En colonie de vacances à Roucan
Posté le 02.07.2006 par cessenon

Je n’y suis allé qu’une fois, en juillet 1952, l’année de mes 12 ans. C’est moi qui avais demandé à mes parents d’aller en colonie de vacances.
Roucan était une réalisation de la commune de Cessenon. C’était une ancienne maison forestière située sur le Somail, en aplomb du hameau de Prouilhe qui fait partie de Courniou. Il n’en reste plus grand chose car, désaffectée, elle a je crois pris feu et les restes des divers bâtiments ont été rasés.
Le directeur en était Monsieur André Rouaix que nous avions pendant l’année scolaire comme maître du cours complémentaire. Celui-ci est devenu par la suite C.E.G. puis collège et a pris le nom de Basile Rouaix, le père d’André Rouaix, un instituteur du village tué à la guerre de 14-18. André Rouaix a fini sa carrière comme chef d’établissement du collège qui portait le nom de son père.
A l’occasion de ces vacances j’ai connu plusieurs nouveautés. Par exemple j’ai mis des slips pour la première fois de ma vie ! Jusque là je faisais sans ! Sans doute aussi est-ce la première fois que j’ai mangé du beurre.
Le car qui nous amenait ne pouvait atteindre la colonie car sur la fin le chemin n’était pas praticable pour lui. Après avoir traversé une forêt de hêtres on arrivait après une courte descente sur un terre-plein qui dominait la vallée en contrebas. Le point de vue depuis la terrasse était superbe.
A l’époque il n’y avait qu’une seule bâtisse avec au rez-de-chaussée la cuisine et le réfectoire, à l’étage les dortoirs.
Nous avions trois monitrices : Christiane Bastélica, Lucienne Bonnafous et Mimi Cougnenc avec laquelle j’avais une relation de parenté, sa grand-mère maternelle était la sœur de ma grand-mère paternelle.
André Rouaix avait avec lui son fils Yves, un garçon trisomique dont il s’occupait de mieux qu’il pouvait mais qui était évidemment un lourd handicap familial.
Monsieur Rouaix utilisait un sifflet pour nous annoncer qu’il fallait se lever. Un matin, comme il s’en servait dans la cour, j’avais lâché depuis l’étage où je me trouvais un « Bufa ! » (Souffle !) irrévérencieux. Monsieur Rouaix avait reconnu ma voix et m’avait interpellé. Contre l’évidence j’avais nié avec une telle conviction que j’étais arrivé à me persuader moi-même que je n’avais rien dit. J’ai longtemps pensé depuis à cette capacité qu’on peut avoir d’oublier ce dont on est responsable !
Il y eut en cours de séjour une affaire assez délicate. Une odeur épouvantable régnait dans les dortoirs. Cela avait duré quelque temps et avait perturbé la colonie. Finalement c’est un colon honteux qui, s’étant sali, avait caché slip et pantalon souillés !
Cette année là on chantait « Le petit chat fait sa toilette, fait sa toilette en se levant, soleil levant… » Et puis il était dit dans la chanson que tel ou telle « … en fait autant ! » André Clerc avait improvisé sur ce thème un texte qui donnait « avec ses couilles en arbalète, le chien Ténor en fait autant ! » Ténor ? C’était le chien d’une des cuisinières. Un chien noir, haut sur pattes, bien pourvu en attributs virils.
A propos des cuisinières je me rappelle aussi cette autre qui le soir, alors que nous étions couchés avant demandé l’heure en employant, au lieu de l’expression consacrée « Quelle heure est-il ? » une variante « Quelle heure est-ce ? » à laquelle nous n’avions rien compris. Certains se demandaient de quelle scie elle nous parlait, le mot occitan « rèssa » que l’on prononce « resso », désignant cet outil !
Il n’y avait pas encore de douches à la colonie. Mais vers la moitié du séjour nous nous mettions en slip dans la cour et Monsieur Rouaix nous arrosait d’abondance avec un tuyau relié à un réservoir, placé sur une butte, dont l’eau avait été naturellement chauffée par le soleil.
Il ne devait pas y avoir l’électricité non plus et comme n’existaient pas encore les postes radio à transistors, nous n’avions pas les nouvelles. L’information concernant le vainqueur de l’étape du jour du Tour de France nous était criée de Prouilhe par Monsieur Marcel Tournet, un instituteur qui exerçait à Cessenon et qui avait là une maison de famille où il passait ses vacances avec sa famille.
Nous descendions assez souvent à Prouilhe en promenade. Il s’y trouvait une épicerie désuète où nous faisions des achats avec notre argent de poche. Quelque part sur le trajet nous longions un champ de céréales, du seigle sans doute, dont nous mâchions les grains en guise de chewing gum.
J’ai quelques autres souvenirs des expéditions hors de la colonie. Nous étions par exemple allés jusqu’à Sabo, un autre hameau de la commune de Courniou, et nous étions rentrés dans la classe, une classe unique, de Monsieur Collot. Ce n’était pas encore le 14 juillet et donc pas encore les congés scolaires. Je revois vaguement le local exigu, les élèves peu nombreux, la carte de France vieillotte…
Nous avions fait aussi une sortie jusqu’au Soulié où l’épicerie, plus importante que celle de Prouilhe, avait permis des achats plus conséquents.
Il y avait eu la visite à la colonie de Gransagnes où j’avais trempé mes sandales dans précisément la sagne qui se trouve devant les bâtiments. Cela m’avait fortement contrarié d’avoir à marcher sans chaussures adaptées dans cette zone marécageuse !
Nous avions trouvé des cardabèles et j’avais été positivement émerveillé de découvrir que l’on pouvait les manger comme des artichauts.
Mais la journée la plus riche avait sans doute été la descente à Courniou pour voir passer le Tour de France. En dehors de la caravane je n’avais pas vu grand chose car nous étions placés sur une portion de route plate et droite et les coureurs roulaient vite. Si quand même, j’avais identifié le maillot jaune. Fausto Coppi peut-être ? En enfilade nous étions allés voir la grotte de La Devèze dont l’entrée est à côté de la gare de Courniou.
Pour moi qui n’avais connu que le paysage sec de la garrigue, la forêt de hêtres du Somail avait quelque chose d’extraordinaire. A l’avant de la colonie il y avait un espace dégagé, en pente. Vincent Foch, un colon avec lequel j’avais sympathisé, m’avait appris à faire des cabanes. Des branches mortes servaient pour le squelette que nous recouvrions de fougères. C’étaient d’ailleurs plutôt des huttes, mais j’avais trouvé cela génial. Au retour nous en avions fait près de l’Orb avec des roseaux et le feuillage d’un arbuste que j’ai toujours entendu appelé « bichère » sans avoir jamais vu écrit le mot. En fait il doit s’agir du saule pourpre.
Le dimanche qui était situé vers le milieu du séjour, dont je suppose qu’il devait durer un mois, les parents venaient voir leurs enfants. Il n’était pas prévu que les miens fassent le déplacement. En cette saison, le samedi et le dimanche ils tenaient le marché pour vendre des légumes et du plançon. Aussi je leur avais demandé de me faire parvenir, par les parents de Jacki Chavardez, une boîte de coco. Le coco était une poudre jaune que l’on dissolvait dans l’eau pour obtenir une boisson à goût de réglisse.
Mon père était allé porter la boîte en question chez les parents Chavardez. Il avait dû passer du temps à parler de choses et d’autres et était reparti en oubliant de laisser la boîte. Ne sachant pas ce qu’il était advenu de celle-ci et s’imaginant responsables de sa perte, les Chavardez m’en avaient acheté une autre. Finalement, au dernier moment, mon père avait décidé de venir à Roucan avec le car affrété à cette fin. J’eus donc et mon père et… deux boîtes de coco !
J’ai bien quelques autres détails de ce mois de juillet à Roucan. Notamment l’épisode de la visite de notre maire. Comme je me trouvais à tailler je ne sais trop quel bout de bois avec mon couteau, il m’avait montré comment le tenir pour ne pas me blesser. Qu’il s’intéresse à moi, la chose m’avait marqué !
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neserine
Posté par
jodo le 15.07.2008
je veu que mon enfant partisipe a une coloni de vacance au mois doute
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