Découverte d'une villa gallo-romaine
Posté le 06.06.2006 par cessenon

A l'entrée des thermes, l'hypocauste
Photo Françoise Deixonne
C’est à 3 km en aval du village, sur la rive gauche de l’Orb, dans le parc de la Campagne de Viranel, que les vestiges d’une villa gallo-romaine ont été découverts. C’est en septembre 2000, à l’occasion du creusement d’une tranchée réalisé en vue de la réfection d’une adduction d’eau, que la pelle mécanique a mis en évidence les fondations de la villa.
Situé au centre d’une plaine fertile on pouvait penser que le Domaine de Viranel avait connu une occupation humaine très ancienne. D’ailleurs un chopping-tool (un outil pour hacher) vieux de 3 à 400 000 ans, identifié comme tel disent les spécialistes, avait été trouvé dans le secteur par Jacques Gatorze, archéologue amateur à la compétence reconnue et adjoint à la culture à la municipalité de Cessenon.
Bien sûr la villa gallo-romaine date d’une époque plus récente : son implantation se situerait au 1er siècle de notre ère et elle aurait perduré jusqu’au 5ème siècle. Outre le site qui a nécessairement attiré les Romains après leur conquête de la partie méridionale de la Gaule, laquelle est antérieure de quelque 70 ans à celle, plus globale, entreprise par Jules César, les nombreux tessons rencontrés dans le voisinage (par Jacques Gatorze notamment qui les avait remarqués en chassant), laissaient supposer l’existence d’un habitat romain.
La partie de la villa qui a été exhumée se situe entre le chemin qui va à Varaillac et la maison de maître à la façade curieusement décorée. C’est un ensemble important de murs maçonnés qui ont été mis à jour. Des contreforts ont été dégagés qui signent les limites ouest de la villa.
Dans l’état actuel des fouilles, les thermes occupent une place importante. On peut identifier l’hypocauste, où on entretenait le feu, le tepidarium, la pièce où l’eau était tiède, le caldarium, celle où elle était chaude et le frigidarium, qui comme son nom l’indique, était un bassin d’eau froide. Les incontournables latrines ont été repérées ainsi que le canal d’écoulement, très profond et en parfait état de conservation, des eaux usées.
Comment ces thermes étaient-ils alimentés en eau ? Peut-être que, le climat étant alors moins sec qu’aujourd’hui, des sources pérennes avaient pu être captées depuis les collines voisines distantes de quelques centaines de mètres. Peut-être aussi que l’eau avait été amenée par une longue canalisation depuis le ruisseau du Landeyran qui coule à 1 ou 2 km. Michel Garrigues, autre archéologue amateur éclairé, rencontré sur le chantier de fouilles, estime que cela n’aurait pas présenté de difficulté majeure pour les Romains.
Entre les thermes et les limites ouest de la villa ce sont les logements qui sont apparus après qu’ait été enlevée la couche de terre qui les recouvrait. A été trouvée ici de la céramique sigillée caractéristique de la Graufesenque, cet important centre situé à Millau et qui, dès la première moitié du 1er siècle de notre ère, livrait ses productions dans tout l’Empire Romain. Par ici a été également ramassé un claudius c’est à dire une pièce de monnaie frappée sous le règne de Claude (Empereur de 41 à 54). Des fragments de fresques, décorations intérieures des pièces d’habitation, ont aussi été récupérés dans ce secteur des fouilles. Ce sont autant d’éléments de puzzles différents sans doute difficiles à reconstituer.
Véritable trésor pour les archéologues, ce sont les… poubelles pourrait-on dire. En fait il s’agit de trous en forme d’amphores creusés dans le sol et où les occupants déposaient leurs déchets : tessons de vaisselle, reliefs de repas, cendres de foyer… Comme il n’y avait pas de ramassage des ordures ménagères, le trou était fermé par une dalle quand il était plein et on en creusait un autre à côté.
Les ossements ainsi trouvés montrent que l’on consommait du porc, du mouton, du sanglier… On a aussi trouvé des valves de coquillages, une vertèbre de carpe… C’est que l’Orb n’était pas loin et d’ailleurs, comme il a dû changer son lit maintes fois au cours des siècles, il est possible qu’il a à une certaine période bordé la villa.
Une cuve rectangulaire, fort bien faite, notamment au niveau d’un joint d’étanchéité en forme de bourrelet, a laissé perplexe les archéologues. Etait-elle destinée à recevoir du vin ? de l’huile ? Un système d’évacuation permettant de séparer par décantation des liquides non miscibles donne à penser qu’il pourrait s’agir d’une cuve pour l’huile. Le fond comporte un dispositif de vidange.
Tout à côté sont visibles les restes d’un dolium d’une capacité de 4 ou 5 hl. Sans doute était-ce un récipient pour le grain, les liquides exigeant, pour des raisons de pression, qu’il soit enfoui dans la terre, ce qui ici n’était pas le cas semble-t-il.
Naturellement des morceaux de tégulae (grandes tuiles plates), certains de dimension importante, ont été découverts ici et là. De même de curieux objets, en forme de bobine, ont été l’objet d’interrogation. Etaient-ils destinés, comme le pensent les archéologues, à réaliser une double cloison pour le passage de l’air chaud ? C’est tout à fait possible, le chauffage central était déjà connu à cette époque !
A également été identifié un four comblé par les pierres réfractaires de l’hypocauste. Il faut dire que l’occupation des lieux ayant duré plusieurs siècles des réaménagements, des constructions qui se chevauchent, s’enchevêtrent, rendent pour l’heure difficile une compréhension d’ensemble de la villa. Sans doute s’étend-elle sur une grande surface. Un hectare peut-être ? Il est probable que les bâtiments du domaine actuel, cave, maison de maître, logement des ouvriers, ramonetatge, écuries, forge, bergerie… ont été édifiés sur une partie des constructions plus anciennes. Auquel cas il est peu probable que celles-ci puissent être un jour accessibles. Trouvera-t-on la nécropole qui devait nécessairement être dans un voisinage immédiat ?
Quant à l’église Saint Martin de Viranel, chef-lieu d’une paroisse rurale laquelle comptait 279 habitants en 1709, sera-t-elle un jour exhumée ? Michel Garrigues et Jacques Gatorze considèrent qu’elle doit se situer quelque part dans l’enceinte du domaine. Une pierre d’autel, peut-être réutilisation de celle d’un temple païen, aurait même été reconnue comme telle.
Quoi qu’il en soit, la découverte de la villa gallo-romaine est d’importance pour tous les amoureux d’histoire. Bien qu’entièrement localisée dans une propriété privée – Viranel, qui produit un vin haut de gamme, appartient aujourd’hui à M. Gérard Bergasse, cousin de Jean-Denis Bergasse, le président, fort connu, de la société archéologique de Béziers – elle fait en quelque sorte partie du patrimoine collectif.
Fort heureusement M. Gérard Bergasse a donné les autorisations nécessaires pour que les fouilles soient entreprises. La Direction Régionale des Affaires Culturelles en a confié la responsabilité à M. Gatorze, sous l’autorité scientifique de M. Olive. Nous ne pouvons que nous en réjouir.
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:: Les commentaires des internautes
grotte de tresor en or
Posté par
mehdi le 22.01.2008
je cherche des trèsort cacher si vous avais une idée sur le sujet a oran ou environ ou chema ou autre.
merci
Lien vers mon blogla cuisine romaine
Posté par
Pierre-Marie le 24.01.2008
comment était fait une cuisine romaine pendant l'antiquité?
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