Flore
Posté le 29.04.2007 par cessenon

Il s’agit de la plante sans doute la plus caractéristique de notre garrigue, le thym. Son nom scientifique est Thymus vulgaris. En Occitan on l’appelle frigola, en Catalan, en Provençal aussi, farigola. Sur l’étymologie du mot thym nous avons trouvé deux hypothèses, l’une qui affirme qu’il vient du Grec « thyo » qui signifie « je parfume » et une autre qui prétend que la racine en est « tham » qui, en égyptien antique, veut dire « odeur » (le thym était utilisé en Egypte pour embaumer les morts.)
C’est une plante aromatique ligneuse, de la famille des labiées, qui ne dépasse guère 30 cm. La tige est très ramifiée et la floraison a lieu en avril / mai. La tradition veut qu’on ramasse le thym pour la Saint Sylvain, c’est à dire le 4 mai, mais cela n’a rien d’absolu. Il est par contre recommandé d’opérer par temps sec et il est préférable de couper les sommités florales avec un sécateur, sans arracher le pied. Il paraît que le thym rose est plus odorant que le thym blanc.
Le thym a des tas de vertus, culinaires, pharmaceutiques et cosmétiques. Il entre en particulier dans la composition du classique bouquet garni. Son arôme est dû à un phénol, le thymol, à la formule particulièrement longue et complexe : (C3H7) (CH3) C6H3 (OH) ou à son isomère le carvacrol, de formule brute C10 H14 O !
Plante médicinale il est utilisé comme antiparasite, antispasmodique, antiseptique, digestif et même comme… aphrodisiaque ! Encore que là les farceurs prétendent qu’il a des propriétés contraceptives. La méthode ? Chaque partenaire doit prendre un bol de thym. Comment ça avant ou après ? C’est à la place bien sûr ! On connaissait la méthode Ogino, là c’est la méthode « thym, thym » ! Ainsi que le précise un ami humoriste « Tant qu’on tient le bol il n’y a aucun risque de grossesse ou alors c’est la…Piste aux Etoiles ! »
Il existe plusieurs espèces de thym, dont le thym citron, le serpolet, la sarriette… et une espèce endémique (c’est à dire localisé uniquement sur cette aire) en Corse et en Sardaigne, Erba barona.
L’histoire affirme que les capitulaires (les édits) de Charlemagne ordonnaient sa culture. La légende signale que les soldats grecs prenaient des bains au thym avant d’aller au combat cependant qu’au Moyen Age les nobles en portaient de petits bouquets pour se prémunir contre les mauvaises odeurs.
--
Posté le 01.05.2007 par cessenon

Ciste ladanifère
Photo Guy Bousquet
Avril, mai, c’est la saison où les cistes fleurissent. Il y en a plusieurs espèces dans notre région. En Occitan on les désigne par le nom de las mojas (prononcer las mouchos, enfin… approximativement).
Les plus abondantes sont le ciste à feuilles de sauge et le ciste de Montpellier. Ce dernier est poisseux, odorant. On en plaçait trois brins autour des ceps récemment greffés pour éloigner les lapins afin de protéger les jeunes pousses. Facilement inflammable il se répand prioritairement sur les sols, calcaires ou siliceux, où le feu est passé. Ses fleurs, blanches, sont petites et nombreuses. Une plante curieuse, jaune orangé, non chlorophyllienne donc, le cytinus hypocistis, parasite ses racines.
Le premier ciste qui fleurit est le ciste cotonneux appelé aussi ciste blanc. La corolle, fripée, est d’une couleur allant du rose au mauve. Rare et lui ressemblant assez, le ciste crépu est plus petit. Il en existe sur le parcours de santé de Bourbaki.
Le ciste à feuilles de laurier est strictement silicicole. On ne le rencontre donc que sur les terrains schisteux. C’est un arbuste pouvant atteindre 1,5 m de haut, sous lequel les oronges se plaisent. Très rare, nous avons pu cependant en découvrir du côté de Saint Nazaire de Ladarez, le ciste à feuilles de peuplier est une espèce voisine.
Mais le plus grand, le plus beau, c’est le ciste ladanifère. Le seul endroit de la région où j’en ai vu c’est du côté de Saint Chinian, sur la petite route qui mène au hameau de Salabert notamment. Le 1er mai dernier les quelques massifs qui la bordent, au niveau de la campagne de Canimals le Haut étaient magnifiquement fleuris. Les pétales, au nombre de cinq, sont blancs avec à la base une tache noire. Malheureusement la floraison ne dure pas. Le 3 mai une averse avait déjà fait tomber la plupart des fragiles corolles et j’ai eu de la déception pour la personne que j’avais amenée là dans l’espoir de lui faire partager mon émerveillement !
Le ciste ladanifère est abondant en Espagne. J’ai pu en voir de vastes espaces dans la Sierre Morena au défilé de Despeñaperros qui sépare la Castille de l’Andalousie. On en extrait une gomme (le ciste ladanifère est également appelé ciste à gomme), le ladanum, utilisé en parfumerie.
Je n’en connais pas le nom mais du côté du nouvel hôpital de Béziers on a planté, dans les bordures de la voie qui y mène ainsi que dans l’enceinte même, des cistes qui ressembleraient au ciste ladanifère, si ce n’était la couleur des pétales qui, ici, est rose. Les haies ainsi formées sont particulièrement belles cette année. Et là la floraison semble plus durable.
Posté le 07.05.2007 par cessenon

Bouquet de glaïeuls des moissons
Photo Françoise Cros
En ce moment ça fleurit beaucoup ! Dans le registre des jaunes on a eu la coronille, le jasmin sauvage et à présent ce sont les genêts qui prennent le relais.
Naturellement la bourrache, lumineuse, abonde en bord de route, les aphyllantes forment de superbes tapis bleus et on rencontre des parterres de phalangères à fleurs de lis. Le lilas d’Espagne (centranthus ruber), aux teintes roses ou rouges, ce n’est d’ailleurs pas un lilas, se manifeste lui aussi. De même l’ail, également « d’Espagne », est très présent.
Arrêtons-nous un moment sur la phalangère. Elle a des allures d’asphodèle, en plus modeste question hauteur cependant. On utilisait ses fleurs et ses graines contre les morsures d’araignée et les piqûres de scorpion. Son nom scientifique est anthéricum liliago et une espèce voisine (chlorophytum comosum), une plante d’intérieur qui, grâce à ses nombreux stolons, se bouture avec une grande facilité, est désignée par l’expression de « Plante araignée ».
Continuons avec une autre fleur qui sans être rare est quand même moins commune. Il s’agit du glaïeul des moissons désigné par les botanistes sous le vocable de gladialus italicus. Un nom qui résonne comme gladiateur ! Rien d’étonnant, glaïeul et gladiateur ont la même racine latine : glaive. Pour le glaïeul c’est à cause de la forme, particulièrement pointue, de ses feuilles. Les pétales, le supérieur étant plus grand que les autres, sont d’un rose fushia.
Le bouquet dont la photo illustre le présent article a été cueilli près de Corneilhan. Ma foi les glaïeuls résistent bien dans le verre où ils ont été placés !
Posté le 11.05.2007 par cessenon

Touffe et fleurs d’aphyllante
Mais si vous connaissez ! C’est une plante en touffe qui donne, au bout de chacune de ses tiges grêles, une petite fleur bleue. Elle n’a pratiquement pas de feuille. D’ailleurs le mot « aphyllante » est formé de « a » privatif et de « phullon » qui en Grec signifie feuille. Le nom scientifique est Aphyllanthes monspeliensis.
L’aphyllante semble être de la famille des linacées dont le lin de Narbonne, que l’on peut rencontrer dans nos garrigues, est un représentant qui ressemble beaucoup au lin cultivé.
En Occitan on l’appelle lo bragalon (prononcer lou bragalou !) Il est réputé pour engraisser les moutons et donner du lait aux brebis après l’agnelage.
On avait, de ses racines, un autre usage : elles servaient à faire des brosses « à chiendent ». On les déterrait au printemps, les nettoyait, les faisait blanchir, éventuellement à l’aide d’eau de Javel. On les coupait en brins de même longueur et on les clouait sur une planche. Les derniers ateliers spécialisés dans cette activité ont disparu dans les années 50.
L’aphyllante de Montpellier peut former de très belles pelouses. Pique-niquer en cours de randonnée sur l’une d’elles au moment de la floraison donne l’impression qu’on a mis une nappe !
Voici ci-dessous un extrait d’un joli poème d’un certain M. Lanza de l'Escola del Parage
Lo bragalon blu cel escondut per la bauca,
Capejant, fa clinhèta al pichot miralhet ;
La nolenta frigola, a son pè que la cauca,
Per i en far lo reproche, s'unis ambe l'alhet.
Et en voici une possible traduction :
L’aphyllante bleu ciel cachée parmi le brachypode,
En dépassant sa tête, fait un clin d’œil au petit miroir-de-Vénus ;
Le thym parfumé, qui à son pied la chausse,
Pour lui en faire reproche, s’unit avec l’ail rose.
Posté le 25.05.2007 par cessenon

Pissa-cabras amont on floris la ginèsta ?
Traduction : Pisse-Chèvres là haut où fleurit le genêt
Photo : tiges et fleurs de genêt d'Espagne
Pisse-Chèvres ? C’est le nom d’un tènement de Cessenon qui se trouve, sous Pech Pus, un sommet où a été construite la tour de surveillance des incendies. Les genêts y abondent, c’est ce qui a inspiré le père de l’auteur de ces lignes dans un de ses poèmes écrits en occitan. Pourquoi vous en parler aujourd’hui ? Parce qu’en ce moment les genêts sont en pleine floraison.
Si vous voulez avoir la migraine essayez donc de vous y retrouver dans toutes les espèces qui peuplent notre région ! Sur le pourtour méditerranéen on en compte quelque quatre-vingt-dix : genêt scorpion, genêt poilu, genêt cendré, genêt blanchâtre, genêt de Lobel, genêt de Montpellier, genêt espagnol… Et en plus il en est qui usurpent leur nom ! Ainsi le genêt d’Espagne ne serait pas un genêt ! Allez savoir !
Son nom scientifique est en effet Spartium Junceum (le jonc de Sparte) alors que pour les autres espèces le nom latin générique est Ginestas (c’est à peu près la même chose qu’en Occitan où il est désigné par le mot « ginèsta » mais, on le sait, l’occitan est du Latin populaire).
Le genêt d’Espagne est utilisé pour « végétaliser » les talus de routes, d’autoroutes. Ses fleurs, d’une belle couleur d’or, égaient le paysage et l’embaument d’un parfum soutenu. C’est un arbuste de la famille des papilionacées pouvant atteindre 2 m de hauteur. Il n’a pratiquement pas de feuille mais une tige composée de fibre ligneuse cellulosique. Une fibre qui a été utilisée pour l’élaboration de textiles et ce dès l’Antiquité.
En fait à cette époque on en faisait des voiles de bateau ainsi que des cordages. Plus près de nous, dans l’espace et dans le temps, notamment dans la région de Lodève et ce jusqu’au XIXème siècle, on en fabriquait une toile grossière qui servait à la réalisation d’un vêtement de travail, un survêtement plutôt, la « grisaoude », une manière de blouse fendue sur les côtés.
C’est après la floraison, entre le mois d’août et les vendanges, qu’on coupait les rameaux pour avoir la matière première nécessaire à la réalisation de la toile de genêt. Dans certains endroits on domestiquait des espèces qui avaient été sélectionnées. A Lunas par exemple on les cultivait dans des « ginestières ». Six d’entre elles étaient encore en exploitation en 1829.
Plus récemment, pendant la seconde guerre, on a équipé plusieurs usines pour la fabrication de toile de genêt. C’est le cas à Aspiran, au Moulin des Garrigues, où une unité de production a fonctionné de 1940 à 1960, employant jusqu’à deux cents personnes et consommant jusqu’à trente tonnes de genêts par jour.
Le genêt a pu aussi être ramassé comme fourrage pour les bêtes, avant que ne se forme le fruit, toxique, qui provoquait chez le bétail une espèce d’indigestion appelée « ginestade ».
Les bourgeons peuvent être confits dans le vinaigre à la manière des câpres. On les appelle les câpres allemandes.
S’il fait partie de quelques pharmacopées indigènes, au Moyen Age le genêt avait plutôt mauvaise réputation et ses graines entraient dans la composition de philtres et de mixtures pas toujours catholiques ! Et d’ailleurs le balai que chevauchaient les sorcières était fait avec du genêt. Du genêt à balais évidemment ! On notera que l’étymologie du mot « balai » pourrait venir du Breton « balazn » qui signifie « genêt ».
La toile de genêt a connu également un emploi original : dans les mines on utilisait le caractère antistatique de la fibre de genêt pour la réalisation de tapis transporteurs de charbon : en effet la moindre étincelle pouvait provoquer l'inflammation des particules en suspension dans l'air, le tout suivi d’une explosion pouvant être meurtrière.
En Lozère, sur les terrains granitiques, c’est le genêt purgatif qui domine. Outre les fagots qui servaient à chauffer les fours à pain, on récupere encore les parties ligneuses mortes, les « chalous », qui résultent du passage du feu après un écobuage, comme petit bois.
Posté le 04.06.2007 par cessenon

Tige de mauve coupée à Lignan s/ Orb
Si, si vous la connaissez, cette année d’ailleurs elle a bien profité des pluies qui sont tombées au bon moment pour favoriser sa floraison, les bords de route en sont tout décorés.
Naturellement les fleurs sont de couleur mauve, avec des nervures plus foncées sur les pétales. C’est une plante vivace aux tiges souvent étalées pouvant atteindre 60 cm de hauteur.
Son nom latin est Malva sylvestris (en occitan malva, mais on sait que l’occitan…) et elle appartient à la famille des Malvacées. Elle est autogame et entomogame, c'est-à-dire qu’elle se pollinise seule ou avec l’aide d’insectes.
La floraison va de juin à septembre. Le fruit est une capsule qui tombe au sol à maturité, le mode de dissémination étant pour cela qualifié de barochore, ce qui signifie qu’elle se fait par gravité !
La mauve a des tas de vertus médicinales au point qu’on la désignait, toujours en latin, par le vocable de omnimorbia, ce qui signifie « toutes les maladies », ce qu’on pourrait traduite par panacée !
Oui, la mauve est émolliente (elle radoucit les tissus enflammés), désinfectante (sphère buccale par exemple en médecine dentaire). Elle est indiquée pour la toux, les mots de gorge, les aphtes les bronchites, les enrouements, la laryngite, le panaris (là il la faut en compresse).
Un conseil, vu les perspectives en matière de remboursement des médicaments, cueillez des fleurs de mauve, l’année est favorable si les élections présidentielles ne l’ont pas été !
D’ailleurs la mauve est comestible. Les feuilles sont bonnes en salade et les jeunes pousses peuvent être préparées comme des épinards. Elle était consommée dans l’Antiquité, peut-être même par les hommes de la préhistoire. Charlemagne en était amateur.
Ah, certes elle est un peu mucilagineuse mais justement cela permet des préparations de fondues végétales. Qualité précieuse par ces temps de crise !
En Algérie, dans la région d’Oran plus particulièrement, la mauve est un produit courant sur les marchés, connu sous le nom de kobhiza.
Bien sûr il faut doser sa nourriture car en excès la mauve est laxative mais comme le déclarait Valère, et comme le pensent plusieurs de nos gouvernants même s’ils ne le claironnent, « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger ! »
Finalement le bonheur (une idée neuve en Europe disait Saint-Just il y a plus de deux cents ans) c’est simple ! Avec un peu de bonne volonté et beaucoup de mauve !
Posté le 16.06.2007 par cessenon

Epi de lavande (ou de lavandin) et lavande des Maures
En juin / juillet fleurit la lavande plantée en de nombreux ronds-points de notre région. D’une belle couleur bleu-mauve elle est aussi particulièrement odorante. Nous avons cherché à en savoir plus sur cette plante caractéristique de la garrigue.
Il existe en fait plusieurs variétés de lavande notamment la lavande vraie, lavandula angustifolia, l’aspic, lavandula latifolia, et le lavandin. Cette dernière est un hybride des deux premières. Pour cause de rendement, le lavandin est, malgré la moindre qualité de son essence par rapport à celle de la lavande vraie, la variété dominante dans les plantations.
C’est en Provence qu’a été développée la culture de la lavande mais la plante serait originaire de Perse et des Canaries. Elle était connue dans l’Antiquité et utilisée par les Romains qui en parfumaient leurs bains et leurs vêtements.
Ses propriétés médicinales sont multiples et variées : elle est tonique, stomachique, antiseptique, sédative, antispasmodique et diurétique. Elle est indiquée pour les vertiges, les spasmes, l'eczéma, l'insomnie, l'asthme, les rhumes, les digestions difficiles...
Pendant les épidémies de peste, dans le vain espoir d’endiguer le mal, on brûlait de la lavande.
On en plaçait dans les armoires pour éloigner les mites avant qu’elle ne cède la place à la moins poétique naphtaline.
L’essence de lavande est obtenue par hydrodistillation. De la vapeur d’eau produite par une chaudière passe sur des fagots de lavande et entraîne avec elle l’huile essentielle qu’ils contiennent. Par condensation dans un alambic on obtient un liquide dont les deux parties, l’eau et l’essence de lavande, non miscibles, se séparent par simple décantation. Le précieux produit enlevé, les fagots sont utilisés comme combustible pour chauffer la chaudière.
Il faut entre 100 et 130 kg de sommités florales pour obtenir 1 kg d’essence de lavande.
Cette substance est, comme c’est souvent le cas dans la nature, un mélange d’une grande complexité comportant des alcools, des esters ainsi que d’autres corps. L’aspic lui est riche en camphre.
Mais c’est une autre variété de lavande, la lavande stoechade, qui en est particulièrement chargée. La lavande stoechade, ou lavande des Maures, est très présente sur les sols schisteux. Elle forme des toupets qui dégagent une forte odeur de camphre quand on les froisse.
On n’a toutefois jamais exploité la lavande des Maures (encore appelée lavande des îles d’Hyères) pour en extraire le camphre. Celui-ci était produit par le camphrier, un arbre originaire de Chine, de Taiwan et du Japon.
A quoi servait le camphre ? En médecine d’abord, en cosmétique ensuite, mais il a permis aussi la fabrication de matière plastique et à ce titre a peut-être contribué à sauver la vie de quelques éléphants. C’est en effet à partir de 1868 que la découverte de son effet plastifiant a conduit au remplacement de l’ivoire des boules de billard par la nitrocellulose !
Voici encore une propriété originale du bois et de l'écorce du camphrier : ils « apaisent les appétits charnels » ! Pour ne pas céder aux tentations, les ascètes et les moines dormaient sur des litières « bourrées avec des copeaux de cet arbre ». On dit aussi que « les épouses qui ont à se plaindre de trop fréquentes sollicitations maritales cachent une bûchette de camphrier dans le lit conjugal » !
Posté le 22.06.2007 par cessenon

René Duvalet, un lecteur de Cazouls les Béziers, nous a envoyé deux épis d’une plante dont il ignorait le nom en nous demandant si nous pouvions répondre à sa curiosité.
Oui, grâce à l’aide d’une autre lectrice, agrégée de sciences naturelles de son état, nous le pouvons : il s’agit d’une fléole ou phléole.
De quelle fléole s’agit-il ? Il nous faudrait connaître son habitat pour être plus précis. La fléole des sables, Phleum arenarium, est annuelle, la fléole des prés, Phleum pratense, est vivace.
Dans tous les cas il s’agit d’une graminée, le genre Phleum comptant une douzaine d’espèces dont des cultivars qui fournissent un excellent fourrage.
L’épi est formé d’une densité d’épillets qui s’accrochent au bas des pantalons, aux chaussettes… et qui se disséminent ainsi dans la nature. Et comme il s’agit d’autant de graines, c’est un moyen pour la plante d’effectuer sa propagation et de coloniser l’espace environnant.
René Duvalet, qui est artiste peintre, a dessiné un de ces épillets, observé dans le champ d’un microscope. Voir ci-dessus le résultat.
On remarquera les petites pointes qui permettent à l’épillet de s’accrocher et d’être ainsi transporté. Suivant la loi de l’évolution, chaque espèce a bénéficié d’une adaptation lui permettant de se pérenniser.
Nous pouvons compléter notre étude en donnant l’étymologie du mot « Phléole ». Introduit par Lamarck en 1805 il vient du grec « phleos » qui signifie « roseau ».
Posté le 27.06.2007 par cessenon

Photo Armande Maillet
Ça se prononce « couscouil » mais en catalan ça s’écrit « coscoll ». De quoi s’agit-il ? D’une plante bisannuelle qui pousse naturellement sur les flancs du Canigou. En français c’est l’angélique officinale et elle a pour nom scientifique Angelica archangelica. Mais nous avons trouvé une autre appellation : moloposperme du Péloponnèse.
Quoi qu’il en soit le coscoll est récolté en juin par les autochtones et vendue sur les marchés catalans. Il faut monter sur les hauteurs pour la découvrir et il vaut mieux un 4 x 4 qu’une Twingo nous a précisé la lectrice qui nous a envoyé la photo qui illustre le présent article. On peut la conserver plusieurs jours, entreposée dans la terre après avoir été cueillie.
On pèle les tiges, c’est assez long à faire, et on les consomme en salade. Ah, c’est vraiment particulier comme goût, ça ne ressemble à rien de connu. On peut utiliser les tiges et les pétioles en confiserie, c’est une spécialité de la ville de Niort. On peut aussi employer l’angélique, les graines en particulier, pour faire une liqueur qui entre dans la composition de la Bénédictine.
Bon par ailleurs le coscoll a des tas de vertus ! Tonique, stimulante, stomachique, sudorifique, emménagogue, carminative… il se peut que nous en ayons oublié ! L’herbe aux anges comme on la désigne encore pourrait concurrencer le ginseng chinois !
D’ailleurs, c’est tout dire, les médecins de la Renaissance la surnomment « Racine du Saint Esprit » Voici ce qu’on trouve dans WikipédiA : Édité en 1716, un « Dictionnaire Botanique et Pharmaceutique » à durable succès dit de l’Angélique qu’elle est « stomacale, cordiale, céphalique, apéritive, sudorifique, vulnéraire. Elle résiste au venin. On l’emploie pour la peste, pour les fièvres malignes, pour la morsure du chien enragé, à laquelle on l’applique en cataplasme. On en avale un drachme contre la peste, qui chasse le venin par la sueur. » Un Niçois qui mourut en 1759 à l’âge de 123 ans et trois mois attribuait sa longévité à son habitude de mâcher de la racine d’Angélique en guise de tabac…
Ce n’est pas tout, L’Angélique, dite encore « Herbe aux Anges », doit son nom à ses prétendues vertus magiques. Cette ombellifère géante passait en effet pour conjurer les envoûtements et les sorciers ne résistaient pas à sa bonne odeur. Accrochée au cou des enfants, elle protégerait en particulier ces derniers contre les maléfices de toute nature. Mais elle pouvait également servir d’amulette aux adultes.
Encore plus fort que Sarkozy, l’UMP ou Ségolène Royal pour résoudre la crise de notre société : le coscoll !
Posté le 30.06.2007 par cessenon

Crédit photos : à gauche Hugues Bousquet ; à droite Françoise Cros
C’est un arbre décoratif qui n’a rien de rare sous nos latitudes. En ce moment il fleurit d’abondance. Nos photographes en ont trouvé boulevard de Genève et dans le quartier du four à chaux.
Pouvant atteindre ici plus de six mètres de haut il s’étale plus qu’il ne s’élève offrant ainsi de larges espaces ombragés à ses pieds. Son feuillage est caduc et les fleurs sont rose-pâle à rose-rouge. On l’appelle arbre à soie mais son nom scientifique est Albizia julibrissum. Le mot julibrissum vient du persan et il signifie justement « fleur à soie ». On le désigne aussi sous le nom d’acacia de Constantinople.
C’est qu’il est originaire d’Asie de l’Est ainsi que du sud de l’Iran et est également présent en Chine et en Corée. Au Japon et aux USA il est considéré comme une plante envahissante.
Si en Amérique on lui donne, à tort, le nom de mimosa, en Iran et au Japon la traduction de ses appellations locales est « dormeur de nuit » et « arbre dormeur ».
Il a ici et là diverses utilisations. Au Japon la variété rosea permet l’obtention de bonsaïs atypiques. Son écorce sert dans le traitement des ecchymoses et comme vermifuge. Les graines, qui se forment dans des gousses, peuvent nourrir le bétail tandis que les fleurs sont mellifères.
Ce
blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus