Flore
Posté le 12.07.2006 par cessenon

Sur un clapas près de Causses et Veyran,
un câprier en fleur
Photo Françoise Deixonne
C’était un des plats favoris de mon père (encore qu’il disait vudèl pour vedèl). Ah ! Il faut vous traduire. Il s’agit de veau avec des câpres. Pourquoi vous en parler aujourd’hui ? A cause de la floraison actuelle de cette plante rampante, épineuse, qui se plaît sur les murs ou les talus.
C’est très joli un câprier en fleurs. La photo ci-dessous est très belle en couleur, mais déjà intéressante en noir et blanc. Les fleurs sont blanches, grandes, avec de nombreuses étamines. Ah si vous souhaitez avoir des câpres il faut cueillir les boutons floraux avant qu’ils ne s’ouvrent.
Que fait-on ensuite ? On les confit tout simplement dans le vinaigre. Le vinaigre blanc est plus approprié. Evidemment dans le secteur il y a belle lurette que personne ne cueille plus de câpres sur les câpriers, pratiquement sauvages, que l’on peut trouver ici ou là. Personne… sauf au moins l’auteur de cet article et deux amies randonneuses qu’il a entraînées à cette activité.
En fait aujourd’hui il suffit d’aller dans un super-marché au rayon condiments pour en avoir ! On cultive des câpriers en Grèce (ils poussent naturellement sur les sites historiques, celui de Delphes par exemple en est presque infesté !) On en cultivait déjà dans l’Antiquité. La présence d’épines acérées rendait cette culture ingrate. Je peux témoigner, pour avoir bivouaqué en Crête dans une oliveraie, que ce n’est guère agréable de rentrer dans un sac de couchage étendu sur un câprier ! A présent il existe de nouvelles variétés, inermes, c’est à dire sans aiguillons ni épines, ce qui facilite les choses.
Il paraît qu’un câprier donne en moyenne 1kg de câpres dans une saison. Je n’ai jamais atteint de tels records ! Il paraît aussi, mais je n’ai pas testé ce que j’ai lu dans l’Encyclopédie Universalis, que « les fruits, ou «cornichons de câpriers», récoltés avant la maturité, constituent un condiment encore plus apprécié ».
C’est la myrosine, une substance présente dans les crucifères, particulièrement dans la moutarde, qui confère aux câpres son goût piquant.
Avec des olives noires et des anchois, les câpres entrent dans la composition de la célèbre tapenade provençale. On peut ajouter que Cuges-les-Pins, dans les Bouches du Rhône, était la capitale des câpres.
J’ai planté il y a quelques années un capparis spinosa, le nom scientifique du câprier, acheté sur les Allées au marché du vendredi, dans mon jardin. Je l’avais payé 30F mais il paraîtrait, je tiens la fable de Jean Durandeu, l’ancien maire de Murviel les Béziers, qu’il faut voler un rejet de câprier pour qu’il prenne. Non, non, le mien a pris et il commence à me fournir des câpres.
Posté le 13.07.2006 par cessenon

Photo Michel Romero
En fait il ne s’agit pas d’UN arbre mais de plusieurs ! Et en plus ce ne sont pas des arbres, plutôt des arbrisseaux. Et pour tout dire ils ne sont pas à moi, ils poussent sur le terrain de mon voisin. Hélas ils drageonnent à tour de bras, non pardon de racines, sur mes terres ! C’est ce qui explique qu’auprès de mon arbre…
De quoi s’agit-il ? de l’ailante glanduleux (on peut le voir écrit ailanthe) encore appelé faux-vernis du Japon. Son nom scientifique est ailanthus glandulosa ou ailanthus altissima, allez savoir !
L’étymologie du mot ? Il vient de l’Indonésien « ai », « arbre » et de « lan'to », « ciel ». N’exagérons rien tout de même, si dans des conditions favorables il peut atteindre une trentaine de mètres les miens (enfin, je me répète, ils ne sont pas à moi !) ne doivent pas dépasser trois ou quatre mètres.
L’ailante appartient à la famille des simarubacées et c’est une plante dioïque, c’est à dire que certains individus sont porteurs d’organes mâles, d’autres d’organes femelles. Rien que de très classique en somme. Noël Mamère ne pourrait pas faire recette avec les ailantes !
Ses feuilles ont une odeur désagréable. Complétons l’information par une citation trouvée sur un site Internet : « l'ailanthe est noté dans la toxicologie envers les humains. La consommation de ses feuilles peut être mortelle pour les gallinacés ; la récolte de son pollen et de son nectar par les abeilles donne un très mauvais goût au miel (odeur d'urine de chat) - et peut même tuer les abeilles. »
Il nourrit un bombyx, Attacus cynthia, papillon décevant qui n’a jamais remplacé le bombyx des mûriers dans la production de la soie.
Quand on apprend que l’ailante, originaire de Chine et des îles Moluques a été introduit en France en 1786 par les Jésuites on sent monter en soi un regain d’anticléricalisme !
Certes vous pourrez lire ici ou là qu’avec une densité de 0.71 son bois est quasiment parfait mais si, comme moi, vous voyez remise en cause l’attribution du Mérite Agricole par cette peste végétale, n’hésitez pas, utilisez du Roundup (même si les ailantes sont chez votre voisin !)
Posté le 15.07.2006 par cessenon

Fleurs et racine de chicorée
En ce moment et jusqu’en septembre on peut voir en bordure de route des fleurs d’un bleu très lumineux. De quoi s’agit-il ? D’une variété de chicorée, la chicorée sauvage, scientifiquement appelée Cichorium intybus. C’est une plante vivace, de la famille des composées, qui peut atteindre 1 m de hauteur.
Voici une citation trouvée sur le site des Etablissements Leroux : « La fleur de chicorée, qui répond au doux nom d'écoubelle bleue est aussi appelée "la fiancée du soleil". Elle s'ouvre bleu foncé le matin, pâlit à midi et se referme blanche le soir, tout en suivant le soleil. C'est ainsi que les anciens en firent l'emblème de la fidélité. »
Cichorium intybus a donné naissance à des « cultivars », c’est à dire à des espèces qui n’existent pas à l’état naturel. Parmi ceux-ci on compte la chicorée frisée et la scarole.
L’endive est également une chicorée et d’ailleurs le mot « endive » vient du latin impérial « intibum » lui-même issu du grec « entubion. » En Occitan, mais l’Occitan est un latin vulgaire, un des mots qui désignent la chicorée est « endévia. »
Les vertus, vraies ou supposées, de la chicorée sont connues depuis la plus haute Antiquité. Voici à ce sujet quelques informations recueillies sur « la toile. »
« Le papyrus Ebers mentionne déjà la Chicorée sauvage 4000 ans avant J-C. Les médecins y sont restés fidèles depuis. Dioscoride y voyait un fortifiant des voies digestives. Pour Galien elle est l'amie du foie. Il en usait également contre les maux d'yeux et les empoisonnements. Horace, dans ses Odes, s'exclame :
Pour moi je me suffis d'olives,
de chicorée et mauves légères.
Les Romains l’utilisaient en médecine contre les maux d’estomac, du foie et contre les inflammations de la peau.
Charlemagne ordonna la culture de la chicorée dans les jardins de son empire.
Au IXème siècle, la chicorée est cultivée en Hollande par des moines dans des champs peu fertiles entourant leur monastère.
Au XVIème siècle, pendant la Renaissance, la chicorée est surtout utilisée de façon médicinale.
Dans la demeure de la famille Leroux, les visiteurs peuvent découvrir une collection unique de céramiques européennes du XVI au XIXème siècle ayant contenu des préparations à base de chicorée.
En 1690, la chicorée devient un produit de consommation courante. Les Hollandais développent sa torréfaction industrielle. »
La chicorée connaît un fort développement avec le retour de bâton de la politique de blocus de Napoléon 1er. Comme le café n’arrive plus dans les ports français on utilise la chicorée comme succédané. La chicorée dont les racines sont utilisées à cette fin est la chicorée industrielle ou chicorée à café - variété Sativum.
Et pour finir, voici une anecdote découverte sur le site Internet de Vieille-Eglise, ville du Nord dont la chicorée est la plante fétiche (elle figure sur son blason) : « La chicorée possède un très grand pouvoir colorant. Elle était autrefois utilisée pour teinter les parquets et les tissus. Pendant la dernière guerre, elle remplaça le bas de soie. Une décoction très forte passée sur les jambes permettait aux dames de faire croire qu’elles portaient des bas. »
Posté le 17.07.2006 par cessenon

Clématite fleurie
En ce moment fleurit sur les talus, en bord de route ou de chemin, une plante arbustive au surnom imagé « L’herbe aux gueux ». En fait il s’agit de la clématite. Le mot venant du Grec klêma qui signifie «sarment». Oui, la clématite est une plante ligneuse, et une variété, la clématite vigne-blanche, développe des lianes qui peuvent atteindre une dizaine de mètres de longueur.
Qui n’a pas dans son enfance utilisé un morceau de la tige d’une clématite en guise de cigarette ? On l’appelait d’ailleurs le bois fumant.
En Occitan c’est l’avriana mais la graphie n’est pas garantie. Autrefois on la ramassait comme fourrage, en général, mais pas seulement, destiné aux lapins.
Les clématites appartiennent à la famille des renonculacées dans laquelle on recense les renoncules bien sûr, mais aussi les pivoines, les hellébores…
Pour l’heure ce sont ses fleurs blanches qui permettent d’identifier la clématite. Plus tard, en automne et jusqu’en hiver elles feront place aux akènes, fruits qui ne s’ouvrent pas spontanément à maturité, pourvus d’aigrettes qui vont leur permettre d’être transportés par le vent. Les arbres sur lesquels a grimpé Clematis vitalba semblent décorés !
Notre clématite à nous est la clématite brûlante, en Latin Clematis flammula. Il suffit de mâchouiller quelques feuilles pour connaître la raison du qualificatif de brûlante.
Les pépiniéristes proposent divers cultivars de clématites, en général colorés, pour agrémenter les jardins.
Pourquoi le nom « d’herbe aux gueux » ? Parce qu’au Moyen Age les mendiants se frottaient le corps avec le suc pour déterminer des ulcères afin d'exciter la commisération !
Il y a des plantes à la réputation bien établie. Le tamier par exemple est appelé « herbe à la femme battue » car son rhizome serait efficace contre les contusions. Il est assez rare chez nous et nous ne savons pas s’il prolifère du côté de Vénissieux où il serait le bienvenu !
Posté le 20.07.2006 par cessenon

Photo Françoise Cros
Eh non, contrairement à ce que l’on affirme communément, le nom de cette plante succulente (c’est à dire produisant un suc, en fait et plus simplement, une plante grasse !) n’est pas « aloès » mais « agave. »
Une plante devenue banale dans les régions méditerranéennes. Originaire du Mexique l’agave a été introduit en Europe au XVI° siècle. Craignant le froid, il s’est acclimaté chez nous, sur les terrains secs et ensoleillés.
Il est utilisé ici comme ornement mais ailleurs on peut en extraire une fibre (sisal) qui sert à la fabrication de cordes ou de tissus grossiers. Le suc permet aussi, par fermentation, de donner des boissons alcoolisées : le pulque et la tequila. Le nom de tequila vient d’ailleurs d’une localité du Mexique.
On m’a affirmé que la fibre de l’agave servait également pour les fouets de charretier. Fixé à l’extrémité de la lanière, un brin de cette fibre permettait d’obtenir le claquement sec que l’on pouvait entendre quand le fouet était manié avec dextérité.
Il m’a été donné de voir un autre usage des hampes florales qui apparaissent au bout d’une dizaine d’années de vie des agaves (annonçant d’ailleurs leur mort imminente !) En Algérie ils servaient de poteaux pour les lignes téléphoniques tendues entre les différentes batteries du régiment d’artillerie dans lequel j’étais incorporé.
La photo a été prise à Béziers, à la cité du parc, dans le quartier de l’Iranget. La hampe florale, haute d’une dizaine de mètres avait prospéré tout l’été et à l’automne était en fin de course. A l’évidence, et il en est toujours ainsi, la plante qui lui avait donné naissance était en train de mourir.
(1) Un lecteur de Murviel, Pierre Escande, m’a signalé que son père utilisait un morceau d’agave pour affûter son rasoir. En fait c’était une pratique de nombreux coiffeurs.
Posté le 12.08.2006 par cessenon

Galles du chêne ou noix de galles
ou encore galles du Levant
Cynips quercusfolii Productions
Oui, avec deux « l » ! Qu’est-ce donc ? Vous en avez vu c’est certain. Ce sont des excroissances que l’on trouve sur divers arbres ou arbrisseaux, les chênes, les hêtres, les térébinthes pistachiers… par exemple. On a l’impression de fruits. On les appelle aussi cécidies.
De quoi s’agit-il ? D’une réaction du végétal à la piqûre d’un insecte, en général un hyménoptère, venu pondre ses œufs sur une de ses parties (feuille, fruit notamment). Il se forme alors une cavité qui va abriter les œufs jusqu’à leur éclosion, leur métamorphose en larves et la sortie de l’adulte. C’est un parasitage qui évidemment ne favorise pas la santé du végétal atteint.
Les insectes qui s’attaquent au chêne sont du genre Cynips. La galle du chêne pubescent est presque parfaitement sphérique. Une amie d’origine ardéchoise m’a raconté que, gamine, elle jouait avec comme avec des billes. Ces galles sont connues sous le vocable de noix de galles ou galles du Levant. Elles sont riches en tanin et certaines sont employées comme colorant. On peut d’ailleurs citer le vermillon qui était produit par la cochenille qui parasite le chêne au kermès. On l’utilisait dans la fabrication d’une encre de couleur marron.
Les rosiers et les églantiers développent des galles qui se présentent sous la forme dune touffe hirsute formée de nombreux filaments et qu’on désigne sous le nom de bédégar. Un mot qui vient de l’arabo-persan badaward, plus précisément du persan bad qui signifie «vent, souffle», et de l'arabe ward qui se traduit par «rose».
Posté le 13.08.2006 par cessenon

Photographie de lichens sur un substrat rocheux
Vous n’êtes pas sans avoir vu ces plaques grises, vertes, jaunes, orangées ou rouges collées contre la roche, les ardoises ou les tuiles d’un toit, le tronc d’un arbre… Vous en connaissez le nom, il s’agit de lichens.
Le mot lichen vient, via le latin, du grec leikhên signifiant «qui lèche», le végétal semblant lécher son support. Au passage on notera que le verbe lécher se dit « lecar » en occitan !
Oui il s’agit d’un végétal mais un végétal vraiment particulier. C’est une association, une symbiose disent les spécialistes, entre un champignon et une plante chlorophyllienne.
A l’inverse des plantes chlorophylliennes les champignons ne peuvent pas, sous l’effet de la lumière (photosynthèse), synthétiser à partir des éléments minéraux (eau, gaz carbonique…) les composés organiques qui leur sont nécessaires. Comme les animaux ils utilisent ceux déjà produits.
La symbiose réalisée dans un lichen est avantageuse pour « les deux parties », le champignon trouvant là de quoi se nourrir, la plante chlorophyllienne associée une structure solide lui permettant de se loger.
Les partenaires sont multiples et leurs combinaisons forment autant d’espèces de lichens. On en compte quelque 17 000. Le champignon associé est désigné par le terme générique de mycosymbiote, la plante chlorophyllienne par celui de photosymbiote.
Celle-ci peut être une algue verte ou une cyanobactérie, le champignon, en général un ascomycète, produit 90 % de la biomasse observable. Celle-ci porte le nom de thalle et son aspect est très variable d’une espèce à une autre.
La nature double des lichens a été mise en évidence en 1869 par Schwendener, un botaniste suisse.
L’association plante chlorophyllienne / champignon a des propriétés remarquables qui n’apparaissent avec aucun des deux partenaires isolé. Ainsi les lichens sont très résistants au froid et à la sécheresse. Ils supportent - 40 °C et une dessiccation extrême, se régénérant rapidement quand l’eau revient. Ils ont un singulier pouvoir lithogène c'est-à-dire une étonnante faculté à coloniser par diverses voies, l’environnement le plus hostile.
Ses usages sont multiples. En 1989 ont été découvertes ses propriétés inhibitrices de la réplication du virus du SIDA. Cetraria islandica est utilisée en Islande pour nourrir le bétail cependant que dans les pays nordiques Cladonia rangiferina est en hiver l’aliment des rennes. Rhizoplaca esculenta qui pousse dans le désert serait « la manne des Hébreux ». Certains sont utilisés dans l’industrie, en parfumerie, comme colorants. Ils constituent un bio indicateur pour la pureté de l’atmosphère, la pollution des sols…
Le genre Xanthoria (du grec ancien qui signifie « jaune ») est très présent sur les chaînes du Caroux et de l’Espinouse.
Posté le 17.08.2006 par cessenon

En toute rigueur on devrait dire un légume / fruit mais bon… nous allons faire comme tout le monde et dire simplement légume pour parler de l’aubergine !
Elle a une origine indo birmane et était cultivée dès 800 avant J.C. Inconnue des anciens elle s’implante en Afrique du Nord avant le Moyen Age et de là elle va tenter l’aventure en Occident.
Le mot d’ailleurs vient du persan bâtingân, via l’arabe 'al-badindjan puis le catalan albergina. Son nom scientifique est Solanum melongena expression due à Linné et qui signifie « Pomme mauvaise mais apaisante ». Oui, comme la tomate, la pomme de terre… c’est une solanacée.
En France elle conquiert d’abord la région de Barbentane. Parmi les diverses variétés d’aubergines, celle de Barbentane est très connue. Mais il en existe bien d’autres.
De forme allongée, arrondie, pouvant être moyennes, grosses ou petites, les aubergines ont une peau lisse, brillante, de couleur caractéristique qui va du violet sombre au mauve rose. On en trouve aussi de blanches. Il s’agit là d’une variété chinoise.
L’aubergine met un certain temps à s’imposer. Au début elle est utilisée comme plante ornementale, on craint que sa consommation n’entraîne la folie ! Elle finit quand même par être servie à la table de Louis XIV et à partir de là elle a gagné la partie.
Elle entre dans la composition de la moussaka grecque, du garbure basque, de l’escalivada catalane, de la ratatouille niçoise, et de… la chichoumée languedocienne. Elle peut être préparée en beignets… Le caviar d’aubergine est en passe d’acquérir une place de choix dans les entrées !
La recette du caviar d’aubergine ? Très simple, on place des aubergines dans un plat qui va au four. On les met à chauffer à 200° C pendant 30mn. On récupère la chair des aubergines, on la mélange à de l’ail, éventuellement à du basilic, on ajoute de l’huile d’olive et on mixe. On obtient ainsi une pâte grise que l’on sert froide, sur des tranches de pain grillé par exemple.
Peu énergétique en soi l’aubergine absorbe beaucoup d’huile au cours de la cuisson. Une légende raconte qu’un prêtre oriental, l’Iman Bayildi, avait épousé une jeune fille réputée comme bonne cuisinière. En dot il avait demandé, et reçu de son beau-père, douze jarres d’huile d’olive. La mariée dilapida la dot en plongeant dans les jarres des quantités d’aubergines. En 11 jours la dot était toute bue et le mari, dépité, peut-être rendu malade en consommant trop gras, tomba raide mort. Dans les restaurants orientaux on vous propose des aubergines frites selon la recette « à l’Iman Bayildi » !
L’aubergine se prête à la dessiccation et les lamelles ainsi produites ayant la consistance (et peut-être même un peu le goût) de celles des cèpes conditionnés de la même façon, des petits malins en mettent dans les sachets de champignons secs !
La culture de l’aubergine nécessite un minimum de température au dessous de laquelle la croissance ne se fait pas. Aussi en France sa région de production est méridionale. Les plants d’aubergine ne manquent pas d’ennemis : mildiou, oïdium, doryphores, araignée rouge… Si chez nous c’est une plante annuelle, en Inde elle peut être vivace !
Posté le 18.08.2006 par cessenon

Fleurs, fruits et rameau de paliure
Il s’agit d’un arbrisseau épineux à feuillage caduc que l’on rencontre en bordure de chemin sur les terrains plutôt secs. Il est originaire d’Asie Mineure mais il a conquis l’Europe méridionale, depuis l’Espagne jusqu'au Caucase.
Le mot paliure vient du grec paliouros, via le latin paliurus, qui signifie « épine » ou « ronce ».
On l’appelle aussi argalou, arnède et encore épine du Christ, la légende prétendant en effet que c’est avec le paliure que fut tressée la couronne de Jésus.
En latin c’est Paliarus spina-christi ou Zyziphus paliarus. Dans ses dictionnaires occitans Christian Laux donne comme acceptions arnavés et arn mais je l’ai entendu appeler espinha vés sans toutefois l’avoir jamais vu écrit.
Les fruits sont composés de trois noyaux soudés entourés d’une aile ronde plissée.
On emploie le paliure en pharmacopée : il est diurétique. Diodore de Sicile signale qu’il était déjà utilisé dans l’Antiquité contre la dysenterie. Il aurait aussi, selon un papyrus égyptien datant de 1500 av. JC., des vertus aphrodisiaques. Voici les indications du papyrus : pour « Refroidir les vaisseaux, durcir ce qui est mou » Feuilles de paliure 1; Feuille de mimosa 1; Miel 1; broyer dans ce miel, faire macérer quatre jours durant.
On l’utilisait chez nous, je l’ai vu faire, pour sécher les champignons. On accrochait les lamelles aux nombreuses épines. Je sais aussi qu’on opérait de même pour les figues mais là je n’ai aucun souvenir de la chose.
Il paraît que les pies grièches s’en servent comme garde-manger, fichant les insectes capturés en excès sur les pointes piquantes.
Posté le 26.08.2006 par cessenon

Hibiscus fleuri devant une porte-fenêtre.
Photo Colette Dumas
Juin, juillet, août… fleurissent dans les jardins d’agrément, le long des façades, divers arbustes. Parmi eux citons en vrac : le laurier-rose, la bougainvillée, l’hibiscus, la bignone ou bignonia…
Arrêtons-nous d’abord sur cette dernière. Originaire d’Amérique du Nord, son nom latin est « Campsis radicans » mais, à cause de la forme en pavillon de ses fleurs, on la désigne plus communément sous celui de « Trompette de Jéricho » L’étymologie de bignone vient de l’Abbé Jean-Claude Bignon, le bibliothécaire de Louis XV, qui organisa ce qui est devenu la Bibliothèque Nationale. La bignone est un arbuste sarmenteux dont les fleurs vont de l’orange au rouge. Elle aime l’exposition à la chaleur et craint les gelées.
Passons ensuite à la bougainvillée. Celle-ci nous vient du Brésil d’où elle a été rapportée en Europe par l’explorateur Bougainville. Les lianes sont garnies de bractées le plus souvent violette ou rose. Nettement plus rare que la bignone elle est beaucoup plus belle quand elle est bien fleurie.
Le laurier-rose lui est banal et, comme son nom ne l’indique pas, les fleurs sont blanches, rouges, passant, entre ces extrêmes, par toutes les teintes, et donc… par le rose quand même parfois ! C’est un autochtone : originaire du Bassin Méditerranéen, il aime les climats doux et supporte la sécheresse. Il a souffert du bétonnage mais retrouve une seconde vie avec les plantations abondantes dont il a été l’objet.
Nous avons gardé l’hibiscus pour la fin. Il appartient à la famille des Malvacées qui compte dans ses rangs la rose trémière, laquelle est une variété de guimauve, le mot hibiscus venant du Grec « hibisko » qui précisément signifie « guimauve » L'hibiscus de l'Inde (hibiscus sabdariffa) fournit le kenaf (à partir de son écorce), utilisé dans la fabrication de cordes et d'emballages, et (à partir de ses fleurs séchées) d'une boisson rafraîchissante, le thé rose ou carcadé.
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