Les Arbaouat
Posté le 23.05.2007 par cessenon

Sance chez le coiffeur dans l'enceinte du cantonnement
C’est sans doute en janvier 1962 que nous occupé Les Arbaouat. En tout cas nous y étions le 8 février au moment des événements de Charonne qui avaient si fortement indigné Jacques Flotté, un Normand, comme moi instituteur dans le civil, lequel a fini sa carrière à Dives s/ Mer en tant que principal de collège.
Les Arbaouat ? C’est une manière d’oasis située à une centaine de kilomètres au sud ouest de Géryville. Il y avait un ksar, c'est-à-dire un village plus ou moins fortifié. Il y avait des palmiers, je peux vous dire que le tronc est un excellent combustible ! Il nous est arrivé d’en brûler.
Nous logions dans un cantonnement aménagé par la Légion. Les légionnaires qui nous avaient précédés avaient construit avec des palmes un plafond décoré aux couleurs, rouge et vert, de leur régiment.
Bien que la fin de la guerre soit proche nous continuions les opérations. Je vais raconter l’une d’elles. Le commandement avait obtenu des renseignements sur la présence à quelques kilomètres d’une katiba. Une expédition avait donc été organisée.
Je revois un harki, équipé d’un MAS 56, embarqué dans notre camion. Il avait un visage révélateur de l’engagement qui était le sien, déterminé, dégageant une impression de force. Le bruit a couru que par la suite il avait été tué. Je ne garantis rien à ce sujet !
Nous avons formé le carré des véhicules, dans un endroit plat et nous avons attendu la tombée de la nuit. Comme j’avais déjà vécu plusieurs fois de ces manœuvres qui n’étaient suivi d’aucun effet j’avais enlevé mes rangers pour être plus à l’aise !
Le capitaine avait envoyé une escouade de harkis (ben oui, la tactique c’était de faire se battre les Algériens entre eux !) en reconnaissance sur une espèce de terrasse que formait le relief.
L’endroit était occupé par des nomades qui vivaient dans des rheïmas. C’est le nom que l’on donne aux tentes en poils de chameau qu’utilisent ceux qui ne sont pas sédentarisés.
Nous avons été alertés par des coups de feu et les fusées de toutes couleurs. Les « nôtres », enfin ce n’étaient pas les miens, étaient entrés en contact avec des fellaghas venus se ravitailler ou se reposer là !
Grand branle-bas de combat, je remets mes rangers mais je ne trouve pas le chargeur de ma carabine US qui avait dû quitter son logement. Oui, avec l’ancienneté j’étais passé d’un Garand à une MAT 49 puis à une carabine US, beaucoup plus légère !
J’ai averti mon capitaine de la situation. Il m’a demandé de chercher le chargeur perdu. J’ai fini par le retrouver. Cela nous a retardés quelque peu, sans doute suffisamment pour que nous n’arrivions sur les lieux qu’après que les fellaghas eurent décroché.
Les occupants des rheïmas eux aussi avaient pu disparaître sauf un chibani (un ancien) qui avait été blessé à une jambe dans cette affaire. Il fut emmené avec nous et le pauvre, laissé sans soin, mourut le lendemain. Des objets ont été pris dans les tentes : une djellaba par exemple qui a été vendue je ne sais plus à qui par celui qui l’avait dérobée. Moi-même j’avais récupéré une théière bleue que j’avais rapportée en France.
La guerre conduit aux pires des comportements !
Le capitaine était plutôt satisfait de l’opération qu’il avait conduite, ne regrettant qu’une chose, que nous n’ayons pas pu faire état de deux ou trois macchabées !
C’est aux Arbaouet, à quelques jours du cessez-le-feu que nous a été lu un ordre du jour du Général Ailleret, commandant supérieur interarmées en Algérie. Aux termes de cet ordre du jour les militaires de tous grades étaient félicités pour avoir eu la maîtrise du terrain pendant toute la durée des opérations.
Il n’empêche, cette guerre nous l’avons perdue et le mieux aurait été à coup sûr de ne pas la faire ! Mais comme on dit chez moi « Lo piquet es pas jamai dintrat dins lo cap d’un borriquet ! » expression qui rend compte du fait que certains sont inaccessibles à la compréhension des choses (littéralement : le piquet – il s’agit du jeu de cartes – n’est jamais entré dans la tête d’un petit âne !)
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:: Les commentaires des internautes
ARBAOUT
Posté par
mekki le 03.03.2008
BONJOUR tout a changé à Arbaout il faut me rendre lathéière bleue.
ARBAOUT
Posté par
mekki le 04.03.2008
BONJOUR une second fois pour la libération de mon pays aucun membre de ma famille les plus proches n'ont pris les armes durant cette periode pour ce qui est de la théière bleu c'est déjà fait on a eu notre indépendance A la prochaine
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