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cessenon
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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
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Blog Journal intime
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27.04.2006
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Algérie

Armande et la stèle

Publié le 31/10/2009 à 09:17 par cessenon
Armande et la stèle

 

 

Oui, nous laissons la parole à Armande de Sète, nous avons illustré son article avec une photo d'archive montrant une manifestation visant à empêcher le départ pour l'Algérie d'un train de rappelés.

 

 

La cérémonie au "mémorial des soldats héraultais morts en AFN" me laisse un goût amer.

C'est le 26 novembre 1957 que j'étais traduite devant le Tribunal Correctionnel de Montpellier, avec 5 camarades communistes, dont Gilbert Martelli qui fut plus tard, maire de notre ville.

Notre crime ?

Nous avions manifesté, avec des centaines d'autres pacifistes, contre l'envoi des "rappelés" en Algérie, en allant en gare de Sète, bloquer les trains de jeunes gens, partant vers la guerre, peut-être la mort, en tout cas vers l'horreur.

Et on me dit aujourd'hui que ces jeunes ont sacrifié leurs espérances de vie (et de bonheur) pour la patrie ? Qu'ils sont morts pour que "d'autres s'investissent dans un avenir de paix" (cf. Midi Libre) ? Sonnez, tambours, résonnez, trompettes !

Je ne suis pas certaine que ces jeunes "se sacrifiaient". Je pense qu'ils ont "été sacrifiés". Sur l'autel de la patrie ? Je ne le crois pas davantage. On les a sacrifiés à l'idéologie colonisatrice. La même qui fait écrire  (cf. L’HERAULT du Jour) encore aujourd'hui : Afrique "Française" du Nord. La même qui voudrait réhabiliter l'OAS. Et pourquoi pas l'usage de la torture ?

Je comprends que les familles qui ont perdu un des leurs dans cette "sale guerre" aient besoin d'un lieu pour se recueillir. Je comprends que l'on reconnaisse enfin que ces jeunes sont morts dans une "guerre" alors qu'on nous a asséné pendant des années le nom "d'évènements" d'Algérie. J'aurais aimé d'ailleurs que dans les discours on ait eu une pensée pour les morts algériens.

Les souffrances des familles sont les mêmes : (leurs) "sanglots font un seul glas"(Aragon).

C'était une guerre. Mais, hélas, pas pour l'honneur de la Patrie. Et pour cette guerre comme pour tant d'autres, on peut redire avec Anatole France : " On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels"....

Enfin, pas seulement des industriels...

 

 



A propos d’une stèle

Publié le 30/10/2009 à 10:05 par cessenon
A propos d’une stèle

 

 

Mardi 27 octobre était inaugurée à Sète une stèle à la mémoire des 218 soldats français originaires de l’Hérault morts pendant la guerre d’Algérie.

Il eut été opportun de rappeler à cette occasion l’anachronisme de cette guerre d’un autre temps, son absurdité, l’impasse à laquelle elle a conduit et les souffrances qu’elle a engendrées.

Aujourd’hui chacun y va de sa plainte sur les malheurs qu’il a vécus là-bas. Les harkis, les Pieds Noirs ne sont pas en reste.

Mais les souffrances c’est d’abord le peuple algérien qui les a endurées. S’inscrivant dans une période coloniale qui a vu la conquête du pays puis son occupation par une puissance économiquement et militairement supérieure, cette guerre a connu les exactions et les crimes que l’on sait, la pratique de la torture par l’armée française étant aujourd’hui parfaitement établie.

Au nombre des victimes on n’oubliera pas les appelés du contingent envoyés dans une expédition militaire qu’en majorité ils n’approuvaient pas. De fait s’il n’y avait eu que des volontaires pour faire la guerre en Algérie il n’y aurait pas eu grand monde !

Alors puisqu’on parle des soldats français morts en Algérie saisissons-nous des circonstances pour dénoncer l’incompétence des hommes politiques qui n’avaient pas compris ce qui était en cause et qui ont estimé que le recours à la force armée règlerait le problème.

C’était le temps du dernier quart d’heure de Lacoste. Un quart d’heure qui a duré beaucoup plus ! Merci Guy Mollet, merci De Gaulle, j’ai bien profité des prolongations !

Si cela n’avait dépendu que de moi figurerait sur la stèle de Sète l’inscription « Aux morts de la guerre d’Algérie, victimes de l’imbécillité  des gouvernements de l’époque ».

On pourrait y associer les soldats français qui se font massacrer aujourd’hui en Afghanistan dans une odeur de pétrole ou de gaz naturel.

 

La CGT et la guerre d’Algérie

Publié le 28/10/2009 à 10:15 par cessenon
La CGT et la guerre d’Algérie

 

 

Tel était le thème de la formation proposée à ses adhérents par le syndicat CGT des hospitaliers de Béziers. A coup sûr une initiative que l’on doit aux relations de sa secrétaire avec l’intervenante, Huguette Azavant, une victime de Charonne, qui a animé cette journée.

Cette journée ? Elle s’est déroulée le mardi 27 octobre dans les locaux de La Barthe et a vu la participation d’une dizaine de personnes.

On pourrait penser que le colonialisme est une affaire classée, la roue de l’histoire ayant définitivement balayé l’idéologie qui avait cours selon laquelle un pays colonisateur apportait la civilisation aux populations arriérées qui n’en bénéficiaient pas !

Eh non, on assiste à un offensif tout azimut des tenants de l’Algérie française et de sa conséquence extrême, l’OAS avec son cortège de violences, d’attentats, de crimes... Aussi on ne peut qu’apprécier la tenue de ce stage studieux qui a permis à des jeunes qui n’avaient pas vécu cette période douloureuse de notre histoire de la connaître mieux.

C’est une fresque historique qu’a présentée Huguette Azavant, depuis la conquête en 1830 en passant par la colonisation et en débouchant sur l’indépendance. La colonisation c’est Bugeaud qui déclare qu’ici l’ennemi c’est la population tout entière !

La conférencière va fractionner son exposé en suivant la chronologie, s’arrêtant sur les années les plus marquantes. 1954 c’est la défaite de l’armée française à Diem Bien Phu. C’est aussi le début de l’insurrection en Algérie.

1956 voit la victoire de la gauche élue sur un programme de paix en Algérie. Hélas les engagements électoraux ne seront pas tenus. Le contingent est envoyé en Algérie pour y faire une guerre qui ne dit pas son nom. C’est le temps des rappelés.

C’est aussi le temps aussi de l’opposition à cet envoi des rappelés sur le théâtre des opérations. Des trains sont arrêtés, des manifestations organisées auxquelles participent les femmes, mères, épouses, fiancées… Ça ne suffira pas à empêcher la guerre de s’étendre avec la présence sur le sol algérien d’une armée qui atteindra 500 000 hommes.

La IVème république, son instabilité, son impuissance, la trahison de la gauche, conduiront au Coup d’Etat de 1958. Il se soldera par l’adoption à plus de 80% du corps électoral d’une nouvelle constitution, celle de la Vème république, qui porte en germe, via l’article 16, le pouvoir personnel dont De Gaulle usera et abusera.

La CGT et le Mouvement de la Paix intensifient leurs efforts pour mobiliser l’opinion publique contre la guerre qui se poursuit de l’autre côté de la Méditerranée. Une guerre atroce bien sûr mais elles le sont toutes !

Progressivement l’idée fait son chemin, y compris dans la pensée et les discours de De Gaulle, que les Algériens ont droit à l’autodétermination. Mais pour l’heure cela n’empêche ni les exactions de l’armée ni la répression en métropole.

On assiste à de nouvelles tentatives insurrectionnelles en Algérie : la semaine des barricades en janvier 1960, le putsch des généraux félons en avril 1961 cependant qu’une structure fascisante, l’OAS, voit le jour, cependant que sont créés des comités antifascistes.

Côté gouvernemental la répression contre les Algériens qui vivent en métropole atteint avec la journée du 17 octobre 1961 une dimension d’une ampleur inégalée jusque là : des dizaines de morts sans doute, des centaines de blessés, des arrestations massives, c’est le bilan à mettre à l’actif de Frey, ministre de l’intérieur et de Papon, le préfet de police, lors de la manifestation contre le couvre-feu à laquelle a appelé le FLN.

De son côté l’OAS poursuit ses attentats aveugles. Ceux du 7 février 1962 sont meurtriers et conduisent dans l’urgence à la manifestation du lendemain à laquelle appellent plusieurs organisations politiques, syndicales et pacifistes. Le mot d’ordre n’a rien de catégoriel, il proclame leur volonté de faire échec au fascisme et d’instaurer la paix en Algérie.

La police charge, c’est le drame, neuf morts et des dizaines de blessés. On retrouve encore les noms de Roger Frey et de Papon. Les obsèques des victimes auront lieu le 13 février et verront la présence d’une foule considérable.

La guerre d’Algérie va connaître son dénouement avec le cessez-le-feu qui prend effet le 19 mars 1962 à midi. L’OAS n’est pas désarmée pour autant et poursuivra ses tentatives pour infléchir le cours des événements bien au-delà de cette date avec des conséquences douloureuses pour les communautés hypothéquant le devenir de leurs relations.

Georges Vercoutre, présent à ce stage de formation, a tiré quelques conclusions à l’intention des participants cependant que Dominique Duarte a appelé à renforcer l’activité de la section syndicale qu’elle anime dans les domaines de la solidarité internationale et de la paix.

Une très bonne journée en vérité qui aura à n’en pas douter éclairé les jeunes qui l’ont suivie sur cette tranche d’histoire que leurs parents avaient vécu en direct !

 

Ça bout chez Elie Aboud !

Publié le 24/10/2009 à 11:05 par cessenon
Ça bout chez Elie Aboud !

 

 

Oui, si vous passez à côté de la permanence du député de la 6ème circonscription de l’Hérault vous pourrez apercevoir des fumerolles se dégageant du lieu, signe d’une intense activité cérébrale de son occupant.

Celui-ci s’est en effet trouvé un créneau. Non, non, il ne s’intéresse pas spécialement à la situation sociale désastreuse que nous connaissons : licenciements, chômage, précarité, baisse du pouvoir d’achat, réduction des services publics, difficultés pour les jeunes, les personnes âgées… Non tout cela est le résultat d’un mal venu de la stratosphère qu’on peut résumer en un mot « la crise ».

Contre elle Aboud ne peut rien et d’ailleurs il est vrai que le dysfonctionnement du système bancaire est en voie de règlement, grâce à l’injection de capitaux publics dans des comptes privés. Il y a donc une amélioration sensible ! Pas pour tout le monde bien sûr !

Comme notre député n’est pas homme à rester sans rien faire il a entrepris de légiférer. On apprend à cette occasion qu’il a un problème avec les drapeaux, surtout les drapeaux étrangers, parce que pour ce qui est du drapeau tricolore on n’a rien à reprocher à notre élu. Non, il a comme une phobie, ça relève de la psychiatrie, à l’égard des drapeaux étrangers. Il est donc question d’en finir avec leur présence inopportune dans la salle des mariages lors de la célébration de ceux-ci.

Si ça n’empêche pas un licenciement à La Cameron, mais on vous l’a dit, ça c’est insoluble, la mesure à le mérite de faire plaisir à certains de nos compatriotes. Evidemment c’est un peu en rupture avec la tradition de tolérance des Biterrois refusant de livrer aux Croisés de Simon de Montfort les habitants qui avaient choisi une autre religion que celle qui dominait alors ! Bref ceux qui se réclament du slogan « Catholiques et Français toujours ! » seront à coup sûr satisfaits !

Il avait déjà sévi le député de Béziers lors de l’affaire de la stèle à la gloire des tueurs de l’OAS érigée au cimetière neuf de la ville. Il avait même été de bon conseil pour le préfet de l’Hérault, l’assurant que la manifestation des nostalgériques le 5 juillet 2009 n’était pas de nature à troubler l’ordre public. Il avait lui-même participé à l’hommage rendu aux assassins dont le nom est inscrit sur la stèle. Enfin lui il était simplement dans le recueillement. Elie honore…

Et d’ailleurs il poursuit dans la voie du recueillement et a déposé un projet de loi comportant un article unique : le conseil municipal peut autoriser l’érection d’une stèle sur un terrain prévu à l’article L. 2223-1 du code général des collectivités territoriales. Sur cette stèle pourra être apposée la mention suivante :

En hommage aux rapatriés d’Afrique du Nord, aux anciens membres des formations supplétives et assimilées aux populations civiles victimes de massacres ou d’exactions commis durant la guerre d’Algérie, aux enlevés portés disparus, à toutes les personnes qui sont tombées à l’occasion des évènements liés au processus d’indépendance et à sa phase finale notamment du 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger et le 5 juillet de la même année à Oran.

Eh non, il n’est pas question d’y faire référence à l’absurdité de cette guerre absurde et anachronique qui a occasionné tant de souffrance chez le peuple algérien et tant de dégâts dans la génération des appelés du contingent en Algérie.

Pas question davantage de dénoncer la politique de terre brûlée menée par l’OAS après le 19 mars 1962. Pas question non plus de rappeler que les victimes de la rue d’Isly demandaient, à l’appel de l’OAS, la remise en cause des accords d’Evian qui venaient d’être signés et ipso facto la reprise de la guerre.

La démarche d’Elie Aboud est dans le registre de la justification du colonialisme dans laquelle d’autres s’inscrivent avec leur projet de musée de la présence française en Algérie. Une démarche qui ne manquera pas de réunir tous les tenants de notre système économique social, depuis la droite et son extrême jusqu’à la social démocratie, avouée ou non. Une justification sur laquelle on pourra s’appuyer pour envoyer des renforts en Afghanistan ou entreprendre d’autres expéditions militaires.

Au téléphone, en demandant « Allô, Elie ? » vous risquez d’avoir comme réponse quelque chose du genre « Elie ! Allô ! » qui vous rappellera sûrement autre chose !

Et comme musique d’attente sur son répondeur vous aurez peut-être droit à « L’as-tu vue la casquette, la casquette, l’as-tu vue la casquette du père Bugeaud ? »

 

 

Indignation de Jean-François Gavoury

Publié le 21/10/2009 à 02:55 par cessenon
Indignation de Jean-François Gavoury

 

Et on la partage après avoir lu ce qui nous a été rapporté par une connaissance de Jean-François Gavoury.

Mais rappelons d’abord qui est Jean-François Gavoury. Il est le fils de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger, sauvagement assassiné par l’OAS le 31 mai 1961.

Jean-François a alors onze ans et nous supposons que c’est lui qui, en culottes courtes, figure sur la photo prise à Hussein Dey lors des obsèques de son père.

Situation à n’en pas douter extrêmement douloureuse pour un enfant de cet âge ! Aussi nous comprenons qu’il ait à cœur d’animer l’Association des familles de victimes de l’OAS dont il est le président.

Dans cet esprit, il demande à Claude Baland, préfet de région, préfet de l’Hérault, d’interdire la manifestation prévue le 5 juillet 2009 par les nostalgiques de l’OAS devant la stèle érigée dans le cimetière neuf de Béziers. Demande d’autant plus légitime que figurent sur cette stèle les noms et les portraits de Degueldre (chef des commandos Delta), Dovecar et Piegts, responsables et exécutants du meurtre de son père.

Réponse négative ou, plus exactement, absence de réponse du préfet : la manifestation n’est pas interdite. Elle se déroule donc, moyennant toutefois une contre-manifestation organisée devant la porte du cimetière de Béziers et à laquelle participe une quarantaine de personnes.

Jean-François Gavoury aura dû attendre le 12 octobre pour connaître la raison pour laquelle le représentant de l’Etat dans le département a estimé devoir ne pas s’opposer au déroulement d’un hommage rendu aux tueurs d’un commissaire, lui qui, en tant que directeur au ministère de l’intérieur, administra durant trois années (2001-2004) les personnels de la police nationale : le député Elie Aboud avait fini par convaincre le préfet de l’innocuité de ce rassemblement.

Ben voyons ! Vous me direz, ce n’est pas le seul à s’arranger avec le ciel. Georges Frèche, le président de la région Languedoc Roussillon, est à peu près dans le même registre.

Jean-François Gavoury a eu souvent l’occasion de dire et prédire qu’un jour, sans doute, à force de complaisances, à force de mépris des familles de victimes, on verrait les assassins de Claude Erignac glorifiés.

Une telle remarque ne pouvait que faire mouche auprès de Claude Baland, qui fut sous-préfet de Mantes-la-Jolie alors que Claude Erignac était préfet des Yvelines et qu’il lui voua probablement une grande estime, comme tous ceux qui approchèrent ce grand serviteur de la République.

Reste que les nostalgiques du colonialisme et de son aboutissement logique, l’OAS, continuent leurs odieuses opérations de propagande idéologique.

 

 

 

 

 

Paix en Algérie, retour sur une inscription

Publié le 22/09/2009 à 17:20 par cessenon
Paix en Algérie, retour sur une inscription

 

 

 

Ah, nous en savons un peu plus sur l’inscription « SAUF POUR LA PAIX EN ALGERIE » qui suivait un « DEFENSE D’       AFFICHER ».

Oui, c’est sans doute un communiste du faubourg, Jo Pallarès, ou un des membres de la cellule du quartier, qui a tenu le pinceau. Cela remonte aux années 1958 et il est probable que le mur sur lequel figurait le mot d’ordre était celui d’un bâtiment situé à côté de l’ancienne école Louis Malbosc nous a précisé Jo Pallarès.

Un peu partout en France à cette époque l’idée qu’il faut en finir avec cette guerre, cruelle, coûteuse et injuste, se développe. Dans diverses communes des initiatives sont prises, c’est le cas à Givors le 9 décembre 1960 et le 23 avril, à Saint Martin d’Hères mais nous ignorons l’année, où des réunions sont programmées pour la Paix en Algérie. Nous avons retrouvé deux affiches appelant à ces réunions.

Jo Pallarès nous a précisé que l’utilisation du « DEFENSE D’AFFICHER » pour y ajouter le « SAUF POUR LA PAIX EN ALGERIE » était pour ainsi dire systématique.

Jo Pallarès n’est pas tout à fait un inconnu pour les vieux militants biterrois. Aujourd’hui âgé de plus de 80 ans il nous a été dit que Jo Pallarès fournissait gratuitement à la section de Béziers le muguet, vendu le 1er mai, qu’il produisait dans son jardin, une travée étant pour cela consacrée à sa culture.

Il était le gendre d’Antonin Combes, un maraîcher qui a été conseiller municipal dans les municipalités Lazare, Aïn et Claparède. Une rue du Faubourg porte ce nom d’Antonin Combes.

 

 

 

Défense d’afficher… sauf pour la paix en Algérie !

Publié le 13/09/2009 à 11:38 par cessenon
Défense d’afficher… sauf pour la paix en Algérie !


Cette photo a été retrouvée récemment en faisant du rangement à la section de Béziers du parti communiste.
Je me souviens de cette inscription à la peinture blanche « SAUF POUR LA PAIX EN ALGERIE », qui complétait le « DEFENSE D’AFFICHER », qui avait été tracée sur un mur du côté du Faubourg.
L’endroit exact je ne saurais dire mais je me rappelle que je voyais cela depuis le car que je prenais pour me rendre à Cessenon à la fin des années 50.
Peut-être qu’à l’arrière ce sont les fenêtres d’une école primaire (Louis Malbosc ?), aujourd’hui désaffectée, mais je ne jure de rien.
C’était astucieux d’utiliser le « DEFENSE D’AFFICHER » en le complétant comme on peut le voir sur la photo. Une photo sépia qui a souffert du temps, il m’a fallu la trafiquer un peu pour la rendre « lisible » !
Peut-être que quelque vieux Biterrois en sait plus que moi sur l’endroit et sur qui tenait le pinceau à une époque où le parti communiste était engagé pour la Paix en Algérie, c'est-à-dire pour le droit à l’autodétermination qui s’est finalement imposé et qui a conduit à l’indépendance de ce pays après 132 ans de colonialisme et presque 8 ans d’une guerre atroce et parfaitement inutile !

OAS quand tu nous tiens !

Publié le 02/08/2009 à 15:43 par cessenon
OAS quand tu nous tiens !


Ah lui je ne sais pas qui c’est ! Il a « signé » Vitus et son courrier est arrivé chez un mien cousin qui a le même patronyme que moi. Sur l’enveloppe il était écrit que je suis instituteur à la retraite et que j’habite au 10 avenue de Béziers à Cessenon. A la retraite je le suis et instituteur je l’ai été il y a une quarantaine d’années ! A Cessenon je n’y ai pas couché depuis je crois 1982 !
Mais là n’est pas la question. Le ci-devant Vitus m’explique longuement que les communistes sont des imbéciles et des salauds. Je ne comprends d’ailleurs pas les efforts que déploie mon interlocuteur. Comme je suis un idiot je ne vois pas pourquoi il fournit tant d’efforts, je ne pourrais jamais assimiler un texte de huit pages dactylographiés bien que le titre soit suffisamment explicite « La légitimité de l’OAS ».
J’ai quand même lu et reconnaissez avec moi que j’ai du mérite vu mon faible quotient intellectuel !
Ah, il m’a semblé que je n’étais pas systématiquement en désaccord avec l’auteur. Non, non l’OAS n’est pas née du néant, elle est dans la logique de 132 ans de colonialisme et de 8 ans de guerre.
Je partage aussi cette analyse sous-jacente, les appelés du contingent dont j’ai été, ont visiblement manqué d’enthousiasme pour aller faire flotter le drapeau français aux confins du Sahara. Pour tout dire s’il n’y a avait eu que des volontaires pour aller faire la guerre en Algérie il n’y aurait pas eu grand monde !
Argument récurrent chez les Français d’Algérie : nous sommes venus défendre la mère patrie en 14-18 et en 39-45. Je réponds invariablement, mais je suis bête je le sais, que si les choses n’avaient dépendu que de moi la première guerre mondiale n’aurait pas eu lieu, et par voie de conséquence le traité de Versailles et la seconde guerre mondiale non plus !
Mais puisqu’on parle de chair à canon n’oublions pas les tirailleurs, algériens, sénégalais, qu’on n’a guère économisés dans l’atroce boucherie de 14-18. C’était même un peu fort de la part de la puissance colonisatrice d’obtenir pour sa guerre la collaboration des peuples qu’elle avait asservis !
Ah, on aurait dû en tenir compte lors des événements de Sétif, cela aurait évité bien des inconvénients pour la suite !
Mais non tous les Pieds Noirs n’étaient pas d’affreux colons toutefois je constate qu’ils ont été à la fois les instruments et aussi les victimes du colonialisme. L’histoire a tranché et, à moins d’envoyer un corps expéditionnaire afin de débarquer à nouveau à Sidi Ferruch, je ne vois pas comment on peut la réécrire.
Oui certainement qu’il y avait des Européens communistes en Algérie. Je ne sais pas comment Vitus les catalogue. Comme par nature les communistes sont idiots… Reconnaissons toutefois que certains d'entre eux n’avaient compris ni l’ampleur des problèmes ni leur nature !
Allez, on ne va pas épiloguer plus !

Pour qui ? Pourquoi ? Ai-je quitté l’Algérie de Papa ?

Publié le 24/07/2009 à 17:36 par cessenon
Pour qui ? Pourquoi ? Ai-je quitté l’Algérie de Papa ?


Le dimanche 5 juillet un des mes voisins de la cité du parc et moi nous sommes retrouvés au cimetière neuf de Béziers. Mais nous n’étions pas exactement du même côté. Lui était à la cérémonie organisée par les « nostalgériques » devant la stèle à la gloire des tueurs de l’OAS, moi j’étais en face !
Le lendemain j’avais dans ma boîte à lettres un mot de mon voisin me proposant une rencontre pour débattre du sujet qui nous oppose. Il m’a même prêté un livre qu’il a écrit sur ses souvenirs de Pied Noir et son analyse passée et présente des choses.
J’ai lu son livre, je n’ai pas eu de surprise, il contient les idées que je connais à mon voisin. Nous sommes à des années lumière l’un de l’autre.
En gros on peut distinguer deux parties dans ce livre. L’une est faite de souvenirs, l’autre de considérations sur l’Algérie et la société présente.
Roger Dalger, c’est ainsi que mon voisin a signé son livre, est né à Alger en 1932 dans un milieu modeste. Le père, d’origine basque, est soudeur. La famille vit à Bab el Oued dans un logement exigu qui n’a rien d’un palace. Oui, tous les Pieds Noirs n’étaient pas d’affreux colons qui faisaient suer le burnous aux Arabes et il y avait aussi sans aucun doute quelques Maghrébins qui étaient « du côté du manche » !
Pendant la guerre de 39 – 45 le narrateur est envoyé chez des parents en Kabylie. Il raconte ses jeux d’enfants qui ressemblent assez à ceux que l’on pouvait avoir en… métropole ! C’est qu’officiellement l’Algérie c’est la France ! Il y a bien une monnaie qui n’est pas la monnaie nationale, un ensemble de données qui font qu’on voit bien que c’est vraiment différent mais pour l’heure personne ne remet en cause qu’il y a là-bas de l’autre côté de la Méditerranée trois départements français.
On retrouve notre écrivain à Alger après la fin des hostilités. A cette époque le confort dans les maisons n’est pas ce qu’il deviendra par la suite mais ce n’est pas vrai qu’en Algérie. Toutefois il semble acquis que là bas la situation des ouvriers, fussent-ils européens, est sans doute encore plus difficile que celle de leurs homologues qui vivent en… métropole.
Notre jeune Algérois nous raconte son adolescence, ses loisirs, ses premiers émois, nous parle de sa formation d’électricien, nous décrit longuement sa rencontre avec celle qui deviendra son épouse…
Il sera embauché aux CFA (les Chemins de Fer d’Algérie, eh non, ce n’est pas la SNCF, l’Algérie ce n’est pas tout à fait la France !) et acceptera un poste déshérité du côté d’Ouenza où un consortium exploite les mines de fer mais, il le souligne, ne crée pas dans le secteur les infrastructures nécessaires au bien être des habitants. Il n’y a par exemple pas de docteur et il faut parcourir des dizaines de kilomètres pour en trouver un. Justement une des filles du couple a de sérieux problèmes de santé et besoin de soins de longue durée !
Retour donc en pays civilisé, à Alger plus précisément. La guerre d’Algérie a éclaté mais notre narrateur n’en comprend ni la nature ni ce sur quoi elle va déboucher. Qu’est-ce qui est en cause selon Roger Dalger ? Le pétrole que convoitent les Américains, l’influence de l’URSS, l’action des communistes, l’aide des autres pays du Maghreb… Jamais n’est abordée la question du sort qui a été fait depuis 1830 aux autochtones.
La force armée a permis jusqu’ici de maintenir l’ordre colonial, il n’y a pas de raison qu’elle défaille. Aussi on attend d’elle qu’elle ramène le calme qui avait prévalu. Ce n’est pas simple de vivre dans ce contexte car l’insécurité est patente et si les membres de la famille de Roger Dalger échappent aux attentats ils le doivent pour beaucoup à la chance.
Ne pas comprendre ce qui se passait en Algérie en 1954 est une chose, rester dans le même registre cinquante ans plus tard en est une autre. A l’instar de nombreux Pieds Noirs, mon voisin condamne encore aujourd’hui le défaitisme de ceux qui se prononçaient déjà pour la paix et ipso facto pour l’indépendance du pays. J’étais déjà de ceux-là à vingt ans !
Tout le monde y passe, depuis les communistes jusqu’à De Gaulle, en n’oubliant ni les barbouzes ni le SAC ni que sais-je encore. Ah certainement que De Gaulle s’est servi des Européens d’Algérie pour réussir son Coup d’Etat de 1958 et on admet qu’il puisse y voir une certaine rancœur à son égard !
C’est que la fin est douloureuse pour la famille de Roger Dalger. C’est l’exil et l’arrivée en France dans des conditions dramatiques. Cela nous est raconté de manière émouvante. Reconnaissons que l’Etat Français n’avait pas préparé l’opinion européenne d’Algérie à cette issue ni organisé matériellement leur retour !
Qu’il me soit permis de dire que, et je le dois pour beaucoup au parti communiste, je n’ai pas gardé à l’égard des rapatriés qui débarquaient chez nous la haine qui s’était accumulée en moi pendant vingt six mois de ma jeunesse, perdus dans une guerre absurde, injuste et parfaitement inefficace. J’avais admis qu’il y avait chez eux des petites gens qui méritaient qu’on dépasse ces sentiments et qu’ils étaient plus des victimes que des coupables même si je n’entends rien retrancher de mon jugement sur le colonialisme, la guerre d’Algérie et l’OAS qui a cherché à les continuer.
De même pour avoir côtoyé les harkis alors que je prenais mon poste d’instituteur à Saint-Pons de Thomières en 1962, j’ai pu constater que la France reproduisait avec eux les mêmes rapports de colonialisme qui avaient cours en Algérie jusque là. Le racisme était toujours présent et je les plaignais plus qu’autre chose même si à l’évidence je pouvais estimer qu’ils n’avaient pas fait le bon choix en prenant les armes contre leurs frères.
Roger Dalger donne aussi son sentiment sur les problèmes actuels de notre société. C’est à l’image du reste : il développe les idées dominantes sur l’ensemble des sujets : évolution des mœurs, responsabilité des parents, des enseignants, afflux des étrangers…
Roger Dalger a une explication sur la crise que nous connaissons, elle est tout simplement due à la perte de l’Algérie ! Qu’il me permette d’affirmer que le mal est bien plus structurel. Quand un système économique et social a atteint ses limites il faut en changer ! C’est ce qu’ont fait les Français en 1789.
Eh bien j’invite mon voisin à prendre toute sa place dans la difficile tâche qui nous attend aujourd’hui pour réaliser les changements qui s’imposent.


Au cimetière neuf de Béziers le 5 juillet

Publié le 05/07/2009 à 17:05 par cessenon
Au cimetière neuf de Béziers le 5 juillet


Photo Hugues Bousquet

Oui, oui, au nombre de participants, les « nostalgériques » l’emportaient ce jour-là sur les autres. Toutefois, une quarantaine de ces courageux avaient tenu à être présents à l’entrée du cimetière neuf de Béziers pour exprimer leur désaccord avec la manifestation prévue devant la stèle à l’OAS et à ses tueurs.
Une quarantaine donc, brandissant des affichettes « OAS ASSASSIN », suffisamment explicites pour qu’il n’y ait aucune confusion sur leurs sentiments.
Non, non, Jean-Louis Bousquet, « l’inventeur » de la stèle n’était pas présent. Ses séides pas davantage. Il ne devait pas avoir reçu de consigne de participation de la part de son maître !
Contre-manifestation très sereine avec des Pieds Noirs, progressistes comme on les aime, lucides sur la responsabilité de l’OAS dans les malheurs qu’ils ont endurés.
Les autres ? Eh bien, quelle que soit la compassion qu’on voudrait témoigner on ne peut qu’avoir de l’étonnement devant les incompréhensions qui subsistent chez eux. L’histoire a pourtant tranché, le recours à la force armée, les exactions commises ne pouvaient rien régler !
Il eut à coup sûr été préférable d’éviter la sale guerre d’Algérie qui a conduit aux résultats que l’on sait. Il eut fallu pour cela d’autres rapports entre les communautés que ceux qui avaient prévalu, une autre option que la politique de domination qui était alors la règle.
Il aurait fallu une acceptation des droits de tous et de chacun dans une Algérie libre et indépendante. Au lieu de cela on a assisté à des opérations de terre brûlée sans espoir.
A l’issue de la cérémonie, aux cris de « communistes assassins » les contre-manifestants, qui n’étaient sûrement pas tous communistes, même si ceux-ci devaient être les plus nombreux, ont répondu « OAS assassin » !
On ne va pas quand même pas envoyer un nouveau corps expéditionnaire en Algérie pour reconquérir le pays ! Il faut accepter l’idée que le colonialisme est un concept anachronique qui n’a pas sa place dans les relations entre les peuples.
Alors on s’interroge, ça sert qui et quoi ces célébrations confuses où sont amalgamés les victimes du 5 juillet 1962 et les fauteurs de troubles qui ont par leur comportement conduit au drame que l’on sait ?
Sûrement pas la cause de la paix et de l’amitié entre les deux rives de la Méditerranée !