Le 26 août 1944 à Murviel les Béziers
Posté le 29.06.2008 par cessenon

Tout au long du mois d’août 1944 la région du Languedoc a vu passer des colonnes de l’armée allemande qui rejoignaient la vallée du Rhône et au-delà les frontières de l’Allemagne.
Rappelons la situation militaire. Le 2 février 1943 c’était la reddition de Von Paulus à Stalingrad. Une défaite des armées hitlériennes qui a fait qu’à partir de cette date « l’espoir changea de camp, le combat change d’âme. »
Le 6 juin 1944 c’était le débarquement en Normandie et le 15 août de la même année le débarquement en Provence cependant qu’un autre avait déjà eu lieu en Italie. Pour ne pas être prises en tenaille les troupes du IIIème Reich ont dû refluer vers le nord est. Pour éviter les attaques de l’aviation alliée elles ont opéré leur repli en suivant des routes secondaires.
C’est ainsi que le 26 août 1944 est passée à Murviel une colonne de l’armée allemande.
Déjà une colonne avait traversé Béziers le 22 août et après cette date on n’a plus vu un soldat allemand dans la ville.
A Saint Pons, à Pont de Ratz sur la route de Narbonne, et dans la ville elle-même, de durs combats avaient opposé les Allemands aux forces de la Résistance les 21 et 22 août.
Nous n’avons que des informations fragmentaires sur la colonne qui a fait un moment escale à Murviel. Selon toute vraisemblance il s’agit de celle qui avait bivouaqué à Agel la veille. Elle comptait 2 000 hommes nous a-t-on dit.
Elle était à Cazedarnes le matin même et les premiers éléments sont apparus alors qu’une messe était dite pour les trois jeunes du village pris à Riols le 10 août et fusillés le lendemain près de Toulouse.
Une maman d’un enfant de 2 ans nous a raconté qu’on lui avait dit de cacher son garçon, les Allemands coupant les mains des jeunes pour qu’ils ne puissent pas plus tard se servir d’un fusil !
Elle s’est rappelé les pansements qui jonchaient les fossés entre Cazedarnes et Cébazan. Sans doute les Allemands avaient été accrochés plus loin par les maquisards.
La colonne est descendue par la route qui suit la vallée du Rhonnel. A Saint-Blaise le ramonet Guiraud, qu’on surnommait Le Braconnier, a été obligé, sous la menace d’un révolver, d’abandonner le cheval de son patron. Un cheval rétif que les Allemands n’ont pu emmener bien loin !
Ce sont des side-cars qui les premiers sont entrés dans Murviel. Avant toute chose les Allemands ont coupé les fils téléphoniques avec des pinces. Ils ont ensuite formé les faisceaux sur la place et ont allumé un feu pour préparer leur repas.
Ils se sont ensuite livrés aux activités habituelles d’une soldatesque en déroute : pillages et viols. Il y a même eu une naissance et le physique du nouveau-né n’a laissé aucun doute sur son géniteur, il avait les yeux bridés comme un Mongol !
Les viticulteurs et les ouvriers agricoles qui étaient dans les vignes se sont bien gardés de rentrer au village avant le départ de la colonne. Quand celle-ci a eu quitté les lieux ils sont revenus. Dans la crainte d’une deuxième colonne, annoncée par des rumeurs, des charrettes ont été chargées de matelas et de matériel divers et ont pris le chemin de plusieurs masets éparpillés autour de l’agglomération. Les chevaux, même non attelés, avaient suivi afin d’être soustraits à des risques de vol.
Oui, les chevaux et les bicyclettes étaient souvent « réquisitionnés » par les soldats allemands qui battaient en retraite.
Des installations de fortune ont permis aux Murviellois, inquiets à la perspective de devoir passer dans le village les nuits où l'armée allemande pouvait y séjourner, de coucher en dehors.
Il a par ailleurs fallu dissuader quelques inconscients qui, armés, d'un fusil de chasse ou d'un simple révolver, voulaient abattre des Allemands.
Il a été fait état d’une deuxième colonne qui a été mitraillée sur la route de Saint Geniès de Fontedit par l’aviation canadienne mais nous n’avons pas de précision sur la date de cet événement.
Quoiqu’il en soit les dés étaient jetés, pour les Allemands la défaite était déjà largement amorcée même si la guerre allait durer encore plus de huit mois !
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Péché originel?
Posté par
londiche le 29.06.2008
"le physique du nouveau-né n' a laissé aucun doute sur son géniteur"
Cette précision apporte quoi?
Je la trouve bien inutile.
De plus, elle me fait penser à la fable du "péché originel".
Suis-je seul à penser cela?
Lien vers mon blogRéponse au ..."péché originel"
Posté par
Kate le 01.07.2008
Il n’y a aucune comparaison possible entre un viol et « le péché originel »…
La barbarie d’un viol est incompréhensible. Une femme aspire au respect de l’amour et non à la violence.
Désolée de ne pas être de votre avis.
Bien cordialement.