Politique
Posté le 14.04.2007 par cessenon

Photo Michel Szewczyk
Il y avait entre soixante et soixante et dix personnes à cette réunion de soutien à Marie-George Buffet dans la salle Yves Nat du Palais des Congrès de Béziers ce mardi 10 avril. On peut estimer que c’est insuffisant mais il faut comparer avec la campagne des présidentielles de 2002 où rien n’avait été organisé dans notre ville en faveur de Robert Hue.
A la tribune avaient pris place Colette Tignères, membre du conseil national du pcf, Aimé Couquet qui distribuait la parole, Paul Barbazange, investi par les sections de la 6ème circonscription, et sa suppléante Brigitte Quillès. Christiane Vinci représentait la section de Béziers.
Finalement les choses se sont déroulées comme il était souhaitable que cela soit. Colette Tignères est intervenue en premier et a exposé les raisons de son soutien à la candidate qui est membre de son parti. Elle l’a fait avec une grande maîtrise de son propos.
Marie-George Buffet s’appuie dans sa campagne sur les 125 propositions qu’avaient présentées les CUAL. Ce n’est pas étonnant qu’il en soit ainsi, les communistes étaient partie prenante du projet ainsi élaboré.
La caractéristique première du moment c’est l’indécision d’une frange importante des électeurs, plus de 40%, à moins d’une quinzaine de jours du premier tour. La seconde me semble-t-il c’est le lendemain de ces élections. Il n’est assurément pas question de reconduire une alliance qui se ferait dans le registre de ce que nous avons connu avec la politique de renoncement de la gauche plurielle.
A ce propos Colette Tignères a estimé que des erreurs de la part des communistes, qu’ils soient militants de base ou dirigeants, avaient été commises pendant cette période. Elle a pris pour exemple la question des emplois-jeunes qui ont conduit à généraliser encore plus la précarité.
Les mesures proposées par Ségolène Royal qui concernent à faire payer les régions, c'est-à-dire en fait les contribuables, pour subventionner une entreprise comme EADS, est l’illustration de l’impasse dans laquelle nous serions à nouveau conduits.
Interrogée sur les sommes allouées à La Cameron, Colette Tignères a tenu à stigmatiser le manque de transparence de divers organismes gérant la région et indiqué qu’elle n’avait ni elle ni son collègue Philippe Galano, cautionné une telle opération.
Ceci étant, on ne peut se résigner à laisser la situation continuer à se dégrader et, à l’instar d’un Besancenot, se contenter d’une opposition vertueuse qui ferait de nous de simples spectateurs. Selon son expression il faut mettre les mains dans le cambouis et affronter résolument les problèmes auxquels est confrontée notre société.
Elle a par ailleurs reconnu un défaut d’appréciation au soir du 29 mai 2005 : il fallait s’emparer du résultat obtenu avec la victoire du NON et s’appuyer sur lui pour avancer sans atermoiement dans la voie des réformes qui s’imposent.
Dans son intervention Paul Barbazange a lui aussi mis en cause le retard des communistes sur la question essentielle du désarmement nucléaire. On pourrait ajouter, même si c’est ancien à présent, mais cela a des résonances actuelles avec les positions de Frêche sur son musée à la gloire du colonialisme que le parti communiste aurait pu faire un autre choix que de voter les pouvoirs spéciaux à Guy Mollet en 1956.
Le candidat aux législatives a par ailleurs mis en exergue l’action des masses pour obtenir la satisfaction des revendications, n’oubliant pas parmi elles les exigences écologiques. Il a également rappelé la pratique ancienne de l’union à Béziers et précisé le contenu révolutionnaire d’un rassemblement crédible.
De la salle sont venues des appréciations sur les sujets les plus divers : viticulture, énergie, mur d’argent, enseignement, assistanat (aux entreprises !)…
Des réponses qualifiées ont été apportées à plusieurs de ces préoccupations. La soirée s’est terminée autour d’une collation au siège de la section de Béziers du parti communiste.
Posté le 27.03.2007 par cessenon

Le secrétariat de la section de Béziers du parti communiste, réuni en séance hebdomadaire de travail le lundi 26 mars, a examiné l’évolution de la situation concernant les propos de Georges Frèche sur les harkis ou les hommes de couleur.
Deux éléments nouveaux sont en effet à verser au dossier : 1- la position actuelle de la majorité du groupe communiste à l’assemblée régionale ; 2- la condamnation par l’ONU du président du Languedoc Roussillon pour ses déclarations à caractère raciste.
La section de Béziers n’entend pas tourner la page de ces dérives qu’elle considère comme le fruit du colonialisme et de l’acceptation d’un système, le capitalisme pour l’appeler par son nom, fondé sur des rapports de forces économiques ou militaires.
Alors que l’ONU épingle Georges Frèche et regrette qu’il soit toujours en charge de sa responsabilité à la région, que la FNACA reconnaît à présent dans son mensuel « L’Ancien d’Algérie » la réalité de la torture pendant la guerre d’Algérie, il n’est pas juste de passer l’éponge sur cette affaire.
La section de Béziers réaffirme à cette occasion son refus du racisme ou du colonialisme et souscrit à la déclaration de l’UNESCO qui engage à une décennie pour une culture de paix et de non-violence.
Posté le 27.02.2007 par cessenon

Je ne partage pas l’analyse selon laquelle il y a identité de vue entre les électeurs des cinq candidats qui se réclament de l’antilibéralisme. A ce compte là on pourrait aussi trouver une unité entre tous ceux qui sont de « gauche », plus largement entre tous les démocrates et on pourrait finir en considérant que tous, y compris Le Pen, ne veulent que le bonheur de l’humanité !
S’il y a des candidatures différentes chez les « antilibéraux » c’est à coup sûr qu’il y a des divergences.
On s’est interrogé au cours de ce comité de section sur le non-engagement, y compris des militants communistes, dans la campagne pour Marie-George Buffet. Mon appréciation là-dessus c’est qu’il est tellement plus confortable de se trouver des raisons pour ne rien faire. Et là les raisons ne manquent pas.
On peut par exemple passer un bon quart d’heure à répéter comme une scie que l’on n’est pas d’accord devant la perspective d’un vote pour les socialistes au second tour. L’argument ne mange pas de pain, on peut le resservir à satiété. Est-ce vraiment la question du moment ?
On peut aussi, comme nous a-t-on dit le font les jeunes, dénoncer les partis politiques. Ah ça c’est effectivement une carte maîtresse dans le débat. Tous pourris, à bas la politique… et votons Bayrou (pour faire échec à Sarkozy sans doute ?) Ça c’est une idée qu’elle est bonne !
Ségolène n’est pas contente de cette concurrence quasiment déloyale, c’est en effet elle qui avait inventé le concept !
Je suis dans la mouise, c’est dur, je ne peux que me résigner ! Me résigner à ne pas m’investir dans quoi que ce soit. Tous les mêmes, « ils » ne savent pas, ne peuvent pas s’entendre, ça me dégoûte ! Je me permets de commenter : « C’est facile, c’est pas cher, il n’est pas sûr que ça puisse rapporter gros ! »
Ah, on a aussi entendu un appel. Si certains à la section font la preuve d’une analyse, d’une activité convaincantes, d’aucuns pourraient se laisser convaincre.
Comment avoir une activité convaincante quand on passe son temps à ne pas prendre à bras le corps les problèmes du moment mais à disserter à l’infini sur une stratégie qui n’est plus à l’ordre du jour ?
Parce que quand même, le peuple qui a voté NON lors du referendum du 29 mai 2005 ne s’est pas engagé de manière massive dans les CUAL qui ont fleuri ici ou là. Qu’il y ait une crise profonde de notre société, qu’elle appelle des transformations radicales de ses structures, de sa logique fondamentale est un fait.
Que face aux exigences qui frappent à la porte de l’Histoire, des communistes, dont plusieurs n’ont pas su poser (et encore moins résoudre) les problèmes internes à leur organisation, se livrent à une entreprise de liquidation de ce qui reste de leur parti cela me paraît lourd de conséquence ! Je crains pour ceux-là, non pas le jugement dernier mais celui de leurs camarades de la base !
Je relève les envies de plusieurs d’aller voir dans le pré d’à côté si l’herbe n’est pas meilleure parce que plus verte.
Pour moi le plus conséquent serait d’engager le fer sur les vraies questions et pas de nous faire voter pour savoir si le CUALB devrait se scinder en deux, d’un côté un comité de soutien à José Bové et de l’autre le maintien d’une structure qui permettrait… qui permettrait quoi au fait ? De mieux préparer les législatives ?
Selon moi nous serions mieux armés pour aborder la question des législatives si nous menions la campagne pour Marie-George Buffet.
J’ai donc refusé de participer au vote sur le devenir du CUALB.
Par ailleurs, en désaccord avec la position défendue par Paul Barbazange dans le contexte présent, et malgré l’amitié que j’avais pour lui, je me suis abstenu quand sa candidature aux élections législatives a été proposée par Aimé Couquet.
Evidemment mon opinion peut changer mais elle ne changera que si la situation est clarifiée et si l’engagement se place à un autre niveau que celui qui consiste à laisser faire ceux qui ont le désir de s’investir pour la candidature de Marie-George Buffet.
Posté le 20.02.2007 par cessenon

Cocos,
Coucou,
Cocus !
Les premiers seront les derniers !
La majorité qui constituait la section de Béziers du parti communiste est divisée. Je fais à présent partie de la minorité et je peux même préciser que je suis isolé au sein du secrétariat.
Sur quoi portent les différences ? Non pas sur l’ampleur de la crise économique et sociale à laquelle nous sommes confrontés, non pas non plus sur l’analyse de ce qui est en cause dans cette crise. Le désaccord porte sur la stratégie qu’il faut mettre en œuvre à une soixantaine de jours de l’élection présidentielle.
J’avais moi aussi un regard critique sur l’orientation de la direction nationale du parti communiste pendant et après la période de la gauche plurielle. Je condamnais également le réformisme dont faisaient preuve nos responsables départementaux et régionaux ainsi que nos élus au conseil régional, c’étaient d’ailleurs à peu près les mêmes.
Je considérais également que la victoire du NON au référendum du 29 mai 2005 ouvrait des espérances. Pendant toute une période j’ai participé, sans à vrai dire jamais m’investir pleinement, à l’activité du collectif pour le NON du Biterrois devenu par la suite le CUALB.
Puis j’ai mesuré les divergences que j’avais avec ceux qui au sein des CUAL en général et du CUALB en particulier refusaient que Marie-George Buffet soit une candidate à la candidature à part entière. Les arguments de ces derniers étaient pour le moins curieux. Certes, et les votes qui sont intervenus à Saint Ouen l’ont confirmé, elle était majoritaire au sein des CUAL mais comme elle ne faisait pas l’unanimité et ne réalisait pas le double consensus nous avons connu la situation qui a suivi.
Un certain nombre de raisons ont ainsi été avancées contre la désignation de Marie-George Buffet. Parmi elle le fait qu’elle soit la secrétaire nationale du parti communiste, fonction dont il faut rappeler qu’elle s’est mise en congés. Cela n’a pas suffi.
Curieusement les communistes qui souhaitaient que se dégage une candidature unique antilibérale et non pas une candidature de parti reprochent aujourd’hui à Marie-George Buffet de mettre dans sa poche son étiquette de communiste. Comprenne qui pourra !
Nous avons assisté à l’émergence de la candidature de José Bové dans des conditions que l’on croyait bannies au sein des CUAL. Il est candidat à la candidature des antilibéraux, il ne l’est plus, il est candidat tout court. Si Marie-George Buffet n’a pas obtenu le double consensus, lui n’a pas sollicité le moindre simple consensus de la part des Collectifs Unitaires Antilibéraux.
Les programmes des trois B sont nous dit-on les mêmes et sont le fruit d’un travail collectif synthétisé dans les 125 propositions. La question du nom de celui qui allait porter cette synthèse n’avait pas d’importance. Sauf bien sûr que cela ne pouvait être Marie-George Buffet !
Si sa candidature a été et est toujours récusée par certains au sein des CUAL c’est qu’il y a quand même des divergences. Mais cette question n’est pas vraiment examinée sérieusement. Par contre un réquisitoire est dressé contre le passé et le présent du parti communiste.
Ah certainement que le PCF n’a pas toujours été parfait dans ses analyses et que subsistent encore des questionnements, notamment sur son retard à prendre la mesure des changements révolutionnaires qui frappent à la porte de l’Histoire. Mais est-ce cela qui fait problème aujourd’hui ?
Bové est-il le révolutionnaire qui s’impose ? Personnellement je ne le crois pas. Ses positions sur les OGM, comme celle de nombreux de ses supporters sur le nucléaire civil, me paraissent entretenir la confusion entre la responsabilité de la science ou de la technologie et celle du système social qui les utilise aux fins d’accroître les profits capitalistes.
Dans le domaine agricole, viticole pour ce qui nous concerne ici, la Confédération Paysanne, dont Bové a été le leader charismatique, s’est révélée impuissante à définir l’obstacle auquel se heurtent les viticulteurs. Incapable de dire clairement qu’ils sont confrontés au libéralisme mondialisé la Confédération a reculé de manière sensible aux élections aux chambres d’agriculture.
Peut-on penser que Bové est résolument dégagé de la perspective d’un ralliement à Ségolène Royal lors du deuxième tour ? Il ne me semble pas.
Pour ce qui est de Besancenot le cas est assez différent. D’entrée de jeu il a choisi de ne pas participer à la recherche d’une candidature unique mais de jouer sa propre carte.
Peut-on aujourd’hui, comme le propose la majorité de la section de Béziers, continuer à chercher une candidature unique pour le scrutin du mois d’avril ? N’est-ce pas illusoire et un tel entêtement ne nous conduit-il pas à présent dans l’impasse ? N’est-il pas plutôt temps d’engager nos forces dans la campagne de Marie-George Buffet même si nous avons eu et avons toujours, de manière légitime au demeurant, des réserves sur un certain nombre de points, en particulier sur l’alliance avec le parti socialiste ?
Posté le 29.01.2007 par cessenon

Nous assistons à une manière d’épilogue dans les propos qui ont été tenus par le président de région au sujet des harkis ou du nombre de noirs dans l‘équipe de France de football.
Georges Frêche a été condamné par la justice à 15 000 euros d’amende pour avoir qualifié les harkis de sous-hommes. Il vient d’être exclu du parti socialiste.
Ainsi il ne serait pas seulement, contrairement à ce que d’aucuns avaient prétendu, machiste ou sexiste.
Les subtilités qui avaient permis aux mêmes de distinguer déclarations et auteur de celles-ci n’ont pas été retenues par la commission des conflits du PS.
Nous voilà à présent avec un président de région classé divers gauche. A notre humble avis ce ne sera ni meilleur ni pire ! Il va continuer sa gestion autoritaire, la démocratie participative dont on nous a rebattu les oreilles pendant la campagne électorale ressemble à s’y méprendre à l’histoire de la réduction de la fracture sociale que nous avait servie Jacques Chirac.
Au passage on notera qu’au plan local Georges Frêche n’est pas lâché par ses amis politiques, le terme « amis » couvrant d’ailleurs un large éventail ! On voudrait décourager les gens de s’intéresser à chose publique qu’on ne s’y prendrait pas autrement !
Il ne me paraît pas utile de développer longuement cette affaire mais j’ajoute que personne n’est vraiment convaincu, sauf notre secrétaire départemental, par ailleurs président du groupe communiste au conseil régional, de l’intérêt de la création d’une structure contre les discriminations raciales au sein de celui-ci.
Il me semble par contre qu’il serait opportun d’engager résolument la bataille pour gagner des voix à la candidature de la gauche antilibérale et populaire.
Posté le 27.01.2007 par cessenon

Voici ci-dessous une analyse de la section de Béziers du pcf et ci-dessus un dessin rendant compte de la spirale dans laquelle nous sommes.
Le 8 février prochain l’ensemble des fédérations de fonctionnaires appelle les personnels à la grève.
Au centre des revendications la question des salaires et du pouvoir d’achat. Ce qui est en jeu c’est la valeur du point d’indice pour 2006 c'est-à-dire l’augmentation des traitements, le rattrapage sur les pertes subies depuis 2000, chiffrées à + 6%, la refonte de la grille indiciaire.
S’ajoutent à ces difficultés majeures les conditions de travail, la multiplication des attaques contre le service public, les réductions massives d’emplois et de recrutement chez les fonctionnaires, l’aggravation de la précarité.
Les syndicats demandent l’ouverture de véritables négociations qui doivent être à l’opposé de la logique du « travailler plus et gagner moins ».
Nous savons que la participation à la grève n’est jamais facile. C’est d’autant plus vrai dans le contexte présent où chacun au bas de l’échelle sociale subit les effets d’une crise particulièrement dure.
Mais y a-t-il le choix ?
Cette grève se déroule alors que s’amorce la campagne des élections, présidentielles et législatives. La responsabilité des syndicats c’est de poser les revendications et d’engager l’action pour les voir prises en compte. Celle des partis politiques c’est de définir un cadre où les problèmes posés puissent trouver leurs solutions.
Eh bien nous pensons que les questions fondamentales du pouvoir d’achat, qu’il s’agisse d’ailleurs des traitements ou des pensions, comme celles des conditions de travail et de la qualité des services publics, n’auront pas de réponse dans le cadre d’un système qui a fait son temps et qui s’avère impuissant à rien résoudre, que ce soit sous la houlette de la droite ou sous celle de la social-démocratie.
Il nous paraît donc opportun d’affirmer ici que nous entendons offrir une autre perspective que celle d’une alternance ping-pong qui renvoie aux calendres grecques la satisfaction des besoins exprimés.
Posté le 20.01.2007 par cessenon

Le petit chaperon étant rouge il se jeta sur le loup et le mangea !
Une situation difficile, confuse à bien des égards, et inquiétante pour l’avenir s’est développée au sein du parti communiste. Je vais essayer de clarifier les points de vue et m’efforcer de ne rien envenimer dans le présent rapport.
Rappelons d’abord ce qui nous unit. Nous avons été à la section de Béziers une majorité pour exprimer notre condamnation du bilan de la gauche plurielle. Nous nous sommes prononcés pour une rupture de ce que nous avons vécu pendant les trente dernières années et qui a été caractérisé par l’alliance organique avec le courant réformiste traditionnel dont nous avons pu mesurer les conséquences sociales et électorales. Nous avons demandé la constitution d’une liste séparée lors des élections régionales et avons relevé la tête devant l’autoritarisme, la mégalomanie, le colonialisme, le racisme… du président de région. Ce faisant nous nous sommes opposés à la direction départementale et régionale de notre parti dont l’orientation était relayée à Béziers par une fraction qui s’est comportée comme une faction. De ce point de vue nous avons réussi à rallier les adhérents.
Nous sommes à présent confrontés à un bipartisme qui ne traduit en rien la réalité qui s’est imposée le 29 mai 2005 où le libéralisme, l’ultralibéralisme plutôt, a été battu en brèche par notre peuple, même si la conscience de ce qui était en cause n’était pas aussi évidente que nous l’aurions souhaité.
D’une part la droite s’est rangée derrière Sarkozy qui a lui aussi un projet de rupture, hélas dans le sens d’une aggravation des choses pour les plus démunis. D’autre part le parti socialiste s’est rassemblé, malgré les aléas récents, derrière la candidature de Ségolène Royal laquelle s’est inscrite dans le OUI au Traité de Constitution Européenne, c'est-à-dire dans le maintien d’un système économique et social visiblement en fin de course et incapable de résoudre les problèmes de notre temps.
Des questions sont aujourd’hui posées dans des dimensions nouvelles : écologie, développement, paix, désarmement, égalité des sexes, Tiers Monde, Quart Monde, logement, Ecole, culture, immigration, services publics, démocratie…
Face à elles le parti communiste a-t-il été le parti révolutionnaire qui s’impose ? Ses conceptions et ses pratiques ont-elles été à la hauteur des nécessités ? Sa démocratie à l’interne a-t-elle répondu aux besoins de ses membres ?
Beaucoup d’entre nous se sont investis dans les CUAL espérant trouver dans cette direction une sortie à l’état de crise permanente à laquelle est confronté notre pays. Une crise qui au demeurant ne se limite pas à la France mais affecte l’Europe et le monde tout entier. D’autres ne se sont pas engagés dans le CUALB ou s’en sont désengagés.
Il me paraîtrait dangereux de jeter l’anathème sur les camarades qui ont, de la stratégie à suivre, une appréciation différente de la majorité. D’autant que la majorité n’est pas la même au plan local, départemental, régional, national. Elle est d’ailleurs fluctuante dans le temps et on a pu observer des positionnements et même des rapprochements curieux !
Pour la majorité de la section de Béziers la direction nationale du parti n’a pas su prendre la mesure des exigences qui résultent des conditions de l’élection présidentielle ainsi que de la composition et du fonctionnement des CUAL. Ces camarades ont récusé la candidature de Marie-George Buffet, la considérant comme un obstacle à la victoire des forces antilibérales. Ils lui reprochent de viser toujours l’alliance avec la social démocratie et dénoncent les méthodes appliquées pour promouvoir sa candidature. Au passage on notera que la déclaration de Clémentine Autain sur le vote au second tour n’est pas différente de celle de MGB. Une conception évidemment discutable, comme l’avait été la déclaration de dirigeants du PCF qui, au soir du 29 mai 2005, prônaient l’unité avec ceux qui venaient de voter OUI. Déclaration pour le moins inopportune et qui reste inadaptée.
Toutefois pour une minorité de la section le réformisme ne s’habille pas toujours avec les couleurs de la social démocratie. Il peut prendre d’autres formes et n’en est pas moins aussi stérile. Ces camarades-là s’interrogent sur ce que devraient être la démocratie et le respect de la majorité, sur les atermoiements auxquels nous assistons à quelques semaines des échéances, sur les divisions dans le camp du refus de la candidature de MGB.
Nous avons tenté d’avancer notre réflexion sur les 125 propositions des CUAL lors du repas à thème du 1er décembre. Personnellement je regrette que nous n’ayons pas poursuivi le 12 janvier comme nous l’avions prévu. Il me semble que c’était cela l’essentiel mais on peut comprendre que ceux qui n’étaient pas d’accord avec le déroulement des journées de Saint Ouen ou avec les résultats, voire les conditions, du deuxième vote interne au sein du parti communiste n’aient pas voulu être partie prenante de la suite.
Allons-nous vers un échec amplifié par rapport à ce qu’a été le 21 avril 2002 ? Que faire pour l’empêcher ? Comment ne pas nous déchirer au sein du parti ? Les risques sont majeurs et nous avons déjà des indices de la gravité de ce à quoi nous sommes exposés.
Il me semble qui si nous en sommes arrivés à cet état c’est à cause de la faiblesse du parti, faiblesse numérique en adhérents, en militants, en voix, faiblesse idéologique aussi avec le retard pris à prendre la mesure de l’ampleur et de la nature de la crise. Cela s’est traduit par l’inactivité et le vide politique des directions départementale et régionale engluées dans la soumission à Frêche. Cela a ouvert la brèche à la désaffection de nombreux camarades déjà victimes d’un quotidien aux difficultés insurmontables. Cela a conduit également à des comportements inattendus et souvent ingérables.
Que faire dans l’état actuel des choses ? Continuer à chercher une solution autre que la candidature de Marie-George Buffet ? S’en accommoder ? Il ne faut pas se faire d’illusion, les camarades ont leurs convictions et ne participeront pas à une campagne qui ne prend pas celles-ci en compte.
Qu’il me soit permis de rappeler que si Marie-George Buffet n’a pas obtenu le double consensus qui était une règle du jeu, au demeurant bien mystérieuse pour plusieurs d’entre nous, les autres candidats ne peuvent se réclamer d’un simple consensus.
J’ajoute que si on examine le parcours ultérieur des « révolutionnaires » de 1968, je pense à Cohn-Bendit, à Michel Rocard… les interrogations sont légitimes !
Essayons de voir comment nous pouvons continuer ensemble la route que nous avons suivie jusqu’ici avec toute une série d’activités qui ont, malgré les obstacles, permis de maintenir notre rayonnement sur le Biterrois. Ecole, environnement, violence dans les banlieues, viticulture, paix, langue régionale, laïcité, culture, droit au logement, soutien aux sans-papiers…
Je vais souligner un problème, celui de nos possibilités d’expression. Nous devons nous rendre à l’évidence, nous ne pouvons guère compter pour faire état de nos initiatives que sur nos propres moyens. Le bulletin de liaison, Lo Camèl roge et Internet sont à peu près nos seules outils de diffusion de nos idées et de nos analyses.
Je laisse le soin à d’autres de faire le point sur le conflit qui a opposé le Cercle Populaire à la personne qui nous a escroqués. Il faudra peut-être définir aujourd’hui ce que nous décidons pour la suite à donner à l’affaire.
De même le bilan de la vente des royaumes et des frangipanes pourra être dressé par les camarades qui ont tous les éléments.
J’informe que le sujet du prochain repas à thème, qui aura lieu le vendredi 2 février, sera « 1907, les tenants et les aboutissants de la crise viticole, ce qui est commun et ce qui diffère dans le vécu d’aujourd’hui, la mutinerie du 17ème, son déroulement, ses causes, sa portée, ses conséquences ». Au menu est prévu du chile con carne.
Je souhaite pour finir formuler une recommandation à l’intention des intervenants : que chacun accepte que l’autre ait une autre opinion que la sienne sans le traiter de traître ou sans prétendre, à mot couvert, qu’il est dans l’incapacité de comprendre ce qui a évolué et qui nécessite un autre vision de la politique. Rien n’est simple, prenons en acte, mais évitons l’invective.
Posté le 23.12.2006 par cessenon

Les communistes ayant une compréhension assez lente, voire difficile et même limitée, il est nécessaire de les solliciter plusieurs fois avant d'arriver à une position juste. Un premier vote étant intervenu qui ne donnait pas pleinement satisfaction aux penseurs patentés, un deuxième a été organisé. Il a certes confirmé le premier mais on a pu enregistrer une érosion certaine.
Il suffit donc de poursuivre jusqu'à obtenir une inversion des choses, à tout le moins une victoire par abandon.
A vrai dire il aurait fallu avoir la même stratégie avec le Traité de Constitution Européenne que les Français avaient refusé. Plusieurs votes successifs pouvaient permettre aux citoyens qui, il faut le reconnaître, ne sont pas eux non plus très malins, de se rendre compte qu'au fond on ne voulait que leur bonheur et qu'aller à l'encontre de la construction européenne proposée c'était tout simplement jouer contre leur intérêt.
De fins stratèges dont la subtilité me laisse pantois ont parfaitement compris ce qu'il convenait de faire pour obtenir qu'au sein des Collectifs Unitaires Anti Libéraux s'instaure une harmonie parfaite.
Oh ! Quel magnifique rêve
Vient illuminer mes yeux
Quel brillant soleil se lève
Dans les purs et larges cieux
dit l'ode à la joie de Beethoven. Je n'en suis pas encore là mais je sens que ça vient ! Un petit effort de la part de camarades beaucoup plus intelligents que moi et je ne tarderai pas à déclarer à l'instar de De Gaulle :
« Je vous ai compris ! »
Je pourrais même enchaîner avec un :
Oh ! merveille la tendresse,
En un seul fond tous les coeurs
Posté le 17.12.2006 par cessenon

L’exercice de la démocratie pose quelques sérieux problèmes. Son application a notamment cette conséquence : elle opprime la minorité. Etre minoritaire est déjà en soi inconfortable mais si en plus on doit accepter que la majorité use des prérogatives que lui confère son statut alors là c’est insupportable.
Il y a toutefois une parade à cette situation, c’est la démocratie inversée. C'est-à-dire que pour plaire à la minorité on ne tient pas compte de la majorité. Ce n’est pas très grave, la majorité reste la majorité et à ce titre on lui rend hommage. Symboliquement certes, mais quand même on reconnaît les qualités des gens qui composent cette majorité.
Au fond il suffit d’accepter cette idée simple que ce n’est pas parce qu’elle est majoritaire qu’elle est écartée mais parce qu’on ne veut pas nuire à la minorité.
Alors partant de là on peut savamment échafauder des scénarios élaborés. Il ne faut pas craindre de présenter les propositions les plus audacieuses, elles ont toutes leurs chances pourvu qu’elles ne remettent pas en cause ce principe élémentaire « NON à la majorité, OUI à la minorité ».
D’ailleurs le propre d’une minorité étant d’espérer devenir une majorité il ne s’agit que d’une situation transitoire. Et de plus les majorités étant en général silencieuses et les minorités le plus souvent agissantes il ne faut ni s’inquiéter ni désespérer.
A défaut de consensus on aura toujours des cons sans sous.
On en est là ! Et naturellement tout est permis y compris de remplacer Martin par son chien. Mais d’autres hypothèses sont également recevables : tirer à la courte paille, jouer ça à la belote, à la pétanque, faire à « tira-pelses » ? …
Au fait la pêche à la ligne c’est quand que ça ouvre ?
Posté le 04.12.2006 par cessenon

Entre trente et quarante personnes ont participé aux exposés et aux échanges qui ont précédé le repas à thème de ce vendredi 1er décembre. A l’ordre du jour le programme des collectifs unitaires anti libéraux (les CUAL).
Cinq intervenants devaient présenter chacun une partie des propositions contenues dans le document envoyé avec l’invitation. C'était en fait une gageure et Raymond Cubells, responsable du timing, réalisa rapidement qu'on ne pourrait pas tenir le planning prévu. D'autant qu'Armand Lecoq qui avait en charge les chapitres 1 et 2 consacrés à la situation sociale et aux problèmes de l'écologie avait déjà pris les deux tiers du temps dont nous disposions.
Il a donc été préférable de reporter à une autre soirée les questions des institutions et de la justice dont s'étaient respectivement chargés Georges Apap et Evelyne Ortis.
Restaient deux sujets, la paix et le désarmement d'une part, l'Ecole et la culture d'autre part, qui ont été traités en forme de synthèse, le premier par Jacques Cros, le second par Paul Barbazange.
Armand a pu développer point par point l'ensemble de ce qu'il avait choisi d'exposer. Il a même été possible d'engager la discussion autour de la présentation qu'il en a faite. Viticulture, médecine du travail, bilan des 35 heures, indépendance d'esprit des fonctionnaires… ont été l'objet de débats.
C'est par contre un peu au pas de course qu'a été traité le chapitre consacré à la paix et au désarmement. Un chapitre essentiel pourtant dans lequel Jacques, militant pacifiste, a parfaitement reconnu dans les propositions présentées ce qui fonde son engagement. Pour lui c'est véritablement une orientation nouvelle, en rupture avec ce qui a eu cours jusqu'ici, qui est définie. La logique du recours à la supériorité économique et militaire, c'est-à-dire du système capitaliste lui-même, est effectivement mise en cause dans le document des CUAL. Par bien des aspects le programme qu’il contient répond aux demandes de ceux qui refusent la guerre ou tout simplement la course aux armements, nucléaires notamment. Il souligne également la nécessité d'avoir d'autres rapports que de domination envers les pays émergents et appelle à un autre rôle de l'Europe dans les relations internationales. Un rôle de solidarité débarrassé de la soumission à l'OTAN et de la dépendance à l'égard de la politique belliqueuse des USA.
Paul a lui aussi été réduit à la portion congrue ! Mais enfin il a su dégager ce qui lui a paru le plus important dans la construction d'un système éducatif et culturel faisant de la formation un élément décisif de la relance de l'économie et de l'épanouissement des individus. Il a mis en exergue la valeur spécifiquement française que constitue la laïcité de l'Etat et de l'Ecole. En matière de médias il a dénoncé les dépenses inconsidérées consacrées à la publicité.
Dans le peu de temps qui restait pour la discussion sur ces deux derniers chapitres il a été relevé que la course à l'armement contribuait à répondre aux exigences de profit du capital, privant ainsi la société des moyens nécessaires pour répondre aux besoins sociaux.
Du repas proprement dit on retiendra que le menu concocté par Gérald, des tripes à la mode biterroise, a été apprécié par ceux qui… précisément ne sont pas réfractaires à ce plat !
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