Le drame de la Base Arrière
Posté le 23.07.2007 par cessenon

Je l’ai déjà raconté, j’ai été affecté cinq semaines dans ce qui était une planque : la Base Arrière du 1/66ème Régiment d’Artillerie qui se trouvait à Aïn el Hadjar. Mon premier emploi a été celui de secrétaire dans un service dont le responsable devait être un adjudant-chef du nom de Lambert paraît-il.
Il y avait dans le même bureau un second secrétaire, dont un autre appelé du contingent, un certain Marcel Ferrer, un Pied Noir originaire de Mazagran, retiré à Cabestany après avoir fait carrière dans la gendarmerie, avec lequel je suis entré en contact via Internet, m’a rappelé les nom et prénom. Il s’appelait Claude Douvier. Ils étaient de la même classe.
Claude Douvier était comme moi de taille moyenne, nettement plus carré, il faut dire qu’à l’époque, mais les temps ont bien changé, j’étais très mince. Il était originaire de Reims et était un garçon plutôt discret. En tout cas il ne se manifestait guère.
Il suivait des cours par correspondance et si les renseignements que j’ai pu recueillir par la suite sont exacts, c’était dans le but de devenir préparateur en pharmacie. Ambition modeste donc, à la mesure de sa formation initiale sans doute.
J’ai quitté ce service au bout d’une quinzaine de jours pour un autre bureau où officiait également un adjudant-chef un certain Abache je crois et qui était présumé né en 1911. Oui, en Algérie l’état civil laissait à désirer à cette époque. On trouvait par exemple des gens qui s'appelaient SNP, c'est-à-dire Sans Nom Patronymique.
Je reviens à Claude Douvier. Il était né le 09.05.1938. J’imagine qu’il jugeait que son affectation lui avait permis de ne pas trop souffrir de cette guerre avec laquelle il n’était certainement pas d’accord, pratiquement personne ne l’était parmi les appelés du contingent.
J’ai quitté la Base Arrière en septembre 1960, le temps que revienne l’enquête de la Sécurité Militaire au terme de laquelle on avait jugé que je risquais de vendre le plan des cuisines aux Russes !
Je n’ai pas vécu le drame que je vais raconter à présent, il a eu lieu le 16.12.1960, mais on me l’a rapporté. Claude Douvier n’avait plus que deux mois « à tirer » avant d’avoir la quille.
Un Maghrébin revenait d’Oran où il avait été hospitalisé quelque temps. Il avait reçu de mauvaises nouvelles de sa mère. Il est donc entré dans le bureau de l’adjudant-chef Lambert pour demander une permission. Celle-ci lui a été refusée au motif qu’il avait déjà été absent.
Le ton est monté, le Maghrébin est sorti en claquant la porte et s’est dirigé vers le dortoir. A l’entrée étaient les armes, un câble passant dans chacun des pontets qui entourent les gâchettes. Il a pris la clé qui fermait l’ensemble, a décadenassé, s’est saisi de sa mitraillette et l’a pointée vers la personne qui venait d’entrer derrière lui. Il a tiré, hélas ce n’était pas l’adjudant-chef qui était sur ses pas mais le secrétaire qu’il avait envoyé. Celui-ci a été tué sur le coup et le Maghrébin s’est donné la mort.
Ah, je ne sais quelle a été la réaction de l’adjudant-chef Lambert.
J’ai vérifié sur le site Mémoire des Hommes et j’ai bien trouvé trace du décès de Claude Douvier à la date que j’ai indiquée avec évidemment, comme toujours en pareilles circonstances, la mention « Mort pour la France ». Je ne vais pas épiloguer sur ladite mention mais on sait ce que j’en pense.
J’ai cherché sur l’annuaire des gens de Reims dont le patronyme est Douvier. J’en ai trouvé un, Raymond Douvier. J’ai appelé. C’est le frère du Claude Douvier dont je viens de relater l’histoire.
Il m’a apporté quelques précisions : Claude était son aîné de 18 mois et lui-même effectuait son temps de service militaire en Allemagne avec la perspective de devoir partir en Algérie au retour de son frère. Il en a finalement, encore heureux, été dispensé. Il a d’ailleurs fallu pour cela que ses parents multiplient les démarches.
Raymond Douvier m’a confirmé que Claude était pour la paix en Algérie et pour le droit à l’indépendance des Algériens. Il militait pour cela dans une section de la Ligue des Droits de l’Homme de Reims.
Le lieutenant-colonel Singer qui commandait le 1/66ème RA avait écrit à sa mère. Qu’avait-t-il pu dire pour la consoler ?
« Quelle connerie la guerre ! » a écrit Prévert. C’est assez universel mais dans le cas de celle d’Algérie on a atteint des sommets !
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cherche la numero de la carte dancien combattant d
Posté par
ghriballah bouabdellah le 06.03.2008
slt, je m'appelle gheriballah bouabdellah né le 30-05-1972 arelizane, je cherche la carte (nulero)de mon grand pere qui été un ancien combattant avec la frace contre la chine s.v.p aidez-moi pour la trover.son nom est ghriballah abed né a el h'madena wilaya de relizane
Claude DOUVIER
Posté par
Jean-Claude BROUILLER le 19.05.2008
Par hasard je suis tombé sur votre site. J'étais en 1ere TB avec Claude en 1957-58. Classes au 66e RA,comme lui, du 11-59 au 04-60,puis au 1/62e RA jusqu'a 01/62. Je n'ai appris qu'en 61 son décès sans vraiment connaitre les circonstances et c'est donc avec émotion que j'ai lu ce témoignage.Une réponse m'obligerait pour prendre contact avec ce camarade. Bien à vous.