Scènes de la vie courante
Posté le 04.04.2007 par cessenon

Ce dimanche je profite d’une accalmie pour aller chercher mon pain chez le boulanger du quartier. En règle générale je l’évite, il vote Front National, son pain est cher, pas forcément bon, mais comme c’est dimanche matin, qu’il pleut que je n’ai guère le choix….
D’ailleurs il se remet à pleuvoir quand je sors de la boulangerie. Quelques instants après être arrivé chez moi coup de téléphone : un voisin de la cité du parc où j’habite me demande si je n’ai pas perdu mes papiers. Ah bon ? Je vais voir dans mon sac à dos : effectivement la pochette dans lequel je les mets avec quelques billets de banque n’y est pas. Dans la précipitation j’ai dû mal enfourner ladite pochette dans ledit sac à dos.
Je vais donc récupérer mes papiers chez le voisin qui les a réceptionnés. La dame qui les a trouvés est là et un peu inquiète : ne vais-je pas l’accuser d’avoir pris les billets qui étaient avec eux ? Allons donc, si elle les avait subtilisés elle n’aurait pas pensé à rapporter le portefeuille !
Elle m’apprend qu’elle l’a ramassé devant la Maison de Quartier Georges Brassens. Bien sûr les 20 ou 30 euro qu’il contenait ont disparu. Mais tout le reste est là, y compris ma carte du parti communiste dont ne me parleront pas mes interlocuteurs qui n’ont pourtant pas manqué de la voir en cherchant à qui appartenait ce qui a été perdu.
Je remercie comme il se doit. Ce jour là se confirme que tout n’est pas blanc ou noir dans notre société. Il y a celui qui vide mon portefeuille et celle qui me le rapporte !
Lundi matin. Je suis aux caisses à Auchan. Tiens je connais la dame qui est derrière moi dans la file. Elle était agent de lycée dans le collège où j’exerçais et entretenait l’étage où j’avais ma salle. Nous échangeons quelques mots. Ah la personne qui est avec elle (ou devant elle je ne sais pas) commente les nouvelles machines mises en service pour que les clients paient leurs courses sans avoir recours à une caissière.
Le commentaire ? « Ça génère du chômage ! » Dur d’engager une conversation sur le sujet dans les conditions matérielles où nous sommes. Très rapidement j’évoque les profits d’Auchan qui me paraissent la vraie question. Si le progrès technique peut permettre de supprimer des tâches répétitives, sans intérêt pour celui qui les effectue il me semble que ce serait bien.
Reste la question de l’emploi. Mais va-t- maintenir celui-ci en refusant l’évolution technologique ? Le problème n’est-il pas l’usage que les entreprises font de celui-ci ? N’y a-t-il pas des solutions qui s’inscrivent dans une autre logique que celle de l’intérêt financier d’Auchan ? Des solutions qui s’inscrivent dans une recherche d’emplois qualifiés, créatifs, avec réduction du temps de travail et avec un salaire rémunérateur ?
Il me souvient d’un argument réfuté lors de l’emploi des pelleteuses sur les chantiers : elles enlèvent du travail à 50 terrassiers avec une pelle ! A quoi un humoriste avait répondu et à 500 avec une cuillère à café !
Reste quand même un point important : la déshumanisation engendrée par les diverses machines qu’utilise le monde moderne. Mais quand je suis à une caisse ou à un guichet suis-je assuré de la disponibilité de la personne à qui je m’adresse ?
Mardi soir j’apprends l’incendie criminel de l’immeuble Capendeguy qui abrite des familles de demandeurs d’asile. On peut imaginer diverses pistes : le vandalisme gratuit. Encore que le choix de la voiture brûlée n’est pas neutre ! Le mécontentement de « locataires » devant l’état des lieux. Oui mais alors là c’est du masochisme, ils se sanctionnent eux-mêmes ! Une vengeance de ceux qui ne sont pas d’accord avec l’aide, pourtant modeste, accordée aux immigrés ?
Mercredi matin : j’ai rendez-vous à 10 h avec des camarades au Marché de l’Iranget pour distribuer des tracts appelant à un meeting de soutien à Marie-George Buffet. On m’aura posé un lapin, je ne vois personne. Des partisans de Sarkozy, si, si, ça existe, sont en action ! Je vais aller tranquillement distribuer dans les boîtes à lettres de mon quartier.
Ah, je discute avec un habitant des HLM de l’Iranget que je sais être un électeur communiste. En peu de mots il me donne son sentiment. C’est simple, sans fioriture et juste ! A propos des OGM, du nucléaire civil et de Bové il a un jugement clair dénué de toute agressivité mais parfaitement conscient des enjeux.
Puis il me parle de ce qui se passe dans les caves des HLM. Apparemment des jeunes pas forcément de Béziers viennent y traficoter. La porte de sa propre cave a été fracturée trois fois, il a renoncé à l’utiliser. Le climat est difficile, d’autant qu’il y a des gens âgés dans les immeubles, certains sont malades. La police ? Il faudrait qu’il y ait des violences sur les personnes pour qu’elle intervienne.
Il va voter Marie-George Buffet et moi je suis allé vaillamment distribuer mes tracts !
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:: Les commentaires des internautes
Bien écris...
Posté par
Kate le 17.01.2008
pas forcément d'accord.
On apprend plein de choses...sur la vie de quartier, bien évidemment!
Comment rédiger, maintenant sans avoir des "craintes"...moi qui détestais l'école et qui préférais travailler dans le commerce de mes parents (bien plus amusant, sourire) .GRRR!!!
Ce
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