Extraction de gypse et production de plâtre
Posté le 24.10.2006 par cessenon

Meule supérieure, tournante, en granite gris,
du moulin à plâtre de Bravet - Cazo
Photo Claude Pinel
Bravet, Cazo ? Ce sont respectivement une « campagne » et un hameau de la commune de Saint-Chinian. Avec ses amis de l’association « Richesses du Saint-Chinianais » Claude Pinel, géologue à la retraite, a effectué des recherches sur l’extraction de gypse et la production de plâtre qui se faisaient autrefois sur sa commune. Le fruit de ces recherches est rassemblé dans une plaquette qui nous a été gracieusement remise.
Qu’est-ce donc que le gypse ? Communément c’est la pierre à plâtre, scientifiquement c’est un sulfate de calcium hydraté, de formule Ca SO4 , 2H2O. Le gypse a aussi un nom plus romantique, la pierre de Lune. L’eau séléniteuse, solution de gypse, est impropre à la cuisson des aliments et au lavage.
Oui, le gypse est soluble dans l’eau et le cratère, spectaculaire, de Cabrerolles, un moment pris pour l’impact d’une météorite, serait tout simplement dû à l’effondrement de la voûte qui recouvrait une boule de gypse qui se serait dissoute. La cave de Terra-Vinéa à Portel près de Sigean, dont on a vu récemment les affiches publicitaires, est située dans une « cathédrale de gypse », en fait une ancienne mine de pierre à plâtre.
Comme le sel gemme, le gypse est une évaporite c’est à dire qu’il résulte de l’évaporation de l’eau qui le contenait en solution. La cristallisation du gypse peut prendre diverses formes et conduire à des aspects différents : les roses des sables, l’albâtre… sont du gypse. On rencontre du gypse translucide dit fer de lance, mais sa couleur peut aller du blanc au jaune… Dans tous les cas c’est une roche tendre que l’on raie facilement.
On obtient du plâtre en chauffant le gypse à une température beaucoup plus basse que celle qui est nécessaire pour produire de la chaux : de l’ordre de 150 °C contre 1000 °C. Le gypse perd alors une partie de son eau et devient du plâtre. En hydratant celui-ci on reconstitue du gypse formé de minuscules cristaux enchevêtrés, c’est ce qui assure la prise du plâtre. A noter qu’au-delà de 200 °C on obtient un anhydrite, ou plâtre mort, qu’il est impossible de faire prendre.
Les exploitations de gypse n’étaient pas rares dans la région. Claude Pinel cite Creissan où la carrière, une des plus importantes de la région, avait une forme elliptique, Cruzy, où l’extraction du gypse était doublée d’une unité de traitement et de conditionnement d’une eau minérale riche en sulfates, Cazedarnes où existent les vestiges d’une mine qui a fermé à la fin du XIXème siècle. La maison implantée sur le site s’appelle d’ailleurs La Plâtrière et son nom occitan est La Geissièra.
On peut signaler l’exploitation de Bélandes au bord du Rieutort, sur la commune de Murviel ainsi que le gisement de gypse de Cazouls, près de la « campagne » de Thézanel, à l’origine du surnom de Testas de Gèis (Têtes de Plâtre) donné aux Cazoulins.
Claude Pinel et ses amis ont découvert, outre la carrière de Bravet - Cazo d’où était extrait le gypse, la petite usine voisine qui permettait de le transformer en plâtre. Le mot usine peut paraître excessif mais c’est bien ainsi qu’étaient désignés le four et le moulin qui permettait de broyer finement le plâtre produit. Des « banastes » métalliques, permettant le transport du gypse, des meules, le socle d’un moteur, les restes d’un pont sur le ruisseau de Cazo… ont été retrouvés et identifiés. Ces vestiges sont sur la propriété des frères et s½urs Bénézech petits-enfants de Louis Robert, leur grand-père maternel, viticulteur à Cazo.
Même si les Romains lui préféraient la chaux, le plâtre a été utilisé en maçonnerie depuis des temps anciens. Outre l’usage qu’on lui connaît à ce niveau on peut préciser qu’il entre dans la composition de certains ciments, leur conférant des propriétés particulières.
Les carrières de gypse de la région parisienne ont longtemps fourni une des matières premières nécessaires au développement de la capitale. Une utilisation originale du plâtre a été recensée dans les murs à pêches de Montreuil. Ceux-ci, faits de « tout petits moellons et plâtras maçonnés avec du plâtre » permettaient d'emmagasiner la chaleur le jour pour la restituer la nuit. La température nocturne ambiante était ainsi supérieure de 7 à 10 °C à la température hors des murs. Au pied de ceux-ci étaient plantés des pêchers taillés en espaliers. Le fruit, la pêche de Montreuil, avait acquis une grande renommée.
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Posté par
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Posté par
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