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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ) Catégorie : Blog Journal intime Date de création :
27.04.2006 Dernière mise à jour :
10.10.2008
Ça c’est, comme vous pouvez le voir, le cadavre d’un poisson. Une carpe me semble-t-il. Où l’ai-je découvert ? En amont de mon jardin, sur un sentier qui surplombe l’Orb. Ce jour-là j’avais cherché, en vain, quelqu’un était passé avant moi, des asperges de campagne sur un torral (un talus) où il m’arrive d’en ramasser.
J’ai décidé de visiter un ou deux troncs de peupliers pour voir si, par impossible, il n’y aurait pas une poignée de piboladas (des pholiotes du peuplier). En avançant au bord de la rivière j’ai fait s’envoler un héron qui devait être à quelques pas de moi.
Un animal de taille respectable qui a quitté les lieux avec un battement d’ailes assez lent, ses pattes et son cou dans le prolongement du corps comme on peut l’observer généralement. Un héron cendré sans doute, si j’en crois la couleur de son plumage.
Je suppose que j’ai perturbé son repas car le dos du poisson était ainsi qu’on le voit, largement entamé. Un poisson de 25 ou 30 cm, avec de grosses écailles qui avait été péché il y a déjà quelques jours car il était assez sec.
Rien ne dit d’ailleurs que c’est notre héron qui l’avait pris. Dans le bras mort qui est là vit une loutre que Solange, une dame qui vient régulièrement pêcher dans le coin, a vue par deux fois. On peut donc penser… mais au fond je n’en sais strictement rien !
Il paraît que des loutres fréquentent à nouveau les bords de l’Orb. Deux autres personnes m’ont dit en avoir aperçu dans le secteur.
Ah, las piboladas ? Eh bien, aussi incroyable que cela puisse paraître, j’en ai ramassé de quoi faire une omelette. Mais tellement défraîchies par le vent qui soufflait ces jours-là à décorner des bœufs, qu’elles ne m’ont pas paru très engageantes.
Oui, les Palmes Académiques, la Médaille Militaire, j’ai renoncé ! Mais le Mérite Agricole j’espérais. Eh bien c’est compromis !
Ce jeudi 24 janvier j’avais participé le matin à la manifestation biterroise pour la défense de notre pouvoir d’achat bien mis à mal par le contexte. Oui comme vous le savez le président Sarkozy a fait fortement progresser le sien mais pas celui des retraités dont je suis !
L’après-midi j’étais sur mes terres (j’ai estimé pouvoir ne pas faire grève sans être traité de jaune !) où j’avais programmé de désherber des rangs d’oignons plantés au mois d’août. Je les couvais des yeux mes oignons. Pas encore prêts mais en bonne voie.
Tiens, alors que j’en suis au début de mon entreprise, une entreprise délicate, je trouve une tige sur le sol. J’ai constaté ensuite que de nombreuses pampas (fanes) montaient sans difficulté quand je vérifiais si elles étaient encore solidaires du bulbe. C’était coupé au niveau de la tige.
C’est les rats m’a-t-on dit ! Scélérats oui ! Qu’ont-ils à faire à ronger les tiges de tant d’oignons (une dizaine peut-être ?) Je leur aurais abandonné l’un d’eux pourvu qu’ils s’en tiennent là. Mais nous vivons dans une société où la facilité et le gaspillage sont la règle ! Ces rats n’ont aucun esprit civique !
Et rien ne dit qu’ils vont s’en tenir là ! D’autant qu’à la vitesse avec laquelle ils opèrent ils ressemblent plus à Speedy Gonzalez, la souris la plus rapide du monde, qu’à Hector, le rat le plus lent du Mexique !
Il faut que j’avise mais je sais que la lutte sera rude car, je viens de le vérifier, 2008 est annoncé comme l’année du Rat ! Mes prédateurs sont d’ailleurs en avance sur leur temps, l’année du Rat ne doit commencer que le 7 février ! Qu’est-ce que ça va être dans une quinzaine de jours !
Au risque de me mettre à dos les « Ecologiquement faibles » qui préconisent des médecines douces (ils s’en tiennent aux indications de la SOCOPIR, la Société de Contrôle des Pièges à Rats) pour se prémunir des rats et des dégâts qu’ils occasionnent, j’envisage de prendre des mesures draconiennes : l’utilisation de raticide !
C’est que j’en ai besoin de mes oignons moi, ne serait-ce que pour faire verser des larmes à ma veuve quand je mourrai ! Et comme, à cause du Mérite Agricole, que je risque de ne pas avoir, je suis au désespoir et que je crains le pire…
Ce ne sont que quelques tourterelles seigneur ! Oui mais des turques !
Pratiquement chaque matin je peux voir sur l’antenne de télévision d’un des bâtiments de la cité du parc où j’habite une rangée d’oiseaux. Je suppose qu’ils y ont passé la nuit car dans la journée ils ne sont plus constamment à leur poste.
Que sont ces oiseaux ? Sans rien pouvoir affirmer je pense qu’il s’agit de tourterelles turques. Oui ces volatiles n’ont pas attendu l’élargissement de l’Europe à la Turquie pour s’installer chez nous.
Il paraît même que, originaires de l’Inde, ils sont envahissants, leur habitat s’étend continuellement jusqu’à la Scandinavie et à l’Arctique.
Remarquez qu’ils ne me gênent pas vraiment. Certes je ne dirai pas que leur chant est mélodieux. C’est même assez monotone et répétitif mais enfin ce n’est pas pire que les informations à la télévision !
Leur cri ? Moi je croyais que les tourterelles ça roucoule. Eh bien il paraît que mes tourterelles turques gémissent. J’effectue ici un copier / coller de ce qu’ont écrit des spécialistes : « Le cri de la tourterelle turque est un « koo-KOOH-ku » répété, sonore, et bas en tonalité, la troisième syllabe finissant de façon abrupte. » Ils ajoutent : « On peut aussi entendre un « whaaa » ou un « kwurr » dur et nasillard quand l'oiseau se pose. Le cri d'alarme est un nasillard « ghee-gheee », également émis lors des vols nuptiaux. » Ailleurs j’ai relevé : « Le chant est assez monotone « croak-croaaask… aaaak » avec intonation sur la deuxième syllabe. » Moi ce que j’en dis…
Ah j’ai pris aussi des renseignements sur le nom scientifique de ces immigrés. C’est Streptopelia decaocto et ils sont, n’en soyez pas étonnés, de la famille des Colombidae. Quant au qualificatif de « turques » qui accompagne le mot « tourterelles » il serait dû au collier en forme de croissant qu’elles portent… autour du cou évidemment !
On a déjà écrit que leur territoire s’étend régulièrement. C’est qu’elles sont prolifiques nos tourterelles ! Pas la peine de les abonner à Canal Plus pour les motiver en leur visionnant des films X. Toujours de la même source voici ce qu’il est dit à ce sujet : « Elles se poursuivent en vol, et sont très belles quand perchées sur un fil, elles se donnent des « baisers » réciproques sur la tête, le cou et la nuque. » Il paraît que le vol nuptial est très spectaculaire.
Question nourriture elles ne sont pas compliquées puisque essentiellement granivores. Elles atterrissent en bande dans le parc de la cité mais j’ignore quelles graines elles y trouvent.
Ah, la tourterelle nourrit ses petits avec le « lait de pigeon », production du jabot riche en protéines et en graisse, ce qui lui permet d’alimenter sa progéniture en toute saison.
Si j’ajoute que la taille de nos bestioles est de 32 cm, le poids de 150 à 225 g, l’âge maximal de 14 ans… vous saurez à peu près tout ce que j’ai appris en rédigeant ce billet !
Notre photographe a surpris cette reinette dans son sommeil hivernal sur un article d’opuntia communément appelé raquette.
Sommeil hivernal car la photo a été prise ce 23 décembre, à Roquessels.
Roquessels ? Une toute petite commune, un peu plus d’une centaine d’habitants, du canton de Roujan.
Notre photographe nous a avoué avoir fantasmé sur cette Roquesselloise du genre batracien. Il la voyait ni plus ni moins sous la forme d’une jeune fille réduite en reinette par un sortilège. Il était prêt à l’emmener chez lui et à la coucher dans son lit afin de la réchauffer et de la désenvoûter ! Il en aurait fait en quelque sorte sa petite reine !
Une histoire qui était arrivée à un ami. Revenue à la maison un peu à l’improviste, et confrontée à la présence dans le lit conjugal d’une dame en tenue d’Eve, son épouse n’a jamais voulu croire à cette histoire de grenouille qui aurait été victime d’un maléfice et qu’un désenchantement avait permis de rendre à son état premier !
Mais notre reinette Roquesselloise n’était peut-être pas si enchantée que ça. La preuve c’est qu’elle semble dormir profondément sur son article ! A vrai dire, l’animal, qui en général fréquente les mares, n’était guère à sa place sur une plante qui pousse plutôt sur les terrains secs !
Allez savoir ce qui se passe dans la tête d’une grenouille ! Aussi il nous est impossible de dire avec précision quel était son projet.
On peut penser qu’elle fait partie de la chorale « Les Coassements de la Resclauze » (rien à voir avec le célèbre groupe vocal de Neffiès « Les Voix de la Resclauze » !) laquelle donne en mai juin des concerts gratuits pour les habitants du secteur. Mais là ce n’était pas la saison et comme dit le proverbe « Une grenouille ne fait pas le printemps ! »
Ce jour-là, c’était le jeudi 1er novembre, il était un peu plus de 17 h et nous étions un groupe d’une dizaine de marcheurs à terminer une randonnée au départ de Minerve. Nous allions arriver dans le village et nous nous trouvions sur le sentier en corniche que suit le GR 77. Un GR qui part du haut du Saut de Vesoles et rejoint Lagrasse.
Un couple de jeunes gens était installé, matériel d’observation braqué, sous la falaise ouest qui domine la vallée du Brian. Nous avons naturellement demandé des explications. Ces gens s’efforçaient de voir un oiseau rare qui hiberne dans le coin.
Nous avons cherché à en savoir plus. Voici ce que nous avons appris. L’oiseau est un tichodrome échelette. Il vit dans les Alpes (dans les Pyrénées et en Corse également) où il niche.
C’est un oiseau de petite taille : 16 cm d’envergure pour un poids de 15 à 20 g. Il est de couleur grise et se confond avec son environnement. Il a toutefois un jabot blanc et des taches rose vif sur les ailes et la queue. Ses pattes sont petites et un bec recourbé lui permet de se saisir des insectes qui logent dans les anfractuosités des rochers, des murs. Il a un vol caractéristique semblable à celui d’un papillon.
Les falaises du Brian à Minerve sont connues des spécialistes pour accueillir pendant l’hiver quelques spécimens de l’espèce. Nos ornithologues avaient repéré un couple qui circulait dans l’espace aérien.
Le nom scientifique du tichodrome échelette est Tichodroma muraria et on le surnomme Grimpereau des rochers ou des murailles. Tichodrome vient du grec teikhos «muraille», et drome. Il est le seul représentant de la famille des Tichodromadidés.
« Il est totalement inféodé aux parois de pierre qu’il explore méthodiquement à la recherche d’invertébrés » avons-nous pu lire dans le Guide des oiseaux des régions méditerranéennes de Serge Nicolle, Bruno Dubrac et Hervé Michel, un livre d’où nous avons extrait la photo qui illustre le présent billet.
Nous sommes encore dans la ripisylve de l’Orb, sur la rive gauche, en amont de Cessenon. L’arbuste pris en photo est un raisin d’Amérique.
Il peut atteindre 2 ou 3 m de hauteur et il n’est pas rare sur les berges des cours d’eau ou dans les terrains vagues plutôt fertiles.
Les tiges sont rougeâtres, les feuilles grandes et découpées. Les fleurs, blanchâtres, forment des grappes qui donnent des fruits, noirs et ridés maturité, qui ressemblent à des raisins.
On l’appelle raisin d’Amérique mais il a bien d’autres noms : Vigne de Judée, Epinard de Cayenne, Epinard des Indes, Morelle en grappes, Faux-Vin, Herbe à la laque, Teinturier… Oui, teinturier car il était utilisé pour colorer les tissages et le vin, bien que ses baies soient considérées comme toxiques, ce qui n’empêche d’ailleurs pas les tourterelles de s’en goberger.
Les feuilles sont comestibles et sont consommées sous le nom d’Epinard doux de la Martinique.
Son nom scientifique est Phytolacca americana et il appartient à la famille des Phytolaccacées.
Evidemment il est originaire d’Amérique et a été importé en Europe en 1650. Il avait des usages médicinaux chez les Indiens d’Amérique du Nord et il est utilisé aujourd’hui en pharmacopée mais il est proscrit pour l’enfant et la femme enceinte.
C’est une plante vivace, l’hiver la partie aérienne disparaît mais au printemps elle réapparaît à partir de la souche. Eventuellement on peut l’utiliser comme plante décorative.
Il s’agit de la huppe fasciée. En latin Upupa epos et en occitan la peput
Je n’en ai pas vu beaucoup cette année. En général j’en rencontre le long des chemins, elles s’envolent à seulement quelques mètres. Voilà, elles doivent être victimes des mesures prises contre l’émigration clandestine.
C’est que notre huppe n’est pas vraiment une européenne, plutôt une africaine qui passe l’hiver sous des cieux plus cléments que les nôtres. Encore que…. il n’y a plus de saison ma bonne dame et certaines restent chez nous !
Et en plus il est carnivore l’animal, consommant larves d’insectes, orthoptères, papillons, araignées, limaces, vers, myriapodes, petits lézards…
Pas un génie de la construction notre huppe. Elle loge dans la cavité naturelle d’un arbre, le trou d’un pic, la fissure d’un rocher, d’un mur…
On l’accuse d’avoir sur elle une odeur… insupportable ! Ah, l’odeur des émigrés ! Pourtant les parents respectent les règles élémentaires de l’hygiène, évacuant les restes alimentaires et les déjections de la nichée. Mais que voulez-vous la mère et les oisillons ont des sécrétions nauséabondes dues à leurs glandes uropygiennes ? On ne se refait pas !
Elle a pourtant belle allure notre peput avec son poids de 60 à 80 g, son envergure de 45 cm, son plumage de couleur beige, ses ailes rayées de noir et de blanc, sa huppe érectile, son bec recourbé.
Et son cri inimitable, « houp-oup-oup » qui est à l’origine de plusieurs de ses noms, « upupa » en italien, « hoopoe » en anglais, « bout bout » dans le centre de la France.
L’adjectif fascié ? Il est dû aux rayures de ses ailes et de sa queue.
La Société de Protection de la Nature du Languedoc Roussillon l’avait adoptée pour l’affiche, réalisée par le peintre Claude Stein, annonçant une exposition qui rendait hommage à François Hue et qui était présentée à Pézenas en… 2002 !
Photo de Meles meles, plus connu sous le pseudonyme de blaireau
Il est assez rare de voir un blaireau et quand c’est le cas il s’agit le plus souvent d’un accidenté de la route. Ce qui est moins rare par contre c’est de rencontrer sur un talus l’entrée d’un terrier d’une colonie de ces mustélidés. Sous l’entrée, résultat du déblaiement, la pente forme une manière de toboggan.
Il est plus fréquent encore de découvrir les latrines de la communauté. Plus exactement il s’agit de trous en forme d’entonnoirs, non recouverts que l’on désigne sous le nom de pots (de chambre évidemment !) Oui, les blaireaux sont des animaux respectueux de leur habitat et de leur environnement ! Ils ont donc des latrines collectives à l’extérieur.
Ils sont par ailleurs casaniers occupant le même terrier, en général pourvu de plusieurs entrées, pendant des dizaines voire des centaines d’années. A l’intérieur sont aménagées sur plusieurs niveaux des chambres tapissées de litière où les membres du même clan passent le plus clair de leurs journées.
Oui le blaireau a une vie nocturne, ne sortant qu’au crépuscule dans sa quête de nourriture. Celle-ci est très variée, le blaireau est omnivore. Lombrics, insectes, ½ufs, reptiles et petits rongeurs, fruits et racines diverses… il n’est pas très difficile. Evidemment si vous avez un blaireau dans le voisinage de votre carré de carottes vous courez le risque de voir celui-ci labouré. Il ne dédaigne pas non plus les raisins. Bref il a plutôt mauvaise presse y compris auprès des chasseurs qui l’accusent de s’en prendre aux lapereaux. Même que des chasses au blaireau sont organisées avec des chiens spécialisés appelés déterreurs. Toutefois il paraît que les animaux ainsi saisis sont réintroduits dans les régions où ils sont devenus absents !
Ah, le blaireau est très sociable et hospitalier, accueillant des pensionnaires comme des lapins ou des renards dans le dédale de son terrier.
La gestation de la blairelle est particulière. L’ovule fécondé peut rester plusieurs mois avant de se fixer dans l’utérus, ce type de reproduction s’appelant l’ovo-implantation différée.
Le nom scientifique du blaireau est Meles meles mais contrairement à son quasi homonyme, lui ne fait pas de cinéma, il mange, et même beaucoup ! En occitan c’est lo tais et pour rendre compte de l’aspect replet d’une personne on emploie l’expression « es gras coma un tais ». Eh oui notre plantigrade est assez lourdaud et peut peser une vingtaine de kilos pour une longueur hors tout de 90 cm.
Il n’hiberne pas mais, comme le hérisson l’hiver, il vit au ralenti et, à l’image de Raymond Barre à l’Assemblée Nationale, il sommeille !
Oui, oui, le blaireau dont se servent les hommes pour répandre sur leurs visages le savon à barbe était à l’origine fait des poils de notre animal, d’où son nom !
Quant à l’étymologie du mot blaireau il vient du vieux français bler qui signifie tacheté, en référence sans doute aux bandes blanches et noires qui alternent sur sa tête.
Vous connaissiez, vous, le mot « oothèque » ? Eh bien moi non ! Par contre je connaissais le signifié, mais pas le signifiant. Je l’ai appris récemment de l’ami Paul lors d’une randonnée.
Qu’est-ce donc qu’une oothèque ? C’est une espèce de coque, de couleur blanchâtre, de 3 cm de long sur 1 cm de large environ, dans laquelle certains insectes, les mantes religieuses en particulier, pondent leurs œufs.
Mais voyons plutôt ce qu’il en est. La mante expulse par l'extrémité de son abdomen une substance, qu'elle brasse pour y emprisonner des bulles d'air, et qui ressemble dans un premier temps à de la mousse, laquelle en durcissant à l'air se transforme en une matière très solide. Dans le même temps elle pond les œufs à l'intérieur. Trois ou quatre cents œufs sont ainsi répartis dans cette matière avant qu'elle ne se solidifie. La substance ainsi produite, et les œufs qu’elle contient, se déposent sur un support : branche, pierre… Vous avez à coup sûr rencontré de ces oothèques, le plus souvent débarrassées de leurs œufs, lesquels éclosent au printemps, donnant naissance à de jeunes mantes presque semblables, ne serait-ce les ailes, à leurs parents.
Vous avez aussi croisé une de ces mantes religieuses, de couleur verte le plus souvent. La couleur est d’ailleurs due à la biliverdine, un pigment vert résultant de l’oxydation de la bilirubine, pigment rouge présent dans la bile.
Terrible la mante religieuse ! De son nom latin, Mantis religiosa, en occitan prègadieu, elle est pourvue de pattes formidables qui lui permettent de saisir ses proies. C’est qu’elle est affreusement carnassière ! Si on veut en faire l’élevage il faut lui fournir des criquets. Elle a des yeux mobiles qui lui permettent de voir à l’arrière sans tourner la tête, ce que tout de même elle préfère faire.
Eh oui, on sait qu’elle est horrible aussi avec les mâles qu’elle mange quelquefois après, ou même pendant, l’accouplement ! Elle leur sectionne la tête, sans doute pour qu’ils ne l’aient pas ailleurs pendant qu’ils remplissent leurs devoirs conjugaux. Pourtant on ne peut pas reprocher à ceux-ci de faire l’amour comme des lapins, ça peut durer des heures ! Mais bon, la chose ne coupe pas l’appétit à la femelle, au contraire, ça le lui ouvre et comme le mâle est plus petit…
Apparemment elle semble s’ennuyer pendant l’acte, en tout cas elle ne manifeste rien. Cela n’empêche pas la mante religieuse femelle de n’avoir aucune morale et les amants se succèderaient si on en croit le récit suivant, que nous devons à l’entomologiste Jean-Henri Fabre : "La mante, dans bien des cas, n'est jamais assouvie d'embrassements et de festins conjugaux. Après un repos de durée variable, la ponte déjà faite ou non, un second mâle est accepté, puis se fait dévorer comme le premier. Un troisième lui succède, remplit son office et disparaît mangé. Un quatrième a semblable sort. Dans l'intervalle de deux semaines, je vois ainsi la même mante user jusqu'à sept mâles. A tous, elle livre ses flancs, à tous elle fait payer de la vie l'ivresse nuptiale".
Eh dire qu’il y en a qui le 8 mars… On serait plutôt enclin de proposer aux mantes religieuses mâles d’adhérer au syndicat des conjoints malheureux qui, par ces temps de crise, devrait recruter à tour de bras !
Chaque année à l’automne notre ville est envahie par des colonies nombreuses d’étourneaux dont les riverains des Allées, ainsi que les passants et les automobilistes, connaissent les nuisances : fiente et cris.
Evidemment on peut s’émerveiller devant l’esthétique du ballet aérien des vols immenses d’étourneaux qui à certains moments occupent la grande scène du ciel.
Il existe deux espèces d’étourneaux, très voisines : l’étourneau sansonnet et l’étourneau unicolore. A Béziers il semble que ce soit à l’étourneau sansonnet que nous ayons affaire. Son nom latin est sturnus vulgaris.
Noir avec des reflets mordorés, ponctué de blanc et de fauve, il a plus de taches en hiver qu’en été. Bec jaune au printemps, la base est bleuâtre chez le mâle. La femelle a l’iris plus pâle que le mâle, les jeunes sont brun clair.
Sa voix est très variée. Elle peut imiter d’autres oiseaux et même les humains. D’ailleurs l’étourneau appartient à la famille des sturnidés dont les mainates sont aussi des représentants.
Il mesure de 20 à 25 cm pour un poids d’environ 80 g. Il arrive de Scandinavie, d’Ecosse, de l’Est de l’Europe pour hiverner dans l’Europe de l’Ouest. Certaines bandes continuent jusqu’au Maghreb.
Il est omnivore et si, dans la période de nidification, il est surtout insectivore, et donc plutôt utile aux agriculteurs, il peut devenir frugivore. Il est alors, dans sa zone d’hivernage, un véritable fléau pour les cultures. C’est notamment le cas en Tunisie où il ravage les oliveraies.
On compte une ou deux pontes annuelles, la première ayant lieu en avril. L’étourneau niche dans la cavité d’un arbre, d’un bâtiment, d’un mur ou d’un rocher, dans l’ancien nid d’une autre espèce et même aussi dans un nid occupé, ne craignant pas d’en chasser les occupants légitimes. Les nichées sont de 4-6 œufs, de 30 mm, couvés en 12-13 jours, les jeunes, nidicoles (c’est à dire qu’ils ne quittent le nid que lorsqu’ils savent voler), s’envolent à 20-22 jours.
L’étourneau unicolore a un répertoire vocal plus riche que celui de son congénère l’étourneau sansonnet. Il est sédentaire en Espagne, Corse, Sardaigne et en Sicile.
Ah, d’où vient l’expression « ce n’est pas de la roupie de sansonnet » ? Eh bien ici le mot « roupie » n’a rien à voir avec l’unité de monnaie indienne (ou d’autres pays d’Asie.) Dans cette acception « roupie » signifie, c’est du vieux Français, « goutte au nez », « morve » !
Ajoutons cette information : à Saint Jean du Bruel, dans l’Aveyron, on produit du pâté de sansonnet.