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cessenon
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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
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Blog Journal intime
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27.04.2006
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24.11.2009

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Histoire

Raimond-Roger Trencavel a-t-il été assassiné ?

Publié le 06/11/2009 à 12:01 par cessenon
Raimond-Roger Trencavel a-t-il été assassiné ?

 

 

C’était le thème d’une conférence croisée donnée au CIRDOC le jeudi 5 novembre par Jean Sagnes et Philippe Hammel devant un auditoire nombreux et attentif.

Jean Sagnes a rappelé le contexte : Raimond Roger Trencavel est à la tête de cinq vicomtés : Carcassonne, Béziers, Albi, le Razès (la région de Limoux). Deux sont des fiefs du comte de Toulouse, les deux autres du comte de Barcelone, roi d’Aragon.

En fait le système féodal hiérarchisé entre suzerains et vassaux est ici inextricable. Le comte de Toulouse par exemple doit l’hommage au roi de France pour ses terres toulousaines mais celles de Provence dont il est marquis sont sous la souveraineté du Saint Empire germanique.

C’est un regard original que porte Jean Sagnes sur le catharisme. Ceux qui s’en réclament se considèrent comme chrétiens, « bons chrétiens » même ! Ils sont d’ailleurs jugés comme tels par les catholiques qui les côtoient.

Il sera rappelé que déjà en 1204 une croisade a déjà affronté, avec la prise de Constantinople, des chrétiens, certes orthodoxes. Le pouvoir temporel de l’Eglise est illustré lors de la croisade des Albigeois par le fait que le commandement militaire est confié à un religieux. Un siècle plus tard Philippe IV le Bel reprendra la main avec la liquidation des Templiers et l’installation du Pape en Avignon.

Le statut de la femme en terre occitane est sensiblement différent de ce qu’il est sous d’autres latitudes. Sans dire qu’il y a égalité des sexes, elle a cependant le pouvoir de gérer ses biens, de les transmettre… C’est une autre question, mais la femme inspire les poètes / musiciens qui chantent le fin’amor.

Jean Sagnes fera état du rôle des chevaliers dans les cités. Hommes de guerre ils ont donné naissance à la noblesse qui a conquis ses biens et ses titres à la pointe de l’épée. On les retrouve souvent consuls.

Philippe Hammel va enchaîner avec l’étude du personnage de Raimond-Roger Trencavel et de son histoire. En 1209 il a 24 ans. C’est un bel homme qui n’a participé à aucune bataille, soucieux d’augmenter son patrimoine par l’achat de terre, ce qu’atteste le cartulaire des Trencavel. Par deux fois il choisit la guerre, la première en Arles, lors de l’avancée de l’armée des Croisés, la seconde devant Carcassonne.

Il a quitté Béziers la veille du sac de la ville avec des compagnons d’armes, des juifs, et probablement d'autres habitants dont on ne connaît pas l'appartenance religieuse qui avaient mesuré le danger qu’ils couraient à y rester. Il s’est réfugié dans Carcassonne qu’il entend défendre contre les Croisés qui assiègent la ville le 1er août. Du côté de ceux-ci l’affaire n’est pas gagnée, les barons souhaitent lever le camp avec la fin de la quarantaine qui se dessine.

L’intervention de Pierre II d’Aragon, le suzerain de Trencavel, se limita à une tentative de médiation. Arnaud Amaury, pour l’heure toujours chef militaire des Croisés, usa semble-t-il de traîtrise pour se rendre maître de la personne du vicomte Trencavel. Celui-ci fut donc fait prisonnier le 15 août dans une tour de son propre château.

D’après l’histoire languedocienne de Don Vayssette et Devic, deux moines bénédictins, écrite au 18ème siècle, qu’a consultée Philippe Hammel, la population de Carcassonne avait pu s’enfuir par un souterrain (à la grande colère d’Arnaud Amaury qui aurait peut-être souhaité leur faire connaître le même sort qu’aux Biterrois !)

Quoi qu’il en soit Raimond-Roger Trencavel meurt dans son cachot le 10 novembre 1209, de dysenterie affirme la Chanson de la Croisade mais l’opinion publique de l’époque estime qu’il a pu être assassiné sur ordre de Simon de Montfort qui accepte de devenir vicomte de Carcassonne. Evidemment la mort de Trencavel a facilité les choses aussi on peut légitimement s’interroger sur les causes du décès.

Jean Sagnes reprendra la parole pour quelques compléments sur notamment le lignage des Trencavel. Raimond-Roger est l’arrière-petit-fils d’un roi de France, Louis VI, il est le neveu de Raymond VI, le puissant comte de Toulouse, il est parent avec les grandes familles d’Europe, y compris avec le roi d’Angleterre… mais les intérêts sont plus forts que les liens familiaux, on l’a d’ailleurs vu pendant la guerre de 14 / 18, l’empereur Guillaume n’était autre que le petit-fils de la reine d’Angleterre, cela n’a pas empêché les peuples de s’étriper !

Il sera fait état aussi, de l’exécution en 1167, dans l’église de la Madeleine, de Raimond Trencavel, le grand-père de Raimond-Roger et de la reprise de la ville par Roger, le fils du vicomte assassiné.

On aura des détails sur l’évolution des sceaux des vicomtes de Béziers, le dernier ayant été, comme c’était la tradition, brisé par Raimond, le fils de Raimond-Roger, qui après diverses tentatives pour recouvrer les terres de son père, dut les abandonner au roi de France en 1247.

Un bouquet de fleurs a symboliquement été accroché par le responsable de l’organisation « Iniciativas 1209-2009 »à la plaque apposée sur la façade du CIRDOC et dévoilée le 22 juillet 1209 cependant que Claude Alranq a commenté qu’était ainsi honoré, à deux pas de la maison natale de Jean Moulin, un autre résistant.

Le verre de l’amitié terminait cette dernière, et toujours heureuse, initiative du CIRDOC pour la commémoration de 1209 cependant qu’à 21 h était présenté aux Franciscains la pièce de théâtre « Catharsis sound maquina » de Claude Alranq.

 

 

 



Qui était Louis Malbosc ?

Publié le 05/11/2009 à 11:25 par cessenon
Qui était Louis Malbosc ?

 

 

A Béziers à l’école Mairan une plaque honore la mémoire de Louis Malbosc où il a été instituteur pendant plus de vingt ans.

Louis Malbosc est Franc-maçon et plus précisément vénérable de la Réunion des Amis Choisis (une loge du Grand Orient de France, obédience de la Franc-maçonnerie bien implantée à Béziers). A ce titre, et comme beaucoup d’autres, il est révoqué par le régime de Vichy en 1941.

Si tous les Francs-maçons n’entrent pas dans la Résistance, Louis Malbosc le fait. Il prend la tête du réseau de renseignement Alliances. Il sera arrêté le 1er février 1944 par la gestapo, déporté à Karlsruhe, torturé et fusillé le 1er avril de la même année.

Une rue porte son nom dans le quartier de La Grangette. Il faut dire qu’ici tout un ensemble de rues est dédié à des martyrs de la Résistance.

Au faubourg, une école aujourd’hui désaffectée, était appelée Ecole Louis Malbosc. Il me semble que c’était un établissement pour élèves handicapés. Cette école avait été utilisée par la suite pour les activités du centre de loisirs de l’association Faubourg-relais mais avait subi des dégâts consécutifs à une crue de l’Orb.

Monsieur Matthieu, Verdier l’actuel directeur de l’école Mairan, a prévu une cérémonie le samedi 12 décembre pour rendre hommage à Louis Malbosc. Des dispositions ont été prises à cet effet.

 

L’histoire d’Armande et de Manuel

Publié le 25/10/2009 à 10:13 par cessenon
L’histoire d’Armande et de Manuel

 

 

Une histoire émouvante.

Si les informations qui nous ont été communiquées sont exactes, elle remonte à 1958, plus de cinquante ans donc ! On peut même la faire commencer plus tôt.

En 1945, après la victoire sur les nazis et le fascisme, les républicains espagnols tentent de secouer le joug de la dictature franquiste terriblement répressive. Manuel Madrona s’engage courageusement dans l’action clandestine.

Il est l’adjoint du secrétaire général du PCE. Hélas il sera arrêté mais, son chef n’ayant pas parlé, il échappe de peu à la condamnation à mort. Il est toutefois incarcéré et passera une dizaine d’années dans les geôles d’une prison de Burgos.

Elargi en 1957 il reste cependant en liberté surveillée. Il souhaite quitter l’Espagne et la situation inconfortable dans laquelle il s’y trouve. Muni d’un passeport mexicain il sera conduit en France par Armande Maillet qui vit alors à Perpignan avec son mari et qui va le chercher à Barcelone au volant de sa « Deux Chevaux ».

Le passage de la frontière se fera sans trop de difficulté, c’est Armande qui, parlant le français et l’espagnol, présente les passeports aux douaniers.

Arrivés en France, les deux protagonistes se sont perdus de vue, Manuel  ayant été réceptionné par des camarades de Perpignan qui s’étaient occupés de lui faire prendre un train pour Paris

Au début de 2009, à l’occasion d’initiatives prises à Sète pour commémorer La Retirade, Armande raconte ce qu’elle avait pu faire ou tenté de faire avec son mari, avec une autre personne aussi, Andrée Cordesse, pour aider les républicains espagnols, dans le cadre d’une collaboration entre PCE et PCF.

Manuel, présent parmi le public qui écoute, se précipite dans ses bras en déclarant qu’il reconnaît à travers l’histoire qu’elle vient de relater celle qui lui a sauvé la vie !

Ah, la « Deux Chevaux » ? Elle a péri du côté de Ganges, lors d’une crue de l’Hérault, en septembre 1958 nous a précisé Armande.

 

 

Le cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Jaurès

Publié le 05/09/2009 à 14:14 par cessenon
Le cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Jaurès

Pendant la communication de Rémy Pech


Ce cent-cinquantième anniversaire a été l’objet d’un colloque qui s’est tenu le samedi 5 septembre au domaine de Bayssan. Il était organisé par le comité Jean Jaurès que préside Jean-Michel Du Plaa. Le public, fourni, était essentiellement composé de socialistes.
Après une introduction de Jean-Michel Du Plaa, la présidence a été donnée à Paul Alliès qui a distribué la parole.
Dans une première partie trois communications ont été faites, celle de Rémy Pech qui pour l’essentiel a repris le contenu de son livre « Jean Jaurès paysan » récemment édité, suivie de celle de Fabien Nicolas sur l’invention du parti politique à la Belle Epoque et enfin celle de Philippe Secondy qui s’intitulait « Jaurès et les droites, de la haine à la récupération ».
Nous avons déjà évoqué le livre de Rémy Pech. Egal à lui-même, l’historien est aussi un conteur. Fabien Nicolas lui, a précisé le contexte dans lequel s’est créée la SFIO. Inspirée du modèle du parti socialiste belge à bien des égards elle répond à quelques impératifs tels que les avait définis Lénine lui-même dans son « Que faire ? ». Philippe Secondy a été très démonstratif sur la récupération sans vergogne, par la droite, et même l’extrême droite, du personnage devenu légendaire de Jaurès.
Une plage de temps a été accordée à l’auditoire pour interroger les intervenants : syndicat et parti politique pour l’un, place de l’occitan dans la parole de Jaurès pour l’autre, pourquoi l’échec de son combat pacifiste pour celui-ci… ont été quelques-unes des questions posées. Il a été répondu avec beaucoup d’à propos.
La deuxième partie du colloque s’est poursuivie avec Philippe Lacombrande, professeur agrégé d’histoire, qui traitait de Jaurès dans le socialisme languedocien.
Des obligations personnelles, la fête des sections communistes du Biterrois à La Plantade pour tout dire, m’ont conduit à quitter le chapiteau au moment de cette intervention. Elle devait être suivie d’autres et d’un déjeuner pris en commun par les participants.

Anniversaire de la naissance de Jean Jaurès

Publié le 03/09/2009 à 11:06 par cessenon
Anniversaire de la naissance de Jean Jaurès


Aux éditions Privat : 19 €

C’est aujourd’hui 3 septembre 2009 le cent-cinquantième anniversaire de la naissance de Jean Jaurès.
La veille, l’émission de France Inter « 2000 d’histoire » accueillait Rémy Pech, universitaire toulousain qui vient de publier un livre « Jean Jaurès paysan » sur lequel nous aurons l’occasion de revenir. Non, Jean Jaurès n’a jamais été agriculteur mais il a vécu son enfance et son adolescence à la Fédial près de Castres où son père exploite un domaine assez modeste.
Il sera par ailleurs élu d’un monde rural caractérisé alors par l’importance de l’économie agricole.
Jean Jaurès est un élève brillant. Il sera un journaliste de talent (il créera L’Humanité) et un tribun hors pair. Si ses débuts en politique ne sont pas marqués par l’engagement socialiste, il n’est alors que républicain, il sera en 1905 à l’initiative du rassemblement des diverses composante du socialisme ce qui donnera naissance à la SFIO.
Il croit aux vertus de la coopération pour atteindre cet objectif mais ne prône pas une rupture franche avec les structures sociales et leur finalité qui régissent le monde.
Il est laïque, quoique religieux précise Rémy Pech. Bien sûr ce n’est pas contradictoire. La religion est affaire personnelle, la laïcité est un problème collectif. Il participera donc à la rédaction de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905
Sa position par rapport au colonialisme va évoluer et passer d’une appréciation condescendante à l’égard des peuples colonisés à une dénonciation du sort qui leur est fait. Il ne lui restait qu’à comprendre que le colonialisme n’est que l’aboutissement achevé du capitalisme !
Naturellement ce qui marque le plus la personnalité politique de Jean Jaurès c’est son engagement pour la paix. Alors qu’en France et en Allemagne la social démocratie sombrera dans l’union sacrée et la collaboration de classes, Jean Jaurès va se battre jusqu’à son assassinat par Raoul Villain le 31 juillet 1914, pour empêcher le déclenchement de la guerre.
C’est la dimension de l’homme politique à laquelle je suis personnellement le plus sensible et qui à mes yeux justifie le nombre impressionnant de noms de places, de rues, d’établissements scolaires, de salles… qui lui rendent hommage !
Un colloque auquel Rémy Pech doit participer est prévu le samedi 5 septembre dans la matinée à Bayssan et sera suivi d’une autre initiative l’après-midi à Maraussan.

Béziers 22 juillet 1209, autopsie d'un massacre annoncé

Publié le 23/08/2009 à 12:03 par cessenon
Béziers 22 juillet 1209, autopsie d'un massacre annoncé


C’est le titre d’une étude faite par Michel Roquebert qui nous a été gracieusement offerte par le CIRDOC lors de la cérémonie organisée le 22 juillet 2009, soit 800 ans jour pour jour après le sac de Béziers, avec la pose d’une pierre commémorative sur la façade ouest de l’édifice.
Ce document est en fait le texte de la communication que l’auteur avait faite à l’antenne universitaire de notre ville lors du colloque « Béziers ville occitane ? » en novembre 2006. Il figure dans les actes dudit colloque.
Il analyse plus particulièrement ce que sont les ribauds et le rôle qu’on leur prête dans la prise de la ville. Il s’appuie sur les différents textes à la disposition des historiens et sur la signification des mots désignant les ribauds.
Une armée de l’importance de celle des croisés, le chiffre de 20 000 hommes en armes est avancé et accepté, nécessite tout un accompagnement de corps de métiers et de simples valets. Il faut des forgerons, des charrons, des conducteurs de charrettes, des terrassiers, des charpentiers, des rémouleurs, des gens pour monter les tentes, préparer les repas…
La Canso parle d’eux en ces termes « arlotz, truans, ribautz… li fols ribautz mendics (ces fous et ces gueux de ribauds), los caieteus truans (les misérables truands), que no an que causar (qui n’ont pas de quoi se chausser).
200 000 ribauds accompagneraient l’armée est-il dit dans certains textes. Ces ribauds ne sont pas armés, sinon de gourdins. Ils sont « inermes », c'est-à-dire sans arme. Il est difficile d’imaginer que ces gens aient pu forcer les portes, dresser des échelles et se lancer à l’assaut des remparts.
Pour Michel Roquebert il y a une confusion entre les ribauds et les routiers. Ces derniers sont des mercenaires, D’ailleurs Pierre des Vaux de Cernay parle de « ribaldi » mais ajoute que c’est l’appellation courante des servientes exercitus, en d’autres termes des serviteurs de l’armée et même sergents. Jacques Berlioz emploiera pour les désigner le terme de « piétons » car ils sont de simples « gens de pied ».
Césaire de Heisterbach parle des « satellites » qui ont dressé des échelles et escaladé les murs. Le mot « satellites » pourrait être traduit par « auxiliaires », c'est-à-dire routiers.
Ceux là connaissent le métier des armes et ont la pratique du pillage par l’exécution de ceux qu’ils rencontrent.
Pour Michel Roquebert ce sont eux qui ont pris Béziers. Après le sac de la ville on ne parle plus de ribauds mais de routiers, guère plus recommandables en fait, leur utilisation est jugée criminelle par l’Eglise. C’est que si les hérétiques troublent la paix des âmes, les routiers troublent la paix civile.
Mais comme ils sont nécessaires à l’armée des croisées, on a fait des arrangements avec le ciel. Aussi c’est peut-être pour cela que Milon et Arnaud Amaury, les légats du pape, remplacent le mot « routier » par celui de « ribauds » quand ils rédigent le rapport qu’ils envoient à leur supérieur !

Le Sac de Béziers

Publié le 26/05/2009 à 08:57 par cessenon
Le Sac de Béziers


Trois événements d’importance ont marqué notre ville. En 2007 on commémorait le centenaire de la mutinerie du 17ème de ligne qui s’était inscrite dans le cadre de la révolte des Gueux, c'est-à-dire des viticulteurs acculés à la ruine par la mévente du vin liée à un phénomène de surproduction.
En 2001 le cent-cinquantième anniversaire de l’opposition au Coup d’Etat de Napoléon III et la répression qui s’en est suivie, très marquées dans notre région et dans notre ville, n’a pas été l’objet de célébration particulière.
En 2009 nous sommes huit cents ans après le Sac de Béziers par l’armée des Croisés commandée par Simon de Montfort. Cette année des initiatives d’importance ont été prises par les autorités.
Très modestement le cercle populaire Joseph Lazare entend participer à l’évocation de cette affaire.
Qu’était la religion cathare ? Quelle était son implantation dans le Biterrois et plus largement dans ce qui est aujourd’hui le Languedoc Roussillon ? Pourquoi la Croisade et comment s’est-elle déroulée ? Quelle est chronologie des événements ? Quelles en ont été les conséquences ? Quelles traces ont-elles laissées dans les consciences ?
Autant de questions auxquelles nous nous efforcerons de répondre lors du prochain repas à thème du cercle populaire qui aura lieu, comme chaque premier vendredi du mois, le

Vendredi 5 juin
2, rue Voltaire à Béziers
A 18 h 15


Comme toujours un repas suivra exposé et discussion sur le sujet du jour. Au menu est prévu, sous réserve de modification, gaspacho andalou et gaspacho manchego. Le prix en est comme d’habitude fixé à 10 €.

Le Sac de Béziers raconté à LSR

Publié le 04/03/2009 à 12:00 par cessenon
Le Sac de Béziers raconté à LSR

Photo André Rouby

LSR, tout le monde situe à présent ? Pour ceux qui auraient oublié, rappelons que le sigle signifie Loisirs Solidarité Retraite et que l’association, active sur Béziers, est une création des retraités de la CGT.
Hélène, sa responsable, avait trouvé en la personne de Jacques, un « conférencier » (le mot est sans doute excessif !) capable de nous parler de l’événement qui s’est déroulé dans notre ville il y aura tout juste huit cents ans le 22 juillet 2009.
Jacques n’est certes pas historien mais il s’est intéressé au sujet et a pu le présenter à la Bourse du Travail devant un auditoire assez fourni, entre vingt-cinq et trente participants, et attentif.
La genèse du catharisme, son implantation dans l’espace occitan, sa théologie, ses rites… ont pu être décrits avec assez de précision.
Les circonstances du déclenchement de la Croisade, le déroulement des opérations militaires, la réaction des Biterrois, la volonté du légat du pape de faire un exemple, les dimensions de la grand masèl (la grande boucherie), la résistance des seigneurs, la victoire des Croisés, la fin du catharisme, les conséquences pour l’Occitanie… tout cela a été conté avec force détails et un souci louable de pédagogie.
Cette causerie autour du Sac de Béziers est sans doute la première initiative dans le temps d’une série de manifestations beaucoup plus prestigieuses que nous allons connaître en 2009.
A l’issue de l’exposé et des questions / réponses qui l’ont suivi une collation était offerte cependant qu’Hélène distribuait le programme des activités prochaines de LSR.
Encore un bon point pour l’association !


Une assemblée du Désert à Montcuq

Publié le 28/01/2009 à 12:00 par cessenon
Une assemblée du Désert à Montcuq


Photo Yannick Naeyaert

Oui des Montcuq il y en a plusieurs, mais le Montcuq dont il est question ici se trouve sur la commune de Saint-Maurice-de-Ventalon limitrophe de celle de Pont-de-Montvert.
Il y a eu là une ferme qui avait cédé la place à une maison forestière. Comme le montre la photo les bâtiments sont aujourd’hui en ruines. On remarquera, les matériaux de construction l’attestent, que nous sommes déjà sur un terrain schisteux.
Pourquoi vous parler de Montcuq ? Parce que les archives font état d’une assemblée de protestants qui s’est tenue là en 1697, la nuit qui a suivi le jour de Noël. Une assemblée du Désert, clandestine, à laquelle ont participé des Nouveaux Convertis, c'est-à-dire des protestants qui, sous la contrainte, avaient abjuré leur foi.
A cette époque la ferme appartenait à un certain Montmare et était exploitée par un « rentier » (un paysan qui l’avait « à rente », c'est-à-dire en fermage) du nom de Pierre Vielzeuf.
L’endroit est isolé, parfait pour une réunion clandestine des religionnaires. Rappelons qu’avec l’Edit de Fontainebleau, promulgué par Louis XIV en 1685, l’exercice de la Religion Prétendue Réformée, la RPR, est interdite sur le territoire du royaume.
L’interdit est bravé et l’assemblée est annoncée, notamment par Rouméjon et Pélatan, respectivement cordonnier et maréchal à Pont-de-Montvert.
Un certain Roman, un marchand de petite taille, venu du Dauphiné, va y prêcher.
Les gens sont venus nombreux, quelquefois de loin, du Collet de Dèze par exemple.
La tenue de l’assemblée ne restera pas secrète, une procédure judiciaire sera engagée et on enregistrera l’enfermement simultané de quelque vingt cinq personnes retenues prisonnières pour interrogatoire dans la maison qu’habite l’abbé du Chayla à Pont-de-Montvert.
L’abbé du Chayla ? Il est inspecteur des missions et zélé exécutant des directives royales en matière de conversion forcée. Il y perdra la vie le 24 juillet 1702, victime des 53 coups de couteau qui lui seront portés par les premiers « attroupés » descendus du Bougès pour cette expédition punitive.
Pour l’heure il enquête et les suspects, suspects d’avoir participé à l’assemblée de Montcuq, sont l’objet d’un interrogatoire. Le registre de celui-ci fait état de peu de témoins à charge, la plupart des interpellés essayant de fournir des alibis leur permettant de ne pas être mis en cause.
Espérance Daudé du Villaret nie sa participation et ne semble pas, faute de preuves suffisantes, avoir été condamnée. Il en est de même de Pierre Rouvière de la Tour du Viala et de quelques autres.
Nous n’avons pas connaissance des sanctions qui se sont abattues sur ceux qui ont été reconnus coupables, sinon que la paroisse de Grizac a dû payer une amende de 4 livres par jour car une vingtaine de ses habitants étaient présents à Montcuq.
Roman, le prédicant, avait pu prêcher, faire jurer à plusieurs Nouveaux Convertis qu’ils n’iraient plus à la messe et était reparti… avec une fort jolie fille.

Composition d'écriture ?

Publié le 27/12/2008 à 12:00 par cessenon
Composition d'écriture ?

La page est extraite du cahier de composition d’Adolphe Compang, élève de l’école de Grizac. Elle date du 15 février et, selon toute vraisemblance, de l’année 1868.
Il y est donc fait référence à la situation d’un petit Savoyard qui compare son niveau de vie à celui des autres enfants. Lui est pauvre, mais on peut s’interroger, tous les Savoyards l’étaient-ils et tous les Français étaient-ils riches ?
On remarquera que des fautes d’orthographe ont échappé à la vigilance de l’instituteur.
D’autres pages du même cahier évoquent la crainte de Dieu, « Le chrétien qui a de la fermeté dans le caractère ne craint que Dieu et ne se laisse pas effrayer par les menaces » ou l’amour de la patrie, « Je ne suis encore qu’un enfant mais j’aime de tout mon cœur ma patrie. C’est là que je suis né, c’est là que j’ai grandi, sous les leçons de mes maîtres, avec des amis qui me sont chers ».
Peut-être s’agit-il ici de leçons de morale ?
Quoi qu’il en soit le tout est calligraphié avec soin, avec des tailles différentes suivant les lignes.