Réflexions sur le féminisme
Posté le 05.03.2008 par cessenon

Le débat sur « Féminisme et municipales » proposé par la liste conduite par Aimé Couquet a vu la participation d’une trentaine de personnes dont une majorité de femmes. Il était animé par Evelyne et Fabienne et m’a inspiré quelques réflexions que je livre ici.
Honte sur nous, la France, pays de la Déclaration des Droits de l’Homme, n’a pas été à l’avant-garde pour accorder, c’était pourtant la moindre des choses, le droit de vote aux femmes.
Ce droit acquis, il reste la question de la participation à la vie publique, c'est-à-dire au domaine de la politique. Là il y a encore beaucoup à faire pour obtenir la parité.
La situation est disparate au plan international et les exigences de l’heure ne se situent pas au même niveau, suivant que l’on est ici ou là ! Il a été souligné que les femmes, les enfants et les vieillards sont plus que d’autres victimes de la violence qui résulte des guerres hélas aujourd’hui nombreuses dans le monde.
Ce qui a été relevé c’est l’état de travail non qualifié, mal rémunéré, de précarité, de temps partiel (et de revenu partiel !)… qui caractérise de nombreuses femmes salariées.
Dans le monde actuel, pour la grande majorité des familles monoparentales c’est la femme qui a la responsabilité des enfants. Autant dire la fragilité qui est son lot.
Le travail qui devrait permettre à chacun, quel que soit son sexe, de s’insérer dans la vie sociale, n’est pas toujours gratifiant et à ce niveau s’impose une autre logique que celle qui détermine les conditions dans lesquelles il s’exerce.
Naturellement l’inégalité entre les sexes ne date pas d’aujourd’hui et les mentalités ont de la peine à évoluer. Dans le contexte de crise qui est le nôtre, on voit le retour d’idées rétrogrades, comme par exemple celle qui préconise, devant la permanence d’un chômage massif, le confinement de la femme dans son foyer.
Dans le même esprit les avancées sur la contraception, l’IVG sont remises en cause, cependant qu’au sein des couples on assiste à une régression dans le partage des tâches ou qu’apparaissent des concepts obscurantistes comme celui qui consiste à donner une fiche d’état civil à un embryon avorté.
Incapable de satisfaire les besoins de tous, le système économique et social qui a atteint ses limites, joue la division : femmes contre hommes, jeunes contre adultes, Français contre immigrés. Si vous êtes une femme, jeune, immigrée c’est évidemment la totale !
On peut compléter avec le conflit entretenu par le pouvoir entre actifs et retraités, entre ceux qui ont un emploi et ceux qui sont chômeurs.
Après ce constat, qui constitue une étape nécessaire pour résoudre les problèmes, il faut avancer des propositions dans le cadre du pouvoir d’une municipalité en la matière. On ne va pas reprendre ici l’ensemble de ce volet du programme de la liste « UNITAIRE, COMMUNISTE, 100% A GAUCHE ET SOLIDAIRE. » Relevons cependant le projet de créer une maison de la solidarité qui permettrait de recevoir les personnes en détresse, certaines femmes en particulier.
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La maison de la solidarité
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Kate le 05.03.2008
dans certains départements existe depuis environ 2 ans, cachée sous le nom de "maison du département" et gérée par la Direction Générale de la Santé et de la SOLIDARITE". Foutaise !!!
Encore faut-il du personnel compétent et qualifié qui soit à l'écoute et soutienne en premier lieu des jeunes femmes sous l'emprise de la famille et ensuite sous l'emprise de l'époux, qui soit à l'écoute des personnes handicapées dans leurs démarches administratives et personnes âgées dépendantes.
Ces maisons font de "gorges chaudes" de nos politiciens qui remanient les services souciaux au détriment du personnel et de l'usager. "L'usager" comme ils disent...
Ces services ont besoins d'un seul interlocuteur qui connaisse parfaitement "le dossier" (oui ce sont des dossiers) car la confiance de ces femmes ne peux être entière si l'interlocuteur est différent à chaque visite...Souvent il s'agit de personnel vacataire, pas très expérimenté dans le domaine.
Les présidents des C. G. prônent le mérite de leur département en pensant nullement à la souffrance humaine...Lamentable ! Colère ! Tristesse !
Et pourtant, que de travail dans ces secteurs !
Honte à qui ? Croire en qui ?
Bonne soirée.
Bonne idée
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helene le 21.03.2008
Une maison de solidarité ? Excellente idée! Je la retiens pour mon bled qui vient de passer à gauche, enfin, après un long parcours de droite (64 ans tout de même.) La campagne électorale ici (et je le crains ailleurs) a été pourtant d'un machisme inénarrable, certes surtout à droite mais également à gauche (ponctuellement.) J'en ai fait un petit bouquin pamphlet qui a fait rire je l'espère. Aucune femme tête de liste, et des femmes choisies par toutes les listes comme simple potiches, après qu'ils eurent soigneusement écarté celle qui auraient pu faire avancer les choses: "pire qu'une faute, une erreur" comme dirait Talleyrand. Hélène Larrivé
Lien vers mon blogBonne idée
Posté par
helene le 21.03.2008
Pour Kate
OUI!! Cela ressemble en effet à ces "groupes" plus ou moins bidons suscités à des fins purement électorales par des politiques pour faire style dont mon bled s'est fait une grande spécialité. Ces "clubs" institués, par incompétence (le personnel est recruté sur des critères obscurs, enfin pas si obscurs que ça) font parfois plus de dégâts qu'ils ne servent. Pour des femmes en situation de fragilité acquise, c'est évidemment encore pire; en effet, elles ont besoin d'UN/E interlocuteur/e et surtout de ne pas voir leur histoire en pâture devant plusieurs gugus/ses qui sans le vouloir les humilient parfois. Et en ce qui concerne les femmes maltraitées, la tache est délicate, immense, de longue haleine et en effet parfois décevante (lorsqu'elles retournent vers leur "doleur", le cas est fréquent). Comme une addiction, il faut souvent plusieurs "essais" pour réussir. Si on n'est pas conscient de la question, solide, formé, relié à un groupe qui vous soutient, le travailleur social (improvisé dans le cas) ne peut rien, voire il peut faire pire que ce qui est.
Ce que tu décris, Kate, toutes les femmes qui ont peu ou prou milité sur ces questions le savent bien et le déplorent.
La solution ? Elle ne peut être qu'au cas par cas mais en tenant paradoxalement droit son cap. Certains groupes de femmes (à la limite "sauvages") ont parfois réussi là où des institutions lourdes et mal engagées ont raté. le plus grave est qu'ensuite, devant l'échec, ils ne se remettent pas en cause en tant que structure mais rejettent la "faute" sur les "clientes"... ce qui aggrave leur détresse.
Un proverbe dit qu' "aider quelqu'un c'est s'en faire un ennemi". Ce n'est pas tout à fait vrai mais pas tout à fait faux non plus: tout dépend comment on s'y prend. Prendre en charge une situation de détresse vous met immédiatement dans une position de force assez gênante vis à vis de celle/s qu'on porte à bout de bras (et il le faut bien au début.) C'est tout un art que de parvenir ensuite à infléchir la situation pour la rendre normale. Il ne faut pas hésiter à dire et à répéter que c'est soi même qu'on aide à travers l'autre... Lorsque des travailleurs sociaux, surtout bénévoles, règlent leur problèmes personnels à travers leur travail sans en avoir conscience, c'est gravissime. Et c'est là en effet qu'aider quelqu'un c'est s'en faire un ennemi.
Je l'ai ressenti lorsqu'il y a 30 ans, j'ai mis ma fille alors bébé à la crèche à Paris: l'attitude de certain/es membres du personnel (dirigeant) était un mélange de commisération un peu méprisante et de gentillesse superficielle. Leur dévouement même signait de manière indiscutable que nous étions de mauvaises mères, ce n'était pas dit ouvertement mais se sentait tout à fait (chez les cadres, plus rarement chez les auxiliaires.) Cela m'a mise mal à l'aise et je l'ai retirée le plus possible. J'étais alors thésarde. Alors, imaginer ce que doit être une femme en détresse réelle dans ces institutions bidons au personnel incompétent !!! Zola n'est pas loin.
Bon courage Kate.
Salut et fraternité. Hélène Larrivé
Lien vers mon blogMerci Hélène,
Posté par
Kate le 21.03.2008
Vous avez parfaitement compris mon message, j'en suis heureuse, de plus vous l'avez développer bien mieux que moi.
Bien cordialement.