Pomarèdes, la canaille de Caux
Posté le 15.08.2006 par cessenon

Pomarèdes lors de son procès
croquis d'audience
Entre Saint Geniès de Fontédit et Autignac, à environ deux kilomètres de cette dernière localité, au bord d’un chemin aujourd’hui peu fréquenté se dresse une croix dont le socle porte l’inscription qui suit :
Monument érigé à la mémoire de
Charles Carratier d’Autignac,
Assassiné le XVII décembre 1841 par
Jean Pomarèdes de Caux,
Exécuté à Pézenas le XVIII février 1843.
Passants priez pour ce brave honnête homme.
Le 3 janvier dernier, quelques jours après l’anniversaire de l’événement indiqué, des fleurs, artificielles, étaient au pied de la croix. Déposées par un descendant de la victime peut-être ?
Ce Carretier était un distillateur d’Autignac et à la nuit il revenait à cheval de Béziers où il s’était rendu car il avait des transactions financières à effectuer. Il avait mangé au restaurant avec Pomarèdes qui semble-t-il lui avait tendu une embuscade quand il avait appris que Carretier avait retiré 3 000 F à la banque. En fait Carretier n’avait sur lui que 50 F Avant de mourir il avait pu donner le nom de son assassin.
Mais parlons de Pomarèdes. Vers la fin de la première moitié du XIX° siècle il a défrayé la chronique. C’était un bandit de grand chemin comme il y en avait à cette époque. Aujourd’hui on signale encore ici et là un trou ou une grotte de Pomarèdes.
Jean Pomarèdes est né à Caux en 1801, dans la rue de l’Evêché. Son père est un paysan aisé qui à sa mort en 1825 lui laisse quelques biens : maison, vignes, champs, oliveraies. Le fils se marie en 1830 avec une Jeanne Rouyre de Fontès qui y possède des terres qui viendront dans la corbeille de mariage.
Pomarèdes et son beau-frère Rouyre font ensemble commerce de Trois-Six. Les affaires ne sont pas très florissantes. Le premier acte de brigandage dont Pomarèdes est soupçonné est original. Nous sommes en hiver et le berger qui garde le troupeau de Pomarèdes sur ses terres de Fontès est venu à Caux percevoir ses gages. Il y a trouvé son maître grippé. Pourtant sur le chemin du retour il lui semble reconnaître la voix de celui-ci chez l’agresseur venu à cheval qui, sous la menace d’un pistolet, le dépouille des 35 francs qu’il vient d’encaisser.
Le commerce des Trois-Six n’étant pas lucratif, Pomarèdes et son beau-frère Rouyre s’essaient à la spéculation foncière. Ils achètent pour 38 500 F le domaine de Lussau situé entre Maureilhan et Puisserguier. Hélas la revente ne se fait pas et le remboursement de la dette contractée est l’objet de difficultés dès la première échéance.
En 1836, à la Noël, pendant la messe de Minuit, la maison de Pomarèdes prend feu. Elle avait été assurée quelque temps auparavant pour la somme de 5 500 F Evidemment la suspicion se porte sur son propriétaire et le boucher Canitrot ne craint pas d’exprimer celle-ci en public. Mais il n’y a pas de preuve et Canitrot se verra condamné pour diffamation.
La première agression recensée à laquelle se livre Pomarèdes a lieu le 15 décembre 1837 près de Capestang. Il est accompagné d’un complice, sans doute son beau-frère. Les victimes sont deux marchands de bestiaux Antoine et Jacques Carles qui reviennent de la foire de Béziers. Ils réussissent à prendre la fuite en emportant leur argent.
Pomarèdes va mettre au point une technique particulière pour exécuter ses hold-up. Sur le lieu de son embuscade il dispose des fagots d’où émergent des bâtons, laissant croire que la troupe est nombreuse et armée de fusils. Toutefois il porte toujours le même déguisement : une casquette à côtes, une fausse barbe… il se noircit le visage. Un détail permettra de le confondre : il fait suivre une musette d’où dépasse le col d’une bouteille noire.
Les agressions se poursuivent mais sans être très fructueuses. La plus payante a lieu le 11 janvier 1840 entre Nizas et Fontès. Dans la selle du cheval qu’abandonne M. Basset il y a 3 000 F C’est l’équivalent de dix ans de salaire d’un ouvrier agricole qui gagne alors 1 F par jour.
Les circonstances peuvent entraîner la mort de la personne dévalisée. Le premier meurtre dont Pomarèdes est accusé se déroule près de Bouzigues le 24 juillet 1840. Pomarèdes blesse mortellement un certain M. Garrigues venu avec deux autres porter secours à M. Goudard qui avait appelé à la rescousse.
Lors de son procès qui aura lieu à Montpellier du 25 novembre 1842 au 7 décembre 1842 l’acte d’accusation se composait de :
Un incendie volontaire
Cinquante huit agressions
Trente cinq tentatives de vol
Cinq tentatives d’assassinat
Dont trois assassinats.
En fait Pomarèdes ne fut convaincu que de l’assassinat de M. Cauvy lequel s’est produit le 11 décembre 1840 près de Bélarga.
Précisons que Pomarèdes avait été arrêté près de Laurens le 19 février 1842, après avoir dévalisé un marchand de cochons, M. Boularand, qu’on surnommait « Cambajon » (Jambon). Pomarèdes avait été incarcéré à la maison d’arrêt de Béziers.
Condamné à mort, Pomarèdes a été guillotiné le 18 février 1843 à Pézenas devant une foule nombreuse (le chiffre de 50 000 personnes a été avancé). Il a été enterré sur le seuil du cimetière de la ville afin que les passants foulent sa tombe ! Son beau-frère, également poursuivi par la justice, sera acquitté.
A l’époque où Pomarèdes sévissait d’autres bandits opéraient dans la région. Aussi il est possible, et même probable, que des agressions qui lui ont été imputées étaient le fait d’autres malfaiteurs qui d’ailleurs avaient pu utiliser les mêmes méthodes que Pomarèdes pour donner le change.
A signaler l’existence éphémère d’une radio libre, Radio Pomarèdes, qui avait emprunté le nom de notre « héros », dans les années 80. Un ouvrage romancé, produit par Guy Cabrol et ayant pour titre « Pommarèdes dit Carcassonne », s’est inspiré de l’histoire du célèbre bandit.
Ajoutons encore que Pomarèdes avait été baptisé « La canalha de Caus » par ses contemporains.
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et le trou ?
Posté par
franck le 14.07.2008
bonjour, le trou de pomaredes route de bessan existe bien s il et pas de pomaredes a qui et il .merci de me renseigner
Ce
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