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cessenon
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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
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Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
16.05.2008
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Paix

Paix et désarmement : regards sur l'actualité

Posté le 23.03.2008 par cessenon


Ce qui est inquiétant pour un pacifiste c’est que le contrat signé entre les forces armées américaines et EADS enthousiasme la classe politique française. Que 100 milliards soient dépensés pour des œuvres de mort réjouit tous ces gens au prétexte que cela va donner du travail à chacun.
Si nous avions une réaction simpliste nous crierions « Vive le chômage ! » Mais on peut estimer que ces sommes là pourraient être investies autrement et permettre de satisfaire les besoins sociaux recensés : santé, éducation, logement, accès à l’eau potable…
Nos politiciens masquent les choses à plaisir : les profits pour les complexes militaro-industriels par exemple ! L’idée que l’on pourrait reconvertir les usines d’armement n’effleure pas ceux qui dirigent le monde !
Ces jours-ci on a lancé le quatrième sous-marin nucléaire lanceur d’engins. Le Terrible qu’ils l’appellent ! Ce qui est terrible c’est l’argent englouti, c’est aussi le danger que cela représente pour la stabilité de la planète. C’est la négation du Traité de Non Prolifération que la France a pourtant signé et qui stipule que les pays nucléaires doivent s’engager de bonne foi dans la voie du désarmement.
Dans quelques jours on doit procéder à un nouvel essai de tir de missile, le M 51, le dernier né de la panoplie ! Nous sommes toujours dans le registre de la violation du TNP.
Il y a quelques jours c’était l’anniversaire de l’invasion de l’Irak par les USA et ses coalisés. Cinq ans après quelle est le résultat de cette expédition militaire ? C’est le chaos le plus complet : sunnites contre chiites, chômage et misère pour le peuple, régression pour les droits des femmes… Sans compter les morts, beaucoup plus nombreux côté irakien mais non négligeables côté américain ! Le coût de la guerre est énorme pour le citoyen Lambda des Etats-Unis cependant sans doute que certains là-bas y trouvent leur compte !
Au Proche-Orient le recours à la force ne règle rien non plus. Elle martyrise le peuple palestinien sans résoudre la question de la sécurité, à laquelle les Israéliens ont droit, bien au contraire. Il ne peut pas y avoir de paix sans justice et à l’évidence il n’y a pas de justice pour les Palestiniens !
En Afghanistan non plus ce n’est pas mieux ! La France doit envoyer un contingent supplémentaire. C’est le tonneau des Danaïdes !
A qui le tour ? A l’Iran peut-être ! L’Iran c’est loin mais EADS va équiper l’armée américaine d’avions ravitailleurs. A coup sûr ils ne sont pas destinés à défendre les frontières des USA !
Il est temps de tourner la page de l’Histoire et d’en écrire une nouvelle, sur d’autres bases !

Sortir du nucléaire ?

Posté le 27.02.2008 par cessenon
Ce mercredi 27 février avait lieu sur France Inter un débat sur le nuclaire. L'occasion de mettre en ligne sur mon blog ma contribution sur le sujet. Elle avait paru dans la revue du Mouvemnt de la Paix, Planète Paix.

Il me semble qu’il faudrait en finir définitivement avec la confusion entre « Nucléaire civil et nucléaire militaire » savamment entretenue par certains.
On peut se mettre d’accord pour combattre la course à l’armement nucléaire qui met en jeu l’existence même de toute forme de vie évoluée à la surface du globe.
On peut aussi de manière très consensuelle exiger que les recherches et l’application à des fins pacifiques de l’énergie nucléaire soient l’objet d’un débat national, voire international, caractérisé par la transparence, l’honnêteté intellectuelle, l’exigence de garanties de sécurité…
On peut encore dénoncer la répression qui frappe les antinucléaires même quand c’est le nucléaire civil qu’ils visent. Après tout chacun est libre d’avoir son opinion sur le sujet.
Mais précisément la mienne n’est pas une condamnation de l’utilisation à des fins pacifiques d’une telle énergie. Je n’entends en aucune façon faire l’amalgame et au fond dédouaner les gouvernements au service du capital de leur participation à la terrible course à l’armement nucléaire à laquelle ils se livrent ou des conditions scandaleuses dans lesquelles est conduite la politique de l’énergie, la recherche du profit le plus grand dans le temps le plus bref étant ce qui prime dans un tel système.
Car en fait s’en prendre à la science, à la technologie… c’est refuser de situer clairement les responsabilités. Avec le slogan « Sortir du nucléaire » c’est au dévoiement de la dénonciation des vrais coupables que l’on assiste.
Pire encore on a longtemps vu les écologistes dénoncer le nucléaire civil et ne rien dire sur le nucléaire militaire. C’était précisément le cas en Allemagne où pourtant les rampes de lancement des fusées Pershing couvraient le territoire. A mes yeux cela leur faisait perdre toute crédibilité.
Alors oui, d’accord pour un débat sur le sujet mais pas truqué, pas sur des méthodes à l’emporte-pièce où la raison cède le pas à des peurs médiévales non maîtrisées, un débat serein, réfléchi, argumenté…
Salutations pacifistes… et résolument écologiques !

La paix et les municipales

Posté le 12.02.2008 par cessenon

On peut penser, cela avait été rétorqué aux pacifistes qui en 2001 avaient demandé à la personnalité qui conduisait la liste de gauche aux municipales que Béziers s’inscrive dans la liste des villes de paix, qu’il s’agit là d’une question philosophique fort éloignée du quotidien des Biterrois.
On peut avoir, c’est mon cas, une autre appréciation et estimer que le droit à la paix est un droit fondamental, qu’il devrait figurer en article premier de la déclaration universelle des droits de l’homme.
Certes une municipalité n’a pas le pouvoir de décider de la politique étrangère de la France ni de sa politique de défense. Elle peut néanmoins sensibiliser ses administrés à un problème qui, avec la conjoncture internationale et les capacités de destruction qui résultent de la course aux armements nucléaires, a pris une dimension nouvelle et inquiétante.
Il n’est pas nécessaire d’investir des sommes importantes pour ce faire. Il s’agit avant tout d’une volonté liée à une conviction : la paix est nécessaire à la satisfaction des besoins de l’humanité et, réciproquement faut-il ajouter, la satisfaction de ces besoins est indispensable à la paix.
Alors sans rien retrancher des divers éléments du programme électoral tel qu’il sera présenté

vendredi 15 février à 18 h 30
à la Tenda Occitana

les pacifistes engagés sur la liste conduite par Aimé Couquet mettront l’accent sur cet aspect de la campagne. Ils rappelleront à cette occasion que plusieurs municipalités se sont déjà inscrites parmi les villes de paix et qu’à ce titre elles participent à la décennie de culture de paix et de non-violence prônée par l’ONU et mise en œuvre par l’UNESCO.
Des initiatives pourront être prise dans ce cadre : commission municipale pour la paix, éducation à la paix, aide aux organisations pacifistes, lutte contre les discriminations diverses…
Ajoutons que la soirée de vendredi, dont l’entrée est gratuite, se poursuivra par un dîner et un spectacle festif avec concert auquel participeront divers groupes.


Pour un monde solidaire sans guerres et sans armes nucléaires

Posté le 09.12.2007 par cessenon
La chorale "Les Bramaïres" Photo Patrice Leboeuf

Le 8 décembre 1987, après une entrevue à Reykjavík en Islande, Ronald Reagan et Mickaël Gorbatchev signaient à New York le traité INF (Intermediate-Range Nuclear Forces) qui avait pour objectif de supprimer les fusées nucléaires à courte et moyenne portée.
20 ans plus tard jour pour jour, le collectif biterrois Appel des Cent / Mouvement de la Paix invitait les pacifistes du secteur à une rencontre à la Maison de la Vie Associative pour faire le point sur la situation au niveau du désarmement nucléaire, ainsi que sur les diverses questions soulevées par les problèmes actuels de la guerre et de la paix.
On ne peut certes pas faire état d’une mobilisation exceptionnelle pour cette initiative. C’est en effet guère plus d’une vingtaine de personnes qui ont participé à l’exposé et au débat qui l’a suivi. Ceci étant, mieux vaut peu que rien et autant s’appuyer sur ceux qui sont conscients et que ces questions préoccupent, et même inquiètent, plutôt que sur ceux qui s’en désintéressent ou du moins s’en accommodent par leur apparente indifférence ou résignation.
Raymond Cubells a rappelé le cadre de la réflexion à laquelle il engageait les participants : la campagne nationale pour un monde solidaire, sans guerres et sans armes nucléaires dans laquelle se sont engagées un grand nombre d’organisations (partis politiques, syndicats, associations diverses).
Jacques Cros a développé l’aspect technique de l’évolution de l’armement nucléaire et les risques majeurs pour toute forme de vie évoluée à la surface de la planète en cas de conflit ou même simplement d’accident.
Il a mis l’accent sur la responsabilité des puissances déjà dotées de l’arme nucléaire qui ne respectent pas le Traité de Non-Prolifération qu’elles ont pourtant signé. Quelle crédibilité auprès des pays émergeants s’ils poursuivent, via la recherche d’une nouvelle amorce de la bombe thermonucléaire (cf. le laser mégajoule), le lancement de nouveaux sous-marins, le remplacement de missiles jugés obsolètes par des engins de mort toujours plus performants ?
La nouvelle doctrine de défense de la France qui envisage l’utilisation d’armes non conventionnelles miniaturisées est en rupture avec celle de dissuasion, au demeurant dangereuse, qui avait prévalu jusqu’ici.
En plus des risques que présente la course aux armements nucléaires il faut dénoncer les folles dépenses militaires qui nécessairement manquent pour les œuvres de vie. Ah, certains, les fabricants et les marchands d’armes, y trouvent leur compte, mais pas le simple citoyen confronté aux difficultés du quotidien (emploi, précarité, pouvoir d’achat, santé, logement, éducation, culture, environnement…)
Les conflits locaux, nombreux dans le monde, ont été évoqués. Ils prennent leur source dans le mécontentement des peuples que l’on prive des ressources les plus essentielles : eau et énergie par exemple. Ils sont cause de souffrances indicibles pour les populations et on ne peut prévoir sur quoi ils peuvent déboucher.
Mention a été faite au cours de l’exposé de la reconnaissance par le président de la République que le colonialisme n’avait pas été quelque chose de juste. Même si des intérêts économiques lui ont dicté cette considération on ne peut qu’approuver cette prise de position.
Le débat, un peu écourté, a permis d’aborder la distinction qu’il y a lieu de faire entre nucléaire civil et nucléaire militaire. Le sujet reste ouvert mais comme l’a rappelé Raymond Cubells parmi les quatre piliers sur lequel doit se construire la paix il y a celui du développement, un argument qui évidemment appelle une analyse sur les réponses à apporter à cette question.
C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons écouté la chorale « Les Bramaïres » qui nous a présenté, pour beaucoup ce n’était pas la première fois qu’ils y assistaient, son spectacle « Passe la colombe ». Les textes et les chansons avaient une résonnance évidente avec le débat qui venait d’avoir lieu juste auparavant ! Encore merci aux choristes !

Passse la Colombe

Posté le 06.12.2007 par cessenon
Ah tiens, puisque la chorale Les Bramaïres doit se produire le 8 décembre dans le cadre de l'initiative prise par le collectif biterrois de l'Appel des Cent je mets en ligne l'article, il date de 2005, rendant compte de leur spectacle.

Passe la colombe

C’est le titre du spectacle présenté ce dimanche 6 mars au théâtre du Minotaure devant un parterre fourni (une centaine de personnes ?) par la chorale « Les Bramaïres ».
Ils sont une vingtaine, vingt et un exactement, habillés de blanc, plus le chef de chœur, René Pignatelli, plus encore un joueur de luth, professeur au conservatoire d’Oran.
Alternent pendant une heure chants et textes sur la paix. Le premier de ceux-ci donne le ton : pour relancer la machine économique ne faut-il pas développer la fabrication d’armes ? La paix, n’est-ce pas ringard, utopique… ? Ou au contraire n’est-elle pas de nature à augmenter l’ISC (l’Indice de Satisfaction Collective) ?
Ah, on n’a pas droit à la Java des bombes atomiques, la chorale n’était pas au point sur le sujet. Pour le reste elle l’était tout à fait, c’est du moins l’avis d’un profane !
S’enchaîne donc sans temps mort l’essentiel de ce qui était prévu au programme. Nous avons beaucoup aimé « Le dormeur du val », « Le général à vendre », « Les couleurs du temps », « Quand on n’a que l’amour »… le texte de Raymond Devos « Faites l’amour pas la guerre », « Le képi » de Prévert, « Le poids de rien »…
Le groupe sait utiliser les compétences de chacun. Après avoir évoqué son histoire personnelle d’appelé du contingent en Algérie, André nous livre « Le soudard », qu’avait en son temps chanté Catherine Sauvage. Monique est extraordinaire, accompagnée au luth, dans son interprétation de Ya Kalbi, une chanson traditionnelle algérienne, par Laarej Chergui.
Choix du chef de chœur, la chorale bisse sur « Imagine » de John Lennon. Le temps a passé très vite, on est sous le charme du moment. Au thème de la paix qui en a attiré plus d’un se seront ajoutées les qualités artistiques d’un ensemble qui n’improvise pas. C’est en effet un travail de plus de deux ans qui est en amont de cette quasi première. Oui, une manière de générale avait eu lieu en décembre pour le Noël des cheminots.
On ne sait plus si nous devons dire merci ou bravo ! Allez, va pour les deux !

Une militante pacifiste de Séte honorée

Posté le 10.08.2007 par cessenon
Une photo ancienne de la récipiendaire

Il s’agit de Germaine Beille, née Albert, qui vient d’être décorée de l’ordre de Chevalier de la Légion d’Honneur lors de la promotion du 14 juillet 2007.
Germaine Beille est l’épouse d’Antoine Beille lui-même Officier de la Légion d’Honneur et inscrit au Panthéon sur la liste des Justes.
Germaine Albert a épousé Antoine Beille à Nissan les Ensérune en juillet 1941. Ayant terminé ses études de pharmacie mais n’exerçant pas encore elle a suivi son mari à Saint Pons de Thomières et a adhéré au Front National de Libération dont le chef était André Allègre, instituteur dans cette ville. A ce titre elle a participé à diverses actions de la Résistance locale : ravitaillement du maquis Jean Grandel, soins aux maquisards blessés ou malades, distribution de tracts sortis des presses de l’imprimerie Maraval, fabrication de fausses cartes d’identité destinées à permettre aux Juifs d’échapper à leur arrestation…
Comme son époux, comme ses beaux-parents, Césarine et Ernest Beille, Germaine Beille avait reçu la médaille des Justes par le Yad Vashem et l’Etat d’Israël.
A la Libération Germaine Beille a été à l’origine de la création à Sète d’un comité du Mouvement de la Paix, un des premiers en France, et en est devenue présidente.
C’est avec émotion et respect que nous faisons part de la distinction qui honore notre amie.

8ème Marche de la Paix

Posté le 06.08.2007 par cessenon

Photos Robert Ciscar

On le sait les Marches de la Paix se succèdent mais ne se ressemblent pas. En 2007 elle avait lieu à Cabrières et les participants, un peu moins d’une trentaine, étaient largement renouvelés.
Prévu pour 10 h le départ a largement débordé sur le quart d’heure méridional en général accordé pour ce type d’initiative. C’est donc vers 10 h 30 qu’une colonne s’est avancée sur le sentier du patrimoine qui domine vers l’est les hauteurs de Cabrières.
Des panneaux explicatifs rendent compte de l’histoire passée et présente du village. Le nom d’abord, il vient de l’occitan cabra qui signifie chèvre et d’ailleurs l’écusson de la commune comporte une chèvre !Mais Cabrières est connu pour son célèbre vin rosé, l’Estabel, qui était apprécié à la table des Rois de France, de Louis XIV plus particulièrement.
Toutefois ce qui sans aucun doute rend le village particulièrement intéressant ce sont les mines de cuivre exploitées il y a 5000 ans par les hommes du néolithique final, puis par les Romains dès le 1er siècle avant notre ère et enfin au 19ème siècle mais là sans guère de résultat.
Naturellement comme toujours on allie marche et culture, Jeannine nous donnant une foule de renseignements sur la flore du lieu. Tiens on va citer le prunier de sainte Lucie qui sert de porte-greffe pour de nombreux arbres fruitiers, notamment le cerisier.
Il fait chaud aussi Raymond qui conduit le groupe ne nous fera pas faire l’intégralité du circuit. Nous en shuntons une partie et après avoir effectué une boucle nous allons revenir dans le village vers 11 h 30, découvrant le Mont Vissou, 480 m, au sommet duquel était un poste de guet du village gaulois de Courtinals situé dans le cirque de Mourèze.Nous sommes attendus par Monsieur Francis Gairaud, le maire de Cabrières, à la cave coopérative où nous avons droit à deux interventions, celle de Raymond, celle de notre hôte.
Naturellement la question de la course à l’armement, nucléaire notamment, est clairement condamnée en cette veille de l’anniversaire d’Hiroshima cependant que l’état de conflit qui prévaut en de nombreux points de la planète, au Proche-Orient par exemple, est source d’inquiétude pour les pacifistes.
La crise viticole de 1907 avec ses résonances actuelles est évoquée par les deux intervenants. Francis Gairaud, qui nous présente la richesse du patrimoine de sa commune met en relief les problèmes de la mondialisation tandis que Raymond rappelle que les difficultés économiques et sociales sont souvent la cause du déclenchement des guerres.
Une dégustation de vin de Cabrières nous sera offerte tandis que Monique & Monique chanteront, accompagnés au refrain par ceux qui la connaissent, le célèbre « Gloire au 17ème » de Montéhus.
Reste à pique-niquer. Finalement nous nous installerons dans un square tout ce qu’il y a de sympathique, regrettant simplement que les tables où nous nous sommes mis soient éloignées les unes des autres.
La votation citoyenne sur la politique d’armement nucléaire de la France qui était au programme de la journée est organisée après le repas.
Un groupe de sept ou huit personnes se rendra ensuite à la mine de Pioch Farrius pour une visite qui commence à 16 h et qui dure 45 minutes. Tiens cela pourra être l’objet d’un compte-rendu spécifique !

Pacifistes en forum

Posté le 31.05.2007 par cessenon
A gauche, en assemblée plénière, photo Julien Auduc
A droite, travail en atelier, photo Monica Diu


Tout au long de ce week-end de la Pentecôte s’est tenu au centre de la CCAS de Gruissan un forum des comités du Mouvement de la Paix auquel étaient naturellement invités les collectifs de l’Appel des Cent.
Accueillis par le comité audois et son dynamique président Jacques Obriet, quelque 130 militants pacifistes venus de toute la France avaient investi les lieux.
Dès le vendredi soir les premiers arrivants se sont penchés, autour d’une projection, sur la situation au Proche-Orient. Une situation que les derniers événements rendent toujours plus angoissante.
Samedi matin une assemblée plénière a permis à Jacques Obriet de présenter sa région, ses richesses, son histoire, ses particularités linguistiques, ses difficultés aussi avec la dégradation de la viticulture, rappelant pour la circonstance le « geste magnifique » des soldats du 17ème de ligne qui se sont mutinés il va y avoir 100 ans le 20 juin prochain !
Arielle Denis, co-présidente de l’organisation, a précisé le cadre et les objectifs de ce forum. Ce n’est pas un congrès du Mouvement de la Paix mais une rencontre permettant les échanges ainsi que l’approfondissement des questions. A l’ouverture de cette réunion plénière un hommage a été rendu à Roland Claverie, responsable national, récemment disparu.
Pierre Villard, l’autre co-président a présenté le programme des deux journées intégrant dans celui-ci la demande d’un retour sur la guerre d’Algérie, le colonialisme à la lumière des positions actuelles des hommes politiques sur ces questions lesquelles sont revenues sur le devant de la scène.
La matinée s’est enchaînée sous forme d’ateliers avec l’examen des partenariats. Celui consacré à l’Education Nationale a été fort suivi et a été l’objet d’une information réciproque des expériences faites en la matière.
Avant la pause repas les participants ont eu droit aux explications d’un responsable de l’INRA sur les activités viti-vinicoles de cet organisme. Elles étaient suivies d’une dégustation des différents produits élaborés.
C’est encore de manière éclatée qu’en début d’après-midi se sont poursuivis les travaux. La problématique de l’Europe et de la paix par exemple a donné lieu a un bilan et aux prospectives en matière de contacts avec nos voisins.
La fin de cette deuxième demi-journée a été consacrée à la présentation par Pierre Villard d’un montage audiovisuel sur le thème « Le désarmement nucléaire, enjeu pour l’avenir. »
Les amis audois avaient prévu en soirée un spectacle donné par « La Tripe du Bœuf » qui a pour titre « 14 – 18 : Bleu sombre horizon » inspiré des carnets du tonnelier Barthas, originaire de Peyrac Minervois. Très apprécié il a été suivi d’un débat sur la Première guerre mondiale.
La journée de dimanche a commencé par deux séries d’ateliers. Dans la première, celui sur l’état des comités du Mouvement de la Paix, ont été mises en évidence des contradictions flagrantes : ici un vieillissement et un défaut de militants, ailleurs création de nouveaux comités intégrant des jeunes et progression du nombre d’adhérents, l’ensemble sur un fond d’accord global de l’opinion publique avec la prise en compte de la dimension pacifiste des enjeux de notre temps.
On peut ajouter également l’impact de Planète Paix, le journal de l’organisation, qui augmente son lectorat même si celui-ci reste encore insuffisant eu égard aux nécessités de l’heure.
Dans la deuxième série nous avons retenu celui consacré à la guerre d’Algérie et au colonialisme. Ce n’était pas par nostalgie de leur jeunesse qu’il avait été explicitement demandé par deux anciens appelés du contingent mais pour éclairer le présent d’une analyse sur le passé.
L’après-midi de dimanche a commencé avec une intéressante conférence d’Alain Rouy sur l’histoire du mouvement pacifiste. A son sujet depuis la salle l’accent a été mis sur la période du colonialisme français avec l’opposition aux guerres du Rif, d’Indochine et d’Algérie, avec aussi celui des femmes ou de la non-violence comme moyen d’action.
Une intervention de Pierre Villard sur l’acte de naissance du Mouvement de la Paix, généralement daté de 1949, auquel on associe le nom de Joliot-Curie a montré que les choses sont plus complexes et qu’il faudrait faire état d’un prologue dans sa gestation, lequel demande des recherches affinées. Quoi qu’il en soit en 2009 sera célébré le soixantième anniversaire du Mouvement de la Paix.
Les participants ont enfin été invités à se regrouper par régions pour voir comment harmoniser les initiatives. Dans celle concernant le grand Sud Ouest une place importante a été accordée à l’utilisation d’Internet pour faciliter l’information et les échanges.
Un documentaire consacré aux diverses actions auxquelles a participé le Mouvement de la Paix, lors du séjour à Hiroshima particulièrement, était proposé en soirée à ceux qui avaient choisi de s’offrir une nuit supplémentaire au Centre de Vacances des Aygades.
Sans aucun doute les participants et les organisateurs de ce week-end studieux auront été satisfaits de cette initiative.

Requête pour un échange

Posté le 22.05.2007 par cessenon
Il y a 45 ans se terminait la guerre d’Algérie qui mettait fin à une période de 132 ans d’occupation coloniale de ce pays par la France. On peut certes ergoter et considérer qu’en 1830 la nation algérienne n’était pas une donnée objective.
Par contre l’oppression colonialiste, les atrocités d’une guerre qui a duré presque huit ans étaient une dure réalité.
Depuis 2001, avec la question de la torture, l’opinion publique a pu être sensibilisée à ce qu’a été cette période douloureuse de notre histoire.
Plus récemment des hommes politiques se sont livrés à une opération visant plus ou moins ouvertement à réhabiliter le système colonial. A titre d’exemple on peut citer le projet d’un musée de la présence française en Algérie proposé par le président de la région du Languedoc Roussillon qui s’est par ailleurs illustré par des propos à connotation raciste.
Les nostalgiques de l’Algérie française et de l’OAS relèvent la tête, la conjoncture le leur permet.
Revenir sur ces problèmes n’est pas faire œuvre passéiste. En fait une analyse de ce qui s’est passé alors permet de mieux comprendre le jeu auquel se livre la superpuissance mondiale que sont les USA. En Irak aujourd’hui comme en Algérie hier la loi du plus fort au plan économique et militaire devait apporter le bonheur des peuples !
On a vu et on voit ce qu’il faut en penser !
J’ajoute ici que l’attitude de l’armée israélienne à l’égard des Palestiniens me rappelle de manière cruelle ce à quoi j’ai personnellement assisté en tant qu’appelé du contingent en Algérie.
Oui, je fais partie de ceux qui, à 20 ans, ont été envoyés, par décision d’hommes politiques auxquels j’entends toujours demander des comptes sur ce qu’on a fait de leur jeunesse, défendre une cause qui n’avait rien de juste !
Sans vouloir réduire l’activité du Mouvement de la Paix à ce seul aspect de son combat je suis convaincu qu’il serait utile d’engager une réflexion sur un passé qui éclaire le présent.
La génération dont je suis ne sera plus là dans une quinzaine d’années pour témoigner et apporter des éléments d’appréciation sur une affaire qu’ils ont vécue de l’intérieur.
C’est pourquoi j’aurais souhaité qu’au forum des comités du Mouvement de la Paix qui doit se tenir à Gruissan le week-end prochain un créneau soit trouvé dans le programme pour permettre, sous la forme d’un atelier ou sous tout autre forme, un échange sur la guerre d’Algérie et le colonialisme entre les militants pacifistes des diverses générations.

Le Chemin de la Mémoire

Posté le 28.01.2007 par cessenon
En complément à l'hommage rendu à Antoine Beille voici un document sur le maquis Jean Grandel. La photo a été prise par Olivier Rodriguez le 6 août 2005 devant la baraque des gardes.

C’est ici, à la baraque des gardes, au lieudit Roquefargue, que s’est établi en août 1943 le premier maquis de l’Hérault. Il a pris le nom de Jean Grandel.
Jean Grandel était originaire de Béziers et avait été élu maire de Gennevilliers en 1934. Ancien secrétaire de la Fédération Postale Unitaire, Jean Grandel rejoint en Espagne les Brigades Internationales. Il y organise un véritable service postal militaire pour les combattants de ces brigades.
Arrêté en juillet 1940, Jean Grandel sera fusillé par les Allemands à Châteaubriant le 22 octobre 1941. Dans sa dernière lettre il dira aux siens : « Je vous lègue mon courage en héritage » et sur une planche du baraquement où il est prisonnier il écrit « Nous vaincrons quand même ».
La création du maquis est l'oeuvre de trois enseignants : Henri Lauriol, instituteur et secrétaire de mairie à Prémian, André Allègre et Antoine Beille respectivement à l’école primaire et au collège de Saint-Pons de Thomières. Participe également à l’installation et au ravitaillement du maquis de Prémian Paul Barthès, le fils du boulanger de la commune.
Les trois premiers sont d’obédience Front National, expression qui n’a strictement rien à voir avec le parti politique d’extrême droite que nous connaissons aujourd’hui.
Antoine Beille est de Nissan où un groupe du Front National a été créé dont la responsabilité a été confiée à Auguste Parmène qui deviendra par la suite instituteur.
Le maquis Jean Grandel, qui dans un premier temps s’appelle Camp Z, a pour objectif la formation de cadres. L’effectif ne sera jamais très nombreux, une quinzaine au maximum. Le premier responsable en est Amilcar Calvetti. Il sera remplacé par Victor Meyer. On compte parmi les résistants présents à la baraque des gardes Joseph Lantenois qui a travaillé à l’agence biterroise de La Marseillaise.
Des actions de sabotage sont organisées loin de Prémian : à Trèbes et Montréal dans l’Aude, à Mazamet dans le Tarn, à Marcillac en Gironde… Des explosifs sont dérobés aux mines de bauxite de Bédarieux… Localement des sacs de charbon de bois destinés aux Allemands sont brûlés. Des tracts, sortis de l’imprimerie Maraval à Saint-Pons, sont distribués. C’est chez cet imprimeur qu’est tiré le journal « La Voix de la Patrie », ancêtre de L’HERAULT du Jour, ainsi que « Le Patriote ».
Les docteurs Bec et Granier-Rascol, la pharmacienne Germaine Beille, tous trois exerçant à Saint-Pons auront l’occasion de soigner les maquisards blessés.
Après le combat de Douch le 10 septembre 1943, à l’issue duquel le maquis Bir Hakeim doit quitter les lieux, la baraque des gardes n’est plus un endroit sûr. Le maquis Jean Grandel se scinde en deux groupes qui occuperont différents secteurs du Saint-Ponais : l’un séjournera notamment à Condades, près de Riols, sous les ordres de René Coulet, l’autre aux Clottes, au sud de Labastide Rouairoux, commandé par le Sétois Alfred Marquez.
Le Chemin de la Mémoire passe par la ferme en ruines de l’Estalabar qui a abrité un temps les hommes du maquis Latourette (maquis de l’Armée Secrète) replié dans le secteur après de durs accrochages dans la Montagne Noire. Le maquis déménage le 25 juillet 1944 au château des Syères, à quelques kilomètres de Fraïsse s/ Agout. Un site favorable à la réception des parachutages.
Au moment où le maquis Jean Grandel s’installe à Prémian l’unité de la Résistance n’est pas encore réalisée. Outre le maquis FTPF (Francs Tireurs et Partisans Français, organisation militaire du Front National) Jean Grandel vont exister sur le Saint-Ponais un groupe « Combat » puis MUR (Mouvement Uni de la Résistance). Les conceptions diffèrent sur l’opportunité de l’action et partant sur la distribution des armes parachutées.
Toutefois lors des combats de Saint-Pons les 20, 21 et 22 août 1944, au cours desquels André Allègre sera grièvement blessé, c’est de manière coordonnée que sont engagés les différents maquis.
Tout cela est raconté sur des panneaux explicatifs qui jalonnent le Chemin de la Mémoire C’est ce chemin qu’avaient suivi les participants à l’édition 2005 de la Marche de la Paix organisée chaque année aux alentours de l’anniversaire d’Hiroshima par le collectif pacifiste du Biterrois.
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