Guerre et guerre d'Algérie
Posté le 10.07.2007 par cessenon

En liaison avec une série d'initiatives prises récemment sur le thème de la guerre d'Algérie et du colonialisme, je mets en ligne un article qui avait été rédigé en octobre 2002.
Rien ne prédisposait Georges Londiche à l’écriture d’un livre. Maçon de métier, ayant travaillé dans une entreprise de Travaux Publics de l’Isère, il est aujourd’hui retiré à Sassenage, une commune de la ceinture (rouge ?) de Grenoble. Effectuant un séjour à Balaruc où son épouse suivait une cure, il a avancé jusqu’à notre agence de Béziers afin de nous faire connaître son ouvrage.
Georges Londiche est un ancien d’Algérie, un appelé du contingent, de la classe 58 / 2A plus précisément. Après une formation à Pau il a participé à la guerre qui ne disait pas encore son nom dans une unité de parachutistes.
Ce qui l’a incité à écrire c’est qu’il a récupéré le cahier journal d’un combattant de l’ALN qu’un compagnon d’armes avait trouvé dans une cache. Il s’agit de deux carnets de notes, parfaitement orthographiées, qui couvrent la période du 21/06/57 au 5/07/58.
Georges Londiche n’a jamais rencontré l’auteur de ces carnets. Peut-être que leurs parcours se sont croisés ? Sans doute ne le saurons-nous jamais, même si l’ancien d’Algérie souhaite remettre ces documents à celui qui les a rédigés. En fait ce qu’il souhaite c’est la réconciliation entre les… belligérants, faisant sien, et à plusieurs reprises, le mot de Prévert « Quelle connerie la guerre ! »
Le livre se déroule au fil des notes du… fellagha. La plupart sont courtes et rendent compte du quotidien qui est vécu par le maquisard. Bombardements et mitraillages de l’aviation française sont les faits les plus souvent signalés. Les B26 et les avions à réaction se relaient, sans grand succès le plus souvent en ce qui concerne les dégâts occasionnés aux combattants de l’ALN. Il n’en est pas de même pour la population civile. Voici par exemple un extrait des notes du 31 août 1957 : « A 13 H 30 bombardement des Ouled Yessâad par quatre avions à réaction et deux B26 noirs. Une femme blessée et une maison détruite (la montagne accouche d’une souris.) » Voici le commentaire qui figure après un bombardement par quatre B26 et deux avions à réaction en date du 2 novembre 1957 : « Des rochers de Bouachir nous avons pu remarquer de quelle façon la France entendait pacifier toute la région et par là même toute l’Algérie. Pauvre nation en plein échec, elle perd son temps, ses enfants et son argent. »
Georges Londiche suspend la relation des notes par ce qu’il appelle des « pauses ». Il s’agit quelquefois de l’état d’esprit de l’appelé du contingent dont la préoccupation constante est « La quille ! » Le chapitre titré « La fille » est explicite en ce qui concerne leur vie affective et leur misère sexuelle !
Quelques témoignages des exactions commises par l’armée française ponctuent les « pauses ». Ainsi celle-ci : « Le chef de section… demanda au prisonnier de se tourner vers le ravin… une détonation de plus viola le calme de la campagne d’Algérie… La France comptait un crime de plus à son actif ».
L’auteur fait référence aux événements qui ont accompagné… et suivi les diverses étapes de la guerre. Certains sont connus : le 17 octobre 1961 par exemple… Charonne le 8 février 1962 aussi… d’autres moins : Constantine le 14 juillet 1958 où en représailles à une grenade lancée dans un bar, des Algériens sont précipités par les hommes du 1er RCP depuis le pont de Sidi Rached dans le Rummel qui coule 175 m plus bas. Des faits que « les jeunes écoliers français n’apprennent pas à l’école »
Georges Londiche a dépouillé beaucoup d’ouvrages relatifs à la guerre d’Algérie. Il ne s’en laisse pas conter et passe au crible de ce qu’il a réellement vécu les informations et les commentaires fantaisistes qu’il a recensés.
Concernant la FNACA, même s’il souscrit aux revendications ou aux réalisations sociales, il est à juste titre assez peu indulgent avec le côté cocardier de cette association d’anciens combattants. C’est que les discours prononcés à l’occasion de la commémoration du 19 mars 62 ont les mêmes accents que ceux entendus les 11 novembre !
Edité à compte d’auteur c’est un livre différent de ceux que nous avons pu lire jusqu’ici. Le dialogue que l’auteur instaure entre le maquisard, l’appelé du contingent… et le lecteur est une formule originale. Loin des consensus ambiants (y compris à gauche !) il présente au contraire une autre vision de ce qu’a été la vie des jeunes qui ont eu 20 ans entre 1954 et 1962. Ces jeunes ont aujourd’hui entre 60 et 70 ans. Il n’est pas étonnant qu’ils demandent des comptes pour ce qu’on a fait de leur jeunesse car « un pays qui ne se penche pas sur son passé est condamné à le revivre. »
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:: Les commentaires des internautes
c une vrai franchise
Posté par
ali le 13.07.2007
j'dmir votre franchise j veu savoir ou votre ami la a trouver l carnet ?; c juste une curiosité ...! merci
Lien vers mon blogla curiosité n' est pas toujours un défaut
Posté par
londiche le 24.04.2008
Cette curiosité sera satisfaite en visitant le blog: "coeurs ouverts france algerie".Cordialement. Londiche Georges.
Lien vers mon blogfranchise
Posté par
mekki le 02.05.2008
si tous les gens qui ont fait la guerre un jour nous raconte les faits du passé avec une franchise pour l'histoire et pour que cela ne se repete plus dans l'avenir
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