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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ) Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
27.04.2006 Dernière mise à jour :
10.10.2008
Le nom est amusant. A Cessenon on dit plutôt l’Escougassou. C’est un hameau de quelques maisons qui appartient à la commune de Roquebrun situé au sommet d’un col où passe la D 19. Il est dominé au sud par Pech Pus et sa tour de surveillance des incendies. Sous Pech Pus, vers l’ouest, se trouve Pisse-Chèvres, Pissa-Cabras en occitan !
Vers le nord on rencontre la forêt domaniale de Saint Michel.
La D 19 ? Vers l’est elle conduit au pont des Quatre Chemins qui permet d’aller à Causses et Veyran, Saint Nazaire de Ladarez et Cessenon. Dans l’autre sens elle mène à Roquebrun en passant devant la centrale hydroélectrique du Maynard et sa retenue.
A l’Escougoussou on n’est pas très loin du Foulon. Un sentier rejoint l’Orb via la très jolie « campagne » des Fonts que j’ai longtemps entendu appeler « Los Catons » (Les chatons) !
Le versant situé à l’ubac était cultivé mais comme le terrain est en pente on ne pouvait que piocher à la main une vigne aujourd’hui disparue qui appartenait à Pla le maréchal. C’est que Mme Pla était native de l’Escougoussou.
Evidemment aujourd’hui on ne gagnerait pas l’eau qu’on boirait à avoir une telle activité !
Tiens j’ai su qu’une de nos parentes, que je n’ai jamais connue, habitait à l’Escougoussou, qu’elle y élevait quelques chèvres et qu’elle venait vendre ses fromages à Cessenon en les portant dans une corbeille qu’elle posait sur sa tête pour effectuer les quatre ou cinq kilomètres qu’il y avait à parcourir.
Que signifie le mot « Escougassou » ? Ah, selon le dictionnaire étymologique des noms de lieux du département de l’Hérault de Frank R. Hamlin il viendrait de Cougoussou qui veut dire dernier-né, « lo caganís » (littéralement « celui qui chie au lit ») si on préfère !
Ici c’est déjà le schiste alors que sur le versant à l’adret c’est encore du calcaire. Ce dimanche 27 janvier j’avais allongé le circuit de randonnée que j’effectuais avec une amie pour passer à l’Escougoussou dans l’espoir d’y trouver de la mâche. Eh bien j’ai gagné, mais je n’ai pas grand mérite, je savais qu’il y avait là un gisement !
Ah, j’ai aussi une anecdote à propos de l’Escougoussou. Un conscrit de Cessenon avait reçu son affectation pour aller effectuer son service militaire en Afrique. Peut-être était-ce déjà la guerre d’Algérie ? Cette perspective l’angoissait et il avait tenté, sans résultat, de faire jouer le maire, conseiller général, sans doute pas encore député, pour obtenir de ne pas partir là-bas. On avait essayé de le raisonner en lui faisant prendre contact avec un Cessenonais qui en revenait. Celui-ci ne joua pas vraiment son rôle pour le rassurer. Il fit état de scorpions gros comme des langoustes ! Le père assez accablé par l’attitude de son fils avait commenté : « Il voudrait faire son régiment à l’Escougoussou ! » mais à l’Escougoussou il n’y a jamais eu de garnison !
Le bassin aujourd'hui, près du cabanon, restauré, qu'il jouxte.
Le puits que mon père avait fait creuser pour pomper l’eau nécessaire à l’irrigation du jardin se tarissait quand la motopompe restait trop longtemps en service. Aussi la construction d’un bassin avait été décidée.
Elle fut entreprise au mois d’août 1950, une inscription dans le ciment l’atteste. La crue de 1953 qui avait emporté la partie supérieure de la cabane qu’il jouxtait l’a épargné.
Il n’était pas commode de puiser l’eau du bassin avec un arrosoir car c’était assez haut. Aussi un dispositif supplémentaire l’avait complété. Il s’agissait d’une manière de chaudron que mon père avait récupéré dans une ancienne usine d’équarrissage qui avait appartenu à un certain Chauvin et qui je pense devait s’appeler L’Hortalèche.
Mon père avait été en compte avec ce Chauvin, en ce temps là décédé, car il lui avait je crois prêté de l’argent. Il estimait donc qu’il pouvait se servir ! Nous allâmes donc sur les lieux avec un âne attelé à une jardinière qui nous avaient été prêtés afin d’en rapporter le chaudron. Celui-ci fut placé sous le bassin d’où l’eau pouvait sortir par une vanne qui avait dû être un robinet de foudre ou de cuve.
Mais L’Hortalèche avait été achetée par un épicier du village. Il était surnommé « Le Mayorque », sans doute parce qu’il était originaire de cette île des Baléares. Il y eut protestation du propriétaire légitime toutefois le chaudron resta au jardin, il y est encore !
Mes parents mettaient à tremper dans ce bassin les salades, les paquets de carottes, de radis… qui étaient proposés à la vente, soit sur la place du marché soit lorsque ma mère effectuait sa tournée avec sa carriole.
Ce bassin servit aussi quelque peu de jeu à l’enfant que j’étais. J’y avais mis un bateau auquel j’avais fixé un fil de pêche terminé par un hameçon. Celui-ci avait été enfoncé dans la gueule d’un goujon ou dans celle d’une perche soleil et j’avais là de quoi tracter le navire !
Un jour, je ne sais trop quelles étaient nos occupations du moment. J’étais avec Henri Bastelica et je me suis blessé au tibia sur une arête vive du bassin. L’entaille était profonde, elle atteignait l’os.
Nous n'avions pas chez nous l’habitude d’aller chez le docteur. Je restai quelque temps avec ma plaie ouverte, soignée par des moyens sommaires. Voyant qu’elle ne se refermait pas ma mère m’amena chez le pharmacien qui prescrivit de la pénicilline. Un vrai miracle : quelques jours plus tard j’étais guéri ! Certes la balafre fut longtemps visible mais parfaitement cicatrisée.
Plus tard, à l’été 1956, alors que la baignade dans l’Orb était interdite à cause de l’épidémie de poliomyélite qui avait affecté Cessenon, elle nous avait servi de piscine ! Il me semble m’y être baigné en compagnie d’Albert Flourens.
Ah le souvenir que j’ai encore c’est l’utilisation d’un baquet renversé utilisé comme cloche de plongée !
Oui, les Palmes Académiques, la Médaille Militaire, j’ai renoncé ! Mais le Mérite Agricole j’espérais. Eh bien c’est compromis !
Ce jeudi 24 janvier j’avais participé le matin à la manifestation biterroise pour la défense de notre pouvoir d’achat bien mis à mal par le contexte. Oui comme vous le savez le président Sarkozy a fait fortement progresser le sien mais pas celui des retraités dont je suis !
L’après-midi j’étais sur mes terres (j’ai estimé pouvoir ne pas faire grève sans être traité de jaune !) où j’avais programmé de désherber des rangs d’oignons plantés au mois d’août. Je les couvais des yeux mes oignons. Pas encore prêts mais en bonne voie.
Tiens, alors que j’en suis au début de mon entreprise, une entreprise délicate, je trouve une tige sur le sol. J’ai constaté ensuite que de nombreuses pampas (fanes) montaient sans difficulté quand je vérifiais si elles étaient encore solidaires du bulbe. C’était coupé au niveau de la tige.
C’est les rats m’a-t-on dit ! Scélérats oui ! Qu’ont-ils à faire à ronger les tiges de tant d’oignons (une dizaine peut-être ?) Je leur aurais abandonné l’un d’eux pourvu qu’ils s’en tiennent là. Mais nous vivons dans une société où la facilité et le gaspillage sont la règle ! Ces rats n’ont aucun esprit civique !
Et rien ne dit qu’ils vont s’en tenir là ! D’autant qu’à la vitesse avec laquelle ils opèrent ils ressemblent plus à Speedy Gonzalez, la souris la plus rapide du monde, qu’à Hector, le rat le plus lent du Mexique !
Il faut que j’avise mais je sais que la lutte sera rude car, je viens de le vérifier, 2008 est annoncé comme l’année du Rat ! Mes prédateurs sont d’ailleurs en avance sur leur temps, l’année du Rat ne doit commencer que le 7 février ! Qu’est-ce que ça va être dans une quinzaine de jours !
Au risque de me mettre à dos les « Ecologiquement faibles » qui préconisent des médecines douces (ils s’en tiennent aux indications de la SOCOPIR, la Société de Contrôle des Pièges à Rats) pour se prémunir des rats et des dégâts qu’ils occasionnent, j’envisage de prendre des mesures draconiennes : l’utilisation de raticide !
C’est que j’en ai besoin de mes oignons moi, ne serait-ce que pour faire verser des larmes à ma veuve quand je mourrai ! Et comme, à cause du Mérite Agricole, que je risque de ne pas avoir, je suis au désespoir et que je crains le pire…
Il est très enjoué notre ancien ministre des transports ! « O gai vive la rose / Je ne sais pas pourquoi / Vive la rose et vive moi. »
En 2001 la liste qu’il conduisait à Béziers pour les municipales n’a pas réussi à empêcher Couderc d’être élu au premier tour. On avait pourtant sonné le ban et l’arrière-ban de ce qui est à gôche sur la ville.
C’est que les Biterrois ont le comprenoir un peu bloqué. Ils n’ont pas mesuré tout le bonheur qu’on voulait leur apporter !
En 2002, le 21 avril plus précisément, comme l’ensemble des Français ils récidivaient et envoyaient Jospin à la retraite. Il avait même fallu voter Chirac pour ne pas courir le risque de voir Le Pen à l’Elysée !
Il y a bien eu par la suite un certain 29 mai 2005 mais on est rapidement passé là-dessus. A peine la victoire du NON contre un capitalisme débridé annoncée on tirait à nouveau des plans sur la comète pour reconstruire l’unité du temps de la gauche plurielle ou du programme commun dont on avait pourtant pu mesurer et les limites et les effets dévastateurs au plan électoral !
L’Europe ? La confusion des mots, la confusion des genres, un savant dosage de bonnes intentions et de réalités cruelles, tout cela était lissé pour qu’on puisse enfin parler de ce qui était à l’ordre du jour : le petit matin du grand soir !
2007, là c’était le 22 avril et le 6 mai, a confirmé que les propositions présentées par les divers candidats de gauche n’étaient finalement pas sérieuses ou pas crédibles. Comme il n’y avait pas d’alternative, Sarkozy et le MEDEF ont empoché la mise. Ah non, ce n’est pas une bonne chose, on s’en rend compte au quotidien, mais qui en doutait ?
Eh bien malgré ce on continue, un pied dans le vide, l’autre sur rien du tout ! C’est à l’image de Vil Coyote, ça ne marche jamais et on finit toujours par tomber !
Foin de l’expérience, on s’entête ! A défaut de convaincre on magouille. Ceux qui ont renoncé prétendent que ce sont les autres qui ne sont pas au niveau et qu’au fond ils s’adaptent à cette triste réalité : courage mes frères, il nous faut mourir ! Enfin ce serait plutôt il vous faut mourir ! Le mot disparaître conviendrait peut-être mieux !
Et si on s’orientait vers une autre voie que le « ron et ron, petit patapon » dont on nous a bercés depuis une trentaine d’années. Ce n’est pas facile ? Ah certes on y voit mieux sous un lampadaire pour chercher ce que l’on a perdu dans un endroit obscur mais il faut l’avouer on n’a aucune chance de le retrouver là !
J’enchaîne : « On dit qu’elle est malade / Peut-être qu’elle en mourra / Mardi il r’viendra m’voir / Mais je n’en voudrai pas. »
Ce ne sont que quelques tourterelles seigneur ! Oui mais des turques !
Pratiquement chaque matin je peux voir sur l’antenne de télévision d’un des bâtiments de la cité du parc où j’habite une rangée d’oiseaux. Je suppose qu’ils y ont passé la nuit car dans la journée ils ne sont plus constamment à leur poste.
Que sont ces oiseaux ? Sans rien pouvoir affirmer je pense qu’il s’agit de tourterelles turques. Oui ces volatiles n’ont pas attendu l’élargissement de l’Europe à la Turquie pour s’installer chez nous.
Il paraît même que, originaires de l’Inde, ils sont envahissants, leur habitat s’étend continuellement jusqu’à la Scandinavie et à l’Arctique.
Remarquez qu’ils ne me gênent pas vraiment. Certes je ne dirai pas que leur chant est mélodieux. C’est même assez monotone et répétitif mais enfin ce n’est pas pire que les informations à la télévision !
Leur cri ? Moi je croyais que les tourterelles ça roucoule. Eh bien il paraît que mes tourterelles turques gémissent. J’effectue ici un copier / coller de ce qu’ont écrit des spécialistes : « Le cri de la tourterelle turque est un « koo-KOOH-ku » répété, sonore, et bas en tonalité, la troisième syllabe finissant de façon abrupte. » Ils ajoutent : « On peut aussi entendre un « whaaa » ou un « kwurr » dur et nasillard quand l'oiseau se pose. Le cri d'alarme est un nasillard « ghee-gheee », également émis lors des vols nuptiaux. » Ailleurs j’ai relevé : « Le chant est assez monotone « croak-croaaask… aaaak » avec intonation sur la deuxième syllabe. » Moi ce que j’en dis…
Ah j’ai pris aussi des renseignements sur le nom scientifique de ces immigrés. C’est Streptopelia decaocto et ils sont, n’en soyez pas étonnés, de la famille des Colombidae. Quant au qualificatif de « turques » qui accompagne le mot « tourterelles » il serait dû au collier en forme de croissant qu’elles portent… autour du cou évidemment !
On a déjà écrit que leur territoire s’étend régulièrement. C’est qu’elles sont prolifiques nos tourterelles ! Pas la peine de les abonner à Canal Plus pour les motiver en leur visionnant des films X. Toujours de la même source voici ce qu’il est dit à ce sujet : « Elles se poursuivent en vol, et sont très belles quand perchées sur un fil, elles se donnent des « baisers » réciproques sur la tête, le cou et la nuque. » Il paraît que le vol nuptial est très spectaculaire.
Question nourriture elles ne sont pas compliquées puisque essentiellement granivores. Elles atterrissent en bande dans le parc de la cité mais j’ignore quelles graines elles y trouvent.
Ah, la tourterelle nourrit ses petits avec le « lait de pigeon », production du jabot riche en protéines et en graisse, ce qui lui permet d’alimenter sa progéniture en toute saison.
Si j’ajoute que la taille de nos bestioles est de 32 cm, le poids de 150 à 225 g, l’âge maximal de 14 ans… vous saurez à peu près tout ce que j’ai appris en rédigeant ce billet !
Elle se trouve sur la face sud de l’église de Cessenon mais elle n’a pas toujours été à cet endroit. Elle est restée longtemps au croisement de ce qu’on appelle aujourd’hui l’avenue du Pont et l’avenue de la Gare. On l’appelait « La croix de Cambounet » en référence au surnom du propriétaire de la maison devant laquelle elle était érigée. C’est assez récemment, à la suite d’aménagement des voies de circulation, qu’elle a été déplacée.
L’Eglise qui n’a pas disparu avec la Révolution Française va tout au long du XIX° siècle couvrir le pays de croix. Un ami historien m’a fait remarquer que les branches de celle qui nous intéresse sont des fleurs de lys.
Le socle porte l’inscription 1827. Ceci explique cela. En effet, à cette date la France connaît sa Seconde Restauration. Le Comte d’Artois, chef du parti ultra, nostalgique de l’Ancien Régime, a depuis trois ans succédé à Louis XVIII et est monté sur le trône sous le nom de Charles X.
Par ailleurs on notera à l’arrière l’existence d’une porte murée. Sans doute s’agissait-il d’une Porte des Morts. C’est que le cimetière qui entourait l’église était fait de deux parties, la plus grande constitue le Plan Jean Moulin, et la plus petite occupait la partie de la route de Béziers qui longe l’édifice. C’est par la rue de Caville, le chemin de Béziers, qu’on quittait Cessenon en direction de l’est.
Perpendiculaire à ladite rue une impasse porte le nom d’impasse de Caville mais on l’appelait autrefois « chemin des Litanies » et je ne désespère pas de la voir baptisée un jour impasse Jacques Cros. Diantre c’est là qu’habitaient mes parents quand je suis né ! Oh, un logement minuscule : une petite cuisine et une grande chambre munie d’un fenestron ! Quand je conduis une visite du village et que j’en suis à ce stade de ce que je fais découvrir, je me justifie régulièrement d’un : « Je suis communiste mais j’ai des excuses ! »
Le château de Grizac, berceau du pape Urbain V, restauré.
Antoine Velay ? C’est un notable qui vit à Grizac, à cheval sur les 17 et 18ème siècles. Grizac ? C’est aujourd’hui un hameau presque désert de la commune de Pont-de-Montvert mais à cette époque c’est une paroisse, une paroisse assez curieuse d’ailleurs, il y a bien une église et un curé mais les habitants sont protestants.
Antoine Velay lui aussi est protestant mais comme il est « du côté du manche » il aura quelques ennuis avec les Camisards. Du côté du manche en effet car outre ses biens propres il gère ceux de Monseigneur Louis de Grimoard de Beauvoir du Roure marquis de Grizac, une famille dans laquelle on trouve, en remontant la généalogie, les ascendants du pape Urbain V.
Particularité Antoine Velay tient un livre de raison. C’est à la fois un livre de comptes et un cahier journal. Sur celui-ci ou dans la correspondance qu’il reçoit on peut lire une foule de renseignements sur les événements de l’époque.
Ainsi le 3 janvier 1695 il lui est envoyé par M. du Monteil, procureur de Monseigneur le Comte du Roure, une lettre au terme de laquelle figure une demande étonnante : « Je vous prie de faire chercher dans votre quartier de la chair de loup fraîche ou salée pour monsieur de Beauvoir qui est fort incommodé. Si vous en trouvez de la fraîche, il faut la faire saler et me l’envoyer par la première commodité à Saint-Ambroix. »
Antoine Velay fait état d’une attaque des Camisards : « Le 29 janvier 1703 les troupes rebelles vinrent à Grizac, lesquelles étaient commandées par le nommé Larguier du Pradal paroisse de Cassagnas, en petit nombre, brûler notre église et notre maison claustrale dans la nuit et nous faire beaucoup de ravages, ayant emporté de notre maison papiers, linge et autres choses considérables. »
Il relate aussi l’incendie accidentel du château de Grizac, berceau du pape Urbain V : « Le mardi 2 octobre 1713, à minuit, Jeanne ANDRE veuve RAMPON habitant Grizac, faisant lessive, mit par mégarde le feu à sa maison qui brûla entièrement et fit brûler la grange de Claude BOYER qui joignait la sienne et la bise s’élevant porta le feu au château où restait Antoine ATGER – époux de Marie PONS et fermier du comte du ROURE – qui brûla tous ses effets, ayant été obligé de sortir ses enfants tout nus, et il ne resta rien dudit château… »
La peste qui a ravagé Marseille en 1720 a atteint la province du Gévaudan. Voici à ce sujet un extrait du livre de raison d’Antoine Velay :
« … Le mal s’étant encore propagé, le roi prohiba tout le Gévaudan au nord du Tarn et à l’ouest de l’Allier, ces deux rivières faisant la séparation du pays qui pouvait commercer. Quantité de troupes furent placées le long de cette limite pour empêcher que personne ne puisse la franchir, sous peine de la vie, qu’il y eut quantité d’exemples de ceux qui voulaient fuir le pays prohibé, qu’on faisait mourir à l’endroit où ils étaient pris, en faisant creuser leur tombe et après tués à coups de fusil.
A notre paroisse de Grizac on y mit des troupes à Grizac, au Villaret, à L’Hermet, d’autres gardaient la rivière du Tarn, avec les gens desdits lieux et de ceux de Saint-André-de-Lancize pour aider que le Pont-de-Montvert fut fermé du côté qui regardait le Lozère – à Bédouès, à Salièges et partout il y avait des troupes.
Le 20 août 1722 le roi envoya 2 régiments pour garder les lignes. C’était le régiment de la Couronne qu’on dispersa d’Anduze à Grizac. Deux compagnies étaient à Grizac, le Régiment de Richelieu tenait de Florac au Rozier. Les deux compagnies séjournèrent à Grizac du 20 août au 13 novembre 1722, lesquelles nous ont beaucoup coûté ayant été obligés de faire 5 baraques pour mettre les soldats le long de la rivière du Tarn et de leur fournir les chandelles nécessaires et le bois, outre le logement.
Pendant que ces troupes étaient dans ce pays, il vint un ordre de l’Intendant de faire 3 lazarets ou hangars c'est-à-dire des maisons couvertes à paille et grandes pour faire passer les marchandises du Gévaudan, les parfumer de dedans et après les faire teindre et emballer pour les porter en Languedoc, ayant envoyé 4 commissaires de Montpellier pour sceller – lesquelles maisons furent faites à Arigès, près le château et entourées de bois dit palisses – et encore vint un autre ordre pour autres 2 maisons conformes aux premières et n’ayant pu plus tôt achever de les finir et couvrir, vint un ordre le 3 décembre 1722 de lever toutes les lignes et que le commerce était rétabli comme avant la peste… »
Je vous conseille le filet de pangasus (ou pangasius), un poisson au prix tout à fait abordable, moins de 7 euros le kilo.
Le pangasus ? Il est élevé au Vietnam, c’est du moins le cas de celui que je trouve dans le rayon ad hoc du supermarché Auchan. Il est d’ailleurs tout conditionné, il n’y a pas à faire la queue pour être servi.
C’est un poisson qui vit en eau douce. On l’appelle poisson-chat du Mékong et encore silure-requin. Il était élevé en Chine sous les maisons sur pilotis se nourrissant des ordures ménagères ce qui a fait dire qu’il vit dans les égouts !
Dans la nature on a rencontré des pangasus qui faisaient 130 cm de long pour un poids de 44 kg mais dans les élevages on les retire des bacs lorsqu’il ont atteint entre 900 et 1500 g.
Le pangasus ayant des allures de requin les sujets juvéniles sont vendus pour les aquariophiles.
Bon, alors la recette ?
Vous mettez à frire dans une poêle des tranches d’oignons, de tomates et de poivrons. Quand l’ensemble est quasiment cuit vous faites un peu de place dans vos légumes pour déposer vos filets de pangasus. Vous ajoutez alors des cornichons découpés en rondelles et des câpres, vous arrosez le tout avec de l’huile d’olive et vous laissez sur le feu pendant une dizaine de minutes en retournant vos filets quand ils sont dorés d’un côté.
Vous pouvez remplacer le pangasus par d’autres espèces, perche du Nil, cabillaud ou thon rouge par exemple. Très fin, et l’été dernier à peine plus cher que le thon rouge, la longe d’espadon !
Bon appétit !
Là c’est « Les Tudery », une « campagne » qui est sur la commune de Cazedarnes, pas très loin de Fontcaude. Pourquoi vous en parler aujourd’hui ? Parce que voilà j’ai eu l’occasion d’y passer récemment, par deux fois d’ailleurs, en effectuant une randonnée dans le secteur.
Cette randonnée ? Une balade plutôt, le circuit qu’on suit doit compter sept ou huit kilomètres. Le départ est au niveau de la ferme zoo qui se trouve au carrefour des routes qui vont à, ou qui viennent de, Murviel, Cazouls, Cazedarnes et Cessenon.
Là vous prenez le chemin goudronné qui conduit à Carbonel mais je choisis en général de l’abandonner pour faire un détour par Lornovaire qui est un peu à l’ouest. De Lornovaire je reviens vers une superbe bâtisse récemment construite et je continue vers Les Pradasses où, à cause des nombreuses épaves de voitures, un ami disait « ici c’est quarante sous le kilo. »
« Les Tudery » c’est au-delà. Le nom ? Ce serait un patronyme. Il y a un autre Tudery du côté de Saint-Chinian.
Là s’était loué un certain Milo de Totsants, en fait il s’appelait Andrieu, Toussaint étant le prénom de son père.
Ils étaient deux frères, Milo et Gusto, vieux garçons qui avaient vécu à Cessenon et avaient une vigne du côté de La Maurerie dans précisément « La Canal de Totsants » (le talweg des Toussaints). Elle était dans un terrain peu fertile et pour un peu les deux frères consommaient en allant la travailler tout le vin qu’elle produisait, à tel point qu’il aurait été peut-être avantageux de construire la cuve sur son emplacement.
La place aux Tudery n’était pas spécialement pénible. On avait confié à ce Milo de Totsants le soin de promener le grand-père. Oui à cette époque on n’avait pas encore créé les maisons de retraite.
Ce grand-père était passionné par la cueillette des « lachissons » (une espèce de pissenlit). Aussi notre accompagnateur agréé conduisait son client ramasser la précieuse salade de campagne.
Il devait avoir de meilleurs yeux car il la repérait avant le chercheur officiel. Mais il ne se baissait pas pour les ramasser, se contentant de les montrer du bout de son bâton en annonçant : « Mestre, aqui n’avetz un ! » (maître ici vous en avez un !)
Une phrase que nous employions mon frère et moi quand nous étions ensemble en train de désherber au jardin et qu’une mauvaise herbe avait échappé à l’œil vigilant de l’un d’entre nous !
Cécile Cordoba dont le nom de jeune fille est Andrieu, était la nièce de ces Milo et Gusto de Totsants. Bien qu’à cette époque elle n’ait eu que sept ou huit ans elle se souvient des obsèques de chacun d’eux. Pour la circonstance elle avait une robe rouge, ce qui ne déparait pas, ses oncles étaient communistes m’a-t-elle indiqué. Sans doute a-t-elle voulu dire qu’ils votaient communiste.
La balade ? Je la fais passer ensuite par Pech Redon, dont j’ai parlé par ailleurs, et nous redescendons au point de départ en suivant un chemin qui commence à s’embroussailler avant de retrouver celui, goudronné, qui vient de Carbonel.
On laisse sur la droite la « campagne » de Saint Denis qui avait un moment, à la suite d’un legs, appartenu aux sœurs qui occupaient à Cessenon une manière de couvent.
La section de Pézenas de la SPN (Société de Protection de la Nature) proposait ce samedi 12 janvier dans la salle Bonnafous une conférence sur Linné, ce naturaliste suédois dont on a célébré en 2007 le tricentenaire de la naissance.
C’est Jean-Antoine Rioux le successeur de François Hue, à la tête de la SPN du Languedoc-Roussillon, qui s’est chargé de la présenter. Il avait prévu de s’aider d’une diaporama dont la projection a été un moment perturbé par des difficultés informatiques qui ont découragé une partie du public, une trentaine de personnes. Oui on pouvait craindre que les problèmes techniques ne soient pas surmontés. Ils l’ont été par Olivier Rodriguez qui a toutefois dû changer d’ordinateur pour que la séance prévue puisse continuer à se dérouler.
Linné voit le jour la même année que Buffon et les deux scientifiques seront en conflit sur la conception même de leur discipline commune. Carl Linné est décédé en 1778, comme Voltaire et Rousseau avec lequel il entretenait des relations sur la botanique.
Linné était aussi en contact avec les botanistes de Montpellier qui travaillaient sur le célèbre jardin des plantes de la ville, lequel attirait de nombreux étudiants.
Linné est un créationniste, c'est-à-dire qu’il considère que le monde et les êtres vivants qui le peuplent ont été créés tels que nous les connaissons. Dieu a construit, Adam observe, décrit et nomme. Les théories de l’évolution ne sont pas encore nées.
L’exposé de M. Rioux fourmille d’anecdotes sur les différents botanistes du temps de Linné, sur ceux qui ont été directeurs du jardin des plantes de Montpellier notamment.
Si Linné est fixiste, une expression équivalente à celle de créationniste, son œuvre ne manque pas d’intérêt. Il est le fondateur de la systématique, un concept qui englobe et dépasse celui de taxonomie. Elle conduit à un classement et à une hiérarchie dans l’ordre du vivant. On doit à Linné la nomenclature binominale telle qu’elle est utilisée de nos jours. Le premier terme définit le genre, le second, l’épithète, rend compte de l’espèce.
Le conférencier a placé les naturalistes dans diverses catégories : proto-linnéens, pré-linnéens, linnéens, post-linnéens, anti-linnéens. Il a souligné que l’école de Paris, initialement en retard sur celle de Montpellier l’avait devancée avant d’en être rattrapée.
Il a traité de la question des liens entre science, religion, philosophie, politique (et économie.) La démarche scientifique est faite d’hypothèses « falsifiables » c'est-à-dire que l’on peut remettre en cause. En cela elle s’oppose au postulat.
M. Rioux a abordé la problématique de l’évolution. Depuis Lamarck et Darwin des précisions et des correctifs ont été apportés sur les conditions de celle-ci. Progrès par sauts, adaptation au milieu, différenciation entre micro et macro évolution…
Il a au passage montré comment certaines religions pouvaient intégrer les théories sur l’évolution dans leur vision créationniste du monde.
A vrai dire ce n’était pas toujours simple pour un non-spécialiste de tout comprendre mais on nous rendra cette justice, nous avons essayé !