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cessenon
Description du blog :
Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
19.08.2008
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Ficaire

Posté le 18.03.2008 par cessenon
Photos Pacale Cros

C’est une plante vivace qui n’a rien de rare dans notre région. Elle est parmi les premières à fleurir et ses pétales, au nombre de huit le plus souvent, sont d’un jaune satiné parfaitement reconnaissable.
La plante est basse, les feuilles sont cordiformes (c'est-à-dire en forme de cœur.)
La fleur se ferme par temps couvert.
On l’appelle la fausse-renoncule et son nom scientifique c’est Ranunculus ficaria. Le mot ficaire vient de « ficus » qui signifie « verrue », la plante ayant eu la réputation de les guérir. On la désigne aussi par l’expression « herbe aux hémorroïdes ! » et ses boutons floraux, riches en vitamine C, ont été utilisés pour lutter contre le scorbut.
Elle appartient à la famille des renonculacées, une famille nombreuse dans laquelle on trouve une cousine de la ficaire, la renoncule aquatique. Le nom « renoncule » a pour origine « ranonculus » qui veut dire « petite grenouille » ce qui lui vaut le surnom de « grenouillette. »
Dans son dictionnaire français / occitan Christian Laux traduit « ficaire » par « laganha » mais il semble que ce soit un terme générique qui s’applique à de nombreuses espèces (ficaire, renoncule, pissenlit, euphorbe…)



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Stalactite

Posté le 17.03.2008 par cessenon
Photo Paul Barbazange

Notre photographe a dû jouer l’acrobate pour aller prendre en photo cette stalactite qui doit avoir quelque 120 ans d’âge.
Oui, elle se trouve sous un pont de pierre qui permettait à la ligne de chemin de fer d’intérêt local de franchir le ruisseau de Mascarinié. Le ruisseau de Mascarinié ? Un affluent du Vernazobre qui se jette dans celui-ci entre Cessenon et Saint-Chinian. Selon Frank R. Hamlin le mot pourrait signifier Mas Carinhan du nom du très répandu cépage.
Cessenon a été atteint par la ligne de chemin de fer en 1877 et Saint-Chinian dix ans plus tard. Comme notre stalactite doit avoir une longueur de 60 mm on peut estimer sa croissance à 0,5 mm / an.
Ainsi qu’on le constate une goutte est formée à son extrémité. Et d’ailleurs le mot « stalactite » vient du grec stalaktos « qui coule goutte à goutte. »
On sait qu’une stalactite se forme par dépôt du carbonate de calcium, que l’eau chargée de dioxyde de carbone avait dissous en traversant une couche calcaire, et qui se solidifie par évaporation de celle-ci. Le phénomène est connu sous le nom de concrétion.
Le carbonate de calcium qui se cristallise peut être de la calcite, de l’aragonite… variétés allotropiques du même corps chimique. La couleur ocre qui apparaît est due à des impuretés, en l’occurrence de l’oxyde de fer.
Sur le sol l’eau qui tombe d’une stalactite va former une stalagmite, les deux pouvant se rejoindre au bout d’un certain temps. Il arrive aussi que les concrétions suivent des fissures et forment des draperies.
Ah, comment je connaissais l’existence de ces concrétions sous le pont de Mascarinié ? Eh bien mon père vendangeait pour les demoiselles Aïn qui avaient une vigne dans ce tènement. Quand j’étais enfant je le rejoignais l’après-midi et avec Roger Guiral, de trois ans mon aîné, nous avions exploré l’environnement et découvert ces petites stalactites. Il n’est pas sûr que nous n’en avons pas coupé quelques-unes !

Guêpier

Posté le 15.03.2008 par cessenon
Qu'est-ce donc ? C’est un nid de guêpes. Il a été détaché de la branche de peuplier sur lequel il était fixé et il est à présent chez moi dans ma salle à manger, sur un meuble, exposé au regard de mes invités.
L’opération avait d’ailleurs été faite par le soin des pompiers de Cessenon. Comme l’endroit où il se trouvait est fréquenté par de jeunes enfants qui viennent se baigner il avait été décidé de l’enlever avec toutes les précautions requises. Précautions superflues car, mais ça on ne le savait pas, le nid était vide.
Les propriétaires de l’habitat n’ont pas été spoliés, les nids ne sont jamais réutilisés quand ils ont été abandonnés.
Le nôtre a une trentaine de centimètres de longueur pour une quinzaine de haut. Il est fait d’une substance papyracée semblable à celle qui est utilisé pour des nids plus rudimentaires. En fait c’est du papier élaboré par des fibres de bois agglomérées, une recette connue des Chinois depuis plus de 2000 ans. Nos guêpes conditionnent ces fibres avec leur salive.
Sur la droite de la photo on voit l’orifice par où entraient et sortaient les guêpes. De quelle espèce de guêpes s’agit-il ? Visiblement de guêpes sociales qu’on désigne sous le nom de Vespidae mais nous n’en savons pas plus.
A l’intérieur du guêpier ? Il y avait sans doute des rayons, éventuellement soutenus par des piliers, avec des cellules hexagonales dans lesquelles la reine pond des œufs qui deviennent des larves puis des nymphes et enfin des guêpes.
Triste fin pour les ouvrières, elles finissent par mourir d’épuisement cependant que les femelles et les mâles qui naissent après la disparition de la reine effectuent un vol nuptial qui permettra la fécondation de nouvelles reines lesquelles chercheront « une planque » (anfractuosité de rocher par exemple) pour passer l’hiver et commencer à construire un nouveau nid au printemps suivant.

Les « calçòts »

Posté le 12.03.2008 par cessenon
Le catalan et l’occitan sont des langues voisines. Il arrive toutefois que des mots existent dans l’une mais sont inconnus dans l’autre. Il en est ainsi de « calçòt » un terme catalan que l’on doit pouvoir traduire par « cebeta » c'est-à-dire oignon de printemps.
Oui la « ceba » c’est l’oignon, voir Lézignan la Cèbe, capitale de cet oignon doux très aplati, absolument délicieux ! A noter que nous ne sommes pas très loin de l’espagnol : « cebolla » !
Cèbe est un patronyme assez répandu dans l’aire occitane.
Jacouti, l’époux de la Catinou (cf. l’émission qui était diffusée par le Grenier de Toulouse) vivait dans le village mythique de Manjaceba.
Un ami de mon père consommait un oignon à chaque repas considérant que « La ceba es la balaja de l’estomac ! » (L’oignon est le balai de l’estomac !) Cette médecine lui a permis de devenir vieux.
Pourquoi vous parler des « calçòts » ? C’est une suggestion d’une amie sétoise originaire de Cerbère. Là-bas sont organisées chaque année des « calçotadas » c'est-à-dire des banquets où l’on consomme des « calçòts » grillés et trempés dans une sauce tomate dans laquelle entrent des ingrédients que le secret professionnel ne m’a pas permis de connaître et encore moins de dévoiler !
L’édition du 27 février 2008 du journal L’Indépendant fait état de la 7ème « calçotada » de Cerbère au cours de laquelle ont été consommés 5000 « calçòts. » Ils accompagnaient des haricots blancs et des joues de porc (« las galtas » dont la traduction occitane « las gautas » est voisine.)
Ah, il paraît que c’est délicat d’ingurgiter des « calçòts » sans être sali par la partie carbonisée résultant de la grillade et le rouge de la sauce dans laquelle on les plonge.
Naturellement pour faciliter la digestion rien de tel qu’une sardane !

Il s'en passe au bord de l'Orb !

Posté le 09.03.2008 par cessenon
Ça c’est, comme vous pouvez le voir, le cadavre d’un poisson. Une carpe me semble-t-il. Où l’ai-je découvert ? En amont de mon jardin, sur un sentier qui surplombe l’Orb. Ce jour-là j’avais cherché, en vain, quelqu’un était passé avant moi, des asperges de campagne sur un torral (un talus) où il m’arrive d’en ramasser.
J’ai décidé de visiter un ou deux troncs de peupliers pour voir si, par impossible, il n’y aurait pas une poignée de piboladas (des pholiotes du peuplier). En avançant au bord de la rivière j’ai fait s’envoler un héron qui devait être à quelques pas de moi.
Un animal de taille respectable qui a quitté les lieux avec un battement d’ailes assez lent, ses pattes et son cou dans le prolongement du corps comme on peut l’observer généralement. Un héron cendré sans doute, si j’en crois la couleur de son plumage.
Je suppose que j’ai perturbé son repas car le dos du poisson était ainsi qu’on le voit, largement entamé. Un poisson de 25 ou 30 cm, avec de grosses écailles qui avait été péché il y a déjà quelques jours car il était assez sec.
Rien ne dit d’ailleurs que c’est notre héron qui l’avait pris. Dans le bras mort qui est là vit une loutre que Solange, une dame qui vient régulièrement pêcher dans le coin, a vue par deux fois. On peut donc penser… mais au fond je n’en sais strictement rien !
Il paraît que des loutres fréquentent à nouveau les bords de l’Orb. Deux autres personnes m’ont dit en avoir aperçu dans le secteur.
Ah, las piboladas ? Eh bien, aussi incroyable que cela puisse paraître, j’en ai ramassé de quoi faire une omelette. Mais tellement défraîchies par le vent qui soufflait ces jours-là à décorner des bœufs, qu’elles ne m’ont pas paru très engageantes.

Paysage après la bataille

Posté le 07.03.2008 par cessenon
Photo Jean-Pierre Quirin

La photo ci-dessus a été prise le dimanche 2 mars 2008 à Cessenon, dans ce qui était le jardin de la « campagne » de Mourgue connue aujourd’hui sous le nom de Mas Sarrasi.
Il était jusqu’à peu cultivé par Monsieur Cosentino dont l’épouse, Josette, est originaire du village. Le couple tenait boutique avant l’entrée du pont dans ce qui avait été l’atelier de menuiserie de Noë Cambon, le père de Josette.
On pouvait s’y procurer de très beaux légumes, de très beaux fruits aussi, mais chacun a droit à la retraite et Monsieur Cosentino l’a prise récemment, apparemment sans avoir eu le temps d’enlever sa récolte de cucurbitacées !
Oui, il s’agit de cucurbitacées : melons, pastèques, il est difficile de répondre ! Le spectacle est assez étonnant.
Puisque nous sommes dans le secteur du Mas Sarrasi, que l’on peut voir écrit : Sarrasis,avoir eu le temps d’enlever sa récolte de cucurbitacées !
Sarrazi… ajoutons quelques compléments. Selon le dictionnaire étymologique des noms de lieux de Frank R. Hamlin le mot signifie « noir » et n’aurait, pas plus que La Maurerie, de rapport avec les Arabes.
Mourgue a été un des derniers propriétaires du domaine avant qu’il ne soit démembré. Les deux platanes immenses qui sont à côté d’un puits couvert, à présent muré, sont répertoriés. Ils étaient l’objet d’argument dans les débats théologiques, les mécréants ne craignant pas de les citer d’un « Las platanas de Morga son pas batejadas mai se portan plan ! » (Les platanes de Mourgue ne sont pas baptisés mais ils se portent bien !)
Dans le mur de soutènement de la vigne qui est au-dessus ont été encastrés des tessons qu’un charruage avait mis à jour. Il s’agit de tegulae, c'est-à-dire de tuiles, ou de vestiges de tombes gallo-romaines, voire wisigothiques, qui se trouvaient dans ladite vigne.
Ajoutons que le puits permettait d’abreuver les quatre chevaux de la campagne.

Réflexions sur le féminisme

Posté le 05.03.2008 par cessenon


Le débat sur « Féminisme et municipales » proposé par la liste conduite par Aimé Couquet a vu la participation d’une trentaine de personnes dont une majorité de femmes. Il était animé par Evelyne et Fabienne et m’a inspiré quelques réflexions que je livre ici.
Honte sur nous, la France, pays de la Déclaration des Droits de l’Homme, n’a pas été à l’avant-garde pour accorder, c’était pourtant la moindre des choses, le droit de vote aux femmes.
Ce droit acquis, il reste la question de la participation à la vie publique, c'est-à-dire au domaine de la politique. Là il y a encore beaucoup à faire pour obtenir la parité.
La situation est disparate au plan international et les exigences de l’heure ne se situent pas au même niveau, suivant que l’on est ici ou là ! Il a été souligné que les femmes, les enfants et les vieillards sont plus que d’autres victimes de la violence qui résulte des guerres hélas aujourd’hui nombreuses dans le monde.
Ce qui a été relevé c’est l’état de travail non qualifié, mal rémunéré, de précarité, de temps partiel (et de revenu partiel !)… qui caractérise de nombreuses femmes salariées.
Dans le monde actuel, pour la grande majorité des familles monoparentales c’est la femme qui a la responsabilité des enfants. Autant dire la fragilité qui est son lot.
Le travail qui devrait permettre à chacun, quel que soit son sexe, de s’insérer dans la vie sociale, n’est pas toujours gratifiant et à ce niveau s’impose une autre logique que celle qui détermine les conditions dans lesquelles il s’exerce.
Naturellement l’inégalité entre les sexes ne date pas d’aujourd’hui et les mentalités ont de la peine à évoluer. Dans le contexte de crise qui est le nôtre, on voit le retour d’idées rétrogrades, comme par exemple celle qui préconise, devant la permanence d’un chômage massif, le confinement de la femme dans son foyer.
Dans le même esprit les avancées sur la contraception, l’IVG sont remises en cause, cependant qu’au sein des couples on assiste à une régression dans le partage des tâches ou qu’apparaissent des concepts obscurantistes comme celui qui consiste à donner une fiche d’état civil à un embryon avorté.
Incapable de satisfaire les besoins de tous, le système économique et social qui a atteint ses limites, joue la division : femmes contre hommes, jeunes contre adultes, Français contre immigrés. Si vous êtes une femme, jeune, immigrée c’est évidemment la totale !
On peut compléter avec le conflit entretenu par le pouvoir entre actifs et retraités, entre ceux qui ont un emploi et ceux qui sont chômeurs.
Après ce constat, qui constitue une étape nécessaire pour résoudre les problèmes, il faut avancer des propositions dans le cadre du pouvoir d’une municipalité en la matière. On ne va pas reprendre ici l’ensemble de ce volet du programme de la liste « UNITAIRE, COMMUNISTE, 100% A GAUCHE ET SOLIDAIRE. » Relevons cependant le projet de créer une maison de la solidarité qui permettrait de recevoir les personnes en détresse, certaines femmes en particulier.

Ah, un iris !

Posté le 04.03.2008 par cessenon
Photo Pascale Cros

Vous me direz la photo se suffit à elle-même !
Certes, mais il faut préciser qu’elle a été prise dans mon jardin. Inutile d’indiquer la date, comme pour Port-salut, c’est écrit dessus !
Visiblement il s’agit d’iris. Mais pas d’un iris banal ! Peut-être un Iris unguicularis ou iris d'Algérie m'a suggéré un lecteur.
Des iris il en existe des tas de variétés pratiquement de toutes les couleurs. Des spécialistes, on les appelle des obtenteurs, en produisent, par hybridation, de magnifiques.
Celui-là ce n’est pas moi qui l’ai planté et pour tout avouer je ne sais pas qui l’avait fait.
Le mois de mars voit traditionnellement fleurir les iris. Ma mère en apportait régulièrement un bouquet à mon grand-père, qui s’appelait Joseph, pour sa fête, le 19 mars.
Après avoir été considéré comme sacré par les Egyptiens, l’iris a été un temps la fleur des rois de France. La légende prétend que ce serait Clovis qui l’aurait adopté pour son blason après s’être soustrait à la poursuite de ses ennemis wisigoths en se cachant dans un marais derrière des touffes d’Iris pseudacorus. Il a été remplacé plus tard sur les armoiries de nos rois par la fleur de lys mais il faut dire que « lis » désignait alors à peu près toutes les plantes herbacées à grandes fleurs !
L’iris des marais, de couleur jaune, est l’emblème de Bruxelles, l’iris versicolore celui du Québec, tandis que l’iris d’Angleterre, Iris latifolia, est originaire des Pyrénées.
On utilise l’iris en parfumerie à cause de l’irone, une cétone, contenue dans son rhizome. On cultive à cet effet l’Iris germinaca, particulièrement celui de Florence, dont la fleur est blanche.
Le mot « iris » vient du grec et signifie arc-en-ciel. Nous rappellerons ici qu’en espagnol arc-en-ciel se traduit par « arco iris ».
Bien sûr l’iris c’est aussi cette partie de l’œil qui donne sa couleur à celui-ci. En toute rigueur la célèbre phrase « T’as de beaux yeux tu sais ! » devrait se dire « Tu as de beaux iris, tu sais ! » mais là il y aurait confusion avec ce qui pousse dans mon jardin !

A Thézan les Béziers en 1912

Posté le 02.03.2008 par cessenon
En 1912 des grèves d’ouvriers agricoles ont secoué le monde viticole. La photo a été prise cette année là à Thézan les Béziers.
La photo indique qu’une grève des ouvriers agricoles a duré du 21 janvier au 6 mai 1912. Sous la surveillance, suprême recours, des gendarmes et des hussards, les propriétaires taillent les vignes.
On peut les voir, habillés d’une manière plutôt bourgeoise : chapeau, gilet, cravate, cordon, nœud papillon… les ciseaux de taille à la main.
On remarquera toutefois à travers la tenue vestimentaire que la situation sociale est assez disparate. Certains sont coiffés d’une casquette, n’ont rien autour du cou, pas de gilet. Quelques-uns ont visiblement une bedaine radical / radical socialiste !
Notre ami Jean Sagnes nous a fourni de précieux renseignements sur la grève des ouvriers agricoles de Thézan les Béziers en 1912.
C’est une des plus importantes qui se sont déroulées dans le Bas-Languedoc avant 1914.
Elle portait sur la non-prorogation du contrat de travail qui avait été signé en 1911 à la suite d’une première grève. Ce contrat arrivait à expiration le 31 décembre et les patrons ne voulaient pas le renouveler.
Le salaire des ouvriers était de 0.50 f de l’heure, celui des ouvrières de 0.25 f. La journée de travail était de 6 heures. Selon Jean Sagnes la question du paiement des heures supplémentaires a été l’élément décisif du déclenchement de la grève.
Celle-ci a touché 80 propriétaires et entraîné dans l’action 250 ouvriers (150 hommes et 100 femmes. Celle de 1911 avait vu la participation de 330 ouvriers et avait duré du 13 au 27 mars, la reprise s’étant effectuée deux jours après la signature du contrat.
Le rapport officiel fait état d’incidents sérieux pendant la grève de 1912 : charges de dragons et de hussards, actes de sabotage…
Le travail reprend après les élections municipales qui donnent la majorité à la liste patronnée par les propriétaires. 60 ouvriers agricoles seront congédiés, la plupart devront quitter le village. Parmi eux se trouve un certain Rocca qui s’expatrie à Capestang. Le fils, Edmond, âgé de 9 ans, deviendra secrétaire départemental de la CGT du Gard et son épouse Gilberte Rocca député communiste.
18 des participants à la grève seront l’objet de sanctions judiciaires, l’échec du mouvement marquera durablement le village.

Vers le Mérite Agricole ?

Posté le 01.03.2008 par cessenon
Photo Pascale Cros

Oui, au vu de cette photo de rougette prise par ma nièce le 24 février 2008 sur mes terres j’estime que ce ne serait pas un passe-droit que de m’attribuer le Mérite Agricole.
J’avais effectué mon semis en octobre 2007 et deux rangées de rougettes avaient été repiquées par mon neveu avant l’aigat (la crue) de janvier qui avait une nouvelle fois submergé mon jardin.
Elles sont presque prêtes à être consommées toutefois j’attends un peu, des fois que la commission d’attribution du Mérite Agricole effectuerait une visite, autant avoir des arguments. Mais j’ai prélevé de jeunes plants dans mon semis pour en manger avant que la mâche sauvage ne devienne abondante.
D’aucuns vont prétendre que, à l’image du Nil, l’Orb a apporté un limon fertile et que finalement mon mérite personnel n’est pas décisif dans l’affaire. Je signale qu’après la crue j’avais biné amoureusement mes rougettes pour éviter qu’une croûte ne se forme et ne les gêne dans leur développement.
Parlons un peu de notre salade. Son nom, sur le catalogue européen, c’est Rougette de Montpellier – Rougette du Midi à graine noire. En latin c’est Lactuca sativa variété capitata. Elle appartient à la famille des Astéracées.
Elle dérive d’une espèce sauvage, Lactuca serriola, originaire d’Europe, d’Afrique du Nord et d’une partie de l’Asie. Elle contient des tas de vitamines (A, B, C, D, E) et a des vertus soporifiques. Oui, ce n’est pas comme le céleri lequel, selon le dicton entendu à Bédarieux de la bouche du père de l’ami Cubells, (cf. « Si femme connaissait les vertus du céleri, en quantité en donnerait à son mari ! »), est aphrodisiaque.
Chez les Grecs la laitue était bannie des banquets rituels car elle avait la réputation de rendre les hommes impuissants (elle était même appelée herbes aux eunuques) tandis qu’elle était censée permettre aux femmes de procréer sans accouplement !

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