Flore
Posté le 05.10.2006 par cessenon

Rameau d’arbousier avec fleurs et fruits.
Photo Marianne Perrot.
Octobre / novembre c’est la saison où les arbousiers sont les plus beaux. Arbuste des terrains siliceux, l’arbousier est cependant présent sur les sols dolomitiques et pauvres en calcaire.
On appelle l’arbousier l’arbre aux fraises mais son nom scientifique est arbutus unedo et il appartient à la famille des éricacées qui est la famille des bruyères. A l’état naturel il ne dépasse guère 2,5 m de haut, mais s’il est taillé il peut atteindre 4 ou 5 m. Dans ces conditions il peut vivre jusqu’à 3 ou 400 ans !
Il a la particularité de porter simultanément des fleurs et des fruits à tous les stades de leur maturité (1) . Les premières, rassemblées en petits bouquets ont la forme de clochettes, blanches ou rosées, les seconds sont verts, jaunes, orangés puis rouges. On peut alors les consommer soit directement (c’est un peu écœurant et même indigeste) soit sous forme de gelée (il est préférable de passer les arbouses dans un tamis ou un torchon pour éliminer les graines). Les Anciens en faisaient une liqueur appréciée. L’arbouse était utilisée par les braconniers de Provence ou du Languedoc comme appât pour leurs pièges à oiseaux.
Le feuillage, vernissé, est persistant et le tronc, crevassé, est de couleur rouge. L’ensemble est particulièrement beau et, avec les fruits diversement colorés, il donne au paysage de maquis qu’il peuple d’abondance un cachet particulier.
L’arbousier fournit un excellent bois de chauffage, la partie la plus importante, la burla (la souche), étant souterraine. Dans la région, les bûcherons maniaient autant le pic que la hache ou la serpe quand ils étaient al bòsc (au bois, c’est ainsi qu’on désigne le maquis).
Avec l’ours, l’arbousier fait partie des armes de Madrid. Près de la Puerta del Sol on peut voir une sculpture, « El oso y el madroño », représentant un ours en train de cueillir des arbouses.
(1) Pour indiquer qu’une promesse ne sera jamais tenue – le paiement d’une dette par exemple – on utilise une expression qui rend compte du cycle perpétuellement recommencé de l’apparition des arbouses « cela se fera à la fin des arbouses » l’équivalent des « calendes grecques » ou de « La Saint Glin-Glin » en somme.
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Posté le 08.10.2006 par cessenon

Connaissez-vous le nom de cet arbuste que l'on rencontre sur les talus en bordure des routes et qui, dès le mois de septembre, offre au regard ses petites baies rouges que communément on appelle des pommettes ?
Il s'agit de l’azerolier et les pommettes, qui peuvent atteindre la taille d’une petite noisette, sont des azeroles. Le nom d'azerole vient de l’Arabe az-zuerur, via l'espagnol acerola.
Le fruit de l'Azerolier, encore appelé Aubépine du Midi, sert à la confection de gelées et de confitures. Il a même été cultivé pour cette production.
Dans le temps (bien avant que n'apparaissent les jeux électroniques !) les pommettes étaient utilisées comme projectiles par les enfants qui jouaient avec une sarbacane.
Chaque année en cette saison on peut voir un véritable tapis d'azeroles sur un des trottoirs de l'Avenue Henri Pech, laquelle passe derrière la cave coopérative de Béziers. Eh non personne ne les ramasse pour faire de la confiture !
L'arbuste, qui ne s'éloigne guère de la bande littorale, peut atteindre 3 à 6 m de hauteur et les feuilles sont petites et formées de trois lobes. Mais, hors le nom sans doute, tout le monde connaît !
Posté le 12.10.2006 par cessenon

Eh bien dans son dictionnaire Occitan / Français Christian Laux donne les deux acceptions !
Mais de quoi s’agit-il ? D’une salade sauvage, peut-être la meilleure, une des plus réputées en tout cas !
Son nom français est la Terre-grièpe, encore que Christian Laux traduise par chondrille jonciforme qu’on désigne aussi par salade-à-bûche. Selon les écologistes de l’Euzière c’est, en latin, Reichardia picroides, dédié à Reichard, un médecin allemand de Francfort s/ Main et picris qui signifie amer mais là il s’agit du faux picris.
Quoi qu’il en soit, la cosconilha a bien profité des dernières pluies et l’auteur de ces lignes a pu en ramasser et en consommer. Sa réputation ne lui a pas paru usurpée. Il en a offert à Henri Galtier qui l’a identifiée à « la râpette » que ramassait son père du côté de Montblanc.
Voici la description qu’en donnent les écologistes de l’Euzière : « c’est une plante vivace en rosette peu plaquée au sol, à latex abondant, à souche charnue blanche dont l’écorce est brun noir… Les inflorescences séchées ont une forme caractéristique d’entonnoir. Les feuilles, un peu charnues, glauques, ont très souvent des taches de vin dans les sinus. Elles sont diversement découpées, le limbe se prolongeant sur le pétiole »
Toujours selon les écologistes de l’Euzière voici son habitat : « pelouses et garrigues arides, au bord des champs et des chemins. Elle est commune en Languedoc et en Provence, occasionnelle jusqu’à Lyon et dans la Loire ». Nous dirons quant à nous qu’elle affectionne les talus.
La période où on la cueille va de septembre à avril.
La coscorilha ressemble au picris fausse épervière, qui lui est nettement amer !
Ajoutons pour terminer que Cosconilha est le nom d’un groupe de musique occitan à la notoriété établie.
Posté le 19.12.2006 par cessenon

De son nom latin c’est Helleborus fétidus mais elle a des tas de surnoms : pied de griffon, rose de serpent, pain de couleuvre, patte d’ours, mords cheval, herbe printanière, herbe aux fous... Elle est très présente dans notre région. Elle pousse sur les terrains ensoleillés ou de demi ombre et accepte aussi bien les sols calcaires neutres que schisteux. Comme l’indique son qualificatif elle a une odeur désagréable.
C’est une plante vivace qui peut atteindre 80 cm de hauteur. Les feuilles sont caulinaires, c'est-à-dire fixées à la tige. C’est une plante à feuillage persistant qui fleurit à partir de janvier. Les fleurs, en forme de clochettes, sont d’un vert pistache Elle a une parente cultivée, helleborus niger (traduction l’hellébore noire) qui est appelée la Rose de Noël. Inutile de dire pourquoi, chacun aura compris.
Helleborus f½tidus appartient à la famille des renonculacées et à ce titre c’est une plante toxique. Mais on ne va pas l’accabler, elle est mellifère.
Au Moyen Age elle était considérée comme un remède contre la folie. Dans la fable « Le lièvre et la tortue » le lièvre répond à la tortue qui l’a défié à la course :
Ma commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d'ellébore.
Le mot « grain » désignant probablement une unité de masse valant 0.053 g.
Le mot « hellébore » lui aurait une étymologie sémitique, « Helebar » et aurait un rapport avec le traitement de la folie.
Que dire encore sur l’ellébore ? Ah, je peux raconter un souvenir du temps de l’Ecole Normale d’Instituteurs. C’était en 1955 – 1956 et j’étais en classe de Seconde. Nous avions un vieux professeur de botanique complètement anachronique qui s’appelait Luquet. Ce jour-là nous avions à déterminer une plante à l’aide de la grande flore de Gaston Bonnier. Il s’agissait tout simplement de l’hellébore à odeur fétide. Pas très passionné par le sujet, Michel Combes faisait passer et repasser sa plante devant son visage. Il fut interpellé d’un : « Ne faites pas gnagnagna avec votre plante d’Helleborus foetidus ! »
Posté le 26.12.2006 par cessenon

Photo Françoise Deixonne
Il s’agit bien sûr d’un micocoulier. Evidemment comme la photo a été prise en hiver et que son feuillage est caduc, il est tout dénudé.
On l’appelle aussi falabréguier et son nom scientifique est Celtis australis. Il appartient à la famille des Ulmacées dont l’orme est également un représentant. En occitan c’est un micocolièr mais, suivant une pratique courante dans cette langue, on féminise le mot quand le sujet est particulièrement gros. Ici ce serait donc una micocolièra.
Il peut atteindre une vingtaine de mètres et, arbre méridional par excellence, on le rencontre sur tout le pourtour méditerranéen. Il se satisfait d’un sol ingrat et pousse en bordure des chemins, des routes. Un arbre d’alignement dit-on. Il est également utilisé comme ornement.
Son tronc est lisse, cannelé avec l’âge, gris cendré, son écorce est fine. Son fruit, la micocoule, est tout petit et son noyau presque aussi gros que lui. D’ailleurs quand il y a sécheresse les viticulteurs se plaignent que « les grains de raisin sont comme des micocoules » ! Au mois de septembre, quand la drupe est mûre, il y a sous la peau d’un brun noirâtre, un peu de pulpe au goût sucré.
Il n’empêche, on a trouvé au Sahara, sur des sites d’habitat néolithique, des accumulations d’endocarpes de fruits de Celtis australis. Comme quoi l’homme préhistorique consommait des micocoules !
Le bois de micocoulier a été longtemps utilisé pour fabriquer des manches d’outils, notamment de fouet car il est souple et qu’on peut le tresser. Les Pyrénées Orientales s’étaient fait une spécialité dans ce domaine. A cet effet on cultivait le micocoulier jusque sur les pentes du Canigou ainsi que dans la vallée du Tech. On le désignait sous le nom de bois de Perpignan, « Le Perpignan » étant le manche de fouet de charretier que l’on produisait dans plusieurs fabriques de la région. Naturellement avec la mécanisation de l’agriculture cette activité a pratiquement disparu.
A Sauve, dans le Gard, on fait des fourches entièrement en bois avec les branches du micocoulier. Aujourd’hui elles ne sont guère plus vendues que pour décorer les intérieurs. Mais autrefois la production était destinée à la fenaison et la fabrication de fourches en micocoulier était sans doute une activité importante dans l’économie du Pays Cigalois.
Avec le micocoulier en faisait aussi du charbon de bois. Il peut également servir en pharmacopée, contre la diarrhée, et son écorce et ses racines permettent d’obtenir une teinture jaune.
Ajoutons encore que le bois de micocoulier était utilisé pour les traverses de chemin de fer, pour la fabrication de cannes, de cravaches, de rames et les instruments de musique à vent. Le bois dont on fait n’importe quoi en somme, y compris les flûtes !
Posté le 01.01.2007 par cessenon

La fin de l'hiver n'est pas encore là mais dans la garrigue la fleur qui l'accompagne est déjà présente.
Il s'agit de la globulaire arbrisseau. « La Globulaire arbrisseau, Globularia alypum (30-80 cm) forme de petits buissons clairs à feuillage persistant. Leurs fleurs bleues embellissent les terrains rocheux calcaires et notamment dolomitiques » avons-nous relevé dans l'ouvrage des Ecologistes de l’Euzières « La nature méditerranéenne en France ».
Le mot « alypum » a une origine grecque et signifie qui calme la douleur. La globulaire est encore appelée turbith, le nom venant de l'arabe turbidh qui désigne des substances purgatives assez drastiques. On la désigne aussi sous le vocable de Séné de Provence. En occitan c'est la pompareleta.
Ce dimanche 31 décembre, au cours d'une balade du côté de Causses et Veyran nous avons pu en cueillir un petit bouquet.
Les mimosas non plus n’étaient pas loin de fleurir. Pour le reste il faudra attendre encore quelque temps.
A côté d’une photo représentative de Globularia alypum, nous avons ajouté une macro de capitule de globulaire, très belle, surtout en couleur ! On la doit à Jean-Christophe Pagliarin, un Vosgien garde-forestier de son état, et elle a été prise du côté de Ceps, au cours d'une randonnée qui s'était faite en février 2004.
Posté le 03.01.2007 par cessenon

Là c'est en février 2002 (il paraît que cette année la saison n'est pas bonne car il ne fait pas assez froid !) à Thézanel, sur la commune de Cazouls les Béziers. Pierre-Henri Bonet fait une démonstration de recherche de trufffes avec Diane sa petite chienne.
Photo Christine Taussac
Introduisons notre document par la citation ci-dessous extraite de l'Encyclopédie Universalis.
« La culture des champignons comestibles (fungiculture ou myciculture) est une activité humaine fort ancienne ; stimulée par l’intérêt gastronomique mais aussi par les applications médicinales, elle a évolué parallèlement au maintien de la cueillette traditionnelle des espèces sauvages. Les documents chinois situent autour des années 1200-1300 après J.-C. la domestication du champignon parfumé, ou shiitake. C’est dans le potager du roi Louis XIV qu’a débuté vers 1670-1680 la culture du champignon de couche (ou champignon de Paris).
Mais il a fallu attendre la seconde moitié du XXe siècle pour pouvoir véritablement parler de trufficulture. »
Dans notre région la culture de la truffe s’est développée il y a quelques années, sur des terrains en friches qui ne donnaient pas de rendements intéressants dans le domaine viticole. C’est en particulier le cas vers Cébazan, Puisserguier…
La truffe se développe sur les sols qui « drainent » c'est à dire qui permettent l'écoulement de l’eau. Un pH compris entre 7 et 8, correspondant à un environnement basique, est l’idéal. Les sols argilo-calcaires sont donc favorables.
Un labour peu profond, ne dépassant pas 25 à 30 cm, est nécessaire avant la plantation. Différentes espèces d'arbres ou d'arbustes permettent la production de truffes : chêne vert, blanc, pédonculé et américain, noisetier, noisetier de Turquie, charme blanc et noir, tilleul, peuplier noir, vergne…
Il faut préciser que la truffe est un champignon mycorhizien c'est à dire qu'il vit en symbiose (association étroite) avec les racines sur lesquelles il se développe. Les champignons saprophytes au contraire croissent sur une matière organique formée de végétaux morts.
Il existe diverses espèces de truffes : celle dite « du Périgord », ou truffe noire, de son nom latin Tuber melanosporum, est la plus commune. Mais on peut citer aussi la truffe de Bourgogne, Tuber uncinatum et la truffe blanche du Piémont, Tuber magnatum, qui n'était pas jusqu'ici cultivée en France.
Les plants vendus par les pépiniéristes (M. Jacques Martin à Villespassans, Mme Murielle Chatron-Colliet à Beaulieu) sont mycorhizés. Un plant mycorhisé pousse plus vite et donne des truffes plus tôt : les premières récoltes ont lieu à partir de la quatrième ou cinquième année. Suivant la nature du terrain on peut planter de 3 à 500 arbres à l’hectare.
Actuellement il est recommandé de ne planter que dans les terrains irrigables. Il faut prévoir en effet d'arroser régulièrement, en fonction évidemment de la pluie qui est tombée.
La pluie du mois d'août est favorable à la sortie des truffes. Voici trois dictons qui, chacun à leur façon, en témoignent : « Quand il pleut à Saint Roch (le 16 août), les truffes naissent sur le roc. Quand il pleut à la Saint Barthélemy (le 24 août), il y a des truffes à plein nid. Quand il pleut en août, les truffes sont au bout. »
Une truffière doit également être entretenue : binage, paillage, taille, traitements contre les prédateurs… Parmi ceux-ci on trouve le sanglier, ce qui nécessite la clôture de la parcelle. Les lapins peuvent s'attaquer aux jeunes plants ce qui conduit à les protéger par un filet en plastique.
Renards, mulots, rats-taupiers, écureuils, chevreuils… eux aussi se délectent des truffes, ainsi que, plus terre-à-terre ceux-là, les mille-pattes, les bousiers, les limaces, les escargots…
Chenilles et cochenilles sont aussi capables d'arrêter la croissance du plant, voire de le tuer. Le Bupreste en particulier est un insecte dont les larves pénètrent dans les branches et provoquent leur dessèchement à partir de leurs extrémités. La seule préconisation pratique, en l'absence de produits homologués par la lutte chimique contre les adultes, à titre préventif, est de couper les branches dès l'apparition des dégâts et ceci bien en dessous du dessèchement.
Trois animaux sont en mesure de détecter une truffe grâce à leur flair : les souris, les cochons, les chiens. Bien sûr personne n’a jamais réussi à dresser une souris ! Les cochons ont pu être employés mais ils présentent l'inconvénient de manger rapidement la truffe qu’ils ont dénichée . Le chien est finalement l’animal le plus précieux pour la recherche des truffes. Son apprentissage se fait quand il est tout jeune, le plus souvent grâce à un chien adulte.
Il faut signaler que la présence d’une truffe peut être décelée par l'envol d’une mouche particulière. Une technique utilisée quand on n’a pas de chien. Il faut avancer précautionneusement en balayant le sol devant soi avec une branche et repérer l'endroit d’où la mouche est partie. Le résultat est très aléatoire, la mouche ayant pu décoller non pas au-dessus de la truffe mais à l'extrémité d’une piste d'envol !
L'opération qui consiste à déterrer une truffe s'appelle le « cavage » et cela se fait de décembre à février. Une truffe ayant été repérée c’est avec précaution qu’il faut l'extraire du sol. Un tournevis, une cuillère, une fourchette… sont les instruments les plus adaptés à cet objectif. Ils permettent en effet de ne pas abîmer les racines environnantes. En Provence, un « caveur » est appelé « rabassier » et sa récolte « la rabasse. »
Le cavage, dans les truffières, cultivées ou spontanées, est rigoureusement interdit sans l'accord du propriétaire. Pierre-Henri Bonet de Pailhès est garde assermenté sur les secteurs de Bédarieux et Pailhès depuis une douzaine d'années. Il ne vous fera pas de cadeau si vous êtes en infraction ! Il a été récemment médaillé pour son comportement exemplaire dans la fonction qui lui a été confiée.
La truffe n'est que l'aboutissement d'un long cycle biologique qui s'est réalisé avec le développement d'un réseau de filaments qu'on appelle le mycélium. Le carpophore est en général de dimension modeste mais on peut citer le cas d'une truffe de 7 ou 800 g trouvée par M. Miquel viticulteur (et trufficulteur) à Cazal-Viel (commune de Cessenon).
Une truffière en plein rendement peut permettre d'obtenir, bon an mal an, 8 à 10 kg de truffes par hectare mais des trufficulteurs font état de récoltes atteignant régulièrement 50 kg à l'hectare. La production nationale est aujourd'hui de l'ordre de 30 à 80 tonnes par an, ce qui est très en dessous de la consommation et offre donc des perspectives intéressantes à la trufficulture. A noter qu'à la fin du 19ème siècle elle était de plus de 1200 tonnes.
Le grand marché de la truffe c'est Carpentras mais, plus près de nous, Uzès est également une place importante pour les transactions.
La grande question c'est évidemment l'utilisation de la truffe en cuisine. Tout le monde a entendu parler du pâté truffé et de l'omelette truffée. Si chacun a pu goûter au premier, plus ou moins riche en truffe, il n'est pas sûr qu'il en soit de même pour la seconde. Copieusement garnie, celle-ci a un arôme extraordinaire et on en garde le goût dans le palais plusieurs heures après l'avoir consommée.
En fait les recettes sont innombrables et nous allons nous contenter d'en rapporter une, donnée par Alain Ducasse. « La meilleure utilisation reste celle qui consiste à prendre une truffe entière, à l’envelopper dans du papier d’aluminium et à juste la chauffer au four pendant 8 à 10 mn selon sa grosseur. » Avec encore cette variante « On l'enferme dans une grosse pomme de terre précuite que l’on l'enroule dans une papillote. On chauffe une dizaine de minutes au four. »
La truffe est consommée depuis la plus haute Antiquité, sans doute déjà à l'époque des pharaons. Auguste et Tibère s'en délectèrent. Louis XIV en offrait lors de ses banquets, Mme de Maintenon était impatiente d'en manger, Mme de Sévigné les dégustait comme des friandises.
« C'est au coeur de l'hiver que la truffe est la meilleure et si on l'apprécie à Noël, c'est du 15 janvier à fin février qu'elle est la plus goûteuse » affirme Danielle Raulet-Reynaud, premier maître d'hôtel de France.
La truffe aurait par ailleurs des propriétés aphrodisiaques. Un certain Brillat-Savarin (1755-1826), gastronome, auteur de « La physiologie du goût » écrivit « La truffe réveille des souvenirs érotiques et gourmands chez le sexe portant jupe et des souvenirs gourmands et érotiques chez le sexe portant barbe. »
Selon la légende Murat conseilla à Napoléon la consommation de truffes pour avoir un héritier. Le Roi de Rome serait le fruit des quantités de dindes truffées que l’Empereur aurait dévorées !
L’Inquisition prétendit que la truffe était aussi noire que l'âme d'un damné. Ces brûlés étaient considérés comme des zones maudites, des ronds de sorcière… formés par la bave de Satan. Conséquence : au Moyen Age, la truffe avait disparu des tables. Elle fut remise à la mode à la cour de France après que François 1er ait eu l'occasion de l'apprécier en Espagne où il avait été prisonnier de Charles Quint.
La truffe est restée longtemps objet de mystères. Théophraste, auteur grec qui a vécu à cheval sur les IV° et III° siècles avant notre ère, affirmait que c'étaient des « végétaux engendrés par les pluies d'automne accompagnées de coups de tonnerre. »
Pragmatique, Alexandre Dumas s'exprima en ces termes : « Vous avez interrogé les savants, leur demandant ce que c'était que ce tubercule, et après deux mille ans de discussion les savants vous ont répondu comme au premier jour, « nous ne savons pas. » Vous avez interrogé la truffe elle-même et la truffe vous a répondu « mangez-moi et adorez Dieu ! »
Posté le 05.01.2007 par cessenon

La mâche sauvage, vous connaissez ? Elle ressemble tout à fait à certaines variétés de mâche cultivée. Les feuilles, disposées en forme de croix, sont toutefois plus étroites que celles de la mâche que l'on trouve au rayon « fruits et légumes ».
En ce moment la mâche sauvage abonde, notamment dans les vignes, plus particulièrement peut-être dans les endroits sablonneux. C'est une bonne salade « de campagne », au goût agréable. Riche en chlorophylle, en vitamines et en sels minéraux, elle est très diététique, son apport énergétique n'est que de 21 calories pour 100 grammes.
Son nom scientifique est Valleraniella et il vient probablement du latin valere, allusion à ses propriétés médicinales. Le mot mâche lui est une altération de pomache qui pourrait dériver de pomasca ou pomum qui, en latin populaire ou classique, signifie arbre. On l'appelle aussi doucette, rampon… En Langue d’Oc elle bénéficie de noms valorisants : Pan froment ou Pan del Bòn Dieu (Pain froment ou Pain du Bon Dieu). Ailleurs on lui donne le nom de salade de chanoine.
Le poète Horace (65 – 8 avant J.C.) signale que Valleraniella olitoria est récoltée à l'état sauvage. Sa culture est commencée sous la Renaissance et devient générale à partir du milieu du XVII° siècle. Sous le Second Empire elle est servie à Paris sous le nom de salade Victor-Emmanuel. Mélangée à du céleri-rave et des betteraves rouges elle forme alors une salade composée dans laquelle on retrouve les couleurs du drapeau italien. En Allemagne, comme l'Italie pays producteur de mâche, j'en ai mangé plusieurs fois chez une amie avec des tranches de mandarine, le tout assaisonné avec de la crème. Le mariage est heureux.
En France on récolte quelque 17 000 tonnes de mâche par an, la région de Nantes assure 85 % de la production nationale.
La mâche est lavée de manière industrielle, des bulles d’air permettant d'éliminer les grains de sable. Elle est ensuite conditionnée dans les barquettes recouvertes d'un film protecteur qui nous sont familières.
Si vous êtes passionnés par la cueillette des fruits de la nature hâtez-vous, c'est en plein la saison de la mâche. Celle-ci a bien profité des journées humides et douces que nous avons connues. Toutefois c'est un travail un peu long que d'en ramasser un plat et vous ne courez pas le risque de provoquer un effondrement des cours à Rungis ! Dans peu de temps elle montera en graine et deviendra dure et râpeuse avant de donner naissance à des fleurs blanc-rose puis à des graines qui permettront de recommencer un nouveau cycle végétal. Alors bonne cueillette, bon appétit… et mâchez bien !
Posté le 18.01.2007 par cessenon
La fin de l’hiver voit la sortie des poireaux sauvages dans les vignes. Cette année il ne s’en trouve pas beaucoup et ils ne sont pas gros. Sans doute parce qu’il n’a pas beaucoup plu, peut-être aussi à cause de l’emploi de désherbant.
Mais connaissez-vous vraiment le poireau sauvage ? Comme tous les poireaux, il appartient à la famille des Liliacées, au genre allium plus précisément. Son nom scientifique est Allium polyanthum, ce qui signifie Ail à fleurs nombreuses.
Voici les caractéristiques qu’en donnent les écologistes de l’Euzière dans leur CD ROM : 40 à 70 cm, plante robuste à allure et odeur de poireau. Feuilles glauques, pointues au sommet. Concernant l’écologie ils ajoutent : champs, vignes, endroits incultes. Ils précisent, au sujet du type biologique, qu’il s’agit d’une plante vivace. La période de floraison s’étend de juin à août.
Il est préférable, si on veut sortir de terre le bulbe en entier (inévitablement entouré de bulbilles) d’utiliser un petit outil pour l’arracher, faute de quoi on risque de couper la tige et de se priver de la partie la plus charnue de la plante. Un conseil aussi, autant « trier » (c’est du Français Languedocien et peut-être que le mot « nettoyer » serait plus approprié !) sur place les poireaux que l’on vient d’extraire du sol, plutôt que d’emporter chez soi la partie supérieure des feuilles, les racines et la terre qui s’y colle.
Nous en avions déjà parlé dans nos colonnes, le poireau sauvage se mange essentiellement en vinaigrette, après cuisson dans une marmite autoclave pendant une dizaine de minutes, mais il n’est pas interdit d’en faire un composant d’une soupe de légumes, de le mettre dans une omelette ou dans une quiche. Il a une saveur délicate et c’est un légume exemplaire avions-nous écrit : « la tête blanche et la tige verte » ! Bon apetís !
Posté le 01.02.2007 par cessenon

Photo Marianne Perrot
Oui, le mois de février voit la floraison des mimosas. On en rencontre en ville, dans les jardins et dans la nature, de préférence sur les sols acides, c’est à dire siliceux.
Dimanche 11 février c’était à Roquebrun, comme chaque année à pareille époque, la Fête du Mimosa. Bénéficiant d’un microclimat qui permet aux oranges de mûrir en pleine terre, le terroir est favorable à la famille des mimosacées dont la floraison est ici particulièrement précoce, égayant le paysage de leur couleur vive.
Les mimosacées sont de l’ordre des légumineuses et il ne faut pas les confondre avec les « mimosas » des fleuristes qui eux appartiennent au genre Acacia. Ces derniers ont été importés d’Australie tandis que le genre Mimosa est originaire d’Amérique tropicale ou d’Afrique tropicale.
Chez nous le mimosa est jaune mais il en existe de couleur orange, pourpre ou même blanche. Les fleurs forment de petites boules appelées glomérules. Elles sont odorantes et peuvent incommoder les personnes sujettes à certaines allergies. On sait que les fleurs de mimosa cueillies dans la nature fanent rapidement quand elles sont placées dans un vase.
Ce que l’on sait moins c’est que le bois de mimosa contient un tanin doux qui pénètre bien dans le cuir mais s’y fixe difficilement.
La sensitive (Mimosa pudica) est une variété de mimosa qui a la particularité de se rétracter au toucher (un tropisme qui n’a rien d’universel !) D’ailleurs voici l’étymologie du mot mimosa, donnée par Le Robert : de mimus «mime», par allusion à la contractilité de certaines espèces quand on les touche.
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