Créer un blog Présentation

Nom du blog :
cessenon
Description du blog :
Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
16.05.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· Actualités du Biterrois (59)
· Algérie (49)
· Curiosités (33)
· Ecole (20)
· Famille (10)
· Faune (60)
· Flore (120)
· Géologie (6)
· Histoire (36)
· Histoires de guerre et de soldats (10)
· Livres (3)
· Occitan (31)
· Paix (33)
· Patrimoine (74)
· Personnages pittoresques (26)
· Politique (95)
· Recettes de cuisine (4)
· Souvenirs d'enfance (72)
· Spectacles (13)
· Vie sociale (79)
· Viticulture (41)

Navigation

Accueil
Livre d'or cessenon
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Pacifistes en forum
· Essai nucléaire effectué par la Corée du Nord
· Idée de balade à Castelnau de Guers
· Scènes de la vie courante
· Départ pour l'Algérie, arrivée à Oran
· Crise d'urticaire, première !
· J'ai encore gagné !
· Regard sur les Juifs d'Afrique du Nord
· Journal d'un prisonnier de guerre
· Découverte d'une villa gallo-romaine

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

pangasus
17.05.2008
pangasus
17.05.2008
Ours et loup
17.05.2008
recherche
15.05.2008
re petite précision à l\'adresse de Mr Mizrahi.
11.05.2008
re petite précision à l'adresse de Mr Mizrahi.
11.05.2008
combats a saint pons
08.05.2008
coucou
08.05.2008
Voilà, j'ai trouvé
08.05.2008
J'en ai ramené...
08.05.2008
Oups !
08.05.2008
Est ce bien du billet du 19/O4
08.05.2008
une pure merveille
08.05.2008
ciao =)
07.05.2008
Joli billet, belle photo !
05.05.2008
"Musée"? Musée?
04.05.2008
Bonjour !
03.05.2008
franchise
02.05.2008
Je l'ai écris,
30.04.2008
superbe
29.04.2008
RSS

Blogs 3 à découvrir :

· p1k9r
· blackbodyandsoul
· chaperonrouge
· izabel34
· leon
· plumedange
· suzannazsuzsilesartsetleslettres
· leworm
· vroger4
· joy

Occitan

Les dix bougies de La Burla

Posté le 03.05.2008 par cessenon
De gauche à droite : l'entrée de la salle d'Occitanie, la prestation de la chorale, l'heure de l'apéro.


La Burla, le cercle occitan de Cessenon, fêtait ses dix ans d’existence ces vendredi 2 et samedi 3 mai. Pour la circonstance la salle d’Occitanie présentait une exposition faisant le bilan de la riche activité de cette association.
Le visiteur était accueilli à l’entrée de la salle par les bannières occitanes, largement déployées. A l’intérieur sur des panneaux c’est toute une série de photos, d’affiches, de textes qui permettait de rappeler les différents secteurs investis par La burla : Fête des Vendanges, Foire du Cochon, cours d’occitan, vide-greniers, spectacles, Passejadas…
Une première sans doute : les photos de plusieurs ponts et de passerelles construits sur l’Orb ou le Vernazobre. Tiens on apprend que celui que la crue de 1930 a emporté n’avait pas encore été inauguré !
Le vendredi en fin d’après-midi, le public, nombreux, a pu entendre la chorale de La Burla dans son répertoire. Une chorale majoritairement féminine, deux hommes seulement en font partie. C’est avec « Las quatre sasons » qu’a débuté la prestation qui comprenait une série de chants occitans dont « La canson de Cessenon » laquelle est en passe de devenir un tube !
Dans une très brève allocution, Christian Francès, le maire, nouvellement (et confortablement) réélu de la commune, a souligné son soutien à La Burla dès sa création.
La municipalité a offert un apéritif qu’accompagnaient diverses réalisations culinaires maison. Ah, il y avait de petites pâtisseries en forme de croix occitane ! Naturellement le verre de l’amitié en main, les discussions allaient bon train pendant cet apéritif.
Le programme prévu pour le samedi comportait une foire aux produits du terroir, des jeux traditionnels et un concours de pétanque organisé par « La Boule Joyeuse » cependant qu’en soirée était attendu le chanteur occitan Patric.

Passejada de la Burla Edition 2008

Posté le 31.03.2008 par cessenon
Crédit photos Jean-François Favette

La traditionnelle Passejada organisée chaque année le lundi de Pâques par le Cercle Occitan de Cessenon avait été en 2008 reportée au dimanche suivant pour cause de mauvais temps.
Pari risqué car la pluie pouvait se substituer au vent et à la froidure ! Le matin c’était bien noir vers l’ouest. Les optimistes pensaient que ça se lèverait. Pari gagné, il n’a pas plu même si le ciel est resté couvert et si le Grec était porteur d’humidité. Rappelons le dicton « Grec, la pleja al bec ! »
En fait pour marcher c’était un temps idéal, quant au site choisi pour le pique-nique il était abrité du marin. La pluie n’est venue qu’en fin de journée alors que la randonnée était déjà terminée.
Mais prenons les choses au début. A peu près tout le monde est à l’heure, 9 h 30, sur la place du village où a été fixé le rendez-vous. Les participants, en nombre équivalent à celui de l’année précédente, 27 marcheurs et quelque 35 pour le pique-nique, étaient en partie renouvelés, avec une présence plus marquée qu’à l’accoutumée de Cessenonais.
Nous rallions en voiture, sur la route de Lugné, l’entrée du pont du Vernazobre où est prévu le point de départ de la balade. André qui nous a accompagnés jusque là vient demander au guide à quelle heure les marcheurs seront à l’endroit où doit avoir lieu le repas. Vers midi, comme chaque année donc. C’est que l’affaire est parfaitement rôdée à présent.
On traverse le Vernazobre et tout de suite après on prend sur la gauche un chemin qui va nous permettre de rejoindre le Récambis. Déjà la récolte d’asperges est entreprise. Jeannine se trouvera chargée de la collecte de celles qui sont ramassée.
Ah, voici un terrain en friche qui avait été une vigne qui avait appartenu à Junior. En fait la parcelle résultait d’un partage, héritage du « Papeta Petasso », l’autre moitié était la propriété du Secado.
Nous franchissons le Récambis sur un passalís, direction La Moline où nous serons accueillis par l’habituel concert de chiens. Ah voilà une voiture : il s’agit de Jeannot qui ayant manqué le départ nous a rejoints ici avec deux autres randonneuses. Ils n’ont qu’à se parquer là, nous règlerons le problème de leur ravitaillement plus tard.
Michel Cl. nous donne le nom du ruisseau qui passe ici : il s’agit de l’Amairugal que nous remonterons jusqu’à l’entrée de la Vaisse..
Arrêt devant les bâtiments de La Moline pour quelques commentaires.
On poursuit notre chemin. Nous avons atteint à présent la vallée du Vernazobre. Les fleurs mauves ? C’est de la monnaie du pape et les blanches sont de l’ornithogale encore appelé Dame-de-onze-heures.
Michel Cl. sait pratiquement à qui appartiennent toutes les différentes vignes que nous rencontrons.
Ah, les arbres en fleur dans le verger distant de quelques centaines de mètres ? Ce sont des pommiers nous précise Daniel. Même que les grives viennent au ravitaillement quand les dernières sont tombées sur le sol.
On va, comme prévu, traverser le Vernazobre sur le pont de Commeyras. Jacky D. nous y raconte la scène dont il avait témoin : deux automobiliste engagés sur le pont, aucun ne voulant reculer, cela s’est soldé par de la tôle froissée !
Regroupement sur l’ancienne voie de chemin de fer d’intérêt local où nous avons droit à quelques anecdotes.
Allez, après la traversée du hameau de Commeyras c’est un paysage sensiblement différent qui s’offre à nos yeux. Des orchis, sans doutes des orchis mouche, peuplent le talus.
Une chaîne barre le chemin qui conduit à La Matte, propriété du gendre de Jean-François. Elle n’est pas destinée aux piétons mais aux quads !
Jacky D. nous montre dans le secteur les terres qui appartenaient à son père puis à l’un de ses frères et à lui-même.
Daniel donne les explications devant una somesa (on écrit aussi somessa et il s’agit d’une marcotte permettant de remplacer un cep manquant ) réalisée au bord d’une vigne.
On n’est plus très loin de la « baraque » d’Emile Combelasse qui à vrai dire appartient maintenant à Léo Cosentino, son neveu par alliance, à qui André avait demandé l’autorisation d’utiliser l’espace avoisinant pour le pique-nique.
André a déjà bien avancé l’organisation des choses. Voilà Roger qui arrive en voiture. Il lui sera demandé d’accompagner l’épouse de Jeannot jusqu’à son véhicule pour récupérer ses provisions.
On s’installe sur des tables, trouvées sur le terrain, dans la baraque ou apportées par le responsable de la logistique. C’est que nous avons affaire à des randonneurs qui aiment le confort !
Des différents apéritifs auxquels il a goûté, le chroniqueur a retenu un vin de noix qui venait d’ailleurs et un grenache, Jacky L. Productions, particulièrement agréable à boire.
Bon il y en a qui se sont perdus ! C’est le cas de Michel Ca. et du maire égarés avec leur voiture du côté des Mattes. Le guide donne grâce à un téléphone portable les instructions qui vont leur permettre de nous rejoindre. Jean-François et sa passagère arriveront un peu après.
Il y a beaucoup de nourriture qui va circuler au cours de ce repas ! Oh, là, là, on ne pourra ni manger de tout ni même tout citer ! Evidemment on n’oubliera pas de mentionner l’omelette aux asperges sauvages, la ventrèche ou les pilons de poulet grillés et le Roquefort artisanal apporté de l’Aveyron par Yvonne. Pour le reste, rien que d’y penser on sent qu’on prend encore de l’embonpoint !
Nous bénéficions d’une superbe vue sur la « campagne » de La Matte et des vignes qui l’entourent. Des vignes qui produisent un Saint-Chinian haut de gamme nous indique Jean-François.
Cette année nous ne n’avons pas droit comme l’année précédente à la prestation de Marianne qui avait animé la fin du repas avec son accordéon. La chorale de La Burla essaie, avec talent d’ailleurs, de suppléer à ce manque. Naturellement nous aurons droit à la chanson de Cessenon, elle est parfaitement intégrée au répertoire de nos choristes.
Ce n’est pas trop difficile de remettre le groupe en marche. Si on perd quelques marcheurs, Marie-Rose par exemple, on en gagne d’autres, Sylvette notamment.
Retour vers les voitures avec détour pour voir les vestiges de l’ancienne mine de lignite des Mattes. Un petit topo sur son histoire nous est présenté au niveau de ce qui était le carreau de la mine.
Plus haut Jacky L. nous raconte le pourquoi du nom donné à « la baraque de l’âne ». Il s’agit d’une capitelle dans laquelle, par temps d’orage, un âne était entré. Ne voulant pas reculer il avait fallu que son maître aille chercher des renforts pour l’extirper de la construction en lo peltiran (littéralement en le tirant par les cheveux !)
On va se laisser descendre en suivant le ruisseau de Mascarinié jusqu’à la route de Saint-Chinian que nous traverserons pour atteindre la vallée du Vernazobre que nous suivrons jusqu’à La Roumegouse. Dernier arrêt sur le pont qui permettait à la ligne de chemin de fer de franchir le Mascarinié sous lequel existent des stalactites qui se sont formées depuis sa construction. Nous serons toutefois dispensés d’aller les voir.
Il est un peu plus de 16 h 30 quand nous sommes rendus sur le parking de l’ancienne gravière tout à côté des peupliers qu’avait plantés Léon Cros. Ceux qui le souhaitent pourront participer au loto du comité des fêtes qui doit avoir lieu à 18 h.
Nous avons dû parcourir une dizaine de kilomètres. C’était une bonne journée, avec un temps tout à fait acceptable et l’ambiance conviviale tout à fait classique qu’on lui connaît en ces circonstances et qui ne se dément pas d’une année sur l’autre.

Cérémonie au CIRDOC

Posté le 10.01.2008 par cessenon
Laurent Cavalié

Une quarantaine de personnes se sont retrouvées ce mercredi 9 janvier au CIRDOC pour assister à la signature d’une convention entre l’agence Sirventés et « La companhia Lo Bramàs ».
Qu’es aquò « Lo Bramàs » ? C’est une association qui rassemble en une même structure Lo Bartas, Laurent Cavalié et La Mal Coiffée, artistes occitans implantés dans l’Aude.
Le public était accueilli par Felip Hammel le tout nouveau directeur du CIRDOC. Il a tout de suite donné la parole aux artistes, plus exactement au groupe Lo Bartàs qui a présenté une partie de son répertoire au cours d’une prestation très rythmée.
Lui a succédé Bernat Giacomo le directeur de l’agence Sirventés dont le siège social est à Aurillac. Celui-ci a précisé le rôle de son organisation qui entend donner au monde du spectacle occitan les moyens de son expression et de son rayonnement.
Après lui Laurent Cavalié a, par la lecture d’un texte rédigé il y a un an, fait une analyse de la situation. La culture et l’identité occitanes ne sont ni figées ni repliées sur une position qu’on pourrait qualifier de xénophobe (référence était faite ici à l’arrivée massive dans notre région de nouveaux habitants qui n’en sont pas originaires.) Il a par ailleurs rappelé ce qu’était une chanson populaire traditionnelle, ses sources, ses vecteurs, ses évolutions…
La signature de la convention s’est faite avec la solennité voulue par les parties prenantes.
Felip Hammel a repris la parole pour présenter les vœux du CIRDOC aux personnes présentes. Il a pour cela utilisé l’occitan que par tranches il a traduit en français. Il a mis en exergue la place du CIRDOC par rapport à la langue occitane, celui-là est à celle-ci ce que la Bibliothèque Nationale est à la langue française n’a-t-il pas craint d’avancer.
Joanda a présenté le programme des activités du CIRDOC pour 2008. Il a en particulier annoncé la tenue à Béziers de la célèbre dictada occitana qui s’y déroulera le 26 janvier prochain.
Ne restait plus qu’à prendre le verre de l’amitié pour clôturer cette soirée qui avait réuni quelques fidèles de la cause occitane.

Autour des poèmes de mon père

Posté le 21.12.2007 par cessenon
E qu'i vesi al cloquièr i flotar la bandièra
Photo Guy Bousquet


Oui mon père écrivait des poèmes en occitan. Il n’en connaissait absolument pas la graphie et utilisait la forme française pour les orthographier.
Je lui avais entendu réciter des extraits de celui qu’il avait composé en 1922 et qui rendait compte du carnaval qui avait eu lieu à Murviel les Béziers quelques jours auparavant. Il n’y avait pas assisté, c’était Durandeu, le père de l’ancien maire de la commune, avec lequel il travaillait à la campagne de Saint Blaise, qui lui en avait fait la relation. En voici la première strophe :
Quand del pont de Tauro o del fons de la costa
Vesètz al treslusent de la rota que monta,
Un vièlh clapas d’ostals semblat tombat del cèl
Fa veire als estrangièrs la vila de Murviel
Le texte s’était perdu et mon père ne se souvenait pas de son intégralité. Et voilà qu’un jour, un dimanche, débarque chez mes parents Ludovic Boissin qui apportait deux feuilles dactylographiées le reproduisant. Nous étions à table, Ludovic s’est assis, a dû prendre le dessert et le café, et s’est mis à pleurer en remettant le document à mon père !
Ludovic ? Il était employé de mairie et chaque matin inspectait les WC publics. Comme je le voyais trafiquer régulièrement avec un crochet celui qui était au fond de notre rue je lui avais demandé des explications. Il avait eu ce commentaire : « Les ingénieurs ne savaient pas que la merde "nage" ! » Le mot nage étant employé ici à la place de "flotte" !
Son épouse était campanaire c'est-à-dire qu’elle sonnait les cloches, à une époque où ce n’était pas encore automatisé.
Peut-être est-ce le retour du document qui a inspiré mon père. J’ai un poème qui date d’octobre 1976. Il commence par :
La musa dins mon còr a empiocat la arpa
E m’a dit es per tu que raluqui la lampa.
Mon père avait alors 72 ans et était encore en forme. Je le prenais aux champignons et il avait bon moral. D’ailleurs les deux vers qui suivent en rendent compte :
M’a dit à l’aurelha : reganta pas lo temps
Tant que nos cantaras serem dins lo printemps
Il faisait suivre un crayon et un papier et notait au gré de son inspiration. Lors des repas de fête Georges Borras, l’ami de la famille, chantait des poèmes de mon père. J’ai d’ailleurs une cassette sur laquelle nous l’avions enregistré.
Un jour je les avais emmenés tous les deux effectuer une petite balade qui passait par Mamette. Le propriétaire des lieux, Louis Avérous, était de l’âge de mon père et ils avaient effectué leur service militaire ensemble, à Hyères d’abord, à Bizerte ensuite. Nous l’avons rencontré, mon père et lui se sont salués et ont rappelé leur départ d’Hyères. Les parents de Louis Avérous, sans doute plus fortunés que ceux de mon père, étaient venus dire au revoir à leur fils avant l’embarquement. Ils étaient allés au restaurant et comme mon père était du même village ils l’avaient pris avec eux. Du coup mon père avait improvisé un poème. Lors de cette rencontre il en avait fait état à Louis Avérous en lui demandant s’il s’en souvenait. Oui bien sûr, même que Louis Avérous le lui a récité sur le champ !
Mon père est décédé en mai 1982. Louis Avérous lui a survécu quelque temps. Il avait demandé à Georges qui avait je crois tous les poèmes de mon père de les lui prêter pour les recopier. Craignant qu’ils s’égarent, Georges avait préféré s’occuper lui-même de les reproduire. Bien lui en a prit, Louis Avérous est mort huit jours après qu’il lui ait remis les documents recopiés !
En 2003, bien que déjà à la retraite, j’avais participé à une échange scolaire avec un lycée de Heilbronn la ville allemande jumelée avec Béziers. La collègue qui m’hébergeait m’a demandé si je voulais intervenir dans sa classe pour rendre compte de l’évolution de la société française au cours des dernières décennies, c’était précisément à son programme.
J’ai donc fait une manière de synthèse du sujet, évoquant la disparition en milieu rural de l’occitan. Les élèves de ma collègue m’ont demandé si je pouvais leur dire quelques mots dans cette langue. J’ai récité le début d’un des derniers poèmes de mon père :
Quand m’encamini à l’òrt lo long de la riviera
E qu’i vesi al cloquièr i flotar la bandièra
Sosqui al païsan, païsan d’autrescòps
L’òme à la blòda blava e als pès los esclòps
J’ai été applaudi, c’était la deuxième fois dans ma carrière à la fin d’un cours, et les deux fois c’était en Allemagne !

Sur Achille Mir

Posté le 28.11.2007 par cessenon
Jan-Francès est absorbé par la composition de sa messe
(Et son âne brait pour être de la partie)


L’été dernier un ami m’a offert un petit livre, trouvé aux puces sans doute, mon ami est amateur de vide-greniers, édité à Carcassonne en 1897. Le titre ? « Lou lutrin de Ladèr ». L’auteur ? Achille Mir.
Qui est Achille Mir ? Un félibre né en 1822 à Escales dans le canton de Lézignan-Corbières. Il serait le véritable créateur de la version connue du Curé de Cucugnan, l’histoire si jolie que raconte Alphonse Daudet dans « Les lettres de Mon Moulin ».
D’ailleurs à Cucugnan, une petite commune de l’Aude située au pied de Quéribus, on peut assister à un montage audiovisuel, qui présente, utilisant les techniques modernes en la matière, l’histoire du sermon de Martin ou Marty, le célèbre curé immortalisé par Daudet.
« Lou lutrin de Ladèr » est une boufounado en tres estapetos (une farce en trois actes ?) L’œuvre, dont le titre originel est « La messo de Ladèr » comporte un glossaire. Elle a été couronnée aux Jeux Floraux de Montpellier (en 1875 semble-t-il). L’édition de 1897, la cinquième, comme celle de 1877, est illustrée par Narcisse Salières et préfacée par un certain Ernest Hamelin. Des éditions postérieures ont été préfacées par Roumanille et Mistral.
Ladèr ? Il s’agit de Ladern-de-Lauquet, une petite commune des Corbières occidentales dans le canton de Saint Hilaire et l’arrondissement de Limoux. Achille Mir était l’ami intime de Jean Costes, négociant à Carcassonne et châtelain de Ladern.
La graphie d’Achille Mir n’est pas orthodoxe et plusieurs mots ne sont pas connus de l’occitaniste peu savant que je suis ! Toutefois j’ai pu comprendre globalement l’histoire, une messe chantée, créée par Jan-Francès, lo cap-mestre dal lutrin, qui se solde par un triomphe auprès des paroissiens ! J’ai trouvé, malgré les difficultés rencontrées, la langue particulièrement savoureuse !
Ah, Achille Mir ? Fils d’un ouvrier agricole il est entré à l’Ecole Normale de Carcassonne qui a vu le jour en 1834. Instituteur à Aigues-Vives de 1842 à 1847, il est muté ensuite à Capendu où il ne reste guère. Il devient directeur de l’école annexe de l’EN de Carcassonne puis obtient un poste dans les classes préparatoires du Petit Séminaire. Il quitte définitivement l'école pour assurer la charge de directeur-comptable de la Manufacture de la Trivalle, laquelle fermera ses portes en 1884.
Voilà pour sa carrière ! Il meurt le 10 août 1901 à Carcassonne. Il avait été nommé « Majoral » (un des cinquante membres du consistoire félibrige) en 1876 et proclamé « Maître en gai savoir » en 1877.

Las sasons de la vinha

Posté le 17.07.2007 par cessenon
Michel Décor lisant les textes
Photo Jean-François Cros


La quatrième et dernière des charradissas de la série de l’édition de la Festa d’Oc a donné quelques angoisses aux organisateurs. A 18 h 45 il y avait très peu de monde dans le cloître de Saint Aphrodise. Ça a fini par se remplir !
D’une voix claire, assurée, Michel Décor a lu avec conviction une suite de textes allant de Marti à Yves Rouquette en passant par Clardeluna, La Sauze, Boudou… d’autres encore.
Evocation du travail de la vigne, de la période difficile de 1907 (là ont été égrenés les mots d’ordre qui figuraient sur les pancartes brandies au cours des manifestations), le récitant a parfois traduit en français des poèmes écrits en occitan.
Un peu de nostalgie se dégageait d’une lecture de Clardeluna racontant un temps révolu, celui où l’activité viticole était exclusivement manuelle. D’ailleurs le narrateur confirmera son regret de voir la mécanisation généralisée, reprochant au viticulteur de n’être plus qu’un tractoriste avec un mp3 sur les oreilles.
Mécanisation et individualisation aussi, tels sont les caractéristiques des travaux agricoles qu’a relevées Michel Décor qui s’est déclaré incapable d’inscrire son activité d’écrivain dans un tel contexte.
Il rêve de ciseaux de taille qui ne sont ni électriques ni actionnés par l’air comprimé. Oui mais il ne vit pas de la vigne Michel Décor ! Cela sera relevé au cours du débat qui a suivi par le propriétaire du domaine de Pierre-Belle dont le rosé a été une nouvelle fois choisi pour être le vin de l’édition 2007 de la Feria de Béziers. Oui, les viticulteurs n’ont pas le choix, la compétition est difficile et il faut se donner les moyens d’éviter de la fatigue inutile tout en couvrant dans un temps donné le maximum de surface.
Avant de déguster, accompagné de tapenade et d’olives, le rosé de la Feria, un assemblage heureux dans lequel entre du cinsault, Claude Molinier a donné la parole à Colette Derdevet-Meneau et Elisabeth Ozil qui ont présenté l’ouvrage « Passejada poetica pels jardins de Béziers » qu’elles ont réalisé en collaboration. La première a rédigé les textes, ils sont en occitan mais sont traduits en français, la seconde les très lumineuses aquarelles qui l’illustrent.
La soirée s’est poursuivie avec des « impromptus vocaux à vocation contagieuse » par Los cigalons qui ont ensuite laissé la place au chanteur Claude Marti dont l’annonce avait attiré un public nombreux.

La presse en 1907

Posté le 16.07.2007 par cessenon
Clément Pech et Jean Tuffou
Photo Jean-François Cros

La presse en 1907 ? Ce n’était que la première partie de la troisième charradissa de la Festa d’Oc et la présentation du sujet avait été confié à Clément Pech. Tout autant que le remue-ménage des gamins abandonnés à eux mêmes ou les comptes à voix haute de responsables qui alignaient des chiffres nous l’ont permis on y a appris des choses.
La fin du 19ème siècle est une étape charnière pour la presse. Les lois scolaires de Jules Ferry ont déjà produit leurs effets : la grande masse des Français est à présent alphabétisée. Les titres sont nombreux et, résultat de l’évolution technologique, les tirages sont à présent conséquents, plus d’un million d’exemplaires pour certains.
En règle générale les journaux sont inféodés à une idéologie et leur mode de fonctionnement c’est de se situer dans les conflits en pour et en contre. C’était le cas avec l’affaire Dreyfus. C’est le règne des plumitifs ! La situation finira par évoluer et les manifestations du printemps 1907 verront en quelque sorte la naissance de reporters.
La presse parisienne a sur les gens du Midi des a priori négatifs. Les Méridionaux ont bien des défauts. L’entrevue de Marcellin Albert avec Clemenceau par exemple sera relatée de manière caricaturale et méprisante à l’égard de celui-là On retrouvera un tel état d’esprit avec le jugement sur le comportement du 15ème Corps d’Armée lors de l’offensive d’août 1914 en Alsace.
En 1907 on assiste à une certaine confusion. Dans L’Humanité, Jaurès commence par prendre ses distances avec un mouvement qui ne tient pas compte de l’intérêt des ouvriers agricoles. La presse d’obédience radicale est coincée entre son soutien au gouvernement de Clemenceau et celui accordé aux viticulteurs. La droite et l’extrême droite ont des positions plus tranchées. Les tenants du royalisme et de l’Eglise sont encore puissants, cependant que l’antiparlementarisme trouve un terrain de prédilection avec les hésitations de la chambre des députés.
Clément Pech abordera ensuite la question des publications occitanes, lui-même étant responsable d’un hebdomadaire en Langue d’Oc, La Setmana. Les difficultés sont de tous ordres et résultent notamment de la situation économique et sociale qui s’est dégradée dans le monde rural sera-t-il souligné dans le débat. On pourrait ajouter que ceux qui parlaient l’occitan ne savaient ni le lire ni l’écrire puisque ce n’était plus qu’une langue orale !
C’est ensuite Jean Tuffou qui plantera le décor dans lequel il a inscrit son livre « 1907, Morts aux fraudeurs », un livre de fiction qui s’appuie sur la réalité du contexte de l’époque. Il cernera assez bien la nature de la crise, une crise de surproduction telle qu’en génère le système capitaliste lui-même. Il soulignera les conséquences néfastes pour la suite de la période de prospérité du vignoble, l’absence d’investissement dans d’autres domaines.
Sur la dimension occitane de l’épopée du printemps 1907 Jean Tuffou a une appréciation qui mérite d’être rapportée. En 1907 la masse des manifestants parlait occitan mais ne se réclamait pas de l’Occitanie. Le 17 mars 2007 à Béziers, la moitié des participants ne pratiquait pas l’occitan mais se reconnaissait dans la revendication linguistique et régionale.
Lui aussi soulignera l’effacement du monde des salariés dans l’union pour la viticulture et contre la fraude. C’est presque un avant-goût de l’union sacrée qui va devenir la règle en 1914 !
Là encore quelques précisions seront apportées au cours du débat avec l’évocation de la grève des ouvriers agricoles du domaine de Serrièges à Cruzy en 1906. Ses meneurs resteront emprisonnés alors que se développe le mouvement de 1907 !
La charradissa a été suivie d’une dégustation de Sauvignon blanc du domaine de La Baume près de Servian. Les moules frites et chaudes qui l’accompagnaient permettaient d’en apprécier la fraîcheur.
Il a été signalé qu’une autre charradissa est programmée pour le 31 juillet à 18 h 30 à Pézènes-les-Mines. Elle sera animée par Jean Sagnes et accompagnera l’exposition itinérante sur la révolte des vignerons de 1907.

L’occitan dans les slogans en 1907

Posté le 14.07.2007 par cessenon
Photo Jean-François Cros

C’était le thème de la seconde charradissa de l’édition 2007 de la Festa d’Oc. C’est à Rémy Pech, co-auteur du livre « 1907, les mutins de la République », qu’on avait confié le soin de traiter le sujet. Présenté par son collègue et ami Jean Sagnes, Rémy Pech a rempli sa mission quasiment à la perfection.
Il y avait du monde ce soir là, encore plus que la veille sans doute, dans le cloître de Saint Aphrodise pour écouter l’intervenant. Celui-ci a commencé sa conférence en Lenga Nostre sans qu’aucune protestation pour incompréhension n’ait jailli de l’auditoire. Ah, certes il continuera ensuite son exposé dans la langue… fédérale, mêlant en fait les deux comme le font habituellement les occitanistes !
Donc nous avons eu droit à l’emploi de l’occitan sus las plancardas. La plupart des mots d’ordre étaient connus, Lo darniè crostet étant le plus célèbre. Toutefois nous avons eu des inédits, tel cet appel à l’intervention de Saint Roch à qui il est demandé d’intercéder auprès du Bon Dieu, à cette restriction près qu’il ne doit pas faire seguir son gos, qu’avem pas de pan per lo noirir !
Une fresque des événements de 1907 sera ainsi exposée avec les talents d’un conteur très ancré dans une approche populaire qui n’excluait pas la rigueur de l’historien. On apprend par exemple qu’à Pépieux, village du Minervois, les participants à la manifestation du 9 juin à Montpellier ont fait le trajet à pied !
Ce n’est pas que Monseigneur de Cabrières, évêque du diocèse, qui offre l’hospitalité de la cathédrale aux manifestants, les écoles laïques sont également réquisitionnées pour les héberger !
A partir de la question occitane c’est l’histoire de l’épopée du printemps de 1907 qui a été développée avec talent. Le rapprochement avec la situation actuelle, en tenant compte de ses différences, a pu être fait. On retrouvera des accents similaires à 1907 en 1976 quand est distribué un tract reprenant le « Qui nous sommes » publié dans le Tocsin et plus tard en 1987 dans le « Volem viure al pais » et le manifeste « Mon pais escorjat ».
A l’image de Marcellin Albert, Rémy Pech a des qualités de comédien ! Il interpelle un mainatge que fasià de bruch et accuse le Pape de perturber sa conférence en faisant sonner les cloches de Saint Aphrodise ! Le Tocsin en quelque sorte.
On va passer sur le déroulement de l’exposé, d’une grande richesse, fourmillant d’analyses, de détails, d’anecdotes… L’orateur a su puiser dans le registre des souvenirs du peuple pour rendre très vivante sa prestation.
Qu’on me permette une critique et elle s’adresse également à Jean Sagnes, d’autant que ce dernier est d’accord avec ce point de vue. Pourquoi n’avoir pas éclairé plus nettement le public sur la nature de la crise ? A savoir un mécanisme de surproduction tel qu’en génère le système capitaliste. Car les mesures prises avec les lois adoptées ne règleront pas durablement le problème et des phases de mévente du vin continueront à émailler le 20ème siècle.
Le débat qui a suivi a mis en évidence l’intérêt des personnes présentes pour la période évoquée, avec la personnalité de Marcellin Albert. Nous allons rapporter ici l’appréciation de Rémy Pech sur Lo Cigal. Ce n’est pas l’affaire des 100 francs qu’il a reçus qui est en cause mais le fait que parti à Paris représenter les viticulteurs il en revient en porte-parole de Clemenceau ! Par ailleurs Jean Sagnes a dressé du personnage controversé un tableau complet qui a passionné l’assistance.
D’autres aspects ont intéressé le public, question sur le regard des autres régions viticoles que le Midi, intervention sur les difficultés actuelles de la viticulture, du monde rural, de l’occitan… dans le contexte mondialisé que nous vivons.
On a envie de citer Yves Rouquette « Res n’a cambiat dempuèi 1907, los parlan plan barjacan et viran en redon ! »
Rémy Pech a plus d’une corde à son arc, outre ses talents d’historien, de conteur, de comédien, d’occitaniste, il sait aussi chanter. Il a interprété pour nous, eh oui, on ne pouvait pas y échapper tant le chant est porteur de symbole, le célèbre « Gloire au 17ème » !
Le livre, bilingue, « Passejada poetica pels jardins de Béziers », de Coleta Derdevet-Meneau, illustré de dessins d’Elisabeth Ozil, a été présenté cependant que le propriétaire de La Colombette a rendu compte de l’orientation prise pour sa production, à savoir, à l’instar de la nouvelle cuisine qui réduit les matières grasses, diminuer le degré alcoolique du vin sans en enlever les propriétés organoleptiques.
Un vin que l’on a pu déguster avant de se séparer.

Charradissa Joanda - Vilanòva

Posté le 12.07.2007 par cessenon
Les deux artistes

Pour la deuxième année consécutive les charradissas organisées par le cercle occitan biterrois dans le cadre de la Festa d’Oc avaient lieu dans le cloître de Saint Aphrodise.
La première d’entre elles était confiée à Joanda et Jean-Marc Vilanòva. Celui-ci a dit plusieurs textes de troubadours, dont le célèbre « Quan vey la lauzeta mover… » de Bernard de Ventadour.
Il a pris soin d’en donner la traduction car le public, assez nombreux pour l’édition 2007, n’était pas composé uniquement d’occitanistes. Et d’ailleurs l’occitan médiéval de Bernard de Ventadour n’est pas accessible à un non spécialiste !
Nous avons eu droit aussi à un texte poétique de Louis Bellaud de la Bellaudière ainsi qu’à l’histoire, atroce, du cœur mangé. Un mari jaloux fait en effet manger à son épouse le cœur de son amant !
D’autres poèmes, de Max Rouquette en particulier, ont été également dits avec le métier habituel, la présence en scène, de Jean-Marc Vilanòva.
Une manière de pamphlet contre le manque de naturel, dû à un certain Ruzante, avec la dépersonnalisation de la langue, de l’alimentation, de l’habillement, pourtant écrit au début du 16ème siècle, a curieusement des résonances très actuelles.
Jean-Marc Vilanòva se livrera aussi, à partir de la venue dans les foyers de la télévision, à une parodie d’auteurs / compositeurs et pour la circonstance dénoncera ou louera ceux qu’il combat ou qu’il aime. Johnny Hallyday sera brocardé et Ségolène évoquée en bergère conduisant un troupeau… d’éléphants ! Le bidonville de Claude Nougaro deviendra le caraqueville !
Joanda alternera avec diverses interprétations dont le Cupidon de Brassens, revirat en occitan, le « On s’en fout » étant traduit par un « On s’en caga ». Nous entendrons aussi « Caminarem », chanson d’espoir composée après la belle manifestation occitane du 17 mars dernier à Béziers. Il fera entonner par l’assistance l’hymne… national occitan. Enfin, national, il n’y a pas, il n’y a jamais eu, de nation occitane mais le « Se Canta » est sans doute le plus connu des chants occitans.
Une tentative de débat a bien été initiée par Claude Molinier mais n’est pas allée très loin ! Une question pertinente sur le nombre de locuteurs aurait pu être le point de départ d’une discussion prenant en compte les différents aspects actuels du problème de la langue occitane, cela a tourné court.
Les hautes murailles qui entourent le cloître abritaient du vent qui donc n’empêchait pas d’entendre. Par contre enfants et certains adultes responsables n’avaient guère le souci des artistes ou des auditeurs et charravan sans retenue !
Une dégustation de vin des caves de Béziers, accompagnée de « biterroises » suivait la charradissa.

Passejada de La Burla, édition 2007

Posté le 14.04.2007 par cessenon
Photo Marianne Perrot

Ce lundi de Pâques c’était la cinquième édition de la traditionnelle Passejada organisée par le cercle occitan de Cessenon. Oui, la première avait eu lieu en 2002 et en 2003 elle avait été annulée pour cause de menace de pluie.
Comme chaque année on accuse un certain retard avant de se retrouver au complet sur la place du village. En 2007 il semble que nous allons être un peu plus nombreux que d’habitude. Oui nous serons une trentaine, dont plusieurs nouveaux, à nous aligner au départ de La Maurerie pour une marche dont la longueur sera conforme à ce qui était annoncé.
Il est guère plus de 10 h quand nous quittons le parking, un terre-plein qui appartient aux parents de Daniel, où nous avons pu garer l’ensemble des voitures. Ah, voilà Michel et son épouse qui arrivent in extremis. Colette, pourtant régulièrement à l’heure, sera rendue un peu trop tard à ce point de rendez-vous et n’aura que la ressource de nous retrouver au mamelon de La Broutelade.
Nous avons traversé le hameau et nous sommes montés sur la crête du Sarremale où un très joli sentier est maintenu dégagé par les chasseurs. Ce n’est pas encore très fleuri mais on a quand même vu le jaune de la coronille, senti l’odeur de camphre de la lavande stoechade ou lavande des Maures, aperçu ici et là quelques fleurs de cistes à feuille de sauge ou de cistes cotonneux et rencontré deux ou trois pieds de céphalanthère, blancs ou roses. Très sérieuse, France prend des notes !
On aura aussi l’occasion de découvrir les latrines collectives d’une colonie de blaireaux, los tais, animaux hospitaliers qui hébergent dans le dédale de leurs terriers aussi bien des lapins que des renards.
En contrebas la « campagne » désaffectée de la Rouvelane nous vaut l’histoire du propriétaire qui le samedi s’endimanchait pour aller chercher à la banque la paie de ses ouvriers. Sa banque ? A vrai dire c’était dans le bois un endroit secret où il cachait son argent !
Sylvette nous apprend qu’elle vient à la saison chercher des champignons dans le secteur.
Au débouché du sentier nous pouvons constater que vers ici las lagas (les rangées de ceps) suivent les courbes de niveaux : une méthode d’alignement différente de celle utilisée dans les vignes qui partent « de gaíìs en poncha ».
Devant sont apparus la Femme Allongée, le Naudech ainsi que La Mausse et Le Burguet.
Guère plus loin Liliane nous apprend le nom occitan de la salsepareille, l’aliment de base des Schtroumpfs : c’est la clarièja que l’on désigne aussi sous le nom d’arièja.
Ah, voilà le Recambis qui, comme son vocable l’indique, prend sa source vers Cambis, une « campagne » située de l’autre côté de la route qui relie Prades à Berlou. Après être passé à La Maurerie il se jette dans le Vernazobres un peu en amont de son confluent avec l’Orb.
Au-delà du passalís, Jo nous propose de longer une vigne qui vient d’être replantée pour nous éviter quelques centaines de mètres de bitume. C’est ce que nous faisons mais on finit quand même par retrouver la D 177.
Cependant que certains ramassent ici ou là quelques asperges, Michel note « Se pòt far la dormida, los figuièrs an tres fuèlhas. »
Ne reste plus qu’à atteindre la piste qui monte à La Broutelade. André nous y attend, il a allumé le feu et planté la bannière du cercle occitan de Cessenon qui flotte fièrement sous le vent du sud est, le fameux Grèc porteur de pluie dont on dit « Grèc la pleja al bèc ! »
Non, non, nous n’aurons pas de pluie et même l’après-midi nous aurons plutôt chaud !
Pour l’heure nous réceptionnons ceux qui ont « feinté », certains avec des excuses valables (parmi lesquels nous acceptons de compter le maire de Cessenon, victime d’un problème aux tendons), d’autres avec de moins bonnes, c’est le cas de Michel !
On finira par prendre l’apéritif après quelques échanges intéressants autour des tables d’orientation volées par des gens imbéciles. A quoi peuvent-elles servir hors des panoramas, au demeurant superbes, qui les entourent et qu’elles reproduisent ? La discussion tourne aussi autour de l’identité occitane, rurale, de la viticulture également, de la guerre d’Algérie encore… Bref il faudrait tout un développement pour en rendre compte.
La décence ne nous permet guère de faire état des avances, justement très avancées, dont Fanfare, le chien de Michèle, a été l’objet de la part d’un caniche du même sexe.
Du repas on retiendra qu’il a été bien embrouillé dans son déroulement, la saucisse grillée par exemple a été servie en guise de dessert. Il y a eu moins de critiques pour l’omelette als parres salvatges ou aux oignons. Pour ce qui est de celle au fromage c’était une première et nous avons en quelque sorte servi de cobayes.
Le Roquefort artisanal d’Yvonne, fabriqué à l’ancienne, mérite une mention. Quant au lapin en chocolat d’Audrey, il avait un peu souffert de la chaleur, ce qui n’a toutefois pas empêché Colette d’en prendre et d’en reprendre !
En ce qui concerne les boissons qui ont circulé le chroniqueur a renoncé à tenter de faire le moindre bilan, c’était au-dessus de ses possibilités.
Ah, cette année nous avons droit à une animation musicale. Marianne, une amie de notre guide, a apporté son accordéon. On aura droit à quelques airs occitans et on aura l’occasion de voir Line lever la jambe très haut en entendant le « Leva, leva, leva la camba » cependant qu’Eliette se placera dans le registre de meneuse de revue ainsi que de chef de chœur. La chorale de La Burla a en effet, entre autre, interprété pour nous la chanson de Cessenon et nous avons eu droit aussi au « Gloire au 17ème » !
Liliane profite des circonstances pour faire signer une pétition au terme de laquelle sont demandés divers moyens, enseignement et audio-visuel, pour que la langue et la culture occitanes ne disparaissent pas du paysage. Elle obtiendra celle d’Yves pourtant enclin à un centralisme jacobin excessif !
On finira par remettre en route ceux qui ne cherchent pas à « feinter ». Pour éviter des erreurs judiciaires nous ne porterons pas de condamnations sur certaines défections mais à l’avenir il faudra fournir un certificat médical en guise de justification.
Sous la conduite de Daniel on reviendra aux voitures en passant par la vallée du Rieu Berlou puis par Les Landes. Un arrêt sera observé près d'un réservoir d'eau ressemblant à un sous-marin pour une scénographie où il a été question du Limousin. Il fait chaud et on a besoin de se désaltérer quand on retrouve La Maurerie !
L’édition 2007 de la Passejada est terminée. « A l’an que ven e se sian pas mai que sieguen pas men ! »
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus