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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ) Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
27.04.2006 Dernière mise à jour :
19.08.2008
Ce lundi de Pâques c’était la cinquième édition de la traditionnelle Passejada organisée par le cercle occitan de Cessenon. Oui, la première avait eu lieu en 2002 et en 2003 elle avait été annulée pour cause de menace de pluie.
Comme chaque année on accuse un certain retard avant de se retrouver au complet sur la place du village. En 2007 il semble que nous allons être un peu plus nombreux que d’habitude. Oui nous serons une trentaine, dont plusieurs nouveaux, à nous aligner au départ de La Maurerie pour une marche dont la longueur sera conforme à ce qui était annoncé.
Il est guère plus de 10 h quand nous quittons le parking, un terre-plein qui appartient aux parents de Daniel, où nous avons pu garer l’ensemble des voitures. Ah, voilà Michel et son épouse qui arrivent in extremis. Colette, pourtant régulièrement à l’heure, sera rendue un peu trop tard à ce point de rendez-vous et n’aura que la ressource de nous retrouver au mamelon de La Broutelade.
Nous avons traversé le hameau et nous sommes montés sur la crête du Sarremale où un très joli sentier est maintenu dégagé par les chasseurs. Ce n’est pas encore très fleuri mais on a quand même vu le jaune de la coronille, senti l’odeur de camphre de la lavande stoechade ou lavande des Maures, aperçu ici et là quelques fleurs de cistes à feuille de sauge ou de cistes cotonneux et rencontré deux ou trois pieds de céphalanthère, blancs ou roses. Très sérieuse, France prend des notes !
On aura aussi l’occasion de découvrir les latrines collectives d’une colonie de blaireaux, los tais, animaux hospitaliers qui hébergent dans le dédale de leurs terriers aussi bien des lapins que des renards.
En contrebas la « campagne » désaffectée de la Rouvelane nous vaut l’histoire du propriétaire qui le samedi s’endimanchait pour aller chercher à la banque la paie de ses ouvriers. Sa banque ? A vrai dire c’était dans le bois un endroit secret où il cachait son argent !
Sylvette nous apprend qu’elle vient à la saison chercher des champignons dans le secteur.
Au débouché du sentier nous pouvons constater que vers ici las lagas (les rangées de ceps) suivent les courbes de niveaux : une méthode d’alignement différente de celle utilisée dans les vignes qui partent « de gaíìs en poncha ».
Devant sont apparus la Femme Allongée, le Naudech ainsi que La Mausse et Le Burguet.
Guère plus loin Liliane nous apprend le nom occitan de la salsepareille, l’aliment de base des Schtroumpfs : c’est la clarièja que l’on désigne aussi sous le nom d’arièja.
Ah, voilà le Recambis qui, comme son vocable l’indique, prend sa source vers Cambis, une « campagne » située de l’autre côté de la route qui relie Prades à Berlou. Après être passé à La Maurerie il se jette dans le Vernazobres un peu en amont de son confluent avec l’Orb.
Au-delà du passalís, Jo nous propose de longer une vigne qui vient d’être replantée pour nous éviter quelques centaines de mètres de bitume. C’est ce que nous faisons mais on finit quand même par retrouver la D 177.
Cependant que certains ramassent ici ou là quelques asperges, Michel note « Se pòt far la dormida, los figuièrs an tres fuèlhas. »
Ne reste plus qu’à atteindre la piste qui monte à La Broutelade. André nous y attend, il a allumé le feu et planté la bannière du cercle occitan de Cessenon qui flotte fièrement sous le vent du sud est, le fameux Grèc porteur de pluie dont on dit « Grèc la pleja al bèc ! »
Non, non, nous n’aurons pas de pluie et même l’après-midi nous aurons plutôt chaud !
Pour l’heure nous réceptionnons ceux qui ont « feinté », certains avec des excuses valables (parmi lesquels nous acceptons de compter le maire de Cessenon, victime d’un problème aux tendons), d’autres avec de moins bonnes, c’est le cas de Michel !
On finira par prendre l’apéritif après quelques échanges intéressants autour des tables d’orientation volées par des gens imbéciles. A quoi peuvent-elles servir hors des panoramas, au demeurant superbes, qui les entourent et qu’elles reproduisent ? La discussion tourne aussi autour de l’identité occitane, rurale, de la viticulture également, de la guerre d’Algérie encore… Bref il faudrait tout un développement pour en rendre compte.
La décence ne nous permet guère de faire état des avances, justement très avancées, dont Fanfare, le chien de Michèle, a été l’objet de la part d’un caniche du même sexe.
Du repas on retiendra qu’il a été bien embrouillé dans son déroulement, la saucisse grillée par exemple a été servie en guise de dessert. Il y a eu moins de critiques pour l’omelette als parres salvatges ou aux oignons. Pour ce qui est de celle au fromage c’était une première et nous avons en quelque sorte servi de cobayes.
Le Roquefort artisanal d’Yvonne, fabriqué à l’ancienne, mérite une mention. Quant au lapin en chocolat d’Audrey, il avait un peu souffert de la chaleur, ce qui n’a toutefois pas empêché Colette d’en prendre et d’en reprendre !
En ce qui concerne les boissons qui ont circulé le chroniqueur a renoncé à tenter de faire le moindre bilan, c’était au-dessus de ses possibilités.
Ah, cette année nous avons droit à une animation musicale. Marianne, une amie de notre guide, a apporté son accordéon. On aura droit à quelques airs occitans et on aura l’occasion de voir Line lever la jambe très haut en entendant le « Leva, leva, leva la camba » cependant qu’Eliette se placera dans le registre de meneuse de revue ainsi que de chef de chœur. La chorale de La Burla a en effet, entre autre, interprété pour nous la chanson de Cessenon et nous avons eu droit aussi au « Gloire au 17ème » !
Liliane profite des circonstances pour faire signer une pétition au terme de laquelle sont demandés divers moyens, enseignement et audio-visuel, pour que la langue et la culture occitanes ne disparaissent pas du paysage. Elle obtiendra celle d’Yves pourtant enclin à un centralisme jacobin excessif !
On finira par remettre en route ceux qui ne cherchent pas à « feinter ». Pour éviter des erreurs judiciaires nous ne porterons pas de condamnations sur certaines défections mais à l’avenir il faudra fournir un certificat médical en guise de justification.
Sous la conduite de Daniel on reviendra aux voitures en passant par la vallée du Rieu Berlou puis par Les Landes. Un arrêt sera observé près d'un réservoir d'eau ressemblant à un sous-marin pour une scénographie où il a été question du Limousin. Il fait chaud et on a besoin de se désaltérer quand on retrouve La Maurerie !
L’édition 2007 de la Passejada est terminée. « A l’an que ven e se sian pas mai que sieguen pas men ! »