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cessenon
Description du blog :
Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
19.08.2008
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Craques à Murviel les Béziers

Craques à Murviel les Béziers

Posté le 30.05.2006 par cessenon
… comme à Cessenon et ailleurs quelques spécialistes racontaient des craques invraisemblables auxquelles ils semblaient croire eux-mêmes. Celles qui suivent m’ont été rapportées par l’ami Pepone et concernent un nommé Marcel, ancien propriétaire de la campagne de Trébosc, située sur la route de Causses et Veyran.
Il était chasseur et un jour, en marge de sa journée de travail il était allé faire un tour à la chasse, accompagné comme toujours de sa chienne qui avait récemment fait ses chiots. Un coup de fusil heureux et voilà que tombe un lapin. En fait c’est une lapine et apparemment il doit y avoir quelque part une portée de lapereaux orphelins car ladite lapine a les mamelles gonflées de lait. Ne voilà-t-il pas que notre Nemrod aperçoit deux petites larmes (une sur chaque ½il !) aux yeux de sa chienne ! Le gibier est néanmoins emporté dans la musette de notre chasseur.
Et puis, plus tard, celui-ci constate que régulièrement sa chienne s’absente sans qu’il sache où elle va. Pour en avoir le c½ur net il décide de la suivre et découvre ainsi une portée de jeunes lapereaux bien vivants, bien en forme et qu’à l’évidence la chienne a allaités. Et d’ailleurs, confirmation de la chose, ces lapereaux aboyaient et même, si notre conteur n’y avait pris garde, ils l’auraient mordu semble-t-il !
De plus cette chienne devait être bien coquine. Comme Marcel était en train de clôturer le chenil, des explications lui ont été demandées. Eh bien c’était à cause d’un renard dont elle ne repoussait pas les avances !
Une autre fois il était parti à la pêche du côté du château de Mus. Sans doute pratiquait-il la pêche dite « à la volante. » C’est le matin, le temps est calme et notre homme, bon pêcheur aussi donc, envoie sa mouche d’un coup de fouet efficace. Celle-ci est à peine tombée que la canne se plie sous l’effet d’une prise. Le pêcheur connaît son affaire : il mouline rapidement et ramène… un perdreau ! Mouillé certes mais ni mort, ni blessé, ni malade. Malgré l’insolite de la situation le perdreau est occis et entreposé dans la galigosta (le panier à pêche que l’on portait en bandoulière.)
Deuxième coup de fouet, le même scénario se reproduit. L’explication ? Eh bien le coup de fouet est tellement énergique que la mouche a atterri sur l’autre rive où précisément s’égaille une compagnie de perdreaux. Toute la compagnie s’est finalement retrouvée dans la galigosta. L’histoire ne dit pas combien elle comptait de membres !
Question pêche il lui en était arrivé une bonne. Il avait repéré dans le Saintyourre, un ruisseau qui commençait à sécher, un trou d’eau dans lequel s’était réfugiée une grande quantité de poissons. Il suffisait d’un còp de rasal (un coup d’épervier) pour faire une pêche miraculeuse. Oui mais le lendemain, arrivé sur les lieux avec le matériel adéquat, de poissons point ! Marcel s’est rappelé fort opportunément que la veille il y avait un arc-en-ciel qui reliait le Saintyourre au Rieutort voisin. Sans doute que les poissons, effrayés par la perspective de la disparition de l’eau dans le trou où ils se trouvaient avaient préféré profiter de la situation pour, grâce au pont formé par l’arc-en-ciel, effectuer un transfert salvateur !
Ah, la craque du cheval ! C’est la période des labours. Ce matin-là le laboureur s’est oublié. Il accuse un certain retard quand il arrive à l’écurie pour atteler le cheval. De cheval point ! Oh, il n’est pas loin : dans la cour de la campagne, dans les brancards de la charrue plus précisément où il est allé se mettre de lui-même. Peut-être même avait-il réussi à s’atteler ?
Marcel avait cinq poules. De très bonnes pondeuses. En effet chaque jour il relevait dix ½ufs ! On ne parlait pas encore d’animaux transgéniques mais ce devait être ça !
Et puis il y a aussi la craque des vendanges de Coursan d’où est originaire un certain Cros, autre Murviellois. La plaine de Coursan ? Elle est riche mais plate et peut être inondée par l’Aude quand il y a de fortes pluies. Cela arrive, hélas, quand la récolte est prête à être enlevée. En ces circonstances il faut vendanger rapidement pour ne pas que le raisin périsse. Un travail difficile pour les coupeuses qui vont « al cabus » (en plongeant) couper les grappes. Pour les charrieurs par contre ce n’est pas trop pénible : les comportes flottent et il suffit de les pousser pour les amener jusqu’au talon de la charrette !
Le même raconte volontiers ses exploits pendant la guerre. Lui et quelques camarades, cernés par les Allemands se réfugient dans une maison. Ils grimpent à l’étage, basculent l’échelle et ferment la trappe. Les Allemands entrent dans la pièce du rez-de-chaussée et l’un d’eux pique avec sa baïonnette le plafond / plancher. Au-dessus la réaction est simple : d’une coup de pied on plie la baïonnette et la met à l’équerre. C’est le sort que connaissent toutes celles qui tentent la même opération. Puis comme aucune autre ne perce le plancher, nos héros descendent et découvrent leurs ennemis suspendus au plafond accrochés à leurs fusils ! Il n’eurent plus qu’à les cueillir pour les faire prisonniers.



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