De quelques lectures de mon enfance
Posté le 30.07.2006 par cessenon

Je devais avoir sept ou huit ans quand je l’ai lu mon premier livre. Il avait pour titre « Le sang des Finoë ». Je ne crois pas qu’il ait été adapté à mon âge. Je n’en connais ni l’auteur ni le contenu.
Peu de temps après j’ai dû lire « La bande des aoûtats ». Là je sais qu’il s’agissait d’une bande de garçons qui s’était baptisée ainsi. Mais j’ai longtemps ignoré que les aoûtats étaient des larves d’insectes !
Un des ouvrages qui m’avaient le plus marqué est sans doute « Sans Famille » d’Hector Malot. Il faut dire que dès les premières pages j’avais reconnu un texte qui était sur le livre de lecture que nous avions en classe.
Je ne vais pas développer plus longuement mais raconter comment je suis devenu un fidèle lecteur du journal « Vaillant ». C’est tout à fait par hasard que je suis entré en contact avec ce magazine.
Ce jour-là, je devais avoir une dizaine d’années, j’avais un peu d’argent de poche. Un exemplaire de Vaillant était sur la porte vitrée d’une personne qui diffusait quelques journaux, notamment « La Voix de la Patrie », l’ancêtre de La Marseillaise. Ce n’était pas vraiment un magasin de marchand de journaux, plutôt un local qui servait de dépôt pour une activité annexe. Il me semble que la dame qui faisait la tournée était surnommée « La Patrie ».
J’ai donc acheté un premier numéro et j’avais été passionné par Salammbô qui était publié en bande dessinée et par épisodes. Dans ce numéro il était question de la bataille du Macar. Le combat contre les éléphants m’avait marqué. Voulant connaître au plus tôt la suite de l’épisode je me retrouvais à acheter… deux fois le même numéro !
Le pli était pris, j’allais chaque semaine, le jeudi sans doute, me procurer Vaillant chez ma pseudo marchande de journaux. Plus tard ce commerce fut abandonné par la dame mais Vaillant était en vente chez mon oncle Jules, le frère de mon père, coiffeur de son état et qui avait pris le relais en matière de diffusion des journaux. Plus tard encore je m’y étais abonné et je recevais mon hebdomadaire par La Poste.
Autant que je peux en juger aujourd’hui c’était un excellent journal pour enfants et il correspondait tout à fait à mon profil. Je suis resté abonné jusqu’à mon entrée à l’Ecole Normale, c'est-à-dire jusqu’à 15 – 16 ans.
Son contenu a évolué au fil du temps et il ne me semble pas que Pif le chien était présent à cette époque. Il y avait par contre Placid et Muzo, la pension Radicelle, A. Bâbord et Père O.K.… Et puis toute une série de héros, Yves Le Loup (un chevalier de Moyen Age), Bob Mallard (l’aviateur), Nasdine Hodja (l’insaisissable, qui officiait à Bagdad !), Ragnar le viking… Tiens Fils de Chine n’avait pas dû m’enthousiasmer, je n’en ai guère de souvenir ! Avec « Les pionniers de l’espérance » on abordait le fantastique ou la science fiction. Plus tard sont arrivés d’autres personnages, Arthur le fantôme justicier, Rahan le fils des âges farouches… Vers la fin j’ai connu Group-group tandis que débutait la série « Les aventures potagères du concombre masqué ».
C’était un journal d’un bon niveau de vulgarisation scientifique. Je me rappelle au moins deux textes qui m’avaient marqué, l’un sur la relativité, l’autre sur les couleurs, le blanc étant la superposition de toutes, le noir leur absence. Il y avait des nouvelles, des reportages, des enquêtes… Traditionnellement le numéro de Noël était copieux.
C’était un magazine engagé pour la paix, la démocratie, contre le racisme… Je ne crois pas que Pif qui lui a succédé ait été au même niveau, ce qui n’enlève rien aux qualités des personnages (Pif, Hercule, Tonton et Tata) créés par Arnal.
A propos de Pif et de Tonton je vais pour finir placer ici une anecdote. J’ai connu à Saint Pons Henri Lauriol, ancien directeur d’école et membre du parti communiste. Il avait un chien qu’il avait appelé Pif. Ses élèves de Fin d’Etudes n’avaient pas manqué de baptiser leur instituteur Tonton, ce que celui-ci savait parfaitement. Traditionnellement le mercredi Monsieur Lauriol emmenait ses élèves faire du sport. Mais cette fois là il y avait entre lui et eux un contentieux dont j’ignore les tenants. Par contre j’en connais les aboutissants. Ils avaient été privés de sortie au terrain de football d’un « Tonton vous dit tintin ! »
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