Créer un blog Présentation

Nom du blog :
cessenon
Description du blog :
Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
19.08.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· Actualités du Biterrois (65)
· Algérie (75)
· Curiosités (49)
· Ecole (23)
· Famille (13)
· Faune (79)
· Flore (203)
· Géologie (6)
· Histoire (55)
· Histoires de guerre et de soldats (13)
· Livres (4)
· Occitan (47)
· Paix (39)
· Patrimoine (123)
· Personnages pittoresques (32)
· Politique (107)
· Recettes de cuisine (6)
· Souvenirs d'enfance (106)
· Spectacles (25)
· Vie sociale (109)
· Viticulture (49)

Navigation

Accueil
Livre d'or cessenon
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Pacifistes en forum
· Essai nucléaire effectué par la Corée du Nord
· Idée de balade à Castelnau de Guers
· Scènes de la vie courante
· Départ pour l'Algérie, arrivée à Oran
· Crise d'urticaire, première !
· J'ai encore gagné !
· Regard sur les Juifs d'Afrique du Nord
· Journal d'un prisonnier de guerre
· Découverte d'une villa gallo-romaine

Statistiques



Recherche personnalisée

Derniers commentaires

Photo?
20.08.2008
Bonjour !
15.08.2008
Vous parlez de Minerve,
13.08.2008
Bonjour !
13.08.2008
Un peu d'Histoire ...
11.08.2008
Bonjour !
07.08.2008
chlorose de la vigne
06.08.2008
au sujet du concombre d\'âne
06.08.2008
Charité rejigieuse.
06.08.2008
Au fait,
04.08.2008
Aujourd'hui mon appel
04.08.2008
Bonjour !
04.08.2008
annuaire
03.08.2008
Flou artistique
02.08.2008
CAMBOUNET
29.07.2008
SPECTACLE NABUCCO
26.07.2008
La Rafale
25.07.2008
guerre et paix
23.07.2008
magnifique
23.07.2008
Chapeau bas devant ce courage
23.07.2008
RSS

Autres blogs à visiter :

· p1k9r
· vroger4
· lesjumelles
· slipman86
· passionenantestuning
· stiffuperlip
· monbricabrac
· ptitecolombine
· hyperbolederivations
· idem

Souvenirs d’un déporté du STO

Souvenirs d’un déporté du STO

Posté le 27.07.2006 par cessenon
Il s’appelle (1) André Gleizes, il vit à Cessenon où il est né le 14 mars 1922. C’est à dire qu’il faisait partie des trois classes concernées par le Service du Travail Obligatoire, celle de 1922 n’ayant d’ailleurs bénéficié d’aucune exception, tout le monde avait été appelé.
Mais rappelons d’abord ce qu’était le STO. Engagée sur de multiples fronts, l’Allemagne se trouve à cours de main d’œuvre. Dans un premier temps on fait appel à des volontaires français pour aller remplacer dans les usines les travailleurs allemands qui sont mobilisés. En échange des prisonniers de guerre pourront être libérés. C’est ce qu’on a appelé « La Relève ».
En fait l’opération est un fiasco, il y a peu de candidats pour l’exil. Aussi le retour des prisonniers n’est que symbolique : 1 200 disent les statistiques, essentiellement des agriculteurs. Curieusement le futur beau-père d’André Gleizes, Adelin Serre, en est bénéficiaire et rejoint ainsi son village d’Assignan.
A la demande de Fritz Sauckel, plénipotentiaire au recrutement et à l’emploi de la main-d’œuvre, Laval fait adopter les lois du 4 septembre 1942 et du 16 février 1943 qui livrent aux nazis les jeunes Français nés entre le 1/1/20 et le 31/12/22. 700 000 se retrouveront donc en Allemagne. Parmi eux on compte 40 000 femmes.
C’est ainsi que début juin 1943 André Gleizes qui est alors ouvrier agricole, encore célibataire, pas même fiancé, reçoit une convocation pour une visite médicale qu’il doit subir à Béziers. C’est un médecin d’origine asiatique, habillé en civil, qui la lui fait passer. Le 9 juin il doit être à l’hôtel Solferino où a lieu le rassemblement des requis du secteur en vue du départ pour l’Allemagne.
André Gleizes a déjà effectué huit mois de Chantiers de Jeunesse à L’Ardoise dans le Gard. Il ne doit qu’à un concours de circonstances particulier de ne pas être parti directement pour le STO après les Chantiers de Jeunesse. N’ayant en effet pas eu de permission au cours de ces huit mois il a eu droit à une permission libérable qui lui a permis de revenir chez lui pour quelques semaines.
Arrivés à Béziers le 9 juin, les jeunes de Cessenon sont informés par des gendarmes que le départ n’a lieu que le lendemain. Ils peuvent donc revenir chez eux pour y passer une dernière nuit.
Le lendemain il n’y a pas d’échappatoire. Rendus à la gare de Béziers les Allemands en armes cernent les jeunes requis. Un vague papier tenant lieu de contrat est remis à chacun. Le train a démarré.
Sur un des wagons une inscription à la peinture « A bas Laval ! » est révélatrice de l’état d’esprit qui règne. En gare de Sète les Allemands la feront effacer par leur auteur. Le signal d’alarme est tiré à plusieurs reprises, immobilisant le convoi.
Toutefois aucune infrastructure n’existe encore dans la région pour permettre à ceux qui le souhaitent d’être réfractaires au STO. Cela viendra un peu plus tard, les jeunes rejoignant la Résistance pour échapper au Service du Travail Obligatoire. Les maquis seront d’ailleurs appelés « Armée Sauckel » !
André Gleizes se souvient du passage de nuit à Dijon, puis d’un arrêt le surlendemain à la gare de Stuttgart où leur est servi un bol d’une infâme choucroute.
Le train continue, en suivant le Danube, vers Ulm, Linz, Vienne. En gare de Vienne les jeunes requis entonnent l’Internationale ce qui affole les prisonniers français qui s’y trouvent déjà.
Sur un quai, André Gleizes, qui a échangé des Francs contre quelques Marks, achète un cornichon un peu gros qu’il arrive à ingurgiter.
Les requis du STO sont amenés dans un camp près de Mauthausen. Tout à côté le spectacle de Juifs squelettiques est révélateur du sort que leur réservent les nazis. Franchi le seuil d’un des baraquements, équipés de châlits non pourvus de matelas ni de couverture, André s’effondre de sommeil. Le lendemain il trouvera dans un autre une place libre.
Un coup de tampon sur le bras et le voilà marqué de la lettre A, indiquant qu’il est affecté au camp Amstetten. Pendant trois semaines André est à peu près tranquille mais ça ne va pas durer.
Il se retrouve à la gare de Selzthal à charger du charbon sur les tenders de locomotives. Le travail dure de 7 h à 19 h sans interruption ni pour un repas ni pour un simple repos. Le matin a été fournie une tasse de café seulement. Le charbon arrive de la Ruhr dans des wagons et des réserves ont été constituées, formant des tas immenses. L’hiver il faut d’abord le dégager au pic car il est gelé avant de pouvoir utiliser la pelle. Certains jours il fait jusqu’à - 30 °C ! Le givre se dépose en cristaux sur les mains. Il est arrivé à André de charger 35 tonnes de charbon en une journée.
Un soir après ses 12 heures de travail il refuse d’obtempérer quand il reçoit l’injonction de repartir au travail. Cela lui vaudra une journée de prison mais il évitera les coups de nerfs de bœuf qui se sont abattus sur un certain Balan, un alésien qui en encaisse 25 !
Aussi est-il heureux de pouvoir quitter ce poste où il est resté six mois. Grâce à Stanislas Peker, un traducteur originaire de Compiègne qui sert d’interprète, il est muté à l’entretien des wagons. La journée de travail n’est que de 10 heures et est coupée par un repas. Quand il s’agit de nettoyer le four des locomotives notre Cessenonais en ressort noir de suie, seul le blanc des yeux est épargné.
Il n’y a qu’un dimanche de repos par mois. André Gleizes en profite parfois pour aller rendre visite à un ami qui se trouve dans un autre camp. Il lui faut une autorisation signée de quatre responsables pour pouvoir circuler. Une fois d’ailleurs la ville où il se rend est l’objet d’un couvre-feu et il craint que la neige qui crisse sous ses pas ne le trahisse. Fort heureusement il n’est pas arrêté.
Les contacts avec la population sont à peu près nuls, à cause de la barrière de la langue, du manque de disponibilité, du peu de moyens dont disposent les requis du STO. Le salaire n’est guère élevé : de l’ordre de 120 marks. Une fois payés les frais de cantine il ne reste pas grand chose.
Au camp on suit l’évolution de la situation militaire grâce aux informations que le magasinier, un communiste autrichien qui écoute Radio Londres mais n’oublie pas de saluer d’un « Heil Hitler » quand les circonstances l’exigent, donne à l’interprète. Une carte a même été affichée sur laquelle l’avance des Russes est signalée par des épingles.
Le pire de ce que vivra André Gleizes c’est vers la fin. Déjà, depuis le débarquement en Normandie il n’a plus de nouvelles de chez lui. La correspondance, qui se limitait à l’échange des deux lettres par mois autorisées, est suspendue.
Les Autrichiens, qui sont Allemands depuis l’Anschluss prononcé en mars 1938, deviennent de plus en plus hargneux. Lors du télescopage de deux trains, les travailleurs du STO qui sont réquisitionnés pour réparer les dégâts le font sous la menace des mitraillettes. Quoique affamés il n’est pas question qu’on leur laisse prendre le moindre grain du sucre répandu sur les voies.
Dans des circonstances analogues deux jeunes Lithuaniens qui ont dérobé une poignée de nouilles sont roués de coups puis exécutés d’une balle dans le ventre. Leur agonie durera plusieurs heures sous le regard impuissant d’André Gleizes.
Plus tard, en pleine déroute des armées allemandes, il verra des hommes de la Gestapo abattre sans raison des Français qui s’étaient réfugiés dans une cabane.
A partir du 1er avril 1945 il est témoin des bombardements par les Alliés. 1250 forteresses volantes escortées d’une cinquantaine d’avions de chasse larguent leurs bombes sur la gare. Une autre fois c’est une colonne de soldats qui est mitraillée par huit avions qui la prennent en enfilade.
André Gleizes a conscience qu’en tant que Français il est mal accepté par les autochtones dans les abris aménagés. Il choisit donc, lors des alertes, de s’isoler dans les champs environnants.
Les Russes arrivent sur le secteur où se trouve André le 8 mai 1945 à 17 h. Autour de lui c’est la confusion : il y a la débande de l’armée allemande, l’afflux des civils, des prisonniers… Les bruits qui circulent concernant les méthodes des troupes mongoles ne sont pas rassurants.
C’est donc vers les Américains qu’André Gleizes et ses camarades se dirigent. Il leur faudra franchir une rivière en crue qui couvre le pont sur lequel ils doivent passer. André en verra disparaître plus d’un, emporté par l’eau dans laquelle il est tombé. Il leur a fallu aussi réquisitionner une locomotive et son mécanicien pour mettre en route une rame de wagons qui a été investie. Non sans mal, car beaucoup trop de wagons sont accrochés, le convoi finira par stopper assez loin de la ligne de démarcation entre Russes et Américains.
André pourra monter, direction Paris, dans une forteresse volante qui doit avoir 40 passagers pour avoir l’autorisation de décoller. Le quarantième sera embarqué in extremis !
Ouf, malgré un orage essuyé au-dessus de Reims c’est l’atterrissage à Orly. L’accueil reçu est réconfortant. On propose même aux rapatriés de rester quelques jours à Paris. Mais André a hâte de retrouver Cessenon qu’il a quitté il y a presque deux ans.
C’est donc le lendemain qu’un train parti de la gare de Lyon les amènera à Béziers où André Gleizes et son ami André Bessières de Causses et Veyran, qu’il n’a pas quitté depuis le début de sa déportation, pourront prendre un taxi mis à leur disposition. Comment opérer ? Passer d’abord par Causses ou d’abord par Cessenon.
C’est ce deuxième choix qui est fait. André arrive chez lui avec une barbe de deux mois et des cheveux qui n’ont pas été coupés depuis qu’au camp le salon de coiffure a été détruit par un bombardement. Avec presque des larmes dans les yeux, André ajoute « Je ressemblais à Saddam Hussein » !
En décembre 2003 André Gleizes a bénéficié des mesures de réparation accordées par le Fonds de Réconciliation Autrichien aux requis du STO. Au vu de son dossier, indiquant les endroits où il avait été affecté, il a été classé parmi ceux qui étaient en situation d’esclavage et l’indemnité la plus élevée lui a été attribuée.
Il ne reste qu’à remercier André pour ce témoignage donné avec beaucoup de précisions, et sans doute de fidélité. Il a d’ailleurs le sentiment que ce qu’il raconte a eu lieu hier.

(1) Il est décédé en 2006



--


:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre commentaire : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

:: Les commentaires des internautes

Mon Papa dans les Sudètes
Posté par rataud le 19.02.2008
Suite au décès de Maman en 2006, j'ai retrouvé chez mes parents deux petits carnets que Papa tenait en Allemagne de décembre 1942 à mai 1945, ainsi qu'une grosse correspondance que mes parents ont tenu pendant cette période.....


Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus