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cessenon
Description du blog :
Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
19.07.2008
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Les arômes de l'arum

Posté le 01.07.2008 par cessenon
Photo Jocelyne Espinasse


Pas très « jojo » l’arôme de certains : « La plupart émettent une odeur plus ou moins prononcée de charogne ou de fumier qui attire des mouches et favorise ainsi leur pollinisation. »
Toutefois soyons juste, certaines espèces ont une odeur agréable. C’est le cas d’Arum balansanum dont l’odeur rappellerait le calvados !
Mais parlons plutôt de la plante dont nous avons reçu, depuis les environs de Grenoble, la belle photo qui illustre le présent billet.
L’arum est une plante à rhizomes, vivace, qui peut atteindre 60 cm de hauteur. La feuille est sagittée (traduire elle a la forme d’un fer de lance) et la fleur est un spadice, c'est-à-dire un épi entouré d’une bractée appelée spathe.
Il porte aussi le nom de gouet et le mot arum signifie « Pied-de-veau », terme par lequel on désigne aussi la plante.
Ah, l’arum des fleuristes, n’est pas un arum et sa dénomination scientifique, Zantedeschia aethiopica, pourtant donnée par Linné, n’est pas correcte puisqu’il est originaire d’Afrique du Sud. On vous l’a déjà dit, si vous ne voulez pas avoir des maux de tête restez à l’écart des botanistes de métier !
Evitez aussi de consommer les baies, orangées puis rouges, de l’arum ! Très toxiques ces baies. La liste de tout ce qu’elles contiennent de nocif est impressionnante.
A vrai dire la mastication de feuilles ou de fruits entraîne une sensation immédiate de brûlure bucco-pharyngée qui fait que vous n’’aurez pas envie d’en absorber beaucoup !
Si toutefois cela arrivait, sachez que l’ingestion massive peut se compliquer d’un syndrome hémorragique digestif et de troubles systémiques (paresthésies, somnolence, convulsions, mydriase, troubles du rythme cardiaque). Cet état peut évoluer vers le coma et le décès.
Il est arrivé qu’on fasse venir à Malibert un hélicoptère pour emporter un élève de classe verte qui avait avalé des baies d’arum !



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L'eau un bien précieux ?

Posté le 30.06.2008 par cessenon
La terrasse d’Armande sous les eaux
Photo prise par la victime du sinistre


Veolia, le nom vous dit quelque chose ?
C’est le N° 1 mondial des services de l’eau ! C’est lui qui gère sa distribution à Sète
Ah, on peut vous assurer que l’eau ils ne l’épargnent pas chez Velolia ! Les abonnés non plus, pardon, ce sont peut-être des clients plus que des abonnés, ils ne les épargnent guère.
Voici-donc ci-dessous le billet d’humeur que mon amie Armande a envoyé à L’HERAULT du Jour à la suite des incidents qu’elle décrit :
« Monsieur Veolia [NDLR il n’est pas sûr qu’il y ait un monsieur nommé Veolia, tout est anonyme à présent !]
Je ne suis pas du tout charmée par vos prestations.
Hier, samedi, dès 7 heures du matin, j'ai alerté vos services, pour des infiltrations d'eau dans la propriété que j'habite, chemin de la Valcaude. Elles provenaient vraisemblablement d'une rupture de canalisation, dans la rue, invisible sur la route.
Le fait s'était déjà produit début mai. L'eau arrivait chez moi à travers le mur de clôture, ce qui le fragilise, évidemment. Un employé est venu, dès 9 heures, a constaté la situation mais m'a déclaré, que, faute d'équipe disponible, on ne réparerait que... lundi.
J'ai alors téléphoné à nouveau à vos services, disant que si la fuite s'aggravait, l'eau risquait de rentrer dans la maison, située en contrebas et d'occasionner des dégâts. Auquel cas je porterais plainte.
Aucune intervention dans la journée. Ce matin, à 8 heures, ce n'était plus une infiltration, mais un torrent véritable qui déboulait sur ma terrasse, traversait le jardin et filait dans la rue, où il rejoignait l'eau qui avait fini par percer le goudron et dévalait le chemin, sans oublier de traverser la propriété.
Je me réserve de faire estimer les dégâts, avec l'aide d'une Association de défense des consommateurs, et de porter plainte.
Il n'a pas fallu plus de 1/2 heure ce matin pour arrêter la fuite. Pourquoi ne l'a-t-on pas fait hier, dès ma première alerte ? Par manque de personnel disponible m'a-t-on dit.
Entendons-nous bien, je n'ai aucun grief contre les employés et ouvriers de votre entreprise.
Bien sûr, c'était samedi et fin juin, début de congés peut-être. Et surtout, vous n'êtes pas au service du public. Vous êtes au service des actionnaires. C'est la loi du profit, c'est la loi du capitalisme.
Que peut bien peser, face à cela, une vieille femme angoissée par une arrivée d'eau intempestive ? »
Oui il faut préciser qu’Armande de Sète, quoiqu’ayant bon pied bon œil, aura tout de même 86 ans cette année.
Quant aux consignes sur l’économie de l’eau, telles celle de fermer le robinet quand on se lave les dents, on en mesure les limites quand on constate combien la société Velodia laisse couler à flots un bien si précieux !
Un chef d’entreprise avisé pouvait installer une usine hydroélectrique sur la conduite forcée créée par la fuite et vendre à EDF le courant ainsi produit ! Au titre de ses œuvres sociales il aurait pu alimenter une piscine pour les habitants du quartier du Mont Saint Clair !
C’est quand même génial le libéralisme, enfin, comme le fait Armande, appelons les choses par leur nom, le capitalisme !

Le 26 août 1944 à Murviel les Béziers

Posté le 29.06.2008 par cessenon


Tout au long du mois d’août 1944 la région du Languedoc a vu passer des colonnes de l’armée allemande qui rejoignaient la vallée du Rhône et au-delà les frontières de l’Allemagne.
Rappelons la situation militaire. Le 2 février 1943 c’était la reddition de Von Paulus à Stalingrad. Une défaite des armées hitlériennes qui a fait qu’à partir de cette date « l’espoir changea de camp, le combat change d’âme. »
Le 6 juin 1944 c’était le débarquement en Normandie et le 15 août de la même année le débarquement en Provence cependant qu’un autre avait déjà eu lieu en Italie. Pour ne pas être prises en tenaille les troupes du IIIème Reich ont dû refluer vers le nord est. Pour éviter les attaques de l’aviation alliée elles ont opéré leur repli en suivant des routes secondaires.
C’est ainsi que le 26 août 1944 est passée à Murviel une colonne de l’armée allemande.
Déjà une colonne avait traversé Béziers le 22 août et après cette date on n’a plus vu un soldat allemand dans la ville.
A Saint Pons, à Pont de Ratz sur la route de Narbonne, et dans la ville elle-même, de durs combats avaient opposé les Allemands aux forces de la Résistance les 21 et 22 août.
Nous n’avons que des informations fragmentaires sur la colonne qui a fait un moment escale à Murviel. Selon toute vraisemblance il s’agit de celle qui avait bivouaqué à Agel la veille. Elle comptait 2 000 hommes nous a-t-on dit.
Elle était à Cazedarnes le matin même et les premiers éléments sont apparus alors qu’une messe était dite pour les trois jeunes du village pris à Riols le 10 août et fusillés le lendemain près de Toulouse.
Une maman d’un enfant de 2 ans nous a raconté qu’on lui avait dit de cacher son garçon, les Allemands coupant les mains des jeunes pour qu’ils ne puissent pas plus tard se servir d’un fusil !
Elle s’est rappelé les pansements qui jonchaient les fossés entre Cazedarnes et Cébazan. Sans doute les Allemands avaient été accrochés plus loin par les maquisards.
La colonne est descendue par la route qui suit la vallée du Rhonnel. A Saint-Blaise le ramonet Guiraud, qu’on surnommait Le Braconnier, a été obligé, sous la menace d’un révolver, d’abandonner le cheval de son patron. Un cheval rétif que les Allemands n’ont pu emmener bien loin !
Ce sont des side-cars qui les premiers sont entrés dans Murviel. Avant toute chose les Allemands ont coupé les fils téléphoniques avec des pinces. Ils ont ensuite formé les faisceaux sur la place et ont allumé un feu pour préparer leur repas.
Ils se sont ensuite livrés aux activités habituelles d’une soldatesque en déroute : pillages et viols. Il y a même eu une naissance et le physique du nouveau-né n’a laissé aucun doute sur son géniteur, il avait les yeux bridés comme un Mongol !
Les viticulteurs et les ouvriers agricoles qui étaient dans les vignes se sont bien gardés de rentrer au village avant le départ de la colonne. Quand celle-ci a eu quitté les lieux ils sont revenus. Dans la crainte d’une deuxième colonne, annoncée par des rumeurs, des charrettes ont été chargées de matelas et de matériel divers et ont pris le chemin de plusieurs masets éparpillés autour de l’agglomération. Les chevaux, même non attelés, avaient suivi afin d’être soustraits à des risques de vol.
Oui, les chevaux et les bicyclettes étaient souvent « réquisitionnés » par les soldats allemands qui battaient en retraite.
Des installations de fortune ont permis aux Murviellois, inquiets à la perspective de devoir passer dans le village les nuits où l'armée allemande pouvait y séjourner, de coucher en dehors.
Il a par ailleurs fallu dissuader quelques inconscients qui, armés, d'un fusil de chasse ou d'un simple révolver, voulaient abattre des Allemands.
Il a été fait état d’une deuxième colonne qui a été mitraillée sur la route de Saint Geniès de Fontedit par l’aviation canadienne mais nous n’avons pas de précision sur la date de cet événement.
Quoiqu’il en soit les dés étaient jetés, pour les Allemands la défaite était déjà largement amorcée même si la guerre allait durer encore plus de huit mois !


Engagez-vous, l'armée vous donnera un métier !

Posté le 27.06.2008 par cessenon
Photo Jacques Flotté


Oui c’était le slogan des sergents recruteurs qui jouaient sur la situation que connaissaient les jeunes sans formation et sans emploi.
Je ne me suis ni engagé ni rengagé mais l’armée m’a quand même permis d’apprendre un métier : veilleur de nuit !
Vous avez ci-dessus un des endroits où j’ai eu l’occasion de me familiariser avec une activité tout ce qu’il y a de plus exaltant : monter la garde.
C’était à raison d’une nuit sur trois et de deux heures de faction suivies de quatre heures de repos, voire de sommeil, dans le poste. Pénible d’être réveillé pour « avoir l’honneur de monter la garde pour deux heures de faction ! »
Il y avait des gradés de quart (brigadier, brigadier chef, maréchal des logis) qui étaient particulièrement attentionnés et qui vous secouaient en évitant d’être trop brutaux, d’autres qui au contraire faisaient cela sans ménagement.
Là nous sommes à l’entrée du bordj de Bou-Ktoub, qui s’écrit Bougtob aujourd’hui malgré les efforts que nous avons fait pour garder la graphie (et l’Algérie) françaises. Il faut reconnaître que je manquais réellement de motivation pour cet objectif. Il m’est même arrivé de rêver que lors du rassemblement l’adjudant annonçait « En raison de son manque visible d’enthousiasme, le canonnier Cros est renvoyé dans ses foyers ! » Hélas cela ne s’est pas produit.
Donc on était planté pendant deux heures, devant cette entrée ou ailleurs. C’était comme pour « Le désert des Tartares » il ne se passait rien ! Encore heureux me direz-vous.
J’ai le souvenir de nuits de clairs de lune où l’on y voyait presque comme en plein jour. On pouvait, je ne sais pas si c’était autorisé, écouter un poste radio à transistors muni d’une oreillette (le mot n’existait pas encore !)
On pouvait aussi regarder sa montre à intervalles plus ou moins réguliers et avoir du plaisir quand la grande aiguille avait fait un bond d’importance et de la déception quand ça n’avait pas beaucoup avancé.
Je ne vous dis pas à quoi on pouvait par ailleurs penser. Le bromure, ce produit de contrebande qui permet au pain de ne pas durcir, n’avait pas tout à fait les mêmes résultats dans d’autres domaines.
Dans le jour, si les autres postes de garde n’étaient pas pourvus, il y avait constamment une sentinelle à l’entrée du bordj. Ce n’était guère plus passionnant que la nuit.
Le dimanche on se mettait sur son 31 quand on était en faction devant le fort : tenue de ville et ceinture de flanelle rouge. Ce qu’on était beaux, on devait impressionner favorablement les autochtones. Bien sûr cela n’a pas suffi à nous faire gagner la guerre !

Du côté du Rieu Berlou

Posté le 26.06.2008 par cessenon


La photo ci-dessus a été prise le dimanche 8 juin. Elle montre le lit du Rieu Berlou, un peu en amont de son confluent avec l’Orb.
L’endroit est en quelque sorte la plage des habitants de Lugné, à moins que ce ne soit un peu plus en aval.
Le mot « rieu » est la francisation de l’occitan « riu » qui signifie ruisseau, torrent. On dit aussi « rèc » encore que je m’interroge : est-ce que « riu » n’évoque pas un cours d’eau permanent tandis que « rèc » désignerait un ruisseau qui s’assèche ?
Comme son nom l’indique le Rieu Berlou passe à Berlou où, question natation, les autochtones ne peuvent apprendre que la théorie. Certes au niveau de la Glaudette il y a une cascade qui se déverse dans un gouffre où l’on doit pouvoir effectuer quelques brasses.
Avec le Recambis (on devrait d’ailleurs écrire « Rèc Cambis » puisqu’il s’agit d’un ruisseau qui prend sa source du côté de la « campagne » de Cambis) c’est évidemment pire.
Dans le Rieu Berlou on pêchait des barbeaux méridionaux que l’on appelle encore barbeaux truités et en occitan « taupets », une manière de compromis entre le barbeau et le goujon. Le nom scientifique est barbus méridionalis. Un poisson rare et protégé semble-t-il dont la pêche est à ce titre soumise à une réglementation stricte ai-je lu quelque part.
Quoi encore sur le Rieu Berlou ?
Signalons le projet de barrage dont on avait parlé au début des années 60 qui devait immerger la vallée jusqu’au domaine de Canet. Les propriétaires de terres ont été expropriés et on leur a offert des terres sur Cessenon en compensation. Mais comme le projet n’a jamais été réalisé les anciens propriétaires ont pu garder leurs vignes en location.
Autre chose, Rieuberlou est aussi le nom de la « campagne » qui se trouve à quelques centaines de mètres en amont, sur la petite route qui va de la D 14 à Berlou. Abandonné depuis des dizaines d’années le bâtiment principal tombait en ruines. Nous avons pu constater que le toit avait été refait récemment (par les soins du conseil général qui a acheté l’ensemble nous a-t-il été dit.)
Dans le secteur on a défriché, pour le plus grand désagrément des coamelejaires (les chercheurs de champignons), diverses parcelles de maquis afin de planter de nouvelles vignes pour remplacer celles disparues avec l’extension du PLU (Plan Local d’Urbanisation) des villages environnants.

Curieux certificat médical !

Posté le 24.06.2008 par cessenon


Il a été trouvé dans les archives familiales de Louis Brès, un vieux garçon décédé à Grizac, un hameau de la commune de Pont-de-Montvert, où il a fini sa vie d’exploitant agricole, il y a quelques années.
Nous sommes ici en milieu huguenot et les papiers se conservaient de génération en génération, on pourrait dire qu’on avait presque de la vénération pour eux.
Le document date du 2 février 1735. Il est en deux parties, la première est un certificat de maladie délivré par un instituteur de Grizac qui dit :
« Nous Pierre Courtès, régent d’école de la paroisse de Grizac certifions à qui de droit que Pierre Rampon a une si grande difficulté à parler qu’il faut attendre longtemps avant qu’il puisse dire une parole.
Courtès, régent. »
Le certificat est validé par le curé prieur du lieu qui déclare :
« Nous Pierre Daré, curé prieur de la paroisse de Grizac, attestons que ledit certificat est fait par ledit Courtès, régent et que foi doit y être ajoutée, de plus certifions que ledit Pierre Rampon n’a pas pu répondre au catéchisme que nous faisons en qualité de curé à cause de la difficulté de parler qui est si grande qu’il faut attendre des fois qu’il y a l’espace de deux miserere avant qu’il puisse dire une parole. A Grizac le susdit jour et an, Panefieu, prieur de Grizac »
La validation du curé prieur de Grizac est-elle supervisée par son supérieur hiérarchique, ce qui expliquerait la deuxième signature ?
Pourquoi ce certificat ?
A coup sûr pas pour la sécurité sociale qui, temps béni dirait le MEDEF, n’existait pas en 1735 !
S’agissait-il d’excuser le silence de Pierre Rampon lors des offices religieux catholiques auxquels les protestants étaient tenus d’assister ?

Le canal de Jonction

Posté le 23.06.2008 par cessenon

La photo a été prise ce dimanche 22 juin. Elle montre la perspective, superbe de mon point de vue, du canal de Jonction qui relie le canal du Midi à Narbonne.
Droit comme un I (ou comme Juppé dans ses bottes !) ce canal a été mis en service en 1780 soit à peu près un siècle après celle de l’œuvre de Paul Riquet.
Il atteint Narbonne au niveau de La Robine, un ancien lit de l’Aude utilisé pour la navigation dans l’Antiquité et aménagé en canal dès cette époque.
Le canal de Jonction a une longueur de 8 km et compte 7 écluses. Au gabarit « Riquet » à l’origine il a été aménagé au gabarit « Freycinet » par la suite
C’est le canal du Midi qui assure l’alimentation en eau du canal de Jonction. Oui, le fonctionnement des écluses entraîne nécessairement une consommation d’eau qui s’écoule de l’amont vers l’aval.
A quelques centaines de mètres vers l’ouest du point de départ du canal de Jonction le canal du Midi traverse la Cesse sur un pont canal.
A peu près en face de ce point de départ existe le port de La Robine sur une voie d’eau en cul de sac qui part en direction de Mirepeisset (la traduction littérale est « Qui regarde les petits poissons ! », la Cesse étant peuplée de barbeaux méridionaux appelés encore barbeaux truités et en occitan « taupets. »)
Tout à côté aussi est une minoterie « La Toulousaine des Farines. »
Plus loin, à 2.5 km vers l’ouest on atteint, par le chemin de halage, le port du Somail, très touristique.
On peut voir côté sud du canal des vergers produisant kakis et brugnons (ils n’étaient pas mûrs ce dimanche 22 juin !)

Cessenon, Rócabrun, i a pas res de commun !

Posté le 20.06.2008 par cessenon
Photos Jocelyne Espinasse

Oui c’est ainsi que mon père terminait un de ses poèmes.
A quoi mon frère, postier de son état, faisait remarquer qu’il y avait au moins le code postal de commun !
Les villages sont tous les deux au bord de l’Orb et distants de moins d’une dizaine de kilomètres. Mais c’est vrai que nous sommes déjà dans un autre monde.
Roquebrun est adossé à un ensemble de collines qui le protègent du vent du nord. A tel point que l’on peut y faire mûrir les oranges en pleine terre. On l’appelle d’ailleurs « La Nice héraultaise. »
Ici de nombreuses vignes sont plantées sur un sol schisteux et le vin y a un goût sensiblement différent de celui que produisent les terrains argilo-calcaires. La Cartagène y est une vraie réussite !
La plus belle vue que l’on a de Roquebrun est sans conteste celle que l’on découvre au col de La Vernède situé sur la D 14 après qu’on est passé à Lugné et qu’on a traversé le Rieu Berlou. Une aire de stationnement permet de jouir du paysage.
Plus bas, dans la plaine, sur la droite de l’Orb, subsiste flanqué de deux cyprès, un de ces tombeaux familiaux que les propriétaires faisaient ériger sur leurs terres. Aujourd’hui la législation ne le permet plus.
Le village a beaucoup de cachet avec le plan d’eau que retient l’ancienne pansièra (traduire par digue, mais Christian Laux écrit passièra) qui permettait d’alimenter un canal qu’utilisaient les moulins construits en aval.
Un peu en amont est le débarcadère des canoës kayaks qui ont descendu l’Orb depuis Tarassac.
Dominant l’ensemble une tour que l’on dit carolingienne s’élève au-dessus du jardin méditerranéen peuplé de plantes adaptées au climat.
Les ruelles ne manquent pas de charme, on se croirait presque dans le sud de l’Italie avec ses passerelles entre les maisons. Notre photographe a relevé le nom original de l’une d’elles : « Rue sous les fenêtres » !
La photo de gauche montre, outre le nom de la rue, l’utilisation de frejals (galets de rivière mais Christian Laux traduit par silex) qui ne constituent pas un excellent matériau de construction !
Celle de droite permet de voir un estripa-cat (littéralement un étripe-chat !)

Un linteau de porte original

Posté le 19.06.2008 par cessenon

Photo Jocelyne Espinasse

La photo a été prise à Cazedarnes et elle montre un linteau de porte fait d’une vis de pressoir en bois. Celle-ci a été sciée de façon a présenter une surface plane au regard.
Nous avions déjà vu une telle réutilisation, précisément à Cazedarnes où la vis était plus longue et surmontait un portail. Toutefois on a démoli la bâtisse.
A Cessenon aussi, dans la rue de l’Orb une vis de pressoir en bois supportait un auvent au fond de l’impasse qui est perpendiculaire à la rue de l’Orb. Un antiquaire avait même proposé à Mme Goutines, la propriétaire de la maison, de lui acheter cette vis, ce qu’elle n’a pas voulu faire. Depuis…
A Prades s/ Vernazobre une autre vis de pressoir en bois est encastrée dans une façade et elle apparaît sous le crépi.
Evidemment il y a très longtemps que les vis de pressoir ne sont plus en bois ! Il semble qu’elles étaient encore utilisées à la fin du XIX° siècle. Elles ont été remplacées par des vis en acier.
Aujourd’hui on rencontre ici et là à l’entrée des villages, des pressoirs avec ces vis métalliques érigés en guise de monument.
Les pressoirs n’ont pas toujours pressé le raisin. Ici ils ont pu presser les olives, ailleurs les pommes…

Nèfles et néflier

Posté le 17.06.2008 par cessenon

Photo Jean-Jacques Barthélémy

Notre photographe ignorait le nom de cet arbre qu’il a pris en photo dans le quartier de la Cité Interdite (c’est ainsi que j’ai rebaptisé la cité du parc) où il habite. Il ne savait pas non plus si les fruits sont comestibles. A sa décharge il faut dire qu’il est Luxembourgeois d’origine, un pays qui est quasiment au-delà du cercle polaire ! Encore qu’en Belgique cet arbuste soit assez commun.
Chacun aura reconnu un néflier, il y en a plusieurs dans le quartier et en ce moment ils sont chargés de nèfles.
Bien que son nom scientifique soit Mespilus germanica il est originaire d’Asie Mineure où il était cultivé 1000 ans avant JC. On l’appelle encore mêlier ou mesplier.
La pulpe de la nèfle est sucrée quand elle arrive à maturité, malheureusement l’énorme pépin (oui ce n’est pas un noyau, les botanistes ne nous simplifient pas la vie !) qui est en son centre occupe beaucoup de place, en laissant peu pour la partie comestible.
Un pépin qui, mis en terre, germe facilement et donne évidement naissance à un néflier. J’ai fait l’expérience, c’était en 2000. J’avais obtenu une jeune pousse dans un pot de fleur que j’ai replantée dans mon jardin où il doit avoir aujourd’hui à peu près 1 m 50 de haut. Cette année, pour la première fois, il a produit quelque nèfles.
Le néflier supporte des températures assez basses et peut donc être acclimaté dans les pays froids mais dans ces conditions il ne produit pas de fruit, il est simplement décoratif. J’en avais apporté un en Lozère. On l’avait placé dans un bac, il avait prospéré mais on le rentrait l’hiver et le sortait au printemps.
Le néflier du Japon est appelé bibassier ou bibacier et ses nèfles bibasses.
Quand j’étais adolescent, au mois de juin, après le repas du soir, nous jouions, toute une bande de jeunes sur l’avenue de Saint-Chinian, devenue Avenue Raoul Bayou. Nous allions chiper des nèfles sur un néflier qui était à la sortie du village, à côté de la maison qu’habitait un certain Pascal Blrtran lequel était surnommé Pascalou. On parlait alors de « La nèfle de Pascalou ! »

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