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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ) Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
27.04.2006 Dernière mise à jour :
19.08.2008
Cette croix se trouve à Cessenon au-dessus de qu’on appelle Lo Roc d’Aiga Ca. D’ailleurs elle est mentionnée dans une délibération du 18 février 1731 des consuls concernant la réfection de la route de Cazedarnes comme la Croix du Roc d’Aigue Ca.
Ce Roc d’Aiga Ca est un énorme rocher qui domine le village côté sud et où en période de pluie l’eau se fraie un passage et forme la cascade de La Pairola.
La croix en question est à la bifurcation des chemins qui vont, à gauche au Viala, et au-delà à Cazedarnes, à droite à Ratiès.
L’abbé Segondy indique dans son ouvrage sur Cessenon qu’elle est en marbre rose et qu’elle a été mise en place à la suite d’une décision du conseil municipal prise le 10 août 1788 sur un piédestal qui en avait supporté une plus ancienne.
Selon les indications qui figurent sur une plaque apposée sous son socle elle date du 17ème siècle et est dénommée « Croix des litanies. »
Il existe à côté de l’église du village une impasse, l’impasse de Caville, autrefois appelée « Chemin des Litanies. » Il est probable qu’il devait conduire à la croix d’Aigue Ca.
Ah, les litanies ? Ce sont des suites de prières (en grec le mot signifie prière) avec des répétitions que les fidèles récitaient lors des processions. Par exemple on pouvait entendre presque indéfiniment « Seigneur prends pitié » ou « Priez pour nous. »
J’ai entendu dire par mon père qu’autrefois passaient dans le village des personnes qui psalmodiaient d’une manière parfaitement incompréhensible, devant la maison de celui qui en avait payé le prix, les « Dix psaumes », qu’on appelait d’ailleurs les « chisaumes. »
A la suite d'une fausse manoeuvre j'avais malencontreusement supprimé le présent billet. Je le remets en ligne. J'ai malheureusement perdu le dernier commentaire qui avait été posté. Je prie la personne qui s'était manifestée à son sujet de m'en excuser, éventuellement de reprendre contact avec moi
Le document ci-dessus est plein d’informations précieuses. Il est daté du 29 novembre 1940 et émane de la préfecture d’Oran. Il contient un extrait du Bulletin Officiel du Gouvernement Général de l’Algérie de l’année 1869.
Que dit cet extrait ? Que par décret impérial en date du 25 décembre 1967 et en exécution du Sénatus-Consulte du 14 juillet 1865, Hanoun Moïse, indigène israélite, né en 1819 à Mostaganem (province d’Oran), marchand à Relizane, a été admis à jouir des droits de citoyen français.
Qui était ce Hanoun Moïse ? Le grand-père paternel du premier mari de la mère de Marcel Timsit, décédé en septembre 2000, un professeur du Lycée Henri IV que les Biterrois de plus de soixante ans ont bien connu.
Timsit, Hanoun, ce sont des noms juifs. Les Juifs étaient en effet présents en Algérie avant sa conquête par l’armée française. Leurs origines sont diverses. Il y avait déjà des Hébreux, arrivés avec les Phéniciens, du temps de l’occupation romaine.
Il y a eu ensuite des tribus Berbères judaïsées. Le mot « berbère » n’est d’ailleurs qu’une déformation du nom de « barbares » que les Romains donnaient aux étrangers. Ces tribus Berbères judaïsées se sont opposées avec force, et pendant un temps avec succès, à l’invasion arabe. La reine Kahéna (de la tribu Djeraoua), dans l’Aurès oriental, symbolise cette résistance.
Naturellement l’ensemble du Maghreb a accueilli les Sépharades, ces Juifs bannis d’Espagne en vagues successives, la plus importante étant celle résultant de la politique d’exclusion de tous les non-chrétiens décidée par les Rois Catholiques après la prise de Grenade en 1492.
Mais qu’est-ce donc que ce Sénatus-Consulte de 1865 ? Il faut savoir que, terme hérité de la législation romaine, un Sénatus-Consulte est, sous le Consulat ainsi que sous les Premier et Second Empire, une décision du Sénat ayant pour objet de changer des règles constitutionnelles. Le Sénatus-Consulte de 1865 accorde aux indigènes d’Algérie, qu’ils soient de confession musulmane ou israélite, le droit de devenir Français. Ce faisant les postulants devaient renoncer à leurs "statuts personnels de droit local" : coranique (pour les musulmans) ou mosaïque (pour les israélites), qui conditionnaient leurs droits civils (mariage, accès à la propriété, successions, contrats... )
Hanon Moïse demande et obtient la nationalité française le 25 décembre 1867.
Plus tard, le 24 octobre 1870, Isaac Crémieux le Ministre de la Justice du gouvernement de Défense Nationale réfugié à Tours, va faire adopter un décret permettant à tous les Juifs d’Algérie de devenir Français. Cet Isaac Crémieux est le fils d’un commerçant juif de Nîmes et il justifiera son texte par la référence à la Révolution de 1789 qui avait accordé la nationalité française à ses coreligionnaires.
Au titre du décret Crémieux 37 000 Juifs d’Algérie sont donc francisés. On notera que le décret introduit une discrimination avec les Musulmans dont le statut reste ravalé à celui d’indigène. Il s’ensuivra d’ailleurs de nouvelles révoltes qui gagneront un tiers de la population autochtone. Adolphe Tiers déposera un projet d’abrogation du décret Crémieux qui sera toutefois repoussé.
Pour des raisons spécifiques, l’antisémitisme qui sévit en France avec l’Affaire Dreyfus n’épargnera pas l’Algérie. Il connaîtra un regain d’intensité dans l’entre deux guerres avec la crise économique qui se développe. Il se manifestera encore pendant la Guerre d’Algérie avec par exemple le saccage des magasins juifs d’Oran lors de la grève des dockers de 1956 ou avec la profanation du cimetière israélite de la même ville le 12 décembre 1960.
Sous Vichy les Juifs d’Algérie ne sont pas épargnés. Avec les Francs-Maçons et les Communistes ils sont rendus responsables de la défaite. Le décret Crémieux est abrogé et les Juifs se retrouvent exclus de diverses fonctions. L’accès des établissements secondaires est même interdit aux enfants juifs, mesure dont a été victime Marcel Timsit.
On peut donc penser que la famille de Lucien Hanoun, le demi-frère de Marcel Timsit, dont le père a été tué à Cafali en Serbie le 3 novembre 1915, fait valoir, avec cet extrait du Bulletin Officiel du Gouvernement Général de l’Algérie, qu’elle n’est pas concernée par l’abrogation du décret Crémieux puisque la naturalisation de Moïse Hanoun lui est antérieure.
J'ai reçu du syndicat CGT des transports un document fort instructif concernant le manque de sécurité qui résulte de la politique de privatisation que le gouvernement met en oeuvre à la sncf. Il m'a paru intéressant de mettre en ligne un article consacré au film de Ken Loach "The Navigators" publié dans L'HERAULT du Jour en 2002.
Tel était le titre du film, un film de Ken Loach qui date de 2001, que le Ciné-Club biterrois et l’Union Locale CGT de Béziers présentaient vendredi 3 et samedi 4 mai à un public un peu inhabituel.
Oui, depuis 1995 c’est devenu une tradition dans notre ville de voir chaque année, en partenariat entre les deux organisations, la programmation d’un film qui traite d’un sujet qui interpelle le monde du syndicalisme.
Ici il s’agit de la privatisation de la British Rail. « The Navigators », on aurait envie de traduire par conducteur de locomotive. Mais c’est une équipe de cantonniers de la voie que nous allons suivre dans la débâcle.
L’annonce de la privatisation avec ses considérations sur la compétitivité entre les diverses entreprises qui succèdent à la British Rail, faite par un cadre, aux ouvriers réunis dans le local où ils prennent leur repas, est tellement énorme que, dans un premier temps, elle est vécue comme cocasse par ceux-ci. Le syndicat n’est guère présent même si un responsable essaie d’obtenir un dérisoire compromis sur la place de la pointeuse ou la dispense de pointer le dimanche soir.
Rapidement la dégradation des conditions de travail, la comparaison avec le salaire dans les entreprises sous-traitantes, conduit à la démission de plusieurs membres de l’équipe. Hélas ailleurs ce n’est pas le paradis. Malgré les besoins criants on n’est pas sûr de trouver du travail. D’autant moins quand on est exigeant du côté de la sécurité.
La sécurité ? Justement, c’est un point essentiel dans le film. Au nom de la rentabilité on la sacrifie, ce qui va conduire à la mort d’un des cheminots. La boucle est bouclée : pris dans l’engrenage du système, ses compagnons vont taire les causes du drame.
Et de plus tout le volet social : congés payés, protection sociale, prime d’équipement… passe à la trappe dans l’affaire.
Au passage on vit la situation, banale, d’un père de famille divorcé, l’ambiance dans la cantine où la gravité des choses n’empêche pas de rire et de faire des blagues…
C’est une cinquantaine de personnes qui ont participé au débat qui a suivi, un débat animé par les cheminots Cégétistes de Béziers qui ont rappelé l’absence de mot d’ordre mobilisateur des syndicats britanniques pour s’opposer à la privatisation. A noter le témoignage d’un usager de la SNCF racontant comment les carences du service public pouvaient amener l’opinion publique à souhaiter la privatisation et la mise en concurrence des moyens de transports. Solution illusoire sans aucun doute, à l’image des électeurs qui espérant s’attaquer à la délinquance ont accordé leurs suffrages à ceux qui surfent sur cette question mais n’ont aucunement la capacité de rien résoudre à ce niveau.
Autre point important du débat, celui de la sécurité quand certaines tâches, c’est le cas à EDF, sont confiées à des entreprises sous-traitantes qui ne sont pas regardantes sur les règles strictes que respectent les agents titulaires. Orientation lourde de conséquences pour les personnels employés, pour l’environnement, pour la population.
Le problème des salaires et du pouvoir d’achat pour les travailleurs des entreprises nationalisées a été également évoqué et a été l’amorce d’un échange entre les participants à cette intéressante initiative du Ciné-Club et de la CGT.
La pièce en bois en forme de Y renversé est désignée en occitan sous le nom de « bilhard. » Elle était suspendue à l’arrière de la charrette, sous le talon de celle-ci et elle se balançait lors de son déplacement. « Lo bilhard » pouvait aussi avoir la forme d’un V, également renversé.
La photo a été prise dans la cour de l’ami Pierre Escande à Murviel qui a récupéré la pièce dans quelque remise où elle avait été abandonnée.
Bien qu’ayant vu souvent un bilhard brinqueballer à l’arrière d’une charrette je n’avais pas vraiment compris sa fonction : empêcher que le talon ne racle le sol dans les endroits en pente ? Permettre que la charrette soit maintenue horizontale quand on avait dételé ?
A cette dernière fin existait à l’avant, des béquilles qui se rabattaient sous les brancards et qu’on désignait sous le nom de chambrières. Une chambrière pouvait aussi avoir la forme d’un V et se replier sous le plateau de la charrette.
J’ai pu voir ailleurs, un poids, en fait une pierre, dans laquelle était fichée un crochet, et qui permettait d’équilibrer de grosses charrettes transportant de lourds chargements sur de longues distances. Je suppose qu’on devait déplacer le poids en fonction de la pente.
En fait, nous devons l’explication à Pierre, lo bilhard permettait à la charrette de ne pas lever les bras au ciel quand on voulait atteler.
Oui, la photo ci-dessus a été prise à Murviel devant la Maison de Retraite. Bien sûr il s’agit d’un palmier mais est-ce la même espèce que celui dont nous avons déjà parlé ?
Si c’est le cas il semblerait que ce soir un sujet portant des fleurs mâles, celui dont nous avons parlé précédemment portant lui des fleurs femelles.
Nous serions alors dans la situation de plantes dioïques, la pollinisation ne pouvant se faire que si des sujets portant des fleurs de sexes différents sont voisins.
En fait c’est peut-être de la même espèce qu’il s’agit mais pas de la même variété.
Ici contrairement, au palmier précédent, les fleurs sont dressées vers le haut (il est tentant d’imaginer que ce sont des fleurs mâles !) Par ailleurs elles sont de couleur blanche alors que les autres étaient jaunes.
Des investigations que nous avons menées nous pensons qu’il peut s’agir de Chamaerops humilis un palmier nain originaire d’Europe. Chamaerops vient du grec khamairôps, qui signifie «buisson à terre», humilis ayant pour racine humble et rendant compte de la petite taille de notre palmier.
Avouons-le : nous ne sommes sûr de rien !
Traduction : Le puits avec son seau, sa poulie et sa chaîne.
Le puits se trouve près de la « campagne » de La Matte qui est sur la commune de Prades s/ Vernazobre, à la limite de celle de Cessenon. C’est un puits couvert (il ressemble assez à une capitelle mais les pierres sont reliées les unes aux autres avec un mortier), étroit, profond, 4 ou 5 m au moins, qui devait alimenter la maison d’habitation, laquelle se trouve à quelques dizaines de mètres de là.
Il y a longtemps que La Matte n’est pas occupée, sauf peut être de manière épisodique, vacances ou week-end. Et longtemps aussi que le seau n’a pas remonté de l’eau du puits. Il est d’ailleurs complètement inutilisable, es tot traucat (il est tout troué), pour tout dire il manque le fond.
La Matte est pourvue d’une citerne (une date, 1954, indique l’année de sa construction) qui récupère l’eau de ses toits.
Dans un écrit de 1771 concernant la mine de lignite des Mattes il est fait état d’un certain Jean Constans qui était à la métairie dite de La Matte. S’agit-il de La Matte près de laquelle est ce puits ? Quel lien entre La Matte et Les Mattes ?
Nous sommes ici sous le bois de Pierrerue dont la majeure partie appartient à un Danois. Un bois de 220 hectares situé sur Pierrerue donc, Cazedarnes, et surtout Prades s/ Vernazobre. Des chemins ont été tracés, des clôtures ont été mises et une chasse privée a été constituée.
Ce bois fournissait le combustible à des fours de verrier dont l’existence est attestée tout au long du Moyen Age.
Le tènement produit un vin haut de gamme, un des meilleurs de l’AOC Saint-Chinian avec un faiblement rendement à l’hectare : 30 hectolitres. Dans le secteur les ceps manquant d’une vigne ont été remplacés par des somesas (par marcottage.)
Le paysage est plutôt beau mais la randonnée dans le coin n’est pas conseillée en été, il y fait chaud. Personnellement j’étais dans les parages le 11 septembre 2001 avec des amis. Mais à ce moment là nous ne savions pas ce qui se passait à Wall Street. Arrivée chez elle une des participantes avait allumé son poste de télévision, avait vu la scène des avions percutant les tours, avait changé de chaîne et se demandait pourquoi c’était le même film de science fiction qui était programmé au même moment sur toutes les stations !
L’ami Paul, chelionophile à temps plein depuis qu’il a pris sa retraite de directeur d’école à Vendres, a beaucoup à faire en ce moment ! C’est que, comme le dit la chanson de Raymond Queneau, en cette période printanière c’est « La saison des a / La saison des a / Saison des amours. »
Aussi le cheptel de Paul est en pleine activité, en témoigne la photo, une photo classée X, qu’il a prise parmi les pensionnaires de son élevage. Là il s’agit d’un couple de tortues tropicales. Eh non, pour répondre à une question précise posée par deux personnes qui veulent tout savoir, elles n’enlèvent pas leurs carapaces pour remplir leurs devoirs conjugaux.
Il paraît que ces messieurs sont très entreprenants et qu’ils insistent lourdement, tiens le mot ne va pas mal, au point que l’éleveur diplômé (non, non, ce n’est pas une boutade mais une réalité, il est en quelque sorte patenté !) doit prendre des mesures pour éviter des débordements. Oui il sépare les mâles des femelles et les met dans des enclos distincts. C’est que dès que le soleil est un peu chaud (et que monsieur est en forme !) cela fait un raffut !
D’aucuns, au vu de la scène, ont imaginé des choses : un casting pour le tournage d’un film porno par exemple. Mais non, on vous l’a dit, c’est le temps qui veut ça ! Les tortues Herman ne sont pas en reste, elles aussi se dépensent, appliquant à la lettre les consignes divines : « Croissez et multipliez ! »
Cela lève appétit et tout ce petit monde vous consomme une quantité incroyable de salades. Même que ce dimanche l’ami Paul est venu prendre dans mon jardin des rougettes montées pour nourrir son troupeau.
La suite ? Eh bien les tortues vont pondre dans la terre. Mais notre chelionophile surveille les choses et retire les œufs qu’il place dans une couveuse. C’est que, outre les aléas dus aux intempéries, il y a des tas de prédateurs, des rats et des pies notamment.
Une fois les œufs éclos, il faudra encore protéger les nouveau-nés que l’éleveur reconnu entourera de soins attentifs jusqu’à ce qu’ils aient un an. Après chacun fera sa vie !
De gauche à droite : l'entrée de la salle d'Occitanie, la prestation de la chorale, l'heure de l'apéro.
La Burla, le cercle occitan de Cessenon, fêtait ses dix ans d’existence ces vendredi 2 et samedi 3 mai. Pour la circonstance la salle d’Occitanie présentait une exposition faisant le bilan de la riche activité de cette association.
Le visiteur était accueilli à l’entrée de la salle par les bannières occitanes, largement déployées. A l’intérieur sur des panneaux c’est toute une série de photos, d’affiches, de textes qui permettait de rappeler les différents secteurs investis par La burla : Fête des Vendanges, Foire du Cochon, cours d’occitan, vide-greniers, spectacles, Passejadas…
Une première sans doute : les photos de plusieurs ponts et de passerelles construits sur l’Orb ou le Vernazobre. Tiens on apprend que celui que la crue de 1930 a emporté n’avait pas encore été inauguré !
Le vendredi en fin d’après-midi, le public, nombreux, a pu entendre la chorale de La Burla dans son répertoire. Une chorale majoritairement féminine, deux hommes seulement en font partie. C’est avec « Las quatre sasons » qu’a débuté la prestation qui comprenait une série de chants occitans dont « La canson de Cessenon » laquelle est en passe de devenir un tube !
Dans une très brève allocution, Christian Francès, le maire, nouvellement (et confortablement) réélu de la commune, a souligné son soutien à La Burla dès sa création.
La municipalité a offert un apéritif qu’accompagnaient diverses réalisations culinaires maison. Ah, il y avait de petites pâtisseries en forme de croix occitane ! Naturellement le verre de l’amitié en main, les discussions allaient bon train pendant cet apéritif.
Le programme prévu pour le samedi comportait une foire aux produits du terroir, des jeux traditionnels et un concours de pétanque organisé par « La Boule Joyeuse » cependant qu’en soirée était attendu le chanteur occitan Patric.
L’affiche était alléchante, aussi autour de 80 personnes ont participé à la réunion programmée par la section de Béziers du PCF le mercredi 30 avril au 2 de la rue Voltaire.
A la tribune avaient pris place Claudine Esco et Christiane Vinci, secrétaires des sections de Béziers et du Sud Biterrois, Aimé Couquet élu municipal à Béziers, André Gérin, député maire de Vénissieux, Charles Hoareau, militant de Rouge Vif, et Nicolas Cossange, qui avait été le candidat du pcf dans le canton de Béziers II lors des dernières élections.
Aimé Couquet a précisé le cadre dans lequel avait lieu l’initiative. Il s’agissait de débattre de la situation dans la perspective du congrès que les communistes doivent avoir en décembre 2008. La section de Béziers occupe par son analyse et son activité une place originale dans les échanges sur le sujet. Elle est même pour de nombreux communistes, ou anciens communistes, un point de ralliement.
André Gérin a dressé un tableau, hélas très réel, de l’état dégradé du parti communiste après les élections municipales et cantonales. Il a mis en cause l’orientation suivie depuis de nombreuses années, orientation qui a privilégié l’alliance avec le parti socialiste au détriment de l’identité révolutionnaire propre qu’il aurait dû développer. Il a dressé un réquisitoire sévère contre les directions qui ont maintenu le parti dans l’ornière d’un réformiste sans perspective.
Pour lui nous sommes à la croisée des chemins et le congrès de décembre peut signer la fin du parti communiste, certains de ses responsables ne cachant d’ailleurs pas leur objectif de voir disparaître le mot « communiste » et, allant avec, sa vocation révolutionnaire.
Le débat qui a suivi cette première intervention a confirmé la démobilisation qu’ont entraîné les conceptions et les pratiques qui ont caractérisé la période que nous avons vécue depuis une trentaine d’années : vieillissement des militants, désaffection devant le manque d’engagement et donc de crédibilité du parti dans lequel les travailleurs avaient placé leur confiance.
A ce propos a été développée l’idée que la mesure de l’ampleur de la crise n’a pas été prise en compte, pas plus que sa nature et les moyens à mettre en œuvre pour la dépasser. Aujourd’hui on ne peut pas résoudre les problèmes en continuant à faire l’impasse sur la nécessaire transformation radicale des structures de la société. C’est sur cette base qu’il faut reconquérir l’électorat populaire qui souffre terriblement dans tous les domaines de la vie quotidienne : emploi, précarité, pouvoir d’achat, santé, logement, environnement…
Rien n’est perdu si ces données sont prises en considération. C’est ce qui ressort de l’expérience rapportée par un militant qui a participé aux journées des 8 et 9 décembre 2007.
Naturellement la question est posée de fédérer toutes les énergies. De ce point de vue l’émiettement en groupuscules, en chapelles, en tendances plus ou moins organisées… est un obstacle sérieux. Mais il y a des exigences qui frappent à la porte de l’Histoire et l’existence d’un parti révolutionnaire participe d’un besoin réel, crucial.
Quel parti peut jouer ce rôle ? C’est quand même dans le parti communiste que la majorité des participants s’est reconnue pour cet objectif même si quelques-uns ont exprimé leur intérêt pour des recompositions qui se dessinent ailleurs.
Alors oui, comme cela a été dit, il faut revenir aux valeurs fondamentales, faire en quelque sorte un deuxième congrès de Tours mais pas à l’envers, toujours dans le même sens, en tenant compte des évolutions qui sont apparues depuis ce qu’on a appelé le premier choc pétrolier et qui, à y regarder de près, n’était qu’un indice que le système économique et social dans lequel nous sommes a atteint ses limites et qu’il s’avère incapable de répondre aux besoins des hommes. On le voit notamment avec les questions de la faim, de la paix, de l'environnement…
Il faut rendre hommage à la section de Béziers d’avoir permis qu’un tel débat ait pu avoir lieu dans le contexte présent. Sans vouloir donner de leçon à personne il paraît souhaitable que de telles initiatives puissent se reproduire ailleurs.
Cette superbe capitelle se trouve sur le site de l’ancienne mine de lignite des Mattes, sur la commune de Cessenon. Nous y avions effectué un arrêt lors de La Passejada organisée par La Burla, le cercle occitan du village, qui avait eu lieu le dimanche 30 mars 2008.
Jacques Durantou, notre photographe, est revenu sur les lieux pour la prendre en photo.
Rappelons d’abord le peu que nous savons sur la mine des Mattes. Elle apparaît pour la première fois dans les textes le 28 avril 1633. Un prix fait est alors passé entre Hercules de Fraissinet de Vessas, châtelain de Cessenon, et Claude Janin, écuyer habitant Gabian, pour l’exploitation de la charbonnière.
Un bail est signé le 24 janvier 1771 par Jean Constans demeurant à la métairie dite de La Matte pour la mise en chantier de la mine et l’extraction de charbon par Jean Milhau de Combejean et Pierre Clary de Graissessac.
On a la trace de différends entre la communauté de Cessenon et diverses personnes ayant pris du charbon de manière non autorisée, notamment avec Jean Milhau et le sieur Giral entrepreneur de verrerie à Hérépian.
Dans une lettre au sous-préfet de Saint-Pons, en date du 22 juin 1812, Rossel, le maire de la commune, rend compte de la situation de la mine. Elle a été achetée au sieur de Jougran, acte notarié du 27 frimaire An VI, par Charles Vigne. Elle est restée fermée un an à la suite d’un arrêt du préfet puis a repris son activité avec un seul ouvrier un unique puits ouvert. Le charbon est utilisé pour chauffer un four à chaux.
La mine fonctionne pendant la guerre de 14-18 ferme ensuite et rouvre pendant celle de 39-45. Une soixantaine d’ouvriers et d’ouvrières, celles-ci triant le charbon en surface, travaillent sur le site.
Une partie du lignite est apporté à la tuilerie, Alphonse Miro a obtenu l’adjudication du charroi qu’il effectue avec un tombereau et un cheval. Le chemin qu’il suit est noirci par la poussière de charbon. Le lignite est également employé par les locomotives du chemin de fer d’intérêt local.
La société qui exploite la mine des Mattes a une maison à Cessenon, dans laquelle officie Gaston Bullich le comptable, sur la route de Saint-Chinian. Celle-ci s’effondrera sans toutefois faire de victime mais en causant à coup sûr une belle peur aux voisins. Cela se passait avant les années 50.
Guère plus tard la mine prendra feu et sera définitivement abandonnée. Des fissures d’où s’échappait une fumée peu engageante se formèrent alors sur le sol de diverses vignes du secteur. Même qu'un cheval qui labourait s'était enfoncé dans une crevasse qui s'était formée sous lui et avait été brûlé aux pattes !
Une des galeries partait de la baraque de l’âne. Ah, pourquoi ce nom ? Eh bien nous devons l’explication à Jean-François Favette. Un jour d’orage un viticulteur se trouvait dans sa vigne située au-dessus. Il vint se mettre à l’abri dans la capitelle. L’âne l’y suivit. Il y rentra très bien, quant à en sortir ! Essayez donc de faire reculer un âne qui s’y refuse ! Son propriétaire dut demander de l’aide pour l’en extirper.