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cessenon
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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
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Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
22.07.2008
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Lo potz amb son ferrat, sa carrèle e sa cadena

Posté le 06.05.2008 par cessenon
Photo Paul Barbazange.

Traduction : Le puits avec son seau, sa poulie et sa chaîne.

Le puits se trouve près de la « campagne » de La Matte qui est sur la commune de Prades s/ Vernazobre, à la limite de celle de Cessenon. C’est un puits couvert (il ressemble assez à une capitelle mais les pierres sont reliées les unes aux autres avec un mortier), étroit, profond, 4 ou 5 m au moins, qui devait alimenter la maison d’habitation, laquelle se trouve à quelques dizaines de mètres de là.
Il y a longtemps que La Matte n’est pas occupée, sauf peut être de manière épisodique, vacances ou week-end. Et longtemps aussi que le seau n’a pas remonté de l’eau du puits. Il est d’ailleurs complètement inutilisable, es tot traucat (il est tout troué), pour tout dire il manque le fond.
La Matte est pourvue d’une citerne (une date, 1954, indique l’année de sa construction) qui récupère l’eau de ses toits.
Dans un écrit de 1771 concernant la mine de lignite des Mattes il est fait état d’un certain Jean Constans qui était à la métairie dite de La Matte. S’agit-il de La Matte près de laquelle est ce puits ? Quel lien entre La Matte et Les Mattes ?
Nous sommes ici sous le bois de Pierrerue dont la majeure partie appartient à un Danois. Un bois de 220 hectares situé sur Pierrerue donc, Cazedarnes, et surtout Prades s/ Vernazobre. Des chemins ont été tracés, des clôtures ont été mises et une chasse privée a été constituée.
Ce bois fournissait le combustible à des fours de verrier dont l’existence est attestée tout au long du Moyen Age.
Le tènement produit un vin haut de gamme, un des meilleurs de l’AOC Saint-Chinian avec un faiblement rendement à l’hectare : 30 hectolitres. Dans le secteur les ceps manquant d’une vigne ont été remplacés par des somesas (par marcottage.)
Le paysage est plutôt beau mais la randonnée dans le coin n’est pas conseillée en été, il y fait chaud. Personnellement j’étais dans les parages le 11 septembre 2001 avec des amis. Mais à ce moment là nous ne savions pas ce qui se passait à Wall Street. Arrivée chez elle une des participantes avait allumé son poste de télévision, avait vu la scène des avions percutant les tours, avait changé de chaîne et se demandait pourquoi c’était le même film de science fiction qui était programmé au même moment sur toutes les stations !




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Activités printanières chez les pensionnaires de l'ami Paul

Posté le 05.05.2008 par cessenon


L’ami Paul, chelionophile à temps plein depuis qu’il a pris sa retraite de directeur d’école à Vendres, a beaucoup à faire en ce moment ! C’est que, comme le dit la chanson de Raymond Queneau, en cette période printanière c’est « La saison des a / La saison des a / Saison des amours. »
Aussi le cheptel de Paul est en pleine activité, en témoigne la photo, une photo classée X, qu’il a prise parmi les pensionnaires de son élevage. Là il s’agit d’un couple de tortues tropicales. Eh non, pour répondre à une question précise posée par deux personnes qui veulent tout savoir, elles n’enlèvent pas leurs carapaces pour remplir leurs devoirs conjugaux.
Il paraît que ces messieurs sont très entreprenants et qu’ils insistent lourdement, tiens le mot ne va pas mal, au point que l’éleveur diplômé (non, non, ce n’est pas une boutade mais une réalité, il est en quelque sorte patenté !) doit prendre des mesures pour éviter des débordements. Oui il sépare les mâles des femelles et les met dans des enclos distincts. C’est que dès que le soleil est un peu chaud (et que monsieur est en forme !) cela fait un raffut !
D’aucuns, au vu de la scène, ont imaginé des choses : un casting pour le tournage d’un film porno par exemple. Mais non, on vous l’a dit, c’est le temps qui veut ça ! Les tortues Herman ne sont pas en reste, elles aussi se dépensent, appliquant à la lettre les consignes divines : « Croissez et multipliez ! »
Cela lève appétit et tout ce petit monde vous consomme une quantité incroyable de salades. Même que ce dimanche l’ami Paul est venu prendre dans mon jardin des rougettes montées pour nourrir son troupeau.
La suite ? Eh bien les tortues vont pondre dans la terre. Mais notre chelionophile surveille les choses et retire les œufs qu’il place dans une couveuse. C’est que, outre les aléas dus aux intempéries, il y a des tas de prédateurs, des rats et des pies notamment.
Une fois les œufs éclos, il faudra encore protéger les nouveau-nés que l’éleveur reconnu entourera de soins attentifs jusqu’à ce qu’ils aient un an. Après chacun fera sa vie !

Les dix bougies de La Burla

Posté le 03.05.2008 par cessenon
De gauche à droite : l'entrée de la salle d'Occitanie, la prestation de la chorale, l'heure de l'apéro.


La Burla, le cercle occitan de Cessenon, fêtait ses dix ans d’existence ces vendredi 2 et samedi 3 mai. Pour la circonstance la salle d’Occitanie présentait une exposition faisant le bilan de la riche activité de cette association.
Le visiteur était accueilli à l’entrée de la salle par les bannières occitanes, largement déployées. A l’intérieur sur des panneaux c’est toute une série de photos, d’affiches, de textes qui permettait de rappeler les différents secteurs investis par La burla : Fête des Vendanges, Foire du Cochon, cours d’occitan, vide-greniers, spectacles, Passejadas…
Une première sans doute : les photos de plusieurs ponts et de passerelles construits sur l’Orb ou le Vernazobre. Tiens on apprend que celui que la crue de 1930 a emporté n’avait pas encore été inauguré !
Le vendredi en fin d’après-midi, le public, nombreux, a pu entendre la chorale de La Burla dans son répertoire. Une chorale majoritairement féminine, deux hommes seulement en font partie. C’est avec « Las quatre sasons » qu’a débuté la prestation qui comprenait une série de chants occitans dont « La canson de Cessenon » laquelle est en passe de devenir un tube !
Dans une très brève allocution, Christian Francès, le maire, nouvellement (et confortablement) réélu de la commune, a souligné son soutien à La Burla dès sa création.
La municipalité a offert un apéritif qu’accompagnaient diverses réalisations culinaires maison. Ah, il y avait de petites pâtisseries en forme de croix occitane ! Naturellement le verre de l’amitié en main, les discussions allaient bon train pendant cet apéritif.
Le programme prévu pour le samedi comportait une foire aux produits du terroir, des jeux traditionnels et un concours de pétanque organisé par « La Boule Joyeuse » cependant qu’en soirée était attendu le chanteur occitan Patric.

Congrès du parti communiste réunion publique à la section de Béziers

Posté le 02.05.2008 par cessenon



L’affiche était alléchante, aussi autour de 80 personnes ont participé à la réunion programmée par la section de Béziers du PCF le mercredi 30 avril au 2 de la rue Voltaire.
A la tribune avaient pris place Claudine Esco et Christiane Vinci, secrétaires des sections de Béziers et du Sud Biterrois, Aimé Couquet élu municipal à Béziers, André Gérin, député maire de Vénissieux, Charles Hoareau, militant de Rouge Vif, et Nicolas Cossange, qui avait été le candidat du pcf dans le canton de Béziers II lors des dernières élections.
Aimé Couquet a précisé le cadre dans lequel avait lieu l’initiative. Il s’agissait de débattre de la situation dans la perspective du congrès que les communistes doivent avoir en décembre 2008. La section de Béziers occupe par son analyse et son activité une place originale dans les échanges sur le sujet. Elle est même pour de nombreux communistes, ou anciens communistes, un point de ralliement.
André Gérin a dressé un tableau, hélas très réel, de l’état dégradé du parti communiste après les élections municipales et cantonales. Il a mis en cause l’orientation suivie depuis de nombreuses années, orientation qui a privilégié l’alliance avec le parti socialiste au détriment de l’identité révolutionnaire propre qu’il aurait dû développer. Il a dressé un réquisitoire sévère contre les directions qui ont maintenu le parti dans l’ornière d’un réformiste sans perspective.
Pour lui nous sommes à la croisée des chemins et le congrès de décembre peut signer la fin du parti communiste, certains de ses responsables ne cachant d’ailleurs pas leur objectif de voir disparaître le mot « communiste » et, allant avec, sa vocation révolutionnaire.
Le débat qui a suivi cette première intervention a confirmé la démobilisation qu’ont entraîné les conceptions et les pratiques qui ont caractérisé la période que nous avons vécue depuis une trentaine d’années : vieillissement des militants, désaffection devant le manque d’engagement et donc de crédibilité du parti dans lequel les travailleurs avaient placé leur confiance.
A ce propos a été développée l’idée que la mesure de l’ampleur de la crise n’a pas été prise en compte, pas plus que sa nature et les moyens à mettre en œuvre pour la dépasser. Aujourd’hui on ne peut pas résoudre les problèmes en continuant à faire l’impasse sur la nécessaire transformation radicale des structures de la société. C’est sur cette base qu’il faut reconquérir l’électorat populaire qui souffre terriblement dans tous les domaines de la vie quotidienne : emploi, précarité, pouvoir d’achat, santé, logement, environnement…
Rien n’est perdu si ces données sont prises en considération. C’est ce qui ressort de l’expérience rapportée par un militant qui a participé aux journées des 8 et 9 décembre 2007.
Naturellement la question est posée de fédérer toutes les énergies. De ce point de vue l’émiettement en groupuscules, en chapelles, en tendances plus ou moins organisées… est un obstacle sérieux. Mais il y a des exigences qui frappent à la porte de l’Histoire et l’existence d’un parti révolutionnaire participe d’un besoin réel, crucial.
Quel parti peut jouer ce rôle ? C’est quand même dans le parti communiste que la majorité des participants s’est reconnue pour cet objectif même si quelques-uns ont exprimé leur intérêt pour des recompositions qui se dessinent ailleurs.
Alors oui, comme cela a été dit, il faut revenir aux valeurs fondamentales, faire en quelque sorte un deuxième congrès de Tours mais pas à l’envers, toujours dans le même sens, en tenant compte des évolutions qui sont apparues depuis ce qu’on a appelé le premier choc pétrolier et qui, à y regarder de près, n’était qu’un indice que le système économique et social dans lequel nous sommes a atteint ses limites et qu’il s’avère incapable de répondre aux besoins des hommes. On le voit notamment avec les questions de la faim, de la paix, de l'environnement…
Il faut rendre hommage à la section de Béziers d’avoir permis qu’un tel débat ait pu avoir lieu dans le contexte présent. Sans vouloir donner de leçon à personne il paraît souhaitable que de telles initiatives puissent se reproduire ailleurs.

La baraque de l'âne

Posté le 30.04.2008 par cessenon


Cette superbe capitelle se trouve sur le site de l’ancienne mine de lignite des Mattes, sur la commune de Cessenon. Nous y avions effectué un arrêt lors de La Passejada organisée par La Burla, le cercle occitan du village, qui avait eu lieu le dimanche 30 mars 2008.
Jacques Durantou, notre photographe, est revenu sur les lieux pour la prendre en photo.
Rappelons d’abord le peu que nous savons sur la mine des Mattes. Elle apparaît pour la première fois dans les textes le 28 avril 1633. Un prix fait est alors passé entre Hercules de Fraissinet de Vessas, châtelain de Cessenon, et Claude Janin, écuyer habitant Gabian, pour l’exploitation de la charbonnière.
Un bail est signé le 24 janvier 1771 par Jean Constans demeurant à la métairie dite de La Matte pour la mise en chantier de la mine et l’extraction de charbon par Jean Milhau de Combejean et Pierre Clary de Graissessac.
On a la trace de différends entre la communauté de Cessenon et diverses personnes ayant pris du charbon de manière non autorisée, notamment avec Jean Milhau et le sieur Giral entrepreneur de verrerie à Hérépian.
Dans une lettre au sous-préfet de Saint-Pons, en date du 22 juin 1812, Rossel, le maire de la commune, rend compte de la situation de la mine. Elle a été achetée au sieur de Jougran, acte notarié du 27 frimaire An VI, par Charles Vigne. Elle est restée fermée un an à la suite d’un arrêt du préfet puis a repris son activité avec un seul ouvrier un unique puits ouvert. Le charbon est utilisé pour chauffer un four à chaux.
La mine fonctionne pendant la guerre de 14-18 ferme ensuite et rouvre pendant celle de 39-45. Une soixantaine d’ouvriers et d’ouvrières, celles-ci triant le charbon en surface, travaillent sur le site.
Une partie du lignite est apporté à la tuilerie, Alphonse Miro a obtenu l’adjudication du charroi qu’il effectue avec un tombereau et un cheval. Le chemin qu’il suit est noirci par la poussière de charbon. Le lignite est également employé par les locomotives du chemin de fer d’intérêt local.
La société qui exploite la mine des Mattes a une maison à Cessenon, dans laquelle officie Gaston Bullich le comptable, sur la route de Saint-Chinian. Celle-ci s’effondrera sans toutefois faire de victime mais en causant à coup sûr une belle peur aux voisins. Cela se passait avant les années 50.
Guère plus tard la mine prendra feu et sera définitivement abandonnée. Des fissures d’où s’échappait une fumée peu engageante se formèrent alors sur le sol de diverses vignes du secteur. Même qu'un cheval qui labourait s'était enfoncé dans une crevasse qui s'était formée sous lui et avait été brûlé aux pattes !
Une des galeries partait de la baraque de l’âne. Ah, pourquoi ce nom ? Eh bien nous devons l’explication à Jean-François Favette. Un jour d’orage un viticulteur se trouvait dans sa vigne située au-dessus. Il vint se mettre à l’abri dans la capitelle. L’âne l’y suivit. Il y rentra très bien, quant à en sortir ! Essayez donc de faire reculer un âne qui s’y refuse ! Son propriétaire dut demander de l’aide pour l’en extirper.

Le maset de Pierre

Posté le 29.04.2008 par cessenon
L'intérieur du maset


Pierre, quel Pierre ? Mais l’ami Pierre Escande de Murviel ! Peppone si vous préférez !
Ce lundi 28 avril Pierre m’a emmené voir le petit maset qu’il possède sur une terre située à quelques centaines de mètres des Carratiers, une « campagne » où vivent présentement trois familles, dans le tènement du Plô de l’Euze.
Pierre a fait remarquer qu’il n’y a pratiquement pas de maset à moins de deux kilomètres du village. Mais ici nous sommes au-delà de cette distance, pas loin de trois kilomètres sans doute.
Apparemment la bâtisse a servi d’habitation, au moins de manière saisonnière. On peut voir en effet una aiguièra (un évier) en pierre ainsi qu’un potager, un peu abîmé. La cheminée a été enlevée mais son emplacement est repérable. Un fenestron, aujourd’hui muré, devait éclairer la pièce qui est au rez-de-chaussée. A l’étage la petite fenêtre existe toujours Ah il n’y avait pas d’escalier pour accéder à ce niveau, mais une échelle. Il n’y a là qu’un simple plancher, pas très en état, qui a dû recevoir la pastura (le fourrage) destinée à nourrir le cheval à la pause de midi.
Pierre a entreposé à l’intérieur quelques petits trésors récupérés ici ou là. Il y a par exemple un ventaire (un tarare) et un dispositif volumineux qui servait à tamiser une farine grossière afin d’en obtenir une plus fine laquelle était utilisée pour fabriquer le pain. C’est un vrai meuble ! Pierre explique qu’une étoffe en soie entourait un châssis en bois que l’on faisait tourner à l’aide d’une manivelle.
On trouve encore à l’intérieur du maset une motopompe Bernard avec une « poulie folle » sur laquelle on plaçait la courroie quand on voulait débrayer. Elle a dû être employée pour soutirer du vin. Il y a aussi une roue de charrette de grand diamètre. Sans doute une charrette dont le plancher pouvait recevoir quatorze comportes estime Pierre. Des tronçons de cercles de vaissel (de foudre) sont entreposés dans un coin.
Il y a le traditionnel gril qui servait à faire cuire la côtelette ou la saucisse sur des braises de sarments ! Il y en a même deux : l’un rudimentaire bricolé avec du fil de fer, l’autre plus solide avec des barres. Par contre la petite poêle a disparu.
Quelques reliques ont été rassemblées pour une photo de groupe : ciseaux de taille tout en métal, podet (serpette) sans manche, piège à perdreau… Il y a même le levier de commande per sarrar la mecanica (manœuvre qui consiste à freiner une charrette en appuyant fortement des sabots sur le bandage des roues.)
On pourrait citer les « servants », barres de bois qui soutenaient les brancards quand on avait dételé le cheval et lo bilhard, pièce de bois en forme de V renversé qui brinqueballait à l’arrière de la charrette… Il y a encore un ròsse (un traineau, même si le mot désigne aussi une herse !) Bref c’est presque un musée que le maset de Pierre !

Anguilla anguilla

Posté le 28.04.2008 par cessenon
Vue sur la bourriche !


C’est le nom scientifique de l’anguille d’Europe. Pourquoi vous en parler aujourd’hui ? Parce que ce dimanche 27 avril (zut, raté, j’ai oublié de souhaiter son anniversaire à ma cadette !) j’ai rencontré au bord de l’Orb un jeune homme fort sympathique qui justement était à la pêche aux anguilles.
Il avait traversé La Prades dans presque toute sa longueur et avait garé sa voiture vers le fond de l’immense prairie. Il avait déballé tout un matériel sur la rive gauche du fleuve. Des cannes à pêche bien sûr, quatre ou cinq sans doute, avaient été mises en batterie. Mais il avait installé là son bivouac et avait déjà passé une première nuit sur le site. Il s’apprêtait à en passer une seconde, dans son sac de couchage posé sur un carré mat.
Mon pêcheur a dit être de Brassac dans le Tarn et avoir de la parenté à Cessenon, un certain Pépino. Oui je sais que ce surnom existe dans le village mais il faut que je me renseigne pour connaître le signifié de ce signifiant.
Le jeune homme jouait de la guitare pour s’occuper. C’est qu’il n’y a pas de touche chaque cinq minutes. En fait c’est surtout à la tombée de la nuit qu’il en attrape en se servant de vers de terre comme appât. Oui l’anguille a de l’aversion pour la lumière. Aussi elle circule quand le soleil a disparu ou que l’eau est trouble.
Mais notre homme n’est pas un pêcheur en eau trouble ! Très gentiment il a sorti sa bourriche accrochée à la berge pour montrer ses prises : sept ou huit s’y trouvaient. Il m’a proposé de m’en donner. Ma foi oui, pourquoi pas. J’ai suggéré deux et j’en ai eu trois qu’il a sorties de leur prison aquatique en s’aidant d’un chiffon. Les anguilles ça vous glisse entre les mains d’une manière !
Sur les trois l’une était de couleur tirant sur le jaune, l’autre argentée, la troisième entre les deux. Renseignements pris cela correspond à des étapes différentes de leur vie.
Drôles de mœurs que ces Anguillidés ! Elles sont systématiquement femelles quand elles naissent dans la Mer des Sargasses. Portés par les courants marins les alevins viennent passer leur existence d’adultes dans l’eau douce des fleuves d’Europe où elles arrivent à l’état de civelle. Les anguilles retourneront la finir sur leur lieu de naissance où après la fraie elles mourront.
Enfin les trois miennes ne feront pas le voyage de retour. Soigneusement emballées dans mon sac à dos, elles ont effectué, c’était une première pour elles, la traditionnelle balade dominicale.
Ah, anguille sous roche, l’espèce serait en régression sensible à cause de surpêche, de réchauffement de la planète, de barrages hydrauliques, de pollution… Il serait même risqué d’en consommer à cause du PCB (polychlorobiphényle) qu’elles ont ingurgité. Là j’ai l’impression qu’on cherche à me couper l’appétit !
Mes trois anguilles sont dépouillées (la peau s’enlève comme celle d’un lapin qu’on écorche), tronçonnées et attendent qu’il soit l’heure de les faire cuire.
Pour m’excuser de mon oubli de la veille, j’en ai abandonné une partie à ma fille cadette !

Euphorbe réveil matin

Posté le 27.04.2008 par cessenon
Photo Paul Barbazange

Voilà une plante qui n’a rien de rare. Elle est en ce moment très présente en bord de route. C’est une euphorbe et plus précisément l’euphorbe réveil matin. Son nom scientifique est Euphorbia helioscopia (helioscopia signifiant « qui regarde le soleil. ») On l’appelle aussi petite éclaire et encore herbe aux verrues, ce dernier vocable pouvant désigner également la chélidoine.
Oui le latex qui coule de la tige quand on la casse aurait cette propriété de faire disparaître verrues et cors au pied. C’est d’ailleurs considéré comme efficace pour l’ensemble des euphorbes.
Le mot « euphorbe » serait dû à un certain Euphorbus, médecin de Juba II, roi de Maurétanie.
Citons ici un membre important de la famille des euphorbiacées : l’Euphorbe characias, très commune dans notre région.
Mentionnons également l’Euphorbe petit cyprès, habitat de prédilection de la chenille du Sphinx de l’euphorbe (Hyles euphorbiae), une dame à la robe chamarrée mêlant le vert au jaune et au rouge encore. De quoi se camoufler parmi les feuilles et les fleurs d’Euphorbia cyparissias. Elle peut impressionner les éventuels prédateurs. Et de plus, la chenille, ayant consommé la plante et son suc, se trouve gavée d’euphorbone, substance toxique et donc dangereuse pour ceux qui se risqueraient à la gober.
L’inflorescence, en forme d’ombelle, est appelée cyathe. Fleurs et feuilles sont difficiles à distinguer au premier regard tant les couleurs sont voisines. Les plantes sont monoïques, sur un même pied on trouve des fleurs mâles et des fleurs femelles. La pollinisation est entogame c'est-à-dire que le pollen est véhiculé par les insectes. La dissémination des graines est myrmécochore, elle est le fruit du dur labeur des fourmis, vaillantes petites bêtes qui appliquent scrupuleusement les consignes du chef de l’Etat : « Travailler plus pour gagner plus ! » Elles ne refusent pas de travailler le dimanche et les jours fériés !
Des animaux quasiment parfaits les fourmis : elles ne sont pas syndiquées, ne font jamais grève, n’ont pas de sécurité sociale, ni congés payés, ni retraite, ni remboursement des soins de santé…

Balade culturelle à Cruzy

Posté le 24.04.2008 par cessenon


Crédit photos Paul Barbazange
De gauche à droite : le chantier de fouilles, M. Buffetaut donne des explications,
extraction d’un fragment de carapace de tortue, carapace exposée au musée.
(oui, comme notre photographe est cheloniophile…)


Ce mercredi 23 avril l’ACAP (l’Association Culturelle Archéologique et Paléontologique de l’ouest Biterrois) proposait au public une balade culturelle sur le territoire de la commune de Cruzy avec visite du chantier de fouilles à la recherche de fossiles de dinosaures.
Le programme était séduisant puisque à 14 h, devant le musée, et l’afflux des candidats, les organisateurs ont dû partager les participants en deux groupes afin d’avoir un effectif raisonnable. Ah non, ce n’est pas comme dans l’enseignement où le ministre Darcos bourre les classes et supprime les dédoublements !
Déjà le matin un première vague avait été conduite sur le site.
Notre guide est Mme Roure et elle va remplir sa mission avec beaucoup de gentillesse et de compétence. Nous sommes une vingtaine à la suivre dans un décor de garrigue, par un temps ensoleillé, presque chaud, avec toutefois une légère brise.
Nous ne tardons pas à rencontrer des vignes qui ne sont pas taillées. C’est qu’elles sont vouées à l’arrachage car le dicton affirme « Taillez tôt, taillez tard, rien ne vaut la taille de mars ! » mais là comme nous sommes fin avril… Oui, on a dégagé des crédits afin de payer aux viticulteurs la corde pour se pendre ! Tiens justement voici dans le secteur une pelle mécanique qui procède à l’enlèvement des ceps.
Mme Roure nous donne des renseignements sur la botanique : chêne kermès, ornithogale, orchis, langue de bœuf, aphyllante… Elle nous conduit ensuite devant un four à chaux où stationne déjà l’autre groupe.
Retour sur nos pas pour atteindre le chantier de fouilles. Celles-ci sont dirigées par Eric Buffetaut, chercheur au CNRS qui va nous présenter les objectifs et les méthodes de l’équipe qui est là au travail. Il faut imaginer qu’il y a quelque 70 millions d’années, lors de l’ère géologique baptisée Crétacé supérieur, le climat était ici fort différent de ce qu’il est aujourd’hui. Un climat tropical en fait, avec de nombreuses espèces animales et végétales aujourd’hui disparues ou pour le moins absentes du paysage.
Le chantier est situé en un point d’un ancien cours d’eau où se sont accumulés des sédiments. La couche de terre supérieure a été enlevée avec un engin mécanique car il y avait peu de chance qu’on y rencontre quelque chose d’intéressant. Les fouilles sont menées au bas d’une manière de falaise. Si la pelle peut-être utilisée c’est surtout le couteau à huître ou le pinceau qui sont employés par les scientifiques.
Qu’espère-t-on trouver ? Evidemment on ne sait jamais quelle pourra être l’heureuse surprise. Le plus souvent ce sont des fossiles d’animaux déjà répertoriés mais même si c’est rare, on peut faire une découverte. « Des gens qui cherchent on en trouve mais des gens qui trouvent on en cherche » disait l’humoriste !
Ici le plus abondant ce sont des fragments de carapace de tortues aquatiques. Mais le matin même c’est une vertèbre de crocodile qui a été extraite de sa gangue environnante.
L’endroit exact où chaque élément a été prélevé est précisément repéré grâce à un théodolite. Les fossiles seront soigneusement entreposés dans un sachet plastique portant ces références et examinés plus longuement ultérieurement. Quelques-uns, parmi les plus spectaculaires, seront exposés dans les vitrines du musée de Cruzy.
Les fouilles ne sauraient être sauvages, cela appauvrirait la richesse du patrimoine et ne permettrait pas à la science de progresser dans la connaissance. Aussi elles sont menées de manière coordonnée, en relation avec l’évolution de la compréhension actuelle de la paléontologie.
Le retour sur Cruzy se fera en ordre dispersé, plusieurs « feintant » vers la fin ! Arrivés au musée et après avoir bénéficié de quelques explications supplémentaires de notre guide, nous pourrons assister à la projection de deux petits films évoquant l’ambiance au sein du groupe de chercheurs et faisant état de la découverte fortuite d’un os de dinosaure de grande taille.
Merci à l’équipe de l’ACAP pour cette journée à la fois instructive et si agréable dans son déroulement !

Dans les Cévennes protestantes

Posté le 22.04.2008 par cessenon



Il n’est pas rare de trouver dans les Cévennes protestantes une pierre tombale dressée dans un jardin, un pré, un champ, une « faissa » (une bande de terre entre deux murets)…
Celle-ci se trouve à Grizac, un hameau de la commune de Pont-de-Montvert en Hautes Cévennes. On la doit à Jacques Mauduy.
La pratique des protestants d’enterrer leurs morts sur leurs terres remonte à l’époque de la persécution religieuse dont ils ont été victimes de la part de l’Eglise et du pouvoir qui s’appuyait sur elle. Pour tout dire les protestants étaient interdits de cimetière catholique. « Mais voit-on que le somme en perde de son prix ? » a dit La Fontaine.
La tradition s’est perpétuée et se perpétue encore bien que la législation en la matière ne le permette plus. Toutefois il y a une manière de tolérance puisque aussi bien l’employé communal vient creuser la tombe dans la propriété privée où est prévue l’inhumation.
Les paysans ne sacrifiaient pas trop d’espace pour constituer leur cimetière familial. C’est que la terre est quelque chose de précieux. Aussi, au enterrait les générations, les unes sur les autres, seuls les derniers arrivants pouvaient être repérés.
Ici la pierre tombale est, comme c’était souvent le cas, en granit. Le maçon qui l’a gravée n’avait pas une parfaite maîtrise de l’orthographe puis qu’il est écrit EGENIE en lieu et place d’EUGENIE.
Il était habituel de raccourcir le nom des mois en « bre » en utilisant des chiffres : 7bre, 8bre, 9bre, 10bre. La défunte est décédée le 6 septembre 1872. Il n’est pas facile de déchiffrer l’âge qu’elle avait.
On pouvait aussi inscrire sur la pierre tombale un extrait de la Bible. J’ai trouvé très émouvant ce qu’a choisi mon épouse pour sa mère. Celle-ci, handicapée par l’âge, ne sortait plus de sa maison et son contact avec l’extérieur se réduisait au cocorico venu de la basse-cour. Ce dont rend compte le texte : « En ce temps là le coq chantait. »
Jean-Pierre Rouméjon vivait seul. Ses voisins le voyaient sculpter, d’une manière discrète, une pierre. C’était sa pierre tombale. Il est mort en 1925, son œuvre n’était pas tout à fait terminée. On la plaça tout de même sur sa sépulture aménagée dans le pré des « Faus » qui lui avait appartenu.
Chaque été la faux puis la motofaucheuse ont coupé l’herbe qui avait poussé sur le petit tumulus orienté est / ouest formé devant la pierre. Chaque année cette herbe est séchée, fanée, engrangée, consommée avec le reste.
Dans le Biterrois, on peut voir des tombeaux érigés au milieu de vignes. Il ne s’agit pas de protestants mais de propriétaires aisés qui avaient le désir de reposer pour l’éternité sur leurs terres. La législation actuelle, l’évolution des mœurs, font qu’ils ne sont plus utilisés.
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