Créer un blog Présentation

Nom du blog :
cessenon
Description du blog :
Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
22.07.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· Actualités du Biterrois (62)
· Algérie (69)
· Curiosités (49)
· Ecole (23)
· Famille (13)
· Faune (79)
· Flore (195)
· Géologie (6)
· Histoire (55)
· Histoires de guerre et de soldats (13)
· Livres (4)
· Occitan (47)
· Paix (35)
· Patrimoine (115)
· Personnages pittoresques (32)
· Politique (106)
· Recettes de cuisine (6)
· Souvenirs d'enfance (101)
· Spectacles (17)
· Vie sociale (109)
· Viticulture (48)

Navigation

Accueil
Livre d'or cessenon
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Pacifistes en forum
· Essai nucléaire effectué par la Corée du Nord
· Idée de balade à Castelnau de Guers
· Scènes de la vie courante
· Départ pour l'Algérie, arrivée à Oran
· Crise d'urticaire, première !
· J'ai encore gagné !
· Regard sur les Juifs d'Afrique du Nord
· Journal d'un prisonnier de guerre
· Découverte d'une villa gallo-romaine

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

guerre et paix
23.07.2008
magnifique
23.07.2008
Chapeau bas devant ce courage
23.07.2008
Les trois toques
22.07.2008
Pour info
21.07.2008
pour la mémoire d'un vigneron
21.07.2008
C'est tellement vrai
20.07.2008
Et ça continue un an après !
19.07.2008
Belles histoires d'animaux....
18.07.2008
Bonsoir !
18.07.2008
archive de bouktob
18.07.2008
Bal Champêtre
16.07.2008
Bonjour !
16.07.2008
neserine
15.07.2008
Adresse d'un voleur
15.07.2008
On prend les retraîtés pour des débiles
15.07.2008
maillot
14.07.2008
Bonsoir !
14.07.2008
d'autres lignes
14.07.2008
et le trou ?
14.07.2008
RSS

Blogs à découvrir :

· p1k9r
· blackbodyandsoul
· chaperonrouge
· izabel34
· leon
· plumedange
· suzannazsuzsilesartsetleslettres
· leworm
· vroger4
· joy

Curiosites

La chaire d'Abraham

Posté le 26.07.2006 par cessenon
Photo Louis Girard

La photographie ne montre pas grand chose sinon le guide du groupe « Les Cistes » donnant les explications qui s’imposent à ses amis randonneurs. Ces explications concernent l’espèce d’escalier grossier, terminé par une avancée, sur lequel il... prêche. La construction elle-même n’a rien de spectaculaire mais le site est chargé d’Histoire.
Cet agencement de pierres est La Chaire d’Abraham. Qui était donc cet Abraham ? Il s’agit d’Abraham Mazel et c’était un chef Camisard, prophète comme l’étaient tous les chefs protestants de cette guerre de religion tardive et particulière.
Cette construction se trouve sur le territoire de la Commune de Pont de Montvert où a débuté, avec l’exécution, le 24 juillet 1702, de l’Abbé du Chayla, Intendant des Missions chargé de la conversion forcée des protestants après la Révocation de l’Edit de Nantes en 1685, la Guerre des Camisards. Elle est à côté de la Ferme des Vernets. Située dans le Bois de Prat de Brédignand, elle n’est pas facile à découvrir et on va comprendre pourquoi.
Donc, après l’Edit de Fontainebleau, au terme duquel Louis XIV révoquait l’Edit de Nantes, pris par Henri IV en 1598, interdiction était faite aux Protestants de pratiquer leur culte. Pour des raisons qui mériteraient un développement spécifique, cette interdiction a été, plus qu’ailleurs, mal vécue par les protestants des Cévennes, majoritaires dans la population.
Des cultes clandestins, les Assemblées du Désert, se tinrent alors dans des endroits isolés. Des Pasteurs, des prédicateurs laïques aussi, car la liturgie protestante le permet, assuraient le culte devant les fidèles qui, ayant eu l’information, laquelle avait circulé de bouche à oreille, s’étaient réunis à l’endroit indiqué. On notera que pour cette période et cette région on a assisté à un phénomène de prophétisme, les intervenants recevant l’inspiration.
Le site de la Chaire d’Abraham a été l’un de ces lieux de rassemblement Protestant qui évidemment étaient cachés et, si possible, gardés secrets. Abraham Mazel y aurait officié, la chaire ayant été construite à cette fin.
Ces cultes clandestins étant interdits, la répression s’abattait impitoyablement sur ceux qui étaient pris par l’armée quand une Assemblée du Désert était surprise. Les prédicants, pasteurs ou laïques, étaient exécutés, les hommes envoyés aux galères et les femmes enfermées à Aigues-Mortes, à la Tour de Constance plus précisément. La plus célèbre des pensionnaires de cette tour est Marie Durand, qui y est restée prisonnière pendant 38 ans.
Une des Assemblées du Désert qui s’était tenue sur le site de la Chaire d’Abraham a été surprise par les Dragons, les dragons étant les soldats employés sur le secteur par l’Intendant du Languedoc chargé de l’application des directives royales. Abraham Mazel n’y a pas été pris. Il a d’ailleurs survécu à la Guerre des Camisards, laquelle s’est terminée en 1704. Abraham Mazel a cependant été fait prisonnier en janvier 1705 et a été enfermé à la Tour de Constance d’où il a réussi à s’évader de manière spectaculaire en juillet de la même année. Il n’est mort qu’en 1710 après avoir tenté de « déterrer à nouveau la hache de guerre. »
Les protestants de la région ont dégagé une aire autour de la Chaire d’Abraham et, traditionnellement au mois d’août, un culte y est célébré.



--

Statue menhir de Picarel

Posté le 24.07.2006 par cessenon
Picarel est une ferme sur la commune de Fraïsse s/ Agout. La statue menhir qu’y a rencontrée le Groupe des Cistes au cours d’une de ses nombreuses randonnées n’est pas très loin du col de la Bane, à deux ou trois cents mètres à l’ouest de la D 169 qui relie Fraïsse s/ Agout au col du Cabaretou.
Elle est en granit et doit avoir une hauteur de 2,5 m. La partie supérieure, représentant la tête sans doute, est séparée du reste par un sillon profond creusé dans la pierre. Elle est gravée d’un ouroboros, c’est à dire un serpent se mordant la queue, symbole d’éternité, qui entoure un œuf, emblème du retour à la vie. Il existe plusieurs statues menhirs dans tout le bassin supérieur de l’Agout. Selon les spécialistes, Gabriel Rodriguez notamment, qui a fouillé la Grotte de Camprafaud, sur le territoire de Ferrières Poussarou, et qui s’occupe du Musée de la Préhistoire de Saint-Pons, elles auraient été érigées par les communautés de chasseurs pasteurs qui formaient la Civilisation des Saintponiens qui ont vécu dans la région, du IVème au IIème millénaire avant notre ère. D’après les études menées, ces peuples venaient des Alpes. Les statues menhirs honoraient la mémoire des chefs de ces communautés. On retrouve souvent, mais ce n’est pas le cas pour la statue menhir de Picarel, une pendeloque poignard, signe de l’autorité du chef, sculptée dans la pierre. Ces pendeloques poignards sont la réplique exacte de celle en bois de cerf retrouvée dans la Grotte de Resplandy, près de Saint-Pons, connue par ailleurs pour ses peintures rupestres. L’érection de statues menhirs est un phénomène culturel qui s’est étendue à toute l’Europe, à partir du IVème millénaire avant notre ère nous dit encore Gabriel Rodriguez. Il est difficile, en observant celles de Fraïsse, de La Salvetat, de Cambon ou de Lacaune, de ne pas penser à celles de Filitosa en Corse.

Pèria escrita

Posté le 23.07.2006 par cessenon
Photo Jacques Durantou

Il existe, sur la Commune d’OLARGUES, près de MALVIES, entre la Ferme de RAUTELY et le Hameau de LA SALLE, une pierre écrite tout à fait insolite. On la découvre en suivant un itinéraire, balisé en jaune, parallèle au Ruisseau de RAUTELY. Elle se trouve en montant, à droite du sentier, une centaine de mètres avant d’arriver à un pylône d’EDF. Au niveau de ce pylône il y a d’ailleurs, sur la gauche, une bifurcation qui conduit à la source vauclusienne où naît le ruisseau. Un moulage en est présenté au Musée Saint Jacques de BEZIERS. C'est une paroi de couleur ocre clair, en deux parties, gravée de signes mystérieux. Qu'a voulu représenter le sculpteur avec ces alvéoles, disposés en lignes droites, quelquefois dans un rectangle, ou rangés en cercles, voire en spirales ? Qu'évoquent ces figures en forme d'arbalètes ? Les chasses rituelles organisées au retour du printemps ? Les pentacles, espèces d'Etoile de David, ont-ils un rapport avec le culte du Soleil ? Que signifient ces lignes formant un réseau réticulé ? Une ébauche de plan cadastral rudimentaire ? Plusieurs des pétroglyphes de la Vallée des Merveilles, au nord de NICE, sont de même facture. Toutes les hypothèses sont permises : notamment la symbolisation d'un troupeau, d'autant plus plausible que, dans la Vallée des Merveilles, les alvéoles sont quelquefois pourvus de cornes. La Pèira escrita daterait du bronze final, c’est à dire de 1800 av. JC. Une autre pierre écrite, beaucoup moins importante, est visible un peu plus bas, toujours à droite du sentier.

Etrange ziggourat

Posté le 22.07.2006 par cessenon
Photo Christine Bagland

Au cours d’une de ses randonnées le Groupe des Cistes est passé par CAVENAC, un hameau de la Commune de SAINT PONS situé sur la Route de NARBONNE, à quelques kilomètres du Col de Sainte Colombe. Certains y ont vu, d’autres revu, ou vu de plus près, la ziggourat en marbre qui y a été construite.
Une ziggourat c’est quoi va demander le commun des lecteurs ? C’est une pyramide à degrés, c’est à dire apparaissant avec des marches, comme un escalier donc, telle qu’il en existait en MESOPOTAMIE. En fait la construction était faite de plates-formes superposées, de surface de plus en plus réduite. C’était un édifice religieux dont la fonction reste mal définie.
On doit la réalisation de celle de CAVENAC à Jean GLEIZES, ancien Maire de SAINT PONS et ancien Notaire à OLONZAC. Il paraît qu’il a fallu des mètres cubes de béton pour en asseoir les fondations. La ziggourat est en marbre de la région, un très joli marbre rose, et doit avoir une hauteur de 4 ou 5 mètres. L’intérieur forme une voûte dans laquelle figure une croix ansée, ou clef de vie, qui, dans l’EGYPTE des pharaons, symbolisait l’immortalité de l’âme. Figure aussi une plaque sur laquelle a été peinte, en rouge, l’inscription suivante :
Visiteur, à tes paroles,
répond en écho la voix retrouvée
des CAVENAGOLS d’autrefois.
A l’extérieur une bordure comprenant de petites pyramides, également en marbre, a été ajoutée il y a peu de temps. Une lauze porte, écrite à la peinture blanche, l’information :
Ces blocs, érigés en butte primordiale,
gardent la mémoire de nos ancêtres.
Dans la mythologie de l’EGYPTE ancienne,
première terre émergée de l’océan.
Une « Pyramide vitrée, avec treillis de protection, en vue d’expériences d’ondes de forme », c’est du moins ainsi qu’est présentée, sur une deuxième lauze, la chose placée plus récemment en avant et à gauche de la ziggourat.
Naturellement c’est là l’œuvre d’un farfelu. Il faut voir, nous a-t-on dit, les sculptures sur bois qu’il a commandées pour sa demeure de SAINT-PONS. Toutefois si vous passez dans le coin arrêtez-vous à CAVENAC, cela vaut le détour. Vous pourrez également découvrir le Four à pain, hélas fermé, rénové par les soins du même mécène. L’Eglise de CAVENAC avec ses curieux vitraux représentant des grappes de raisin, des épis de blé, des baies de... (myrtilles ?), des moutons, des vaches, des chevaux, des... (bouquetins ?)... mérite aussi une visite.

Où est-ce ?

Posté le 22.07.2006 par cessenon
Photo Colette Dumas

Oui, cela ressemble assez au Cirque de Navacelle ou à un méandre de La Vis, laquelle en compte tant.
Non, ce n’est pas le Cirque de Navacelle et il ne s’agit pas de La Vis mais de l’Orb et du méandre qui entoure le promontoire sur lequel est bâti Vieussan.
La Vis, Vieussan... des noms à l’origine desquels on trouve le mot latin viz «escalier tournant»; du lat. vitis «vigne» et, par ext., «vrille de vigne», ou de l'adjectif viteus «de vigne» dit Le Robert. Son complément, Le Robert historique de la langue française, ajoute que le mot “vitis” [“ plante à vrilles”] s’apparente au verbe “viere” qui signifie “courber”. (1)
Le camarade Jean Cabrol de Vieussan m’a affirmé qu’en se plaçant en un certain point du lit de l’Orb on pouvait, dans sa perspective, en voir sept méandres.
Le spectacle est en tout cas remarquable et on peut le découvrir depuis une piste qui part du Col de Mézeilles, sur la D 177, et qui rejoint le Col de Corbou sous lequel se trouve le hameau du même nom. Un hameau déserté mais complètement, et joliment, rénové.
Cependant la photo a été prise de plus haut, du sommet du Naudech plus précisément, lequel culmine à 752 m, et c’était à l’occasion d’une sortie du Groupe des Cistes

(1) Toutefois dans son dictionnaire topographique et étymologique, « LES NOMS DE LIEUX DU DEPARTEMENT DE L’HERAULT », Frank R. Hamlin indique que Vieussan vient de Vilicus + suffixe anum (anum signifiant domaine). Il s’agirait donc du Domaine (Gallo-Romain) de Vilicus, Vilicus étant un surnom latin.

Bergerie trogroldyte

Posté le 21.07.2006 par cessenon
L’entrée de la bergerie
Photo Paul Barbazange

On l’appelle la bergerie de la Baume, le mot « bauma » désignant en Occitan une grotte, une cavité, un abri… Elle se trouve sur la commune de Vieussan, au-dessus du hameau du Pin, en direction de la tour qui le domine.
Un mur de pierres sèches, fort bien ajustées, ferme l’auvent d’un rocher et limite ainsi un couloir d’une vingtaine de mètres de long dont la largeur doit osciller entre un mètre et demi et deux mètres.
L’abri ainsi formé devait permettre à un troupeau composé d’un nombre réduit de moutons et de chèvres de se protéger du soleil aux heures les plus chaudes de la journée. Un escalier avait été prévu pour que les bêtes accèdent à la construction.
Ah, il y a sûrement longtemps qu’aucun ovin ou caprin n’a trouvé refuge ici mais autrefois l’élevage de petits troupeaux participait des activités agricoles que menaient, sur un terrain ingrat, les autochtones.
La perfection du mur est impressionnante. Bâti sur une plate-forme il atteint dans sa plus grande partie l’auvent qui surplombe celle-ci. Il développe ainsi une surface étendue et régulière. Quelques ouvertures ont été aménagées pour assurer l’aération. On imagine tout le travail et toute l’ingéniosité de celui qui l’a construit. On peut penser aussi que ce n’est pas l’œuvre d’un jour mais qu’à l’époque où il a été érigé le facteur temps n’était guère pris en compte dans le coût !
On trouve des bergeries troglodytes du côté de Minerve. Plus près de nous, à Corneilhan, des remises avaient été réalisées en creusant des galeries dans le tuf. On peut en voir quelques-unes avec même encore, ici ou là, une charrette entreposée. Dans le circuit de randonnée qui suit les Gorges de Colombières on découvre aussi l’aménagement d’une cavité qui a dû être utilisé par des charbonniers.
Le val de Loire a connu un habitat troglodyte qui s’était bâti grâce à une roche tendre dans laquelle il était facile de ménager des excavations. On peut citer les villages de Troo dans le Loir et Cher, celui de Rochemenier dans le Maine et Loire… qui exploitent aujourd’hui cette richesse patrimoniale et touristique.
Les hommes préhistoriques ont largement utilisé les abris naturels que constituaient les auvents de roche, les entrées de grotte, les corniches… qu’ils ont, suivant les époques et les circonstances, pu aménager.
Le mot troglodyte a été calqué sur celui de Troglodyta qui est le nom d'un peuple d'Afrique. L’étymologie est grecque, trôglodutês venant de trôglê «trou», et dunein «s'enfoncer».

Une construction... énigmatique

Posté le 21.07.2006 par cessenon
Photo Paul Barbazange

Elle se trouve sur la commune de Vieussan, sur la rive droite du ruisseau d’Estaussan lequel, vers son confluent avec l’Orb, porte le nom de ruisseau du Pontil. Nous vous donnons tout de suite une précision : elle n’est pas accessible en voiture, il s’en faut de beaucoup !
Visiblement c’est un four. Ce n’est cependant pas un four à chaux car il est de dimension modeste : 1 m 50 de hauteur peut-être ? Il est fort bien construit et fort bien conservé. Il a la forme d’une jarre ventrue et l’ajustement des pierres qui le forment est quasiment parfait. Il est enfoui dans la terre, la partie inférieure est ouverte pour recevoir le combustible, le haut est fermé par une lauze qui le protège. Une galerie étroite dont nous n’avons pas compris le rôle, débouche sur la gauche de cette entrée. Tout à côté un abri sommaire est écroulé. Sans doute servait-il à la personne qui le faisait fonctionner.
Qu’est-ce donc ? Le topo-guide d’une randonnée qui signale sa présence indique qu’il s’agit d’un four à lavande. L’hypothèse ne peut pas être retenue, il y a peu de lavande dans le secteur, pas suffisamment en tout cas pour une production de l’huile essentielle qu’on peut en extraire.
Il doit probablement s’agir d’un four à cade. Les cades sont abondants dans le secteur. Par distillation de son bois on pouvait obtenir de l’huile de cade. Elle était utilisée dans le traitement d’une maladie du pied du mouton, le piétin. Il ne devait pas manquer de troupeaux à Vieussan à l’époque où le four était en activité.
Nous n’avons d’ailleurs aucun renseignement sur la date de celle-ci. Nous savons que du côté du Pic Saint Loup existe toujours une distillerie artisanale de cade. L’huile essentielle ainsi obtenue sert en pharmacie, dans les traitements dermiques en particulier. Certains savons en contiennent, le savon Cadum par exemple doit son nom à l’une des matières premières qui entrent dans sa composition. L’huile de cade est employée comme shampoing et ceux qui la vendent prétendent qu’elle fait repousser les cheveux. Les Romains eux, s’en servaient pour embaumer leurs morts.
Le cade est un cousin du genévrier. Mais alors que celui-ci a un feuillage bleuté celui-là donne plutôt sur le vert. Le nom scientifique du premier est Juniperus oxycedrus alors que celui du second est Juniperus communis. Le mot juniperus vient du Celte « gen » (buisson) et « prus » (âcre). Par ailleurs les baies du genièvre, dont on parfume la choucroute, sont bleues à maturité tandis que celles du cade, plus grosses, sont marron. La feuille du genévrier présente une bande blanche sur le dessus, celle du cade en a deux (d’où l’astuce mnémotechnique : « cade / qu’a deux »). Elles sont verticillées, c’est à dire qu’elles sont placées en anneau, par trois, au même niveau sur la tige.
Genévrier et cade ont un parent, le genévrier de Phénicie, Juniperus Phœnicea, dont le port le fait ressembler à un cyprès. Ce sont des arbustes dioïques, certains plants portent les éléments mâles, les autres les éléments femelles.
Le bois du cade se prête admirablement au polissage. Il est recherché pour la marqueterie.
Ajoutons que pendant les épidémies de peste ou de choléra on enflammait des branches de genévrier tandis que la sciure de cade, brûlée dans des lampes de Merlin, était censée faire fuir les sorcières !

Un monument aux vivants

Posté le 19.07.2006 par cessenon
Plaque portant les noms des onze mobilisés de 1914
Photo Paul Barbazange

L’expression est insolite, mais l’histoire ne l’est pas moins. Nous sommes en août 1914 à Cauduro, un hameau de la commune de Babeau Bouldoux. Un hameau encore bien peuplé, sans doute une centaine d’habitants. En tout cas onze jeunes de Cauduro sont mobilisés pour la guerre qui vient d’être déclarée. Eh bien les onze reviendront vivants de l’enfer !
Aussi, monsieur Philippe Devisme, qui depuis plusieurs années déjà habite le hameau où il est propriétaire de gîtes, a souhaité célébrer ce fait assez exceptionnel.
Il a donc proposé à divers partenaires (commune, conseil général…) de dégager des crédits pour élever un monument à ces rescapés de l’horrible boucherie. Une plaque, en marbre de Caunes Minervois, portant les noms et prénoms des onze jeunes de Cauduro, a été commandée à l’entreprise Pitié de Castres et apposée à l’extérieur de la chapelle.
Ce dimanche 21 août 2005 elle a été dévoilée par Jean-Claude Rouanet, le maire de Babeau Bouldoux, devant une centaine de personnes parmi lesquelles Robert Tropéano, le conseiller général du canton de Saint-Chinian, et Francis Tarbouriech, le maire de Ferrières Poussarou.
La plaque porte le nom de Léopold Robert, le père d’Emile, le berger, et Paul, le cultivateur, le conteur, le chasseur (le braconnier aussi !) qui ont été les derniers autochtones de Cauduro. Léopold Robert était également le grand-père de Robert Marty grâce auquel, par ses recherches d’historien, les événements de 1914 ont pu être reconstitués.
Comme tous les jeunes gens appelés sous les drapeaux, en ce mois d’août 1914, les onze de Cauduro partent pour la « Der des Der » espérant que huit jours plus tard ils seront à Berlin et que l’Alsace et la Lorraine seront récupérées. Hélas le pronostic n’est pas correct soulignera Philippe Devisme ! Il ajoutera que le 22 août 1914, c’est à dire il y a pratiquement 91 ans jour pour jour, ce fut, avec la bataille de Rossignol en Belgique, la journée la plus meurtrière de la guerre de 14-18 : plus de 25 000 morts !
La liste des épargnés de Cauduro est suivie de l’inscription « LE PIRE N’EST JAMAIS SÛR » !
Un apéritif, au cours duquel on a pu entendre des airs d’époque joués à l’accordéon, était offert par la municipalité. Quelque soixante et dix convives ont participé au repas champêtre, également offert par la commune, qui suivait.
Ainsi, après l’inauguration de la cloche en 2003 et la bénédiction des vitraux en 2004, Cauduro a encore été cette année l’occasion d’une manifestation originale.

La source du Vernazobre

Posté le 19.07.2006 par cessenon
Le Vernazobre à sa sortie de terre
Photo Paul Barbazange


Connaissez-vous la source du Vernazobre ? Non ? On va vous indiquer comment vous y rendre. Vous partez de Babeau, l’un des deux villages qui forment la commune de Babeau-Bouldoux. Vous prenez la D 177 E6 en direction de Malibert.
La route suit la vallée du Vernazobres, cet affluent de l’Orb dont le nom dérive, d’après Frank R. Hamlin, du mot composé gaulois Vernoduro qui signifie Ruisseau des aulnes. A deux pas des vignobles de Saint-Chinian vous êtes déjà dans un autre monde. On rentre ici dans ce qui était le domaine des prés et des noyers. Les prés ont disparu sous les broussailles tandis que les noyers subsistent encore. En aval les jardins sont irrigués par un béal qui dévie une partie de l’eau du ruisseau. Babeau-Bouldoux était célèbre pour la qualité de ses oignons, une variété connue sous le nom de ceba de Babeau. Célèbre aussi pour ses haricots secs, genre « coco », las mongetas de Babeau.
Trois ou quatre kilomètres plus haut, après être passés devant une pisciculture qui se trouve sur votre droite, vous atteignez Malibert. Ce fut un Centre de Formation Agricole mais sa vocation présente est d’accueillir des classes vertes. En été Malibert retrouve pour deux mois sa fonction très ancienne de colonie de vacances. La route s’arrête là, cependant une piste carrossable rejoint Pardailhan.
Il faut prendre, derrière les bâtiments, un chemin qui conduit jusqu’à la station du syndicat intercommunal d’adduction d’eau du secteur. Au-delà le sentier devient très agréable. Il permet d’arriver à un moulin, en ruines, qui devait moudre le blé. Peu avant, quelques pistes d’escalade ont été tracées dans un rocher dont une partie s’était effondrée ce qui avait entraîné, pendant plusieurs mois, l’interdiction de circuler.
Encore quelques centaines de mètres et vous êtes à la résurgence qui donne naissance au Vernazobre. Il s’agit d’une source vauclusienne. L’eau sort à flanc de montagne, sous de gros blocs de pierre, avec un débit déjà considérable. Perdue sur le plateau, elle réapparaît ici, grossie dans son cheminement souterrain par de nombreux apports. Elle s’étale d’abord puis poursuit sa descente en un courant rapide. C’est impressionnant de fraîcheur dans le décor sec d’un paysage rocailleux de maquis.
Si vous êtes vaillant grimpez donc jusqu’à Cauduro. L’aller retour dure une heure. Vous suivrez un sentier empierré qui permettait aux femmes du hameau de descendre quelques fois l’an à la source per una bugada (pour une lessive). C’est dire qu’on ne devait pas changer de chemise chaque jour.
Sur la droite du sentier l’entrée d’une grotte a été murée pour empêcher de polluer le bassin dont dépendent les différents captages effectués. Par ailleurs il s’agit aussi de protéger une espèce de chauves-souris, rare en France, qui hante les lieux.
A Cauduro ne reste qu’un des deux frères (1), vieux garçons, qui ont vécu là, élevant quelques moutons. Toutefois une famille s’y est installée et y demeure en permanence et le Mouvement Espérantiste y était propriétaire d’une maison. Le hameau, qui dépend de Babeau-Bouldoux, avait cependant son cimetière, minuscule, jouxtant une petite chapelle récemment équipée d’une cloche fondue à Hérépian. La dernière inhumation doit dater de 1921 si on en croit les inscriptions encore lisibles sur les tombes. L’une d’elles est celle de la grand-mère maternelle de Raoul Bayou.
Autre particularité de Cauduro, les onze jeunes mobilisés pour la guerre de 14-18 en sont revenus indemnes.
Ce dimanche 19 août, alors que nous effectuions, avec un groupe réduit, la randonnée Babeau / Cauduro, des chasseurs étaient en battue et l’un d’eux, en poste sur le sentier, avait tué un marcassin qui… n’avait plus son pyjama, ce qui est obligatoire si on veut respecter la légalité ! Notre Nemrod s’excuse presque d’avoir abattu une bête si jeune. En fait les sangliers pullulent et occasionnent des dégâts dans les vignes nous explique-t-il. Ce n’est donc qu’une mesure de salubrité qu’il a accomplie là !

(1) Il est décédé depuis la rédaction de ce texte.

Qu'est-ce encore ?

Posté le 29.06.2006 par cessenon
Photo Jacques Durantou

Cette construction, qui a des allures de four à chaux, à ceci près qu’elle est, plus exactement était, encore qu’on ait effectué il y a peu de temps des travaux de consolidation, fermée par une voûte, se trouve au carrefour des routes qui viennent de MURVIEL et de CAZOULS et qui vont sur CAZEDARNES ou CESSENON. Ce n’est donc pas un four à chaux lesquels sont ouverts vers le haut et forment ainsi une cheminée.
Qu’est-ce donc ? Si on vous dit que l’endroit s’appelle la glacière vous allez tout de suite comprendre quelle était sa fonction. Le bâtiment servait à conserver pour l’été de la glace qu’on y entreposait en hiver. Son utilisation est très ancienne et, de mémoire de Cessenonais, on ne l’a pas connu en service.
L’emploi de la glace en été ne date pas d’hier Dans le film « América, América », qui débute avant la Guerre de 14 / 18, on voit une charrette chargée de glace, enlevée à un glacier, qui va être livrée en ville. Déjà les Romains faisaient usage de la glace en été.
Le ROBERT donne, du mot glacière, une acception datant de 1640 qui est la suivante : « cavité souterraine en maçonnerie dans laquelle on conservait la glace produite pendant l'hiver ».
Le nom de « glacière », qu’on peut voir d’ailleurs quelquefois écrit « glassière », qui désigne certains tènements, n’est pas rare dans notre région. La conservation de glace, récoltée en hiver en vue de son utilisation en été, devait donc être assez largement répandue.
J’ai entendu dire que, du côté du SOULIE, il y avait des mares, spécialement destinées à la production de glace en hiver. Quand l’eau était prise on labourait la mare à l’aide de bœufs afin d’obtenir des blocs de glace. Les bœufs étaient équipés de fers cloutés qui leur permettaient de ne pas glisser. En été des charrettes descendaient cette glace sur NARBONNE.
En Provence, dans le massif de la Sainte Baume, on a recensé pas loin d’une vingtaine de glacières qui participaient d’une économie qui fut importante dans ce secteur.
Naturellement les hivers que nous avons connus ces dernières années n’auraient pas permis d’entreposer grand chose. Mais ils étaient plus rigoureux autrefois.
Si cette technique de production et de conservation de la glace n’est plus utilisée depuis longtemps, les gens qui ont plus de cinquante ans ont le souvenir de camions venant livrer dans les villages du Biterrois, aux cafetiers notamment, des pains de glace, produits à BEZIERS. Les ouvriers qui les manipulaient utilisaient à cette fin des sacs de jute pour se protéger.
Cette dernière activité a également été abandonnée avec l’essor, dans les années 60, des réfrigérateurs.
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus