Souvenirs du temps de l'école maternelle
Posté le 30.06.2006 par cessenon

Oeuvre et photo de Gisèle Gast
Mes plus anciens souvenirs scolaires remontent bien sûr à l’école maternelle. Elle comptait deux classes et évidemment deux institutrices : Mme Roger, qui s’occupait des plus petits et Mlle Delphine qui avait les plus grands et devait être la directrice. Il y avait aussi une femme de service, Jeanne Fulcrand, une veuve.
Mme Roger était une dame divorcée, plutôt bien physiquement. De son séjour dans sa classe je n’ai que des souvenirs assez flous. Ma mère m’a eu rapporté l’appréciation qu’elle avait sur moi : « Il est intelligent mais qu’est-ce qu’il est bavard ! »
J’ai appris à lire à l’école maternelle sans je crois le secours de personne. Il y avait chez moi, dans une pièce qui servait de débarras, un syllabaire et j’avais compris tout seul me semble-t-il le mécanisme de la formation des syllabes et des mots.
Des quelques clichés que j’ai de cette époque il y a les deux portiques où je n’ai jamais vu accrochée de balançoire. L’un était moins haut, avec des montants cylindriques de plus grand diamètre que celui qui était dans un coin. J’ai dû connaître là, en y grimpant, mes premières – très modestes – érections !
Il y avait aussi un bassin avec un rocher moussu dans lequel nageaient des poissons rouges. Vers la fin de l’année scolaire il arrivait que nous jouions à pêcher dans ce bassin. Nous n’avions aucune chance d’attraper un poisson car nous nous contentions de plonger un fil attaché à un bâton avec une pierre à l’autre bout. Et pourtant, à la surprise de nos maîtresses, Bébert, un garçon de deux ans plus âgé que moi, en avait sorti un ! Oui mais voilà, il avait placé au bout de son fil une agrafe de cahier qu’il avait cachée dans de la mie de pain.
Comme il se doit il y avait dans la cour de l’école des platanes avec tout autour de chacun une bordure circulaire d’oxalis. Je revois une scène au cours de laquelle André Blanc nous faisait une démonstration de la méthode qu’il fallait employer pour se saisir d’un papillon. Celle-ci se faisait son béret à la main et commençait par une mise en situation : « une supposition qu’il y ait là un papillon… » Dans sa démonstration fictive le papillon était censé être posé sur une oxalis.
Pour en rester à l’extérieur des salles je peux citer aussi l’épisode de grands travaux au cours desquels les employés municipaux avaient dégagé mauvaises herbes et broussailles. Le feu y avait été mis et des escargots y avaient été grillés. Les élèves avaient été invités par Mme Roger à en manger. J’avais personnellement trouvé la chose excellente, ce qui ne s’est jamais reproduit par la suite.
Avant de rentrer en classe arrêtons-nous un moment dans le préau. En fait c’était une grande salle. Nous y faisions des jeux notamment l’un au cours duquel une ribambelle d’enfants tournait en cercle en chantant « Laissez-les passer les olivettes… » A chaque tour le dernier de la chaîne devait s’arrêter. Et puis le tout dernier avait droit à trois tours qu’il effectuait en courant. Là nous chantions « Laissez-la passer la grosse bombe, trois fois passera… » Le plus souvent celui qui était choisi pour jouer le rôle de « La grosse bombe » était Robert Sigé, un vague cousin à moi, de mon âge, qui avait perdu son père à la guerre en 1940. A l’époque il était plutôt costaud par rapport aux autres.
J’ai un autre souvenir de ce Robert Sigé. Nous sommes en classe et je ne sais trop à quelle activité nous nous livrons. Peut-être à l’exécution d’un dessin libre. Robert s’énerve sur sa feuille qu’il gribouille avec son crayon, le déplaçant vigoureusement de façon à obtenir… rien de vraiment significatif. Interrogé sur le sens de son œuvre il déclare que ce sont des « Parisiennes. » Le mot désignait une variété de haricots alors en vogue chez les Cessenonais qui avaient un jardin !
Tout le monde n’était pas bon élève et Michel Peytavi interrogé pour voir quelle lettre il reconnaissait dans l’alphabet qui était affiché au mur n’en avait identifié qu’une. Sur quoi Mlle Delphine avait conclu qu’il était moins savant qu’un âne puisqu’un âne connaissait « I et A » !
Il y avait aussi des cubes portant des lettres et on pouvait s’essayer à les assembler pour former des mots. Salvador Mendez ne savait pas ce qu’il avait écrit en alignant quatre de ces cubes. Eh bien c’était tout simplement le mot « CACA » avait, très peu enthousiaste, indiqué la maîtresse.
Au début on m’accompagnait puis on venait me chercher à la sortie de l’école. Mais je me rappelle que les derniers temps je faisais les trajets tout seul. Je passais devant une maison dont la balustrade en ciment imitait des branches de bois. Je suis resté longtemps indécis quant au matériau employé là. Etait-ce vraiment du bois ou une imitation ? Par moments j’étais convaincu d’une chose et par moments de son contraire.
Quand il pleuvait à la sortie de l’école les mamans accouraient avec des imperméables et des parapluies. Enfin cela ne valait pas pour moi car je n’avais pas d’imperméable, je ne suis pas sûr que ma mère avait un parapluie. De toute façon elle n’avait guère le temps. Cette discrimination ne fut à vrai dire jamais trop traumatisante.
Il est arrivé une fois que mon père vienne me chercher à l’école. Je crois même que c’était un peu avant l’heure de la sortie. C’est parce que l’après-midi nous devions aller vendanger chez un oncle et que ma mère devait être occupée à faire le repas au plus tôt. Cette journée fut une journée de vrai bonheur : mon père qui venait me chercher, la perspective de ne pas avoir école l’après-midi et d’aller aux vendanges !
Un autre détail concernant mes relations avec mon père m’avait marqué. Il était question de jouer une saynète pour la fête de l’école. Le titre en était « Les petits nains de la montagne. » Nous avions été prévenus qu’il faudrait, pour pouvoir jouer dans la pièce, être pourvus de rameaux d’oliviers. Convaincu que c’était quelque chose d’impossible à obtenir j’avais quand même donné l’information chez moi. Eh bien peu de temps après mon père avait apporté des branches d’olivier qu’il était allé couper dans une oliveraie voisine d’une des deux vignes qu’il possédait. A vrai dire la saynète fut jouée avec des manches de balai et je ne sais plus si j’avais été retenu.
J’ai le souvenir, vague aussi, d’une autre fête (la même peut-être ?) où il avait fallu teindre un pyjama récupéré je ne sais où pour servir de tenue de scène. On avait rajouté aux manches des rebords jaunes. Accroché à ce souvenir il y a aussi un chapeau de forme conique, sans doute tonkinois. Mais là ma mémoire est défaillante et il est possible que j’emmêle des choses différentes.
Ce dont je me souviens bien ce sont les napperons que nous décorions avec application. La maîtresse marquait au crayon les traits que nous devions recouvrir de fils de différentes couleurs. C’étaient des motifs simples qui étaient dessinés, essentiellement des fleurs, des pâquerettes plus précisément. Ces napperons ont longtemps été gardés par ma mère.
Je n’ai jamais su chanter, peut-être parce qu’on ne m’a pas vraiment appris. En maternelle on chantait cependant, notamment une chanson où se mêle l’occitan et le français et qui raconte l’histoire d’un pèlerin qui veut aller à Bethléem.. Le refrain répète : « La camba me fa mal (la jambe me fait mal), boute-selle, boute-selle, la camba me fa mal, boute-selle mon cheval. »
Les jeudis ou pendant les vacances scolaires ma mère m’emmenait chez une dame âgée, elle s’appelait Philippine, pour me faire garder. La bouteille de verre jaune dans laquelle elle mettait le lait pour mon goûter est longtemps restée dans le buffet de la salle à manger. Chez cette dame il y avait un balcon qui surplombait un chantier de construction de wagons-foudres en bois destinés au transport du vin. Le spectacle m’intéressait beaucoup et m’avait inspiré pendant quelque temps une vocation de tonnelier ! A vrai dire cette entreprise périclita rapidement, concurrencée par l’apparition des wagons-foudres métalliques.
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école maternelle
Posté par
michalon Gisèle GAST le 03.06.2007
merci pour ces souvenirs. Il y avait aussi une tortue qui
réapparaissait au printemps, une maison de poupées,un gramophone avec son grand
pavillon avec lequel on écoutait les contes de Perrault....
jespar
Posté par
Brahim le 08.02.2008
j'ai sper gue je entr un stage javai un deplom de cuisin
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Posté par
Kate le 07.06.2008
Je vous envie d'avoir autant de souvenirs d'enfance.
L'école maternelle, je ne voulais pas y aller.
Ma soeur ainée étant alitée durant plusieurs mois, rester auprès d'elle était ma distraction favorite à écouter Johnny Halliday sur le "mange disques" (sourire.
Mes parents ne voyant aucune contre indication à ce que je reste moi aussi, au lit jusqu'à très tard dans la matinée.
Par contre, je me souviens du lait que nous buvions chaque matin. Je garde le souvenir d'un lait tiède et crémeux.
Mon petit déjeuner devait englouti très vite car, ma mère ne pouvait s'occuper d'une enfant de 4 ans et des clients en même temps.
Par vos souvenirs vous réveillez les miens. Merci.
Bon week-end.