Il n’y a par exemple pas de docteur et il faut parcourir des dizaines de kilomètres pour en trouver un. Justement une des filles du couple a de sérieux problèmes de santé et besoin de soins de longue durée !
Retour donc en pays civilisé, à Alger plus précisément. La guerre d’Algérie a éclaté mais notre narrateur n’en comprend ni la nature ni ce sur quoi elle va déboucher. Qu’est-ce qui est en cause selon Roger Dalger ? Le pétrole que convoitent les Américains, l’influence de l’URSS, l’action des communistes, l’aide des autres pays du Maghreb… Jamais n’est abordée la question du sort qui a été fait depuis 1830 aux autochtones.
La force armée a permis jusqu’ici de maintenir l’ordre colonial, il n’y a pas de raison qu’elle défaille. Aussi on attend d’elle qu’elle ramène le calme qui avait prévalu. Ce n’est pas simple de vivre dans ce contexte car l’insécurité est patente et si les membres de la famille de Roger Dalger échappent aux attentats ils le doivent pour beaucoup à la chance.
Ne pas comprendre ce qui se passait en Algérie en 1954 est une chose, rester dans le même registre cinquante ans plus tard en est une autre. A l’instar de nombreux Pieds Noirs, mon voisin condamne encore aujourd’hui le défaitisme de ceux qui se prononçaient déjà pour la paix et ipso facto pour l’indépendance du pays. J’étais déjà de ceux-là à vingt ans !
Tout le monde y passe, depuis les communistes jusqu’à De Gaulle, en n’oubliant ni les barbouzes ni le SAC ni que sais-je encore. Ah certainement que De Gaulle s’est servi des Européens d’Algérie pour réussir son Coup d’Etat de 1958 et on admet qu’il puisse y voir une certaine rancœur à son égard !
C’est que la fin est douloureuse pour la famille de Roger Dalger. C’est l’exil et l’arrivée en France dans des conditions dramatiques. Cela nous est raconté de manière émouvante. Reconnaissons que l’Etat Français n’avait pas préparé l’opinion européenne d’Algérie à cette issue ni organisé matériellement leur retour !
Qu’il me soit permis de dire que, et je le dois pour beaucoup au parti communiste, je n’ai pas gardé à l’égard des rapatriés qui débarquaient chez nous la haine qui s’était accumulée en moi pendant vingt six mois de ma jeunesse, perdus dans une guerre absurde, injuste et parfaitement inefficace. J’avais admis qu’il y avait chez eux des petites gens qui méritaient qu’on dépasse ces sentiments et qu’ils étaient plus des victimes que des coupables même si je n’entends rien retrancher de mon jugement sur le colonialisme, la guerre d’Algérie et l’OAS qui a cherché à les continuer.
De même pour avoir côtoyé les harkis alors que je prenais mon poste d’instituteur à Saint-Pons de Thomières en 1962, j’ai pu constater que la France reproduisait avec eux les mêmes rapports de colonialisme qui avaient cours en Algérie jusque là. Le racisme était toujours présent et je les plaignais plus qu’autre chose même si à l’évidence je pouvais estimer qu’ils n’avaient pas fait le bon choix en prenant les armes contre leurs frères.
Roger Dalger donne aussi son sentiment sur les problèmes actuels de notre société. C’est à l’image du reste : il développe les idées dominantes sur l’ensemble des sujets : évolution des mœurs, responsabilité des parents, des enseignants, afflux des étrangers…
Roger Dalger a une explication sur la crise que nous connaissons, elle est tout simplement due à la perte de l’Algérie ! Qu’il me permette d’affirmer que le mal est bien plus structurel. Quand un système économique et social a atteint ses limites il faut en changer ! C’est ce qu’ont fait les Français en 1789.
Eh bien j’invite mon voisin à prendre toute sa place dans la difficile tâche qui nous attend aujourd’hui pour réaliser les changements qui s’imposent.