Faune
Posté le 10.07.2006 par cessenon

Déjeuner de laiterons pour trois Testudos greaca ibera âgées de 9 mois. Photo Paul Barbazange, le propriétaire.
Il y avait affluence à la salle polyvalente de Sauvian ce dimanche 30 avril pour l’exposition de tortues organisée par l’association Tartuga34. Il faut dire que la cheloniophilie, la passion des tortues, fait un peu partie du paysage culturel de la région.
Une centaine de tortues de diverses espèces, autochtones ou importées, terrestres ou aquatiques, jeunes ou adultes, petites ou plutôt grosses, étaient présentées au public.
La seule tortue terrestre qui vit à l’état sauvage en France est la tortue d’Hermann dont le nom scientifique est Testudo hermanni. La cistude (Emys orbicularis pour les spécialistes) est l’unique tortue aquatique qui vit en Europe. Elle est hélas menacée de disparition par la tortue de Floride qui colonise les espaces naturels qui sont les siens et y prolifère suivant le principe bien établi, quoi que refusé par les électeurs, de la concurrence libre et non faussée.
On peut ajouter ici que les moines avaient fait des arrangements avec le ciel considérant que les tortues, terrestres ou aquatiques, n’étaient pas de la viande et qu’elles pouvaient être consommées en période de carême.
Elever une tortue n’est pas une contrainte aussi lourde qu’avoir un chien ou un chat. On n’a jamais rencontré personne emmener une tortue faire ses besoins dans le quartier. Et le propriétaire d’un tel animal ne sera jamais mis en cause par ses voisins pour les nuisances occasionnées.
Ceci étant, depuis 2004 il existe une législation qui incite les possesseurs de tortues à remplir une demande d’autorisation pour l’élevage de tortues. Il s’agit avant tout d’expliquer aux gens quelles mesures peuvent permettre d’empêcher l’extinction des espèces autochtones.
Il faut savoir que l’importation de tortues, notamment du Maroc où s’est développé un commerce, a des effets négatifs sur les populations de tortues vivant en France. Elles sont porteuses de maladies contagieuses qui se développent avec le stress dû à la transportation.
Par ailleurs les tortues abandonnées dans la nature deviennent, on l’a déjà dit, envahissantes. Justement une dame signalait à l’ami Paul, le responsable de Tartuga34, que son mari pêcheur ne comprenait pas pourquoi il n’attrapait plus de poisson dans son coin favori des étangs de La Malhaute. Eh bien il a découvert que c’était dû à une tortue alligator qui sévissait dans le secteur.
En collaboration avec la Direction des Services Vétérinaires de l’Hérault et du Languedoc-Roussillon dont une représentante participait à la journée de Sauvian, les associations telle Tartuga.34 contribuent à la popularisation et à l’application de la législation en vigueur laquelle n’a pour objectif que l’aide aux éleveurs et la sauvegarde d’espèces originelles. De ce point de vue l’exposition aura sans aucun doute aussi été un succès.
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Posté le 09.07.2006 par cessenon

Des ragondins ? J’en avais déjà entre-aperçu dans l’étang de Vendres. Il paraît qu’ils y pullulent. Toutefois c’était de manière fugace, juste le temps de voir une forme se glisser entre les roseaux. Une autre fois, c’était du côté de La Malhaute, j’ai pu en observer un qui traversait un bras de l’Orb. Mais là il était loin. Peut-être, je ne suis sûr de rien, que les plongeons bruyants que j’ai pu entendre ici ou là étaient dus à des ragondins ?
Ce mardi 12 mars j’étais à la pêche dans le Vernazobres. Silencieux comme il se doit quand on pratique cette activité, j’étais en partie caché par une butte de terre qui avait été dressée par un engin au bord de la berge. Ici la rivière forme un petit gorg (prononcer gourg et traduire par gouffre) de près de 3 m de large sur environ 1 m de profondeur.
Un ragondin a traversé le gorg se dirigeant vers la rive où je me trouvais. Il ne m’avait pas repéré, ce qui m’a permis de le détailler assez longuement. Il nageait en surface, les courts pavillons de ses oreilles, rabattus, laissaient apparaître des orifices béants. Sa queue écailleuse suivait un corps brun roux. L’animal a disparu à ma vue derrière la levée de terre.
Sans doute ai-je dû faire du bruit en cherchant à me déplacer. Cela a provoqué chez lui un moment de panique. J’ai entendu du vacarme et je l’ai vu retraverser le gorg sous l’eau. Il a dû rejoindre son terrier dont l’entrée doit se situer dans l’enchevêtrement des racines d’un arbre.
Je n’avais pas jusqu’ici de sympathie particulière pour le ragondin, ce mammifère rongeur qui a trop l’apparence d’un énorme rat. Malgré ce je me suis renseigné sur son compte.
Il a pour nom latin Myocastor coypus et il est originaire d’Amérique du Sud. On l’appelle aussi coïpou et encore myopotame (ce qui signifie rat du fleuve). Il a été introduit en Europe où il est élevé pour sa fourrure interne (oui, il a deux fourrures) qui imite celle du castor. Les sujets que l’on rencontre à l’état sauvage sont des ragondins échappés de ces élevages ou leurs descendants. Ils se nourrissent de plantes d’eau douce.
Les mamelles des femelles ont une localisation originale : elles sont implantées sur le côté, presque au niveau du dos, ce qui permet aux jeunes de garder la tête hors de l’eau quand la mère les allaite en nageant.
On m’a affirmé que le ragondin est comestible mais je ne connais personne qui ait pu me dire quel goût a sa chair !
Posté le 09.07.2006 par cessenon

Photo Michèle Morato
Lors d’une randonnée effectuée à Toussaint il nous a été donné de voir deux salamandres. La première était près de Copujol dans le Pardailhan. Hélas elle gisait sur la route, écrasée par un véhicule. La seconde, quoiqu’un peu molle dans ses déplacements, était bien vivante et se trouvait près de la source du Vernazobre. Elle s’est d’ailleurs cachée sous un rocher quand elle a perçu notre présence.
Nous avons cherché à en savoir plus sur cet amphibien. Nous vous livrons ici le résultat de nos investigations.
Salamandra salamandra, puisque tel est son nom latin, mais vous pouvez l’appeler salamandre tachetée et même plus simplement salamandre terrestre, est un urodèle c’est à dire un amphibien possédant un corps allongé, quatre membres égaux et une queue épaisse.
Mais ce qui est le plus frappant c’est la couleur de sa robe : noire et jaune. Le dessin ainsi formé est caractéristique de chaque individu, une manière d’empreinte digitale en somme.
La salamandre tachetée peut dépasser une vingtaine de centimètres de longueur. Sa cousine la salamandre de Chine ou du Japon, Megalobatrachus, peut, elle, atteindre 1,5 m !
Sa peau, très vascularisée, contient de nombreuses glandes, dont certaines produisent un venin laiteux irritant, qu'elle rejette lorsque un danger se présente.
Elle est de mœurs crépusculaires et hante les milieux humides, boisés. Certes elle est amphibie mais à l’état adulte elle respire par des poumons et comme elle ne sait pas nager elle ne va dans l’eau que dans les endroits où elle a pied !
Sachez que question affectif les salamandres ne sont pas très précoces : pas avant quatre ans ! Pour ce qui est de l’accouplement Mme est assez dominante, préférant le dessus au dessous. Elle est même très entreprenante ! Voici un récit de la chose : « Du printemps au début de l'été, les salamandres s'accouplent, sur terre ou plus rarement, dans l'eau très peu profonde. Le mâle suit la femelle, la bouscule de la tête, puis essaie de la chevaucher. Le mâle se glisse sous elle. La femelle saisit les spermatophores et les introduit elle-même dans son cloaque, à l'aide de ses pattes postérieures ».
La salamandre est ovovivipare, c’est à dire que les œufs éclosent à l’intérieur du corps maternel. Les larves sont pourvues de branchies extérieures et font les frais de divers prédateurs, la truite étant le principal. Si les larves se nourrissent de petits vers et de daphnies, les salamandres adultes chassent des proies plus volumineuses. Toutefois comme elles se déplacent lentement elles se rabattent sur des animaux à mobilité réduite : escargots, limaces, lombrics… Pas de pitié pour les handicapés !
Les salamandres donnent l’impression de s’économiser et de dépenser leur énergie avec parcimonie. Aussi elles ont une espérance de vie assez élevée : de l’ordre de 25 ans. Elles auraient pu servir de logo à la campagne « Chassons le gaspi » !
En fait les salamandres ont souvent servi de blason, notamment à François 1er qui en a décoré abondamment son château de Chambord. Le plafond de l’une de ses salles en compte 330. La devise « Nutrisco et extinguo » (« Je le nourris et l'éteins ») accompagnait l’emblème.
En fait François 1er n’a fait qu’adopter pour ses armoiries ce qu’avait choisi sa mère, Louise de Savoie, qui célébra le dixième anniversaire de son fils François, duc de Valois, par une médaille dont le revers portait la salamandre flamboyante, accompagnée des mots italiens « Notrisco al buono. Stingo el reo » (Je fais vivre le bon droit, et périr l’injustice).
Dans l'Egypte ancienne, l'hiéroglyphe reproduisant une salamandre représentait un homme mort de froid..
C’est un animal mythique sur lequel ont couru bien des légendes. On l’a cru incombustible et même capable de vivre dans le feu, voire de s’en nourrir ! Particulièrement représentée dans les dessins alchimiques, la salamandre symbolisait « le sel central incombustible qui garde sa nature jusque dans les cendres des métaux calcinés et que les anciens ont nommé semence métallique » !
Il s’est même trouvé un certain Hippolyte Sauvage de Mortain pour raconter que les salamandres pouvaient être transformées en pièces d’or. Citons-le : « Si vous êtes armés d'un robuste bâton de voyage, assommez le plus grand nombre que vous pourrez de ces petits animaux, puis, ( ... ) dès les premiers rayons du soleil matinal, vous devrez apercevoir à vos pieds, autant de pièces d'or que vous aurez tué d'animaux durant la nuit» Au fond les salamandres « possèdent le secret que cherchèrent en vain et si longtemps les alchimistes du Moyen-Age, celui de faire de l'or » !
Ajoutons pour finir que, à l’instar du lézard qui reconstitue sa queue perdue à la bataille, la salamandre est capable de régénérer un membre amputé et que le phénomène est, dans un laboratoire de Californie, l’objet de recherches pour des applications médicales.
Posté le 09.07.2006 par cessenon

Photo Noël Morato
[SIZE=14]C’est le dortoir d’une colonie de cormorans et il se trouve en amont de REALS, entre MURVIEL et CESSENON donc, sur la rive gauche de l’ORB. C’est un spectacle insolite (non estival*) que ces taches noires perchées sur de grands arbres, des peupliers sans doute, rendus tout blancs par la fiente de ces oiseaux. Des arbres qui, s’ils ne sont pas encore morts, ne tarderont pas à l’être, asphyxiés par le guano accumulé.
De temps en temps un de ces volatiles quitte son perchoir et part, sans doute à la pêche, avec un vol si caractéristique qu’il est impossible de ne pas l’identifier.
On a pu voir à la télévision un documentaire montrant, en CHINE, des cormorans dressés pour la pêche. Munis d’un anneau au cou qui les empêche d’avaler leurs proies ils permettent à quelques familles de vivre d’une pêche très peu... industrielle.
Autrefois inconnue dans la région, cette espèce protégée s’est développée et s’est fixée à proximité des étangs qui se sont formés avec l’exploitation des gravières entre CAZOULS et MURVIEL. Ce sont de redoutables prédateurs qui paraît-il mangent chaque jour leur poids de poissons, soit environ 400g, sans compter les 100g qu’ils abîment. Autant dire que leur prolifération n’est pas appréciée des pêcheurs.
Dans la DOMBES, au nord-est de LYON, ils sont un véritable fléau pour les pisciculteurs qui vivent de l’exploitation des étangs. Les cormorans forment et resserrent un cercle dans lequel les poissons affolés se rassemblent. Au signal d’un chef, les cormorans piquent dans le tas et quand ils repartent il manque plusieurs dizaines de kg de carpes, tanches, brochets, gardons... Naturellement ils reviennent le lendemain.
Même situation dans la BRENNE, dans le département de l’INDRE, où on cite le cas d’un exploitant d’étangs qui ne récupère que 700 kg de carpes sur les 18 tonnes attendues. Un autre, dont les étangs étaient les seuls du secteur à n’avoir pas gelé à l’automne 98, a recueilli 13 kg de carpes et de tanches là où il en espérait 1500 !
Une directive européenne de 79 a favorisé l’augmentation de la population des cormorans. En FRANCE, estimée à 4 000 avant la directive, elle aurait été de 66 000 en 91/92, pour passer à 115 000 en 95/96. Certes nous ne voulons pas la mort du... pêcheur. Mais cette population excessive prélève chaque jour 50 tonnes de poissons dans l’Hexagone. Un désastre économique et écologique.
Le palmipède noir devient un oiseau de malheur, alors... ne soyons pas écologiquement faibles.
* Le spectacle n’est pas permanent, en été il y a relâche, les cormorans sont ailleurs ! Et de plus il semble que le dortoir soit à présent désaffecté.
Posté le 07.07.2006 par cessenon

Chaque matin j’ai droit à un concert, il est gratuit, de rossignols qui trillent à tue-tête dans le parc de ma cité. Cela se produit à la fin de la nuit mais il y a quelques insomniaques qui gringottent sur le coup des 3 h et quelques lève-tard qui quirittent vers les 10 h et même au-delà.
Ah oui, il paraît qu’un rossignol ça trille, ça gringotte et même que ça quiritte mais je n’ai trouvé ce dernier mot dans aucun dictionnaire.
Non, non, je ne me plains pas, selon l’encyclopédie des éditions Sittelle le rossignol qui vit en France a un répertoire étonnamment varié et agréable, les phrases sont flûtées, mélodiques et répétées. C’est bien ça, surtout pour le qualificatif de « répétées ». Pour tout dire on a l’impression que c’est bloqué.
Renseignements pris il s’agit de rossignols philomèles. Certains, mais ils ont tort affirment les spécialistes, écrivent philomène. Selon Le Robert c’est un nom mythologique qui, via le latin Philomela, vient du grec Philomêla, de philein (- Phil-) et melos «chant». Philomèle désignait le rossignol dans un langage ancien et poétique.
Si en occitan on l’appelle simplement lo rossinhòl, son nom scientifique est Lusciania mégarhyncos.
C’est un oiseau migrateur, il passe l’hiver en Afrique sahélienne ou tropicale y partant entre la fin de juillet et le début d’octobre pour revenir chez nous en mars.
Les nids sont construits le plus souvent à une cinquantaine de centimètres du sol et il y a une ou deux couvées en avril / mai et juin / juillet avec 5 – 6 œufs de couleur olive ou brun sombre. Ceux-ci sont éclos au bout de deux semaines et les oisillons quittent le nid une douzaine de jours plus tard sans être encore autonomes.
S’il est rare de voir un rossignol adulte on peut rencontrer assez souvent un de ses nids dont la structure est plutôt désordonnée. Eh diantre le rossignol est un artiste musicien pas un bâtisseur !
C’est un passériforme de taille modeste : une quinzaine de centimètres pour une vingtaine de grammes.
Le rossignol philomèle se nourrit d’insectes divers (carabes, fourmis…), vers de terre… éventuellement de baies.
On connaît les différentes significations du mot rossignol, depuis l’instrument pour crocheter les portes jusqu’à l’objet invendu perché, comme l’oiseau sur la plus haute banche, sur l’étagère la plus élevée du rayon. Sait-on aussi que la maladie appelée « Rossignol des tanneurs » vient des cris de douleur que provoque la souffrance des excoriations provoquées par les produits caustiques ? Sait-on encore que par dérision l’âne est désigné, à cause de son braiement, par l’expression de rossignol d’Arcadie ?
Pour terminer on va placer ici un poème en occitan de Jacques Vanière que l’on peut voir sur le monument qui lui a été érigé à Causses et Veyran à l’occasion du tricentenaire de sa naissance :
E tu rossinhòlet
Que bebes a galet
Aquella aiga clareta,
Cantariás plan melhor
Se bebiás como ieu
De jus de la soqueta.
Nous ajoutons aussi sa traduction :
Et toi petit rossignol
Qui boit à la régalade
Cette eau clairette
Tu chanterais bien mieux
Si tu buvais comme moi
Du jus du jeune cep.
Posté le 07.07.2006 par cessenon

Faucon crécerelle en position de Saint-Esprit
Il est tellement commun que vous ne pouvez pas ne pas en avoir vu ! Et sa façon de voler sur place, contre le vent, à quelques mètres de hauteur, en battant rapidement des ailes, est tellement caractéristique, qu’il est facilement identifiable. Cette position, appelée « En Saint-Esprit », est sans rapport avec un quelconque exercice du Kama Soutra. Elle lui permet de repérer ses proies, petits rongeurs, reptiles, batraciens, passereaux, insectes… sur lesquelles il s’abat en chute libre. C’est ce qu’attestent les pelotes de déjection que l’on peut découvrir sous les piquets, poteaux… qui lui servent de perchoir.
On le rencontre très souvent au bord des routes, sur les terrains cultivés, et sa présence est un indice de la bonne santé biologique du territoire. Il contribue d’ailleurs au maintien de cette bonne santé car, comme tous les rapaces, il est partisan du moindre effort et s’en prend volontiers aux sujets malades, blessés…
Son nom scientifique est Falco tinninculus et il fait naturellement partie de la famille des Falconidés. En occitan c’est Lo Falquet. C’est un oiseau d’environ 35 cm de longueur, pour 70 à 80 cm d’envergure et un poids voisin de 200 g. La couleur de son plumage, qui donne sur le roux, varie avec le sexe et l’âge.
Mme et M. Crécerelle ne sont pas des bâtisseurs, ils ne construisent pas de nid mais squattent plutôt ceux des corneilles, pies et écureuils… ou occupent simplement des plate-formes existantes, corniches, ponts, bâtiments agricoles… avec vue imprenable. La ponte compte 4 à 6 œufs et la couvée dure de 27 à 29 jours mais en règle générale 2 ou 3 oisillons seulement arriveront jusqu’au terme de l’envol. L’espérance de vie est de 5 / 7 ans toutefois on a recensé des individus âgés d’une quinzaine d’années.
Adulte, le faucon crécerelle est plutôt sédentaire cependant les jeunes ont le goût de l’aventure et ont tendance à migrer vers l’Afrique. Il vit le plus souvent en milieu découvert, mais pas toujours, certains ont investi les tours de Notre-Dame de Paris.
En France la population de faucons crécerelles est estimée à quelques dizaines de milliers de couples et l’espèce est intégralement protégée.
Posté le 06.07.2006 par cessenon

C’est le nom (1), un peu insolite, d’un rapace que l’on voit couramment, perché en bord de route, sur un piquet, un arbuste, une haie, un fil de fer… Pourquoi cet adjectif de variable ? A cause de la couleur, changeante, de son plumage qui va du brun foncé au presque blanc.
C’est un oiseau d’une cinquantaine de centimètres, d’une envergure dépassant un mètre. La femelle, plus grosse que le mâle, peut atteindre plus d’un kilogramme.
La buse variable, buteo buteo pour les intimes (pour être complet elle est de l’Ordre des Falconiformes et de la Famille des Accipitridés), se nourrit de micro-mammifères, de batraciens, d’insectes, de vers de terre… Elle est à l’affût des accidentés de la route et joue un rôle éminent dans la salubrité publique.
Buteo buteo peut effectuer des vols planés et même, à l’instar du faucon crécerelle, pratiquer la position du « Saint-Esprit ». Qu’on ne se méprenne pas, il ne s’agit nullement d’une séquence de film X, mais d’un vol sur place, contre le vent, par battement rapide des ailes.
Beaucoup des sujets que l’on peut voir en hiver dans notre région arrivent de Scandinavie ou d’Europe de l’Est, voire d’Asie. Eh, c’est que l’Europe s’est élargie et que de plus le Monde est devenu un grand village ! On compte quelque 50 000 couples de buses variables qui séjournent régulièrement (enfin, régulièrement, ce sont quand même des Sans-Papiers !) en France.
Nous ne sommes toutefois pas menacés par cette immigration, certes clandestine. Oui en effet, même si plusieurs chasseurs (à n’en pas douter électeurs de CNPT) se plaignent d’un excès de cette population, il faut savoir que celle-ci s’autorégule, sa survie étant liée à son environnement (nourriture, territoire).
Malgré ce certaines personnes – toujours les mêmes d’ailleurs – se plaignent des mesures de protection (des avantages sociaux en quelque sorte !) dont, comme l’ensemble des rapaces, bénéficie la buse variable. Il n’est pas rare d’en trouver un cadavre criblé de plomb.
Pour l’heure on ne voit guère de buse variable dans nos campagnes. Comme tout un chacun buteo buteo aime bien revenir dans son pays d’origine quand les conditions climatiques s’améliorent ! C’est qu’il est amer le pain gagné en terre étrangère !
Il en est cependant qui s’implantent (s’incrustent même ne craignent pas de dénoncer quelques-uns) durablement dans leur pays d’accueil. D’aucuns parlent d’intégration. Pour celles-là une couvaison unique d’une ponte de 1 à 4 œufs, des œufs blancs tachetés de brun, donne après une incubation qui dure de 36 à 38 jours des jeunes de la deuxième, voire de la troisième… génération.
Le cri de la buse ressemble assez à un miaulement, il est phonétiquement traduit par la graphie « hièèh ». Ah, l’apprentissage de la langue des oiseaux de France n’est pas évident ! Et encore il n’est question ici ni d’orthographe ni de grammaire !
(1) L’ami Pepone de Murviel nous a fort justement rappelé qu’en Occitan c’est una tartana
Posté le 06.07.2006 par cessenon

Un remake du film « Le mépris » de Godard
Photo Armande Maillet
Le chat là, c’est Rouquin. L’autre c’est Rattus rattus. On ne lui connaît pas d’autre nom. Encore un sans papier !
Bien sûr que Rouquin a vu qu’il y a un rat, un rat noir. Mais ça ne l’intéresse pas vraiment, il regarde délibérément de l’autre côté.
Que voulez-vous qu’il fasse d’un rat ? Le gîte et le couvert lui sont assurés par la lectrice qui nous a envoyé cette photo. Vous voudriez qu’il s’occupe de l’assainissement du quartier ?
Mais pourquoi donc ? Il n’est pas spécialement encombrant ce rat ! Contrairement aux apparences, la fissure sur le sol n’est pas la trace de la queue du rat qu’il aurait provoquée en traversant l’espace.
Non, ce rat est raisonnable et tout compte fait parfaitement supportable. Rouquin a choisi de faire comme s’il n’avait rien vu. Un fin politique notre félin !
Les rats, la dégradation de l’environnement, la qualité et l’abondance des logements, la protection sociale, les systèmes des retraites ou de santé, le chômage, la mal vie… Qu’est-ce qu’il s’en tamponne notre matou ! Pour ce qui le concerne les problèmes sont résolus ! Tiens par exemple, en matière de remboursement des frais médicaux (enfin de vétérinaire), il est pris en charge à 100% par sa maîtresse. Ah ce n’est pas lui qui, tambour battant, aurait mené campagne contre le projet antisocial de constitution européenne !
Remarquez qu’il n’est pas de droite Rouquin ! D’ailleurs s’il n’est pas vraiment rouge il est quand même roux. Non, non, on n’a pas dit qu’il avait le projet de se présenter aux élections présidentielles. Toutefois quand on relève le nom des candidats à la candidature, il faut avouer qu’il ne serait pas le pire ! Il vous fait penser à certains hommes politiques ? Ah oui ? Lesquels ?
Posté le 06.07.2006 par cessenon

Photo Armande Maillet
Une lectrice qui vit en bord de mer nous a envoyé la photo qui illustre le présent article. Renseignements pris il s’agit de goélands mais nous ne sommes pas en mesure de préciser l’espèce.
Oui un couple de ces volatiles a niché sur le toit de sa maison et trois oisillons sont nés. Elle nous a expliqué que les parents étaient extrêmement exigeants quant à leur progéniture. C’est du moins ce qu’elle a cru comprendre du langage quelquefois violent qu’elle a entendu à plusieurs reprises.
Ah, ce ne sont certainement pas ces parents-là que vise Sarkozy quand il envisage de supprimer les allocations familiales à ceux qui ne seraient pas à la hauteur !
A la hauteur, ces goélands l’ont vraiment été. L’un d’eux restait posté en permanence en sentinelle sur un poteau électrique voisin d’où il surveillait les environs !
Notre lectrice avait remarqué que l’un des trois jeunes goélands n’était pas vraiment au même niveau que les deux autres dans son apprentissage de la vie. A vrai dire on pouvait parler de difficultés voire de handicap !
La sœur de notre lectrice, institutrice à la retraite, n’a pas craint de prétendre que c’était un mauvais élève, qu’il n’écoutait pas les instructions qui lui étaient données par ses parents.
Quoi qu’il en soit il n’y a pas eu le soutien nécessaire et notre lectrice a retrouvé le cadavre d’un jeune goéland, sans doute celui qui était handicapé, dans le terrain en terrasses qui entoure sa maison. Elle n’a pas de nouvelle des deux autres. On espère qu’ils sont sortis d’affaire. C’est en tout cas ce qu’on leur souhaite.
Posté le 05.07.2006 par cessenon

Photo Armande Maillet
En fait il s’agit de lectrices et leur courrier a trait à l’article sur le hérisson paru dans nos colonnes le 19 juillet dernier.
La première, qui ne signe pas de manière lisible, nous raconte que l’été un, deux, voire trois hérissons viennent sur sa terrasse partager le repas de ses chats, Rouquin et Tigrée. Elle a d’ailleurs envoyé deux photos de la scène. Nous en avons sélectionné une.
La dame ajoute qu’elle a aussi la visite d’écureuils mais que ceux-ci évitent le contact avec les félins.
A propos du titre donné à l’article déjà paru (cf. Kyrie… le hérisson) elle signale que lorsqu’elle était enfant – c’était il y a quelques années, la dame avoue avoir 82 ans – elle allait à la messe mais qu’elle ne comprenait pas vraiment la formule « kyrie eleison ». De bonne foi elle chantait « Qui riait… le hérisson » !
La seconde, qui signe Mme Fourina, indique avoir élevé un hérisson qu’elle avait baptisé Roudoudou. Celui-ci, adopté au printemps, avait passé chez elle un bel été, un automne et un hiver convenables mais avait connu un nouveau printemps difficile. Roudoudou avait en effet un comportement bizarre. Il ne mangeait plus, poussait des soupirs et laissait sur son passage des sécrétions jaunâtres.
Le mal de Roudoudou ? C’était tout simplement le mal d’amour. Notre lectrice en a eu la certitude quand, ayant laissé choir une brosse à habits, elle a vu Roudoudou… prendre celle-ci pour une femelle hérisson ! Une variante de la poupée gonflable en somme !
Evidemment cela ne pouvait rien produire. Par contre il est possible que, croisé avec un lombric, le hérisson donne un excellent fil de fer barbelé. Des études auraient été commandées par Sharon en vue d’une production de chevaux de frises destinés à renforcer le mur dans lequel il veut enfermer les Palestiniens.
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