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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
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Date de création :
27.04.2006
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Béziers sous la Monarchie de Juillet

Béziers sous la Monarchie de Juillet

Posté le 24.09.2006 par cessenon
Voici un article rendant compte d'une conférence qui a été faite au mois de mars 2000. Il est illustré par une photo du théâtre.

Tel pourrait être le titre de l’exposé qu’a fait, jeudi 9 mars, Denis Rouquette, le Président de l’Université du Tiers Temps, à la Maison de la Vie Associative. Un exposé qui remplaçait la conférence sur « Le verre dans l'Antiquité », initialement programmée, mais reportée pour cause d’indisponibilité de M. Landes, le conservateur du Musée Henri PRADES de Lattes, qui devait l’assurer.
On ne peut pas parler d’improvisation. Apparemment la solution de remplacement était prête et le sujet pleinement maîtrisé. C’est un auditoire de plus d’une cinquantaine de personnes qui a, pendant près d’une heure et demie, écouté ce puits de savoir en Histoire locale qu’est Denis Rouquette.
Celui-ci a pris comme point de départ de son étude les annales d’Auguste FABREGAT, longtemps Maire de Béziers, et qui concernent le budget de la ville durant une période qui s’étend de 1830, fin de la Restauration, à la Révolution de 1848.
Ce budget, à l’origine modeste, 100 000 francs-or, sera multiplié par 3.5 à l’avènement de la Seconde République. Les recettes et les dépenses sont jusqu’ici équilibrées, mais en 1842 la ville a recours à l’emprunt pour entreprendre des réalisations. Les hommes nouveaux, parmi lesquels on compte FABREGAT, un jeune avocat ambitieux, se veulent en rupture avec le passé routinier. On pourrait résumer leur politique financière dans la célèbre phrase « Qui fait des dettes s'enrichit ».
Les ressources municipales sont essentiellement dues aux taxes sur les marchandises qui transitent par la ville. Perçues au niveau des octrois, elles assurent 80 % des recettes. Quelles sont ces marchandises ? Les Trois-Six d’abord, Béziers étant une place de premier plan, la première en France peut-être, dans ce domaine. Mais Béziers est également un important marché à bestiaux, ovins et bovins, qui se tient chaque vendredi Place de la Citadelle.
Ce ne sont pas les employés communaux qui ruinent la ville. Ils ne sont en effet qu’une dizaine pour une population de 18 000 habitants. S’y ajoutent toutefois six agents de police. Une des dépenses qui affectent le plus le budget municipal c’est l’enseignement. Comme toutes les villes soucieuses de leur prestige, Béziers a un Collège Municipal. Par ailleurs des écoles primaires laïcisées commencent à coexister avec celles tenues par la Congrégation des Frères des écoles chrétiennes.
Mais le chapitre le plus contraignant des dépenses c’est le Bureau de Bienfaisance. Il faut dire que la situation sociale d’une partie de la population est très difficile. Les registres de délibérations municipales font état d’aides qui doivent être allouées à telle famille ou telle personne, complètement démunies. Il faut aussi subvenir aux indigents hospitalisés à Béziers et aux aliénés qui le sont à Montpellier. Ces derniers apparaissent nombreux, indice de difficultés matérielles qui conduisent à de multiples dérives psychiques.
Pendant ce temps la bourgeoisie biterroise prospère. Si la vigne n’est pas encore en plein essor, elle commence à se développer. Toutefois elle ne produit que du vin destiné à la chaudière. Les distilleries sont nombreuses et groupées dans des secteurs qui facilitent l’expédition. C’est le cas à Port Notre-Dame, au bord du Canal du Midi. Le commerce de l’alcool est spéculatif et comporte des risques. Après une ascension fulgurante, le gendre de Casimir PERET, lequel était un distillateur qui avait pignon sur rue avant le Coup d’Etat du 2 décembre 1851, se trouvera acculé à la ruine.
Quelles réalisations mettre à l’actif des municipalités qui se sont succédé à Béziers pendant la Monarchie de Juillet ? La construction du Pont Neuf semble la plus importante. Elle est devenue une nécessité urgente que souligne l’accident que connaît en 1836 le Maréchal SOULT, dont la voiture verse à l’entrée du Pont Vieux alors qu’il se rend sur ses terres. Il faut toutefois quatre ans de délibérations avant de voir prise la décision de le construire. On complète ce pont par l’ouverture d’une nouvelle voie permettant d’accéder au plateau sur lequel est bâtie la ville. C’est la Rampe des Casernes que nous connaissons aujourd’hui.
L’ensemble sera achevé arec un boulevard de ceinture, l’actuel Boulevard d’Angleterre, dont la création s’accompagnera du déplacement de l’ancien cimetière sis au Capnau. Cette nouvelle nécropole n’est autre que le Cimetière Vieux et la partie du Capnau qui apparaît à présent en damier sur un plan de la ville a été fondée sur l’emplacement de celui auquel il a succédé. Mais il faut attendre 1857 pour que la ligne de chemin de fer qui relie Sète à Montpellier arrive jusqu’à Béziers.
La machine de CORDIER, qui permet à l’eau de monter jusqu’à la ville, fournit en 1827 200 m3 du précieux liquide par jour. En 1848 ce débit est multiplié par 4. A titre de comparaison en l’an 2000 Béziers consomme quotidiennement quelque 25 000 m3.
L’éclairage au gaz, timidement entrepris sous la Révolution, est étendu. M. Rouquette a retrouvé tous les détails concernant la couleur (vert bronze) des lampadaires, le renouvellement (chaque trois ans) de leur peinture, la forme (en éventail ou en papillon renversé), les dimensions et la qualité (non odorante) de la flamme exigés par les édiles dans le contrat signé avec des industriels Lyonnais. Cet éclairage ne sera remplacé qu’en 1930 et les vieux Biterrois se souviennent des gazomètres installés à l’Usine à Gaz dont on n’a conservé que la colonne de distillation. On apprend au passage que les capitalistes Lyonnais ont beaucoup investi à Béziers, notamment dans le domaine du commerce.
Un long développement est fait sur l’érection de la statue Paul RIQUET que l’on doit à l’initiative de Jacques AZAIS et de la toute nouvelle Société Archéologique parmi lesquels on trouve les noms de BOUDARD et, plus tard, de PERREAL. Les héritiers du célèbre constructeur du canal, lesquels, avec la Restauration, ont récupéré leurs droits, qu’ils avaient perdus sous la Révolution, sont intéressés par cet hommage à leur ancêtre. C’est David d’ANGERS, le célèbre sculpteur, qui accepte, pour des honoraires modestes, d’exécuter l’½uvre commandée. Elle est inaugurée en 1838, placée à l’endroit que nous connaissons mais à cette époque elle se trouve en dehors de la ville.
Dans la même période est programmée la construction du Théâtre Municipal, ½uvre d’ISABELLE qui sera achevée en 1844. Béziers avait une longue tradition en matière de pièces de théâtre. On jouait devant l’Hôtel de Ville, sur des tréteaux. MOLIERE en personne et le grand TALMA lui-même, l’illustre tragédien, se sont produits dans notre cité. Une salle de spectacle avait bien été aménagée, Rue de l’Ancienne Comédie, mais elle est inconfortable. Les riches Biterrois prêtent, sans intérêt, de l’argent pour que la ville soit enfin pourvue d’un théâtre digne de ce nom. Seule compensation, le créancier a droit, après avoir payé sa place, à occuper une loge. La perspective qui va de la statue de Paul RIQUET au Théâtre Municipal délimitera pendant plusieurs années la périphérie de Béziers. Le dégagement de la Citadelle, ½uvre d’urbanisme d’intérêt général, se heurtera longtemps aux intérêts particuliers de ses riverains.
Dans le même registre l’ouverture de ce qui est aujourd’hui l’Avenue Alphonse MAS attendra le début du XXème siècle pour être entreprise. Pourtant c’est une nécessité eu égard aux problèmes sanitaires que connaît la cité enfermée dans un espace trop réduit. La mortalité est alors de 50 pour 1000, contre 9 pour 1000 aujourd’hui. Si la population ne diminue pas c’est, suivant le schéma de la démographie de l’Ancien Régime, grâce à un nombre élevé de naissances. Deux publications biterroises, « La Propriété » et « L'Hebdomadaire » ont été consultées par M. Rouquette. Elles sont riches de précisions en matière d’état civil. Le décès des enfants de moins de 5 ans est toutefois mentionné par un simple nombre. L’été, période particulièrement néfaste pour la santé en raison des miasmes qu’engendre la chaleur, il peut atteindre le chiffre effarant de 17 par semaine !
Nous n’allons pas redire ici tout le bien que nous pensons du Président de l’Université du Tiers Temps de Béziers, sa modestie finirait par en souffrir ! Nous lui disons simplement « Encore merci » !



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:: Les commentaires des internautes

beziers
Posté par yvette le 18.05.2007
toujours aussi passionnant. merci


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