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cessenon
Description du blog :
Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
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Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
24.11.2009

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Petite encyclopédie des vents de France

Publié le 11/11/2009 à 11:42 par cessenon
Petite encyclopédie des vents de France

 

 

C’est un livre que l’on doit à Honorin Victoire, un Aveyronnais passionné par l’histoire des vents, qui m’a été prêté par Geneviève Silhol, une Cessenonaise exilée à Séverac le Château (la pauvre !)

L’auteur a répertorié 630 vents et dressé 34 roses des vents. Pour chacun d’eux il donne sa source, son déclenchement et son mécanisme. Il précise sa zone d’influence et ses caractéristiques (orientation, largeur et longueur du cours, vitesse…) Il ajoute quelques expressions le concernant, fait part de ses singularités et des histoires qui lui sont attachées.

Je me suis intéressé au Grec que l’on confond un peu avec lo Davantié dont l’axe est plus oriental. Le Grec lui souffle suivant une direction est – nord – est. Il prend sa source en Camargue et résulte de la conjonction de hautes pressions sur l’Italie et de basses pressions sur l’Aquitaine. Frais et humide en hiver il peut être chaud et sec en été. Sa vitesse moyenne est de 20 km / h mais on a pu enregistrer des vitesses nettement plus élevées.

Il souffle sur le Languedoc dans lequel il pénètre entre les étangs de Mauguio et de Thau pour finir dans le Minervois. Son cours aurait 40 km de large et 130 km de long. C’est le vent de la pluie, en témoigne le dicton « Grèc, la pleja al bec ».

L’auteur donne un autre dicton qui à Cessenon ne s’applique pas exactement au Grec mais au Marin. Pour H. Victoire c’est « Lo Grèc es pas caçaire ni pescaire ». Chez moi c’est le « Le Marin n’est ni chasseur ni pêcheur ».

Sur le nom de « Grec » par lequel on désigne ce vent ? Dire que le mot vient du latin « grœcus » n’apportera pas plus ! C’est le vent qui aurait amené les Grecs fonder leurs comptoirs en Gaule (Antipolis, Massalia, Agathé, Ampurias…) Mais l’auteur propose d’autres origines « grieu » qui signifierait « rusé » ou « tricheur ».

Il a des variantes, le Gré cévenol, par exemple, qu’en Lozère j’ai toujours entendu appeler « Vent du Midi ». Il amène la pluie lui aussi et la neige en hiver !

 



Il était une fois...

Publié le 04/11/2009 à 10:00 par cessenon
Il était une fois...

 

 

... De La Salvetat sur Agout au Pont de l'Arn.

C’est le titre d’un livre écrit par Christiane Guiraud. C’est la saga de sa famille qui nous est contée. Elle commence en 1844 par une histoire émouvante. Nous sommes à Caumezelles, une grosse ferme qui appartenait aux grands-parents maternels de Pierre Escande lequel vit à Murviel les Béziers.

En ces premiers jours de mai 1844 une dame habillée de noir se présente devant Caumezelles où passait à cette époque la route qui mène à Lacaune. Elle porte un bébé de quelques semaines et demande si on peut le garder jusqu’au soir car elle a une longue marche à faire.

Marie-Anne Barthès, la maîtresse de maison, accepte de rendre service à la dame. Mais ni le soir, ni les jours suivants, la mère de l’enfant ne réapparaît. On s’occupe donc du bébé, une fillette, et on apprend ses nom et prénom par un morceau de papier placé dans les langes : Césarine Michel.

Césarine va vivre à Caumezelles jusqu’à son mariage en 1871. Officiellement elle n’a pas été adoptée par Mme et M. Barthès mais de fait elle est considérée comme le quatrième enfant du couple. D’ailleurs lors de son mariage le maître de Caumezelles la dote : une somme de 600 f, considérée comme ses gages de servante, une armoire en noyer et cerisier, quatre brebis et un agneau, divers documents…

Oui, officiellement Césarine a un statut de servante, c’est ce qui est déclaré lors du recensement de 1861. Par la suite, avec l’extrait de naissance nécessaire à la publication des bancs, elle saura qu’elle est née à Agde et que sa mère, devenue veuve, vit à Marseillan.

Dans la première partie du livre de Christiane Guiraud on peut lire ce qu’était la vie à Caumezelles dans la deuxième moitié du 19ème siècle, avec les travaux agricoles, les foires à La Salvetat, la fête patronale, la fatigue du cochon… une vie pas très différente de celle qu’elle était cent ans plus tard estime Pierre Escande. Il y a quand même quelques différences : si les deux garçons vont à l’école c’est Mme Barthès qui apprend à lire aux deux filles.

Césarine s’est donc unie à Louis Guiraud, le fils de la lavandière de Caumezelles. Elle ira vivre chez lui à La Pautru où Louis exerce le métier de tailleur. A cette époque on meurt souvent jeune. Le père de Louis est décédé à Puisserguier, où il était allé vendanger, à l’âge de 43, sa mère à 50, lui-même à 40 !

Césarine a eu deux enfants, une fille, Marie, et un garçon Milou, le grand-père de l’auteur, qui après son mariage quittera La Pautru pour le Pont de l’Arn où le travail dans l’industrie de la laine ne manque pas et où Césarine le suit.

Toute la deuxième partie de l’ouvrage est essentiellement consacrée à cette activité lainière qui s’est développée jusqu’au milieu du 20ème siècle à Mazamet et dans les environs. Après les moutons de Lacaune ce sont ceux d’Australie, d’Argentine, de Nouvelle Zélande, d’Uruguay, d’Afrique du Sud… qui fournissent la matière première. Au début des années 60 on voyait encore sur la 112 de gros camions chargés de peaux de moutons débarquées au port de Sète.

La saga familiale est complétée par le passage à Pont de l’Arn du grand-père Milou qui en 14 / 18 y fait halte avec sa compagnie, venue du Maroc et envoyée sur le front.

De même Emile, le père de Christiane, fait le récit de sa captivité en Allemagne où il est resté cinq ans prisonnier.

Le livre est illustré par plusieurs photos d’époque ainsi que par de nombreux détails sur le quotidien de l’entre deux guerres.

Par contre il n’y a pas d’analyse sur ce qui est en cause dans le déclin économique qui a affecté le sud du Tarn depuis une cinquantaine d’années.

 

Saga d’instituteurs lozériens

Publié le 24/09/2009 à 10:39 par cessenon
Saga d’instituteurs lozériens

 

Il s’agit d’une étude réalisée par Pierre Cordesse, Lozérien d’origine et orienteur de son état, aujourd’hui à la retraite.

Le titre ? « Casimir, Emile, Henri, Célestin… et les autres. » et le sous-titre « Deux siècles d’école primaire ». L’ouvrage avait été publié par les éditions des Orangers mais une amie sétoise m’a envoyé le texte via Internet.

Casimir, c’est Casimir Poujol qui naît au Massegros, une commune du causse du Sauveterre en 1832. Il est le premier de la saga. A vingt ans, son brevet de capacité en poche, il pourra exercer le métier d’instituteur communal dans son premier poste de Servières sur le plateau de la Margeride.

Nous sommes encore loin des lois laïques de Jules Ferry. L’Eglise joue un rôle primordial dans l’instruction des Français et d’ailleurs la nomination d’un instituteur sur une commune exige un certificat de moralité délivré par le curé ou son représentant.

L’enseignement lui-même fait une bonne place au catéchisme. « Pour améliorer ses ressources, le maître d’école est souvent sacristain, il sonne l’angélus du matin, aide le curé à dire la messe, chante au lutrin, fait le catéchisme, et balaie l’église » écrit Pierre Cordesse.

Le pays est pauvre et le matériel scolaire étant cher il est réduit à sa plus simple expression. Le bâtiment dans lequel est l’école est sommaire et le logement de l’enseignant peu confortable !

Si les lois scolaires de la République soulagent l’instituteur de la pression de l’Eglise les conditions matérielles d’enseignement et de logement resteront longtemps précaires, y compris jusqu’au milieu du 20ème siècle.

Les hussards noirs de la République auront encore à se battre contre un clergé et des élus souvent pas toujours favorables à l’Ecole sans Dieu aux résultats pourtant bien meilleurs que ceux de l’enseignement privé dans lequel l’appellation de Frères Ignorantins est révélatrice du niveau de certains maîtres. L’absentéisme des élèves est important lors des travaux saisonniers.

L’auteur cite plusieurs ouvrages faisant état des difficultés diverses que connaissent les instituteurs, particulièrement les débutants, il donne aussi des témoignages sur les rapports de l’enseignant avec sa hiérarchie. Quelques échanges de correspondance entre un inspecteur d’académie du Jura et ses subordonnés éclairent le lecteur sur l’état d’esprit qui a cours. Un constat est dressé sur la discipline stricte qui régit l’Ecole Normale de Mende.

Une incursion est faite en Algérie où les conditions de travail et de vie des instituteurs ne sont pas meilleures dans un contexte où les élèves sont encore plus étrangers à la langue et à la culture françaises que les petits Lozériens.

Tout un chapitre est consacré à Henri Cordesse qui pratique la pédagogie moderne de Freinet dans sa classe de Montgros, une commune de l’Aubrac. Henri Cordesse qui prendra une part importante dans la Résistance en Lozère et à ce titre sera nommé préfet de la Lozère à la Libération.

Pierre Cordesse ajoute à son étude son appréciation sur les méthodes pédagogiques qui ont cours et fera part de son engagement militant au sein du Groupe Français d’Education Nouvelle. C’est déjà une autre affaire !

 

On peut se procurer l'ouvrage chez l'auteur :

Pierre Cordesse13, rue des Orangers 34090 Montpellier

Prix : 15 €, les frais d'envoi en sus.

 

 

 

 

 

Le grand fléau

Publié le 06/05/2009 à 12:00 par cessenon
Le grand fléau


C’est le titre d’un roman historique, que l’on doit à Henri Coupon, qui raconte la peste à Marseille en 1720.
Le récit en est fait à la première personne par Pietro Della Staria, le fils d’un riche armateur de Toscane envoyé par son père à Marseille chez Jean-Baptiste Estelle, armateur et marchand lui aussi, premier échevin de la ville, pour apprendre le métier auquel il est destiné.
De manière fort prenante, dans un style agréable, le lecteur revit les différentes étapes de l’arrivée, de l’expansion, de la fin du fléau qui va ravager la ville. A n’en pas douter l’auteur est fidèle à la vérité historique.
Quelle est celle-ci ? En mai 1720 Le Grand Saint Antoine, en provenance de Syrie où il a fait cargaison d’étoffes précieuses est au mouillage du côté de Toulon dans l’attente d’une décision concernant son entrée dans le port de Marseille.
Certes ses patentes (les autorisations fournies par les autorités de la ville d’où il arrive) sont nettes. Toutefois plusieurs membres de l’équipage sont morts au cours de la traversée, peut-être contaminés par un passager turc.
Il est un moment question de détourner le bateau sur Sète. Finalement il est autorisé à gagner Marseille où la mise en quarantaine au lazaret manque totalement de la rigueur qu’exige la situation. La pacotille, marchandise de contrebande qui circule avec la cargaison du navire, est débarquée sans précaution particulière cependant qu’aucun cordon sanitaire sérieux n’est établi entre l’équipage du Grand Saint Antoine et les Marseillais, les prostituées particulièrement.
C’est que la date de la foire de Beaucaire approche et que de substantiels bénéfices sont espérés de la vente de la marchandise, aussi on ne prend pas les précautions qui pourtant s’imposaient.
Le 20 juin une première victime est enregistrée mais on ne sait pas encore que c’est la peste qui l’a frappée. L’épidémie ne sera identifiée par les docteurs Peysonnel, père et fils, que le 9 juillet. La peste va se développer et fin août elle provoque chaque jour la mort d’un millier de personnes.
A terme elle fera périr quelques 40 000 Marseillais soit un tiers de la population de la ville. Le fléau s’étendra en Provence et dans le Gévaudan.
Le Grand Saint Antoine est brûlé, Chataud, son capitaine, sera arrêté et incarcéré au château d’If.
Notre narrateur a des contacts avec, outre son protecteur Jean-Baptiste Estelle, De Belsunce, l’évêque de Marseille qui profitera ces circonstances pour régler ses comptes avec son opposition janséniste.
Avant la peste Pietro Della Staria connaît la vie facile de la bourgeoise marseillaise. Il s’éprend de La Vuissiane, prostituée de luxe qui dirige de main de maître une maison close où elle mourra elle aussi, comme tant d’autres, de la peste bubonique.
Au paroxysme de la maladie notre héros se retrouvera à la tête d’une escouade de forçats investis de la fonction de corbeaux, c'est-à-dire qu’ils enlèvent les cadavres des rues à l’aide de crochets et les mettent dans les fosses communes.
Le livre se termine avec le recul de l’épidémie et le jugement sévère du narrateur sur la classe bourgeoise dont il est issu. C’est qu’il a compris que l’appât du gain avait eu les conséquences que l’on sait !

Un excellent livre sur la peste de Marseille : aux éditions Aubéron, 22 €.

Amour haine

Publié le 17/12/2007 à 12:00 par cessenon
Amour haine
Curieux livre que ce « Amour haine » d’un certain Peter Krauss. L’auteur lui-même est curieux. C’est un Allemand du Bade Wurtemberg qui a choisi la nationalité française. Il a fait ses études au lycée de Suttgart puis à l'université de Tübingen et c’est une camarade de sa classe qui m’a offert l’ouvrage.
L’histoire se passe à Millau où le personnage principal, c’est certainement très autobiographique, est professeur d’allemand dans un établissement privé dirigé par des sœurs.
Nous sommes dans les années soixante. Le monde rural qui entoure la sous-préfecture orientale de l’Aveyron n’a pas encore trop changé même si de nombreuses cultures, celle de la vigne notamment, ont pratiquement disparu. Chasseurs et braconniers ne se font pas la guerre mais sont plutôt unis dans quelque chose qui deviendra peut-être plus tard Chasse Pêche Nature et Tradition.
Apolonia, une jeune fille d’origine polonaise, est élève dans l’école où exerce le professeur d’allemand. Il y aura une idylle assez confuse entre le maître et la lycéenne. Confuse dans la réalité de leur relation, dans l’ambiguïté du personnage qu’est Apolonia.
On finira par savoir qu’elle subit les assiduités d’un père incestueux qui s’en prend aussi à la jeune sœur d’Apolonia. Le milieu familial est sordide, le père est braconnier et son activité à ce niveau est empreinte de cruauté.
La flore, la faune (y compris les vautours de la vallée de la Jonte), la géologie et ses nombreux avens sont particulièrement bien décrites par l’auteur. Le contexte social aussi avec ce qui se passe à cette époque sur le Larzac.
Des allers retours permanents sont effectués entre l’Allemagne et la France, entre le passé et le présent, entre catholiques et protestants. En Allemagne les protestants sont luthériens alors qu’en France ils se réclament plutôt de Calvin ce qui change bien des choses !
Les va-et-vient entre la langue française, allemande, polonaise, chinoise aussi, sont empreints d’une grande érudition agrémentée de citations diverses.
Quelques chapitres, la rencontre avec un couple de cavaliers par exemple, semblent sortir de l’histoire qui nous est contée. L’auteur décrit l’abbé Delsol, chez lequel il mange quelquefois, de manière très flatteuse. Il est cultivé, philosophe et de bon conseil.
Apolonia aura une fille dont on ne saura pas qui est le père.
Peter Krauss lui a continué sa vie, marié à une française qui exerce le métier rare de tisserande, il vit à Aix en Provence. Son fils est tailleur de pierres, sa fille linguiste.
Le livre « Amour haine » est édité en version bilingue mais ce n’est pas une traduction littérale d’une langue dans une autre, il a été écrit en français d’une part, en allemand de l’autre.
Curieux, vraiment !