Un musée de la moto !
Posté le 14.04.2007 par cessenon

Photo Yves Wesoluch
Il se trouve à La Manière, un hameau de la commune de Puisserguier. Joël Roure, son propriétaire, est un passionné de la chose. Il nous a accueillis vendredi 6 avril dans sa caverne d’Ali Baba.
Joël ? Il était professeur de dessin industriel et a fini sa carrière au lycée professionnel Jean Moulin à Béziers. A vrai dire à ce moment là il avait déjà une autre fonction que celle de prof. de dessin indus. on lui avait confié, dans le cadre de la MAFPEN, une mission de formation des enseignants en audio-visuel.
En guise d’introduction nous avons eu droit à l’examen d’une Citroën 5 CV, datant de 1923 et d’une Ford livrée en 1914. La première avait appartenu à un médecin, la seconde avait eu un statut d’ambulance pendant la guerre de 14-18. Ah, Ford joue dans le registre de la continuité, on peut en effet se procurer les pièces manquantes ou défectueuses pour tout modèle créé par la firme. Un catalogue est édité, il suffit de commander.
La Ford que nous avons pu voir avait un éclairage à acétylène produit en faisant goutter de l’eau sur du carbure de calcium. Elle n’est pas facile à conduire, les vitesses se changent avec des pédales et l’embrayage est à main. Quant au système de freinage il est recommandé de passer la marche arrière quand il y a urgence !
L’arrière-grand-père de notre guide était forgeron mais il s’était mis à réparer les cycles. La forge et ses outils de base sont exposés à l’extérieur du musée de la moto proprement dit. Est également présente à l’entrée une pompe à essence comme on en faisait dans les années qui ont précédé ou suivi la dernière guerre mondiale.
La caverne d’Ali Baba est équipée d’une devanture récupérée chez un marchand de cycles biterrois. A vrai dire ce n’est ouvert qu’en dehors des heures de sieste, c’est du moins ce que déclare un écriteau placé sur la vitre.
Passée la porte d’entrée c’est tout de suite l’inflation au niveau de ce qui est présenté à l’œil du visiteur. Des bicyclettes d’abord avec un dispositif, le discret, permettant à la dame qui enfourche le vélocipède de ne pas laisser voir ses froufroutants dessous ! Eh, c’est que le vélo a des conséquences curieuses pour les personnes du sexe faible affirme un document. Ben oui, surtout sur les chaussées pavées. La décence ne nous permet pas d’en dire plus ici !
Des motos ? Ah, tant que vous voulez ! Avec un faible, assez fort au demeurant, pour les Terrot. Mais dans le bric-à-brac il y a des tas de trésors qu’il serait vain d’essayer d’énumérer. Ben oui, notre guide a récupéré tout ce que contenaient les magasins de divers ateliers de réparation et de vente de cycles et motocycles.
A propos de motocycle on a droit à une manière de vélomoteur, au sens premier du terme, une bicyclette équipée d’un moteur qui se plaçait dans le cadre. La courroie d’entraînement ? Ah, si vous aviez de l’argent autant employer du boyau de chat, c’était ce qu’il y avait de mieux ! C’était le plus cher aussi bien sûr !
Vous avez droit également à des side-cars, l’un est en osier mais il y en de plus classiques. A ce propos voilà la photo d’une personne qui n’avait peut-être pas les moyens de s’offrir une voiture mais par contre celui de se payer les services d’un chauffeur de moto pour la transporter dans le side-car qui l’accompagne.
C’est difficile de vous dire tout ce que contient la caverne ! D’autant qu’il n’y a pas que des cycles et motocycles exposés ! Oui, outre l’histoire de la rivalité Terrot / Peugeot notre guide nous raconte, éléments de démonstration à l’appui, les début du cinéma.
C’est qu’il a reconstitué, modèle réduit, un cinéma ambulant tel que les présentaient ce qu’il faut peut-être appeler des cirques. Une locomobile (à vapeur bien sûr !) permettait, outre de faire se déplacer le convoi, d’actionner une turbine qui produisait un courant, lequel chargeait des batteries permettant la projection de films de courte durée…
Tiens on peut aussi regarder dans un kinescope, un dispositif qui permettait, moyennant quelques pièces de monnaie, de regarder dans des lunettes un petit film à caractère résolument grivois : tiens « Les amours d’une blanchisseuse » par exemple. Naturellement c’était interdit aux enfants et aux femmes !
On vous l’a dit, notre prof. de dessin indus. est compétent en matière d’images. De son aussi, il a retrouvé un phonographe d’origine américaine acheté aux puces par sa grand-mère en 1920. Mais c’est qu’il marche !
Il y aussi un orgue de barbarie en état de fonctionnement. La grand-mère de Joël devait être une personne d’avant-garde !
Pour finir, eh bien vous êtes engagés à mettre un mot sur le livre d’or, avec un porte-plume équipé d’une plume sergent-major ou Velleda trempée dans de la vraie encre qui va vous laisser des traces sur vos doigts quand vous aurez fini d’écrire votre commentaire enthousiaste !
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