Nos postes de radio
Posté le 10.07.2008 par cessenon

Pendant longtemps nous n’avons pas eu de poste de radio chez nous. Le premier qui est arrivé dans la maison a été apporté par mon frère, venu en vacances depuis Argentan où il avait commencé sa carrière de postier au centre de tri.
C’était un petit poste en bakélite de couleur rouge avec des taches noires. Ah, problème : il n’y avait pas de prise de courant dans la maison. C’est que jusque là nous n’avions rien à brancher !
Le fer à repasser ? C’était un blog de fonte noire que ma mère posait verticalement devant le feu de cheminée. En fait il y en avait plusieurs, les uns chauffaient pendant qu’un autre était manipulé.
Il fut trouvé une solution provisoire : une douille voleuse qui se plaçait entre l’ampoule et son support et sur laquelle on pouvait raccorder un appareil électrique. Ah, évidemment le cordon d’alimentation pendait !
On fit venir un électricien professionnel, Maurel sans doute, qui plaça une prise dans chacune des pièces où nous mangions : la cuisine en hiver, la salle à manger en été.
Je n’avais aucune maîtrise des choses, sans que l’on m’ait interdit l’usage du poste je ne le mettais pas en route. Mon père s’intéressait à l’actualité et écoutait donc les nouvelles. J’avais remarqué que dans la journée, à chaque émission, on avait droit à peu près aux mêmes !
Où placer le poste ? J’ai le souvenir d’une table haute légère en osier, un peu bancale sans doute. Un jour, alors qu’un os avait été jeté à notre chien Médor, celui-ci renversa l’ensemble pour aller récupérer son os. Le poste radio n’en souffrit pas trop me semble-t-il.
Il supporta aussi sans trop de dommage le rôle de planque qu’une pie voleuse que nous avions élevée lui fit jouer. Oui, elle allait camoufler ses larcins à l’arrière de l’appareil.
On se décida à faire mettre par un menuisier, Meljac probablement, deux étagères, symétriques par rapport à la cloison qui séparait la cuisine de la salle à manger afin d’y déposer le récepteur radio.
Suite à des désaccords que mon frère avait eus avec mon père au cours d’autres vacances ce poste de radio fut transporté chez mes grands-parents paternels qui habitaient dans le quartier du château. C’est que pendant cette période de mésentente mon frère prenait ses repas chez eux !
Je crois toutefois que c’est encore lui qui apporta un autre poste de radio. Il était plus grand, mais pas de meilleure qualité, ce n’était pas encore le temps des « ampli op » ! Une partie des noms des stations était effacée mais je revois celui de l’émetteur de Stuttgart qui bien sûr n’a jamais été écouté.
J’ai le souvenir d’une émission qui s’appelait « Le Midi et ses gens » qui passait à l’heure du déjeuner. J’avais entendu, suivant les paroles avec une grande attention, et trouvant le texte très clair, « Le parapluie » de Georges Brassens.
Ah si mon père était absorbé dans l’écoute des informations il ne fallait pas lui adresser la parole, on se faisait remballer ! Il lui arrivait également de manifester de la mauvaise humeur contre des décisions politiques qu’il n’approuvait pas. Je pense, mais j’étais déjà adolescent, à la décision des députés communistes de voter les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet.
Je manipulais un peu cet appareil qui grésillait pas mal. Il captait des signaux en morse et je n’étais pas loi de penser que c’était parce que j’étais sur Monte Carlo et qu’étant près de la mer je recevais des messages de bateaux !
Je n’ai pas de souvenirs très précis des émissions, sinon de vagues réminiscences du jeu « Quitte ou double ? » ni des chansons qui m’avaient marqué sauf peut-être « La fille de Londres. » Je me rappelle quelques publicités genre « Un tampon Gex en vaut deux, et il nettoie bien mieux ! »
Je ne comprenais pas toujours parfaitement les paroles des chansons. Tiens c’est le cas par exemple de « La danseuse est créole ! » j’entendais « la danse des créoles ! »
Ah, j’ai quelques images sonores de « Catinou et Jacouti » sur Toulouse le mardi soir, des chansonniers du « Grenier de Montmartre » le dimanche midi, le leitmotiv de Radio Andorre : « ¡ Una rata, el gato la mata ! » ou le « ¡ Viva Franco, arriba España ! » qui terminait vers minuit les émissions des stations espagnoles.
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:: Les commentaires des internautes
Bal Champêtre
Posté par
Brian Risbachet le 16.07.2008
et le mercredi soir sur Radio Toulouse à 19h45 l'Emission:Le Bal Champêtre de Jean Bentaberi (orthographe non garantie).Mes deux grand-pères musiciens tous les deux n'auraient manqué l'écoute pour rien au monde.
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