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et voilà pourquoi on ne peut plus faire de grillades sur les sarments !......
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Par geneviève, le 24.11.2009
very interesting story!...
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Par Anonyme, le 24.11.2009
je t'imagine buvant les paroles de andré calas... (sourire)
p.s . : pour aller voir la borne, attends moi !
...
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bonjour,il n'y a pas d'usine "les trois toques" pas plus qu'il n'y a d'adresse à contacter pour toutes ces men...
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très jolie photo.
on aimerai bien s'allonger parmi les pâquerettes, regarder le ciel et rêver...
a bientôt....
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on en apprend des choses...je me demandais quel gout pouvait avoir le vin de namibie..??? merci pour les belle...
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exact… cette différence de couleur est flagrante. j’ai pu en apercevoir une belle parcelle début novembre ent...
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bien dit jacques...je suis heureuse de ne plus faire partie du monde du travail...a bientothttp:// tumaraa.cen...
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bien plus parlant ce monument tu as raison...pas morts pour la patrie...mon grand pere qui ne disais jamais ri...
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combien d'entre eux comme mon père n'ont même pas eu connaissance de cette reconnaissance tardive. emmené par ...
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Par Christine Cognet, le 13.11.2009
j'ai acheté la plaque à induction il y a 9 mois elle vient de nous quitter je ne trouve pas le site de l'usine...
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Par Anonyme, le 12.11.2009
sur mon blog cadeaux amis...!!!http ://tumaraa.cen terblog.net...
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Par tumaraa, le 12.11.2009
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Patrimoine
Publié le 27/04/2006 à 12:00 par Jacques Cros

Vue de Cessenon, photo Robert Ciscar
C’est un village classique du Biterrois. Il est à une bonne vingtaine de kilomètres de la capitale du vin, au bord de l’Orb. Celui-ci traverse, d’ouest en est, la cuvette au centre de laquelle il est construit. En fait il est adossé à des coteaux et doit être un des rares villages du Midi qui est bâti au nord !
Il n’a pas toujours été au même endroit, avant l’An Mil, pour des raisons de sécurité il avait été déplacé pour jouir de la protection du château. Jusque là les maisons étaient à environ 1 km vers l’ouest dans un tènement qu’on appelle aujourd’hui l’Hortalèche et où il devait y avoir des jardins.
Il y avait là l’église mère, Saint Pierre de Figuière, ainsi qu’un cimetière qui est resté le cimetière de Cessenon jusqu’au début du XIV° siècle. Les consuls ont à cette date négocié avec le sénéchal de Carcassonne, représentant du Roi Philippe IV le Bel, l’achat d’un terrain afin de créer un nouveau cimetière. Celui-ci a été remplacé vers la fin du XIX° siècle par celui que nous connaissons aujourd’hui.
Ce deuxième cimetière entourait l’église Saint Pierre de la Salle, édifiée en dehors des remparts de Cessenon et qu’un double mur reliait à une des portes de la ville. C’est aujourd’hui le Plan Jean Moulin de l’autre côté duquel est la mairie. Lors des travaux de terrassement entrepris en 1948 pour réaliser les WC publics qui se trouvent là il a été dégagé de nombreux ossements.
Le premier cimetière n’a pas été désaffecté tout de suite. Il a été utilisé pendant un temps par les habitants de Cazedarnes qui dépendait de la paroisse de Cessenon.
Cessenon est un village classique du Biterrois en ce sens qu’il est viticole, c’est du moins ce que, pour l’essentiel, il était quand j’étais enfant. Il y avait aussi une tuilerie / briqueterie qui a employé jusqu’à 140 salariés. Elle a fermé au début des années 80. Il y a eu également une mine de lignite que j’ai connue en activité et qui a dû disparaître un peu après la seconde guerre mondiale.
De ci, de là on pouvait recenser encore quelques entreprises non agricoles comme la carrière de marbre de Coumiac, l’usine de carrelages, créée après la fin de la guerre d’Algérie par des Rapatriés. Cette dernière n’a guère duré. Il y eut, de manière éphémère, un petit atelier de meubles en rotin qui s’était implanté sur un site où on avait fabriqué des wagons-foudres en bois.
La meilleure approche de Cessenon c’est quand on arrive, en venant de Béziers, par la D 14 à la campagne de La Bousquette. Devant vous s’étale la plaine. Vers le nord et l’ouest l’horizon est fermé par les contreforts du Massif Central : Caroux, Espinouse à l’arrière plan, avants-monts au premier.
Le Mont Peyroux, plus communément appelé Pech de Causses, qui s’élève vers le nord est, servait quasiment de baromètre. Un dicton affirme en effet que : « Quand lo pech de Cauces pòrta lo capelon gara as colhos de Cessenon ». Littéralement : quand le Pech de Causses porte le petit chapeau gare aux couillons de Cessenon. C’est à dire que quand il y a un nuage à son sommet il risque de pleuvoir.
L’Orb quitte la cuvette au niveau des rapides de Réals dont le pont fait la limite avec la commune voisine de Murviel les Béziers. Ces rapides servent pour des compétitions de canoës-kayak de haut niveau.
Quand je suis né la population de Cessenon dépassait 2 100 habitants. Elle avait été plus élevée entre les deux guerres. Le monument aux Morts, érigé dans le cimetière, dont les cyprès avaient été plantés par mon arrière-grand-père, porte les noms de 69 Cessenonais, dont Clément Cros, le frère de mon grand-père, tués au cours de l’horrible boucherie. Aujourd’hui le village compte environ 1 750 âmes après avoir connu une érosion qui l’avait amené au-dessous de 1 700.
Dès les temps les plus reculés le site avait attiré les hommes. Un choping tool, découvert dans le tènement de Varailhac, sur la rive gauche de l’Orb, en amont de Réals, daterait de 300 000 ans.
Le sommet du Pech de Fourques Esquinos, qui, vers l’ouest prolonge et domine le village, aurait été occupé par un oppidum gaulois. Toutefois l’habitat ancien le plus manifeste est celui des Romains et des Gallo-Romains.
Deux dictons concernant les Cessenonais ne sont guère élogieux pour eux. L’un affirme « A Cessenon, il y a plus de cons que de maisons ». Mais ce n’est sans doute plus vrai car dans le vieux village il y a à présent de nombreuses maisons vides, du moins une bonne partie de l’année.
En fait le village s’est étendu en deux temps. A partir de la fin du XIX° siècle, au moment de la prospérité viticole, de nouveaux quartiers sont apparus en dehors des remparts, sur la route de Béziers, autour de la gare. Plus récemment des lotissements ont vu le jour en divers secteurs : vers le terrain de sports et sur la rive gauche de l’Orb notamment. Les constructions les plus importantes furent chronologiquement le château, l’église, les écoles, la cave coopérative.
L’autre adage déclare « Cessenon, petite ville, mauvais renom ». On peut penser que cela est simplement dû à la recherche des rimes. Encore que vers le milieu du XIX° siècle des Cessenonais furent impliqués dans l’assassinat sordide d’une prostituée de Saint Pons.
Au point de vue géologique le territoire de la commune se partage inégalement en deux. Ce sont des sols argilo-calcaires caractérisés par la végétation de la garrigue qui dominent. Mais à partir du hameau de Lugné on a des terrains schisteux sur lesquels on rencontre les plantes silicicoles du maquis tels l’arbousier, le ciste à feuille de laurier, le châtaignier...
Le site de la carrière de Coumiac, récemment classé en « Réserve Naturelle Volontaire», est connu des spécialistes du « Comité International de la stratigraphie ». Il en sera question plus loin.
Selon le dictionnaire étymologique et topographique du département de l’Hérault de Frank R Hamlin le nom de Cessenon serait dû à Cincinus, patronyme gaulois, suivi du suffixe onem, signifiant sans doute domaine. Mais pour d’autres l’étymologie viendrait de kess, mot gaulois désignant un fort.
Il y a aussi une version amusante donnée par un poète local qui s’exprimait en Occitan. Un jour d’orage Tantan lo viel sonnait les cloches quand une voix impérative lui commanda « Cesse ! » Obstiné notre campanaire continua à sonner et répondit : « Qu’es aquó Cesse ? Non ! » Lo nom es demorat, dempuèi es Cessenon. (« Qu’est cela Cesse ? non ! » Le nom en est resté, depuis c’est Cessenon).
Publié le 06/06/2006 à 12:00 par cessenon

A l'entrée des thermes, l'hypocauste
Photo Françoise Deixonne
C’est à 3 km en aval du village, sur la rive gauche de l’Orb, dans le parc de la Campagne de Viranel, que les vestiges d’une villa gallo-romaine ont été découverts. C’est en septembre 2000, à l’occasion du creusement d’une tranchée réalisé en vue de la réfection d’une adduction d’eau, que la pelle mécanique a mis en évidence les fondations de la villa.
Situé au centre d’une plaine fertile on pouvait penser que le Domaine de Viranel avait connu une occupation humaine très ancienne. D’ailleurs un chopping-tool (un outil pour hacher) vieux de 3 à 400 000 ans, identifié comme tel disent les spécialistes, avait été trouvé dans le secteur par Jacques Gatorze, archéologue amateur à la compétence reconnue et adjoint à la culture à la municipalité de Cessenon.
Bien sûr la villa gallo-romaine date d’une époque plus récente : son implantation se situerait au 1er siècle de notre ère et elle aurait perduré jusqu’au 5ème siècle. Outre le site qui a nécessairement attiré les Romains après leur conquête de la partie méridionale de la Gaule, laquelle est antérieure de quelque 70 ans à celle, plus globale, entreprise par Jules César, les nombreux tessons rencontrés dans le voisinage (par Jacques Gatorze notamment qui les avait remarqués en chassant), laissaient supposer l’existence d’un habitat romain.
La partie de la villa qui a été exhumée se situe entre le chemin qui va à Varaillac et la maison de maître à la façade curieusement décorée. C’est un ensemble important de murs maçonnés qui ont été mis à jour. Des contreforts ont été dégagés qui signent les limites ouest de la villa.
Dans l’état actuel des fouilles, les thermes occupent une place importante. On peut identifier l’hypocauste, où on entretenait le feu, le tepidarium, la pièce où l’eau était tiède, le caldarium, celle où elle était chaude et le frigidarium, qui comme son nom l’indique, était un bassin d’eau froide. Les incontournables latrines ont été repérées ainsi que le canal d’écoulement, très profond et en parfait état de conservation, des eaux usées.
Comment ces thermes étaient-ils alimentés en eau ? Peut-être que, le climat étant alors moins sec qu’aujourd’hui, des sources pérennes avaient pu être captées depuis les collines voisines distantes de quelques centaines de mètres. Peut-être aussi que l’eau avait été amenée par une longue canalisation depuis le ruisseau du Landeyran qui coule à 1 ou 2 km. Michel Garrigues, autre archéologue amateur éclairé, rencontré sur le chantier de fouilles, estime que cela n’aurait pas présenté de difficulté majeure pour les Romains.
Entre les thermes et les limites ouest de la villa ce sont les logements qui sont apparus après qu’ait été enlevée la couche de terre qui les recouvrait. A été trouvée ici de la céramique sigillée caractéristique de la Graufesenque, cet important centre situé à Millau et qui, dès la première moitié du 1er siècle de notre ère, livrait ses productions dans tout l’Empire Romain. Par ici a été également ramassé un claudius c’est à dire une pièce de monnaie frappée sous le règne de Claude (Empereur de 41 à 54). Des fragments de fresques, décorations intérieures des pièces d’habitation, ont aussi été récupérés dans ce secteur des fouilles. Ce sont autant d’éléments de puzzles différents sans doute difficiles à reconstituer.
Véritable trésor pour les archéologues, ce sont les… poubelles pourrait-on dire. En fait il s’agit de trous en forme d’amphores creusés dans le sol et où les occupants déposaient leurs déchets : tessons de vaisselle, reliefs de repas, cendres de foyer… Comme il n’y avait pas de ramassage des ordures ménagères, le trou était fermé par une dalle quand il était plein et on en creusait un autre à côté.
Les ossements ainsi trouvés montrent que l’on consommait du porc, du mouton, du sanglier… On a aussi trouvé des valves de coquillages, une vertèbre de carpe… C’est que l’Orb n’était pas loin et d’ailleurs, comme il a dû changer son lit maintes fois au cours des siècles, il est possible qu’il a à une certaine période bordé la villa.
Une cuve rectangulaire, fort bien faite, notamment au niveau d’un joint d’étanchéité en forme de bourrelet, a laissé perplexe les archéologues. Etait-elle destinée à recevoir du vin ? de l’huile ? Un système d’évacuation permettant de séparer par décantation des liquides non miscibles donne à penser qu’il pourrait s’agir d’une cuve pour l’huile. Le fond comporte un dispositif de vidange.
Tout à côté sont visibles les restes d’un dolium d’une capacité de 4 ou 5 hl. Sans doute était-ce un récipient pour le grain, les liquides exigeant, pour des raisons de pression, qu’il soit enfoui dans la terre, ce qui ici n’était pas le cas semble-t-il.
Naturellement des morceaux de tégulae (grandes tuiles plates), certains de dimension importante, ont été découverts ici et là. De même de curieux objets, en forme de bobine, ont été l’objet d’interrogation. Etaient-ils destinés, comme le pensent les archéologues, à réaliser une double cloison pour le passage de l’air chaud ? C’est tout à fait possible, le chauffage central était déjà connu à cette époque !
A également été identifié un four comblé par les pierres réfractaires de l’hypocauste. Il faut dire que l’occupation des lieux ayant duré plusieurs siècles des réaménagements, des constructions qui se chevauchent, s’enchevêtrent, rendent pour l’heure difficile une compréhension d’ensemble de la villa. Sans doute s’étend-elle sur une grande surface. Un hectare peut-être ? Il est probable que les bâtiments du domaine actuel, cave, maison de maître, logement des ouvriers, ramonetatge, écuries, forge, bergerie… ont été édifiés sur une partie des constructions plus anciennes. Auquel cas il est peu probable que celles-ci puissent être un jour accessibles. Trouvera-t-on la nécropole qui devait nécessairement être dans un voisinage immédiat ?
Quant à l’église Saint Martin de Viranel, chef-lieu d’une paroisse rurale laquelle comptait 279 habitants en 1709, sera-t-elle un jour exhumée ? Michel Garrigues et Jacques Gatorze considèrent qu’elle doit se situer quelque part dans l’enceinte du domaine. Une pierre d’autel, peut-être réutilisation de celle d’un temple païen, aurait même été reconnue comme telle.
Quoi qu’il en soit, la découverte de la villa gallo-romaine est d’importance pour tous les amoureux d’histoire. Bien qu’entièrement localisée dans une propriété privée – Viranel, qui produit un vin haut de gamme, appartient aujourd’hui à M. Gérard Bergasse, cousin de Jean-Denis Bergasse, le président, fort connu, de la société archéologique de Béziers – elle fait en quelque sorte partie du patrimoine collectif.
Fort heureusement M. Gérard Bergasse a donné les autorisations nécessaires pour que les fouilles soient entreprises. La Direction Régionale des Affaires Culturelles en a confié la responsabilité à M. Gatorze, sous l’autorité scientifique de M. Olive. Nous ne pouvons que nous en réjouir.
Publié le 11/06/2006 à 12:00 par cessenon

Photo Henry Bonnière
Oui l’adjectif « sucrée » intrigue toujours ceux qui le découvrent. En Occitan on l’appelle « La Font Sucrada » (prononcer foun sucrado) et elle se trouve à Cessenon, à une centaine de mètres à gauche avant d’arriver au pont sur l’Orb.
Quelle est l’origine de ce qualificatif ? Eh bien nous ne le savons pas. C’est que l’eau qui coule dans l’auge depuis deux tuyaux en fonte ne contient ni saccharose ni glucose en solution. Par contre elle est sans doute riche en calcaire. Peut-être est-ce à cause de cela qu’elle a été déclarée non potable.
Pourtant des générations de Cessenonais en ont bu. Avec la Fontaine Royale qui est sur la place du village et Fontgaubert qui se trouvait à la sortie ouest, laquelle s’appelait Portail d’Amon, c’étaient probablement, avant l’adduction d’eau réalisée vers 1930, les seules fontaines publiques à la disposition des habitants.
D’ailleurs on a continué à boire de l’eau de la Font Sucrée même quand chacun a fini par avoir un robinet sur son évier. C’est que les canalisations qui amènent l’eau de la source du Foulon pour alimenter la commune sont, pour la traversée de l’Orb, fixées au tablier du pont. Elles sont exposées au soleil, aussi l’été, l’eau qui arrive dans les maisons est tiédasse.
Comme à cette époque-là il n’y avait pas encore de réfrigérateur, on allait chercher l’eau fraîche à la Font Sucrée. On en remplissait une carafe et souvent un seau dans lequel on plaçait une bouteille de vin, voire des tomates ou un melon. Ceux qui habitaient à côté laissaient leurs bouteilles dans l’auge et on pouvait y voir flotter (ou couler suivant leur maturité) tomates et melons.
On conduisait les chevaux du quartier à la Font Sucrée pour qu’ils s’abreuvent dans l’auge. Les gens en passant s’arrêtaient pour boire. Il arrivait bien qu’un indélicat débouche une bouteille de vin, en absorbe une gorgée et fasse le plein avec de l’eau, mais cela était l’exception.
Même quand il y a sécheresse, le débit de l’eau à la Font Sucrée reste important. C’est la même source qui alimente la Fontaine Royale (ou Font de la Glèisa, c’est à dire de l’Eglise) et la Fontaine Sucrée. Au-delà de l’auge, l’eau est canalisée jusqu’à des jardins situés en contrebas, au bord de l’Orb. Des jardins de faible étendue, entourés de murs en pierre, assez hauts, dont l’existence en ces lieux est attestée dès l’An Mil.
La construction de la Font Sucrée résulte d’une délibération du conseil municipal de 1835 (M. Massot étant maire) lequel, à une voix près, accède à la demande des riverains. Comme la Fontaine de la Glèisa, la Fontaine Sucrée a été l’objet de travaux d’embellissement. Ici un auvent a été placé sur la façade de la maison où sont encastrés les tuyaux. Une croix du Languedoc, en fonte, a été fixée au-dessous et une plaque portant l’inscription EAU NON POTABLE a été apposée.
Mais cela ne dissuade pas les habitués. On continue à s’arrêter, collant sa bouche à l’un des deux tuyaux, surtout quand il fait chaud, et certains même viennent remplir des récipients pour emporter chez eux une eau qui, malgré la déclaration affichée, doit être bien vertueuse !
Ah, puisque c’est à côté, il faut signaler, à droite de la fontaine, à l’angle de la maison qui est de l’autre côté de la rue, la rue de la Font Sucrée évidemment, une glycine au tronc absolument remarquable.
Publié le 19/06/2006 à 12:00 par cessenon

[SIZE=14]Une capitelle près de Cazedarnes
Photo Henriette Thibaudier
On trouve très souvent dans la garrigue languedocienne, particulièrement dans les pechs caillouteux, de ces constructions curieuses, en pierres sèches, que l’on appelle capitelles. Elles étaient appelées ainsi par les Romains, le mot venant du Latin caput (tête), précisément parce qu’elles permettaient d’abriter la tête.
Le Topo-guide des sentiers de randonnées, HERAULT Coteaux de l’ORB et du VERNAZOBRES, édité en partenariat avec le Conseil Général, donne une description fort juste de leur construction : « Les murs en sont minutieusement agencés, les pierres se superposent et forment chaque fois une avancée de trois à quatre centimètres sur les précédentes si bien qu’à l’intérieur, l’espace se rétrécit. Elles se rejoignent et donnent une voûte. Au sommet une large pierre, sorte de clef de voûte, colmate l’ouverture ». A vrai dire on ne peut se tenir debout, et encore à condition de ne pas être trop grand, qu’au centre de la capitelle.
Bien que cet appareillage en pierres sèches soit semble-t-il hérité de l’art de la construction de la préhistoire, la plupart ont été édifiées à la fin du XIXème ou au début du XXème au moment de l’épierrage des terrains que l’on destinait à être plantés en vignes. Elles servaient d’abri pour les hommes, les outils, voire les produits nécessaires à la viticulture : soufre, sulfate, engrais...
L’épierrage s’accompagnait également de la construction de murs en pierres sèches pour la constitution de terrasses (rives, faisses, barres) permettant d’avoir des surfaces moins en pente. Quand, malgré ce, il y avait surplus de pierres, on en faisait des amas, les clapas. Très souvent les capitelles s’intègrent dans les clapas, et même quelquefois aussi dans les murs de soutènement.
Les capitelles s’apparentent aux bories que l’on peut voir dans le Lubéron. Toutefois dans le cas des bories les murs sont plus proches de la verticale et les dalles qui ferment la toiture sont bien plus larges. En fait il s’agit d’une fausse voûte. Par ailleurs les bories sont de plus grandes dimensions et ont pu servir d’habitat permanent.
Dans la région on peut découvrir de nombreuses capitelles sur les pechs situés dans un triangle SAINT CHINIAN / CEBAZAN / VILLESPASSANS. Pour certaines la voûte s’est effondrée, ce qui permet de bien voir comment les murs se ferment vers le sommet de l’édifice. On en a construit une, fort bien faite, dans la grande salle du Musée Saint Jacques.
A propos des clapas il est un proverbe Occitan qui exprime, d’une autre manière, l’idée contenue dans celui qui dit, en Français, « Il pleut toujours sur les mouillés ». La version Occitane donne (orthographe communiquée par notre ami Claude MOLINIER) : « Las pèiras rotlan onte i a los clapases ». Il ne doit pas être nécessaire de traduire !
Publié le 25/06/2006 à 12:00 par cessenon
A
Cessenon, un pigeonnier ayant pignon sur rue
(Maison de monsieur Yves Bergasse)
Photo Bernard Lescalier
C’est un circuit d’une petite dizaine de kilomètres dont le panneau de départ est situé à côté du camping de Murviel les Béziers. Comme le titre l’indique on y rencontre quelques pigeonniers qui avaient été construits en pleine campagne. Il se peut d’ailleurs que certains soient d’anciennes tours de guet réutilisées. Quoi qu’il en soit Murviel les Béziers a cette particularité assez rare, même si les noms de Colombiers ou Colombières s/ Orb attestent qu’il n’est pas le seul dans ce cas, de compter, sur le territoire de la commune, plusieurs pigeonniers, une dizaine sans doute, certains dans le village même.
Avant la Révolution Française être propriétaire d’un pigeonnier était un privilège dont ne bénéficiaient que les seigneurs, qu’ils soient laïcs ou clercs. Encore qu’en Languedoc, tout le monde pouvait ériger des pigeonniers : le Parlement de Toulouse s'est prononcé plusieurs fois à ce sujet contre les seigneurs qui au XVI° siècle avaient tenté d’en limiter l’usage.
Naturellement la chair tendre des pigeons servait de nourriture. Toutefois il semble que l’intérêt majeur de leur élevage ait été la production, via leur fiente, d’un engrais, aussi réputé que les croûtes de bergerie, que l’on appelle la colombine.
On connaît un autre usage de certaines espèces de pigeons : la transmission des messages. Le système a été particulièrement utilisé lors du siège de Paris pendant la guerre de 1870-1871. Le sultan d'Egypte Noureddin aurait établi dès 1146 d'une manière permanente une Poste aux pigeons. Quand on sait les menaces particulièrement rétrogrades qui affectent aujourd’hui ce service public dans notre pays on se dit qu’il n’est pas impossible qu’existent de tels projets dans les cartons de nos gouvernements, en place ou à venir !
Autre emploi du pigeon, ou plutôt de la colombe, emploi au demeurant particulièrement sympathique, branche d’olivier dans le bec, il sert de logo au Mouvement de la Paix !
Les pigeonniers sont pourvus de niches, appelées boulins, permettant la ponte. Les pigeons sont prolifiques, un couple peut avoir de 3 à 6 couvées par an et donner ainsi naissance à une dizaine de pigeonneaux qui sont adultes au bout de six mois. Bien sûr tout cela mange et les champs de céréales faisaient les frais de la prolifération des pigeons. Aussi des règlements en avaient limité le développement, obligeant même à laisser les pigeons enfermés à certaines périodes de l’année.
Toujours à propos de la surpopulation des pigeons, dans les villes des mesures ont été prises, ou envisagées, pour la réduire. A Genève on utilise la pilule stérilisante « Ornistéril » depuis 20 ans, sans grand succès. Peut-être faudra-t-il s’orienter vers la méthode du stérilet !
Les pigeons ont l’instinct grégaire et il est des pigeons dominants. L’histoire qui suit m’a été racontée par un Cessenonais. Un Cazoulin venait à Béziers sur les Allées, déposait son pigeon parmi les congénères qui picoraient là et revenait chez lui. A son retour il trouvait dans son pigeonnier les « potes » que son pigeon avait ramenés.
Avoir un pigeonnier c’était en quelque sorte avoir pignon sur rue. Si les pigeonniers de Murviel les Béziers ne sont pas des constructions remarquables ailleurs ce sont quelquefois de véritables œuvres d’art. A Cessenon, on peut voir un pigeonnier important qui coiffe le toit d’une maison de maître.
Publié le 26/06/2006 à 12:00 par cessenon

En règle générale on ne prête pas attention à une pierre sculptée encastrée dans la façade ouest, près de l’angle nord ouest, du café « Le Helder » qui se trouve sur la place de Cessenon.
Le nom de ce café est insolite. Que savons-nous à ce sujet ? « Deux batailles ont eu ce port de Hollande pour théâtre. Au large de celui-ci s’est en effet déroulé, en 1673, un combat naval, à l’issue incertaine, entre les escadres Anglo-Françaises d’une part et Hollandaises de l’autre. En 1799 le Général Brune, commandant l’armée de Batavie, reprend Le Helder aux troupes Anglo-Russes qui y avaient débarqué. Un conscrit de Cessenon a-t-il été acteur de cette victoire et en a-t-il rapporté le désir de commémorer l’événement ? Nous n’avons pas de réponse à cette question. »
Mais revenons à la pierre qui nous intéresse aujourd’hui. Elle avait été récupérée dans le pavage de l’église et il s’agit de la partie gauche d’un couvercle de sarcophage en marbre. Au centre on peut lire, dans un cartouche, l’inscription :
SVLPICIO A. PRESTANTIA A… VITALINIA… KARISSIMA… RVM IPSIVS… SARCOPHAGV… EXIBERE CVI…RANTE EVSEV … AMANTIS
Selon la traduction qu’en donne l’Abbé Giry dans son ouvrage « Le Biterrois Narbonnais de la préhistoire à nos jours » cette inscription nous apprend que SULPICIUS PRESTAN avait été, par les soins de sa chère épouse VITALINIA et de son affranchi EUSEBE, déposé dans un sarcophage, que le défunt avait fait construire de son vivant.
A gauche figure la représentation d’un banquet. L’Abbé Giry pense que ce banquet devait faire partie d’un ensemble funéraire complet, à la gloire des ancêtres, qui se trouvait à l’emplacement de l’église.
Il rappelle que c’est une hypothèse qui a été évoquée pour le beau sarcophage de Quarante qui proviendrait d’un mausolée sur lequel s’est élevée plus tard l’église paroissiale actuelle.
Quoi qu’il en soit cette pierre confirme l’origine romaine de la ville de Cessenon.
Publié le 27/06/2006 à 12:00 par cessenon

Photo Marianne Perrot
Observez un moment la photo ci-dessus. Elle montre le système de fermeture de la porte de l’église de Cessenon, une porte classée d’ailleurs. Ce qui est remarquable c’est que la gâche qui reçoit le verrou mobile est protégée par une plaque qui n’est autre qu’un haut de plastron de cuirasse. Ce gorgerin est ciselé et traversé de gros clous qui le maintiennent dans le chambranle.
Quelle est la raison de cette utilisation originale d’un élément de cuirasse ? S’agit-il simplement d’un rafistolage avec un matériau récupéré par l’artisan ? Y a-t-il une symbolique dans ce réemploi et la pièce est-elle, comme la légende le colporte, une partie de la cuirasse du capitaine Bacon, chef de guerre protestant, originaire du village voisin de Pierrerue qui avait mis à mal l’église de Saint Pierre de la Salle ? Nous ne le savons pas.
Saint Pierre de la Salle avait été construite hors des remparts qui entouraient Cessenon et le passage qui permettait d’y accéder était fermé par deux hautes murailles qui en assuraient la sécurité.
Une sécurité relative puisque l’église fut largement endommagée par les attaques de Bacon. Elle était devenue inutilisable et pendant une période le culte avait lieu à la chapelle castrale, c’est à dire dans l’enceinte du château. L’espace était évidemment insuffisant pour accueillir convenablement tous les fidèles.
Aussi Saint Pierre de la Salle fut finalement restaurée. Elle le fut par les soins de Dom Tarisse, curé-prieur de Cessenon, qui devait devenir supérieur général de la congrégation de Saint-Maur en 1630. Lui aussi était originaire de Pierrerue et c’était un parent de Bacon. La séparation du chœur de la nef indique la date de 1610, sans doute comme fin d’une tranche de travaux.
La paroisse de Cessenon possède l’une des plus anciennes cloches du diocèse. Elle date de 1412 et est dédiée aux protectrices des artilleurs. Elle porte l’inscription :
SANCTA BRIGITTA SANCTA BARBARA ORATE PRO NOBIS
suivie d’un autre texte en latin dont la traduction est
JESUS PASSANT AU MILEU D’EUX S’EN ALLAIT
qui rappelle la persécution que souffrit Jésus à Nazareth et qui est peut-être une allusion aux réticences des fidèles vis à vis d’un curé qui dut s’en aller.
Une autre cloche date de 1462 et parle de la « libération de la patrie »*
* (sources « Le Biterrois Narbonnais de la préhistoire à nos jours » de l’Abbé Géry)
Publié le 27/06/2006 à 12:00 par cessenon

C’est un tableau accroché au mur du fond de la petite chapelle située en avant du chœur de l’église de Cessenon, du côté droit de celui-ci.
A gauche du Christ crucifié, se trouve Saint-Martial, curieusement orthographié Saint-Marcial, ancien évêque de Limoges dont il est le saint patron, qui a évangélisé cette région de la Gaule Romaine au III° siècle. A sa droite se tient Sainte-Rufine, martyre du III° siècle également, patronne des potiers, un… pichet ( ?) dans ses mains. Sous chacun de ces deux personnages est inscrit, après le nom du saint, le rituel « Ora pro nobis » (priez pour nous.)
Deux dates figurent au bas du tableau : 1610 et 1680. Cette dernière apparaît dans le texte ci-dessous : « ETANT PREVOST MESTRE LOVIS CERCLIE ET GILIOME GOUTES ONT FAIT REPASER LE PRESENT TABLEAU AN LANEE 1680 »
L’histoire du tableau, du moins ce que nous en savons, ne manque pas d’intérêt.
Il a été récupéré dans la sacristie lors des travaux de rénovation de l’église qui ont été réalisés en 1988 et 1991. Il était alors fort endommagé et abandonné dans un recoin.
On ne connaît pas le nom du peintre qui en est l’auteur mais on situe l’école à laquelle il appartient. La date de 1610 indique-t-elle l’année de sa réalisation ? Celle de son acquisition ? Un argument milite pour une réponse positive à cette deuxième question. 1610 est en effet l’année de la fin d’une tranche de travaux de reconstruction de l’église, endommagée par le capitaine protestant Bacon, lors des guerres de religion.
Dom Tarisse, le curé-prieur de Cessenon, qui devait devenir Supérieur Général de la Congrégation de Saint-Maur, est à l’origine de la remise en état de ce lieu de culte. Il avait fait ouvrir la carrière de marbre de Coumiac pour disposer des matériaux nécessaires à sa décoration. On peut imaginer que le tableau a été commandé, ou simplement acheté, dans le même but.
La rénovation de 1680 fut effectuée sans guère de souci de conserver les couleurs originelles. La robe et le surplus de Saint-Martial par exemple ont été repeints en blanc. Une couche de peinture et un vernis noir ont été étalés sur l’ensemble du tableau.
Un cierge placé trop près de la toile avait provoqué des brûlures, et même deux trous, dans celle-ci. La réparation d’alors avait été sommaire, deux pièces de coton ayant été apposées sur la toile pour masquer les perforations.
Une restauration complète a été réalisée récemment par un atelier de conservation et de restauration des œuvres d’art installé à Bellegarde de Razès dans l’Aude. Nous ne donnerons pas le détail de l’ensemble des opérations. Signalons toutefois qu’un nouveau cadre, en noyer noir, remplace l’ancien et que le texte évoquant la rénovation de 1680 a été laissé.
La commune a obtenu des subventions qui ont permis de couvrir 80 % des dépenses, importantes, occasionnées pour ce travail. Même si on n’a pas de sentiment religieux on ne peut que souscrire à une initiative qui vise à conserver un patrimoine qui est notre héritage à tous.
Publié le 27/06/2006 à 12:00 par cessenon

Le clocher avec au sommet l’une des cloches
Photo Guy Bousquet
Une lectrice de Cessenon nous a envoyé une coupure de presse, retrouvée dans ses archives familiales, datant de 1921. Cette année là, le jeudi 13 janvier, on a procédé en l’église de Cessenon au baptême de trois cloches et à la bénédiction de quatre vitraux. Le curé de la paroisse est alors Gabriel Doucet.
La cérémonie avait lieu à 10 h et était présidée par le cardinal de Cabrières en personne. Un important cortège de prêtres, dont l’archiprêtre de la cathédrale Saint-Nazaire de Béziers, l’entourait.
L’église de Cessenon, pourtant une des plus grandes, sinon la plus grande, du département de l’Hérault (16m de large sur 62m de long), n’a pu accueillir tous les fidèles.
Seules quelques personnes âgées, et les croyants les plus pratiquants, doivent connaître cette acquisition que la paroisse de Cessenon avait faite à la date indiquée.
La coupure de presse nous informe que la plus grosse des trois cloches pèse 800kg et qu’elle a été fondue à Tarbes par Ursulin Dencausse. Elle porte les armes du cardinal de Cabrières, un casque de poilu et les noms des 69 Cessenonais morts à la guerre de 14-18. Sa marraine est Rose Cros Villebrun et la cloche s’appelle Marie-Rose. Elle donne le « mi ».
La seconde, qui pèse 550kg, a pour parrain et marraine, respectivement Charles Mallet et Thaïs Vergnes. Son nom est Radegonde. C’est la cloche de la charité. Elle donne le « sol ».
La troisième enfin, de 250kg seulement, est la cloche des petits enfants. La marraine en est Rose Malhiac, le parrain Isidore Milhé Décamps. Elle a reçu comme nom de baptême celui de Thérèse de l’Enfant Jésus. Elle donne le « si ».
Les quatre vitraux représentent le curé d’Ars, Jeanne d’Arc, Sainte Radegonde et Notre-Dame des Tranchées sur lequel figurent des poilus (« impassibles mais fiers dans l’immortelle tranchée » dit l’article).
La musique municipale, avec son chef et ses exécutants, « toujours dévoués à l’union sacrée » (sic), apporte son concours au succès de la consécration. Pour que nous ne soyons pas accusés de partialité citons encore cet extrait de la coupure de presse : « Son Eminence monte alors en chaire et souligne les beautés de cette cérémonie dans une allocution vibrante de foi et de patriotisme ». C’est bien l’alliance du sabre et du goupillon qui est à l’ordre du jour !
Sous la direction de M. Rigaud, maître de chapelle, la cantate à trois voix « Sonnez, sonnez, cloches nouvelles » a été interprétée, cependant que « L’Ave Verum » de Mercadente qui a suivi a été exécuté par Mlle Suzanne Palouziers, M. G. François et M. Barthez.
Les cloches ont été installées ensuite au sommet del cloquièr. Elles y sont toujours et sans doute pour longtemps encore !
Publié le 28/06/2006 à 12:00 par cessenon

Ce qu'était "La capeleta"
En venant de Béziers, avant d’arriver à Cessenon, à quelque 5 ou 600 m du village, on a pu voir, sur la droite de la route (la D 14) un chantier de dimension modeste. Il s’agit de la restauration de La Capeleta.
Le mot Capeleta - c’est ainsi qu’on a toujours appelé le minuscule bâtiment couvert de ciment qui se trouvait là - signifie petite chapelle. Bien malin cependant celui qui aurait pu reconnaître un édifice religieux dans l’espèce de blockhaus qui avait longtemps servi de baraque de cantonnier.
C’est parce que la porte d’accès avait été forcée que Jacques Gatorze, adjoint à la culture et archéologue amateur à la compétence reconnue, a pu découvrir une fenêtre murée sur la face est.
Avec l’accord du Maire une procédure a été engagée auprès des services de sauvegarde du patrimoine. Des travaux de dégagement ont donc été entrepris et ont rapidement permis de voir apparaître l’abside de la chapelle. Celle-ci était pourvue de trois fenêtres, celle du centre étant comme toujours dans l’axe de la nef. Deux seulement, quoique murées, sont parfaitement apparentes. La voussure de celle qui était au centre est ouvragée et en forme d’accolade. De la troisième ne subsiste que le seuil.
Retrouver les fondations de la chapelle a demandé un travail… en profondeur. C’est que la construction a été largement enfouie par des alluvions qui se sont déposées et qui ont relevé le niveau du sol. Le chœur apparaît donc à présent comme une espèce de puits.
De la nef ne subsiste rien, sinon, attenant au chœur, le début de l’épaulement nord. M. Gatorze estime, à partir de sa largeur, que la nef pouvait avoir une douzaine de mètres de long.
La voûte du chœur est évidemment effondrée. L’abside est faite de petites pierres sauf pour une ceinture située vers le haut où l’appareillage est constitué d’éléments plus gros. Pour Jacques Gatorze c’est un indice supplémentaire, ajouté à la forme et à l’orientation du chevet, qui permet de dater sa construction. Elle serait du XIIème siècle.
On n’a toutefois pas trouvé de trace écrite concernant son édification ni sa consécration. Le tènement situé dans un environnement voisin s’appelle Sainte Anne. On peut donc légitimement penser que La Capeleta était dédiée à cette sainte. Dans la tradition chrétienne celle-ci était la mère de la Vierge Marie et par ailleurs sainte patronne des sources. Justement il y avait, jusqu’à une époque récente, des frênes dans le secteur, signe que l’endroit était humide.
Il est probable que la chapelle a été endommagée, soit au moment des guerres de religion, soit pendant la Révolution. Les tuiles qui la couvraient, ainsi que celles des chapelles de Saint Roch et de Sainte Lucie avaient été employées pour réparer les dégâts occasionnés à l’église paroissiale Saint Pierre par le Capitaine Bacon de Pierrerue, chef de guerre protestant. On a retrouvé, à propos de cette utilisation, les doléances du curé-prieur de Cessenon qui devait devenir plus tard Supérieur de la Congrégation de Saint Maur sous le nom de Dom Tarisse.
On sait aussi que la chapelle était l’objet de processions au moment des rogations (selon Le Robert, Rogations : cérémonies qui se déroulent pendant les trois jours précédant l'Ascension et qui ont pour but d'attirer les bénédictions divines sur les récoltes et les travaux des champs.).
Après avoir dégagé le site, une équipe de maçons a commencé à restaurer ce qui peut l’être. Le pilastre nord a été reconstitué avec du calcaire coquiller cependant que l’assise de l’arcade qui séparait le chœur de la nef a été mise en place. Sans doute ne pourra-t-on faire guère plus. Mais c’est déjà, et même pour ceux qui n’ont pas de sentiment religieux, une initiative heureuse que cette entreprise de sauvegarde du patrimoine communal.