Les Fargoussières
Posté le 08.01.2008 par cessenon

Les Fargoussières ? C’est un hameau de la commune de Quarante. Y vivent une quinzaine de familles. Le nom est lié à farguièra, un mot occitan qui signifie fougère. On peut y accéder par une petite route perpendiculaire à celle qui relie la N 112 à Cruzy mais on peut aussi venir aux Fargoussières par le chef lieu de commune.
Nous sommes ici sur un plateau assez commode où les vignes occupent la plus grande partie d’une terre rouge, parsemée ici et là de garrigues et de pinèdes. Il reste deux viticulteurs aux Fargoussières, il y a une cinquantaine d’années il devait y en avoir une quinzaine.
On ne cultivait pas que la vigne d’ailleurs, on élevait aussi des troupeaux de moutons avec probablement quelques chèvres dans le lot. Il y avait également des oliviers et aujourd’hui on a en planté à nouveau.
A l’arrivée de la route qui atteint le côté ouest du plateau un panneau signale que passait ici une voie romaine qui reliait Béziers à Cahors.
Il faut creuser bas pour avoir de l’eau. Les puits peuvent avoir une cinquantaine de mètres de profondeur et il n’est pas assuré qu’en été ils puissent permettre l’irrigation des jardins.
Aux Fargoussières habite André Rouanet, un personnage pittoresque. Il est originaire du lieu, y a passé sa vie et à coup sûr a le désir de rester là jusqu’à la fin de ses jours. C’est ce que nous lui souhaitons.
Il est né en 1924. Il a donc connu la période noire de l’Occupation. Il n’a pas été seulement témoin mais acteur et à 18 ans il était engagé dans la Résistance et s’est retrouvé au maquis de La Tourette. Il a d’ailleurs rassemblé un tas d’éléments de cette époque dans une maison qui est un musée. Documents écrits, matériel de propagande, fausses cartes d’identité, munitions, postes de transmission, tenue de prisonnier, bicyclette de femme des années de la guerre… occupent toute la pièce du rez-de-chaussée cependant que l’escalier qui conduit à l’étage est décoré de drapeaux (en particulier celui de l’ARAC), de photos, de pages de journaux...
Bien qu’il l’appelle musée de la Résistance on peut voir de nombreuses autres choses et notamment une riche collection d’outils, pour beaucoup mais pas seulement, viticoles. Machine à soufrer, à sulfater, ciseaux de taille, robinets et trappes de foudres ou de cuve, clous pour fixer des ardoises sur les façades, fers à cheval (tiens l’un d’eux est muni de crampons en caoutchouc !), toradoiras (passe-partout), jougs pour joindre des bœufs ou des vaches, sans compter les pics, le tenailles, les harnais… Ah, les anneaux pour le passage de las tralhas (des rênes) étaient plus chers en verre qu’en métal mais en verre ils ne s’usaient pas !
Des pairòls (chaudrons) voisinent avec les pots en grés pour mettre la graisse ou les confits. Un récipient en cuivre était, nous a expliqué M. Rouanet, destiné à transporter le vin destiné à la vente au détail cependant qu’une cafetière énorme appartenait à un cafetier. Une louche de grande dimension devait servir à puiser l’huile d’olive contenue dans une jarre cependant qu’une autre similaire était peut-être l’outil de travail d’un estamaire (étameur.)
Des sabots sont présents, ceux pourvus d’une tige étaient plus confortables que des bottes affirme notre guide !
On peut voir également sur des étagères tout un ensemble de pierres : rose des sables, œufs de dinosaures fossilisés, corail tubulaire, cristaux divers… et des vestiges de l’occupation romaine : fonds d’amphores, morceaux de tegulae…
Une vraie caverne d’Ali Baba en vérité que ce musée. C’est que de Quarante à « Quarante voleurs » il y a peu !
A l’extérieur sont exposés différents modèles de charrues, y compris des araires en bois que l’on utilisait dans le Pardailhan pour labourer la terre sans la retourner afin d’y semer le célèbre navet. Des meules pour le grain, pour un moulin à huile, des auges pour nourrir les cochons, ont été récupérées et sont présentées au visiteur.
Monsieur Rouanet est un bâtisseur : il a reconstitué à l’identique près du hameau une capitelle que l’on doit pouvoir découvrir plus loin dans la campagne environnante. Il a limité certains espaces avec un mur de pierres sèches, et n’a pas oublié d’indiquer le nombre d’heures consacrées à son travail ainsi que la masse de matériau manipulé.
Il a aussi, près de chez lui, construit un four à pain.
André Rouanet a consacré beaucoup de temps, d’argent aussi, à sa passion. Nous aurions aimé qu’il nous autorise à rendre compte de celle-ci en nous accordant la permission de publier le présent billet !
--
:: Poster un commentaire
Ce
blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus