Spectacles
Posté le 05.11.2007 par cessenon

Une affiche du film
90ème anniversaire de la révolution russe oblige, le cercle populaire Joseph Lazare avait programmé la projection du film « Octobre » de Sergei Eisenstein pour son repas à thème du 2 novembre. Entre trente et quarante personnes y ont assisté.
La projection a été précédée par une présentation du réalisateur, de son œuvre, du film lui-même, assurée par Hugues.
Eisenstein ? Il est né à Riga en 1898. Il abandonne ses études d’ingénieur et s’engage dans l’Armée Rouge en 1917 où on lui demande de mettre ses talents de cinéaste au service du socialisme.
Le plus célèbre de ses films est sans doute Potemkine mais on peut citer aussi Ivan le Terrible, Alexandre Nevski, La Grève...
« Octobre » est tourné en 1927 soit dix ans après les événements de Péétrograd. 11 000 figurants sont embauchés dont de nombreux acteurs de l’époque. Staline censurera mille mètres de bobine, éliminant ainsi de l’écran Trotski, pourtant un des organisateurs du succès des révolutionnaires et par la suite créateur de l’Armée Rouge.
Rappelons le contexte. C’est la guerre, la famine aussi. Le tsar a été destitué en février 1917 et un gouvernement provisoire, dirigé par Kerenski et les menchéviks lui a succédé. Hélas, les problèmes, celui de la paix et du pain, restent non résolus.
En juillet une manifestation des ouvriers de Petrograd est réprimée dans le sang. En août le général Kornilov, commandant la division « sauvage », formée de cosaques, marche sur la ville avec l’objectif de réaliser un coup d’Etat. Le gouvernement provisoire se montre incapable de lui résister, ce sont finalement les bolcheviks qui s’opposent à son entreprise, les soldats envoyés au contact de la division « sauvage » fraternisant avec les cosaques.
Devant l’aggravation des difficultés, le comité bolchevik de la ville adopte la proposition de Lénine d’une prise de pouvoir par une insurrection armée. En peu de jours et avec un nombre réduit de victimes l’opération réussit.
Le congrès des soviets avec les délégués des ouvriers, des paysans, des soldats entérine la prise de pouvoir.
C’est cet épisode décisif, conforme au célèbre ouvrage « Dix jours qui ébranlèrent le monde » de John Reed, qui est présenté dans le film. Décisif pour la Russie, exemplaire pour le prolétariat mondial.
Le film a valeur documentaire et utilise les moyens, forcément réduits, du cinéma de cette époque avec recours à de nombreuses images symboliques.
Il a des résonnances actuelles notamment la mise en évidence des hésitations, les atermoiements, de l’impuissance des courants qui ne sont pas révolutionnaires devant les exigences qui frappent à la porte de l’Histoire.
Sa longueur n’a pas permis de débat. Il était déjà l’heure de passer à table pour déguster le plat adapté aux circonstances : du bortsch dont nous ne pouvons que vanter les mérites !
Posté le 04.11.2007 par cessenon

Andrée et Jean Piacère étaient deux Neffiessois d’adoption décédés, il y a moins d’un an pour la première, plus de deux pour le second. Ils avaient apporté beaucoup à la vie culturelle de la commune au cours des longs séjours qu’ils y avaient effectués.
Le groupe musical « Les voix de la Resclauze » avait organisé une soirée en hommage aux deux disparus. Inspiré des méthodes qu’appliquait Andrée Piacère ils ont construit leur spectacle faits de chants, de poèmes, de textes divers, en lien avec l’évocation des activités qu’avait conduites le couple sur Neffiès.
« Les femmes et le secret », la fable de La Fontaine, fort bien interprétée, a servi d’introduction. Ariane, une petite-fille d’Andrée et Jean, a enchaîné à l’accordéon avec « La java bleue » et « La valse brune ».
Se sont succédé ensuite des interprétations du groupe enchâssées dans le récit des initiatives prises par Jean et Andrée : Toulouse Lautrec, Aragon et Elsa Triolet, 1851, Victor Hugo…
Un intermède permit à Jeanine Rodriguez, ancienne directrice de l’école de Neffiès, de dire son attachement à Andrée pour l’aide apportée aux enfants cependant qu’un ami du couple fit une rétrospective de ce qu’il avait vécu à leur contact.
A Neffiès il est de tradition que les participants au spectacle apportent de quoi se sustenter au moment de l’entracte. Cette fois encore la tradition a été respectée et on pouvait manger et boire au buffet installé au fond de la pièce.
A la reprise il y eut une deuxième fable de même facture que la première au niveau de la qualité de l’interprétation. Là c’était, toujours de La Fontaine, « La jeune veuve ».
Un enregistrement de Jean chantant « Allons au devant de la vie » a rappelé la soirée des 80 ans du couple.
Nous avons beaucoup apprécié le pot-pourri construit avec des chants contre la guerre que nous avions déjà entendus lors du spectacle « Neffiès, un village dans la tourmente » cependant qu’à la régie Olivier Rodriguez projetait sur l’écran la colombe de la paix.
Cette deuxième partie était parfaite et nous avons entendu une nouvelle fois « Souvenirs, souvenirs », le poème qu’Andrée nous avait lu le 10 juin 2005.
La maladie puis le décès ne lui auront pas permis de donner suite à son projet de recherches sur Jacques Reboule, mort en 1605 et inhumé à Sarcelles. Valet de chambre ordinaire du Roy, né à Neffiès, il était commissaire ordinaire de la marine du Ponant.
Après le « Mignonne allons voir si la rose » de Ronsard, coloré avec bonheur par une mise en musique que nous ne connaissions pas, « Elsa » clôturait le spectacle.
La fille cadette de Jean et Andrée a lu une lettre d’une ancienne collègue de celle-ci évoquant ses exigences professionnelles et ajouté quelques mots de remerciements au public présent, assez nombreux comme c’est toujours le cas quand « Les voix de la Resclauze » se produisent !
Posté le 01.10.2007 par cessenon

L'affiche
C’est le titre du spectacle présenté à la salle des fêtes de Cessenon le samedi 29 septembre, en prélude à la fête des vendanges qui avait lieu le lendemain. Une fête un peu perturbée, le matin tout au moins, par la pluie. Mais on a tellement besoin de pluie !
C’est Christian Salès qui est le concepteur du spectacle qu’interprète OC un groupe musical créé en 1999 et qui, comme son nom l’indique, a pour objectif de faire connaître la langue, la musique, la culture d’Occitanie.
Avec sa prestation à Cessenon c’était la dernière représentation de OC 1907 à laquelle on pouvait assister. La salle des fêtes du village, très grande, était assez bien garnie.
Disons-le tout de suite 1907 n’est que le prétexte. On ne cherchera pas dans le déroulement de la représentation une étude historique, didactique… des événements dont nous célébrons cette année le centenaire. Ce qui prime c’est l’aspect artistique donné à la soirée.
De ce point de vue il est évident même pour un profane que ce sont des professionnels qui se produisent. Musique, chants, poèmes, chorégraphie… rien n’est laissé au hasard. Naturellement l’occitan est là, par la voix d’Alain Roch notamment, le narrateur à la diction parfaite. Tiens ici on innove, on a le texte en français avant d’en avoir la traduction en occitan !
Mais ce n’est pas que la langue qui est particulière, le groupe OC utilise des instruments de musique originaux parmi lesquels nous citerons Lou Chimboul constitué avec un collier d’âne. Il y aussi l’archet médiéval, joué par une jeune femme à l’aspect gracile, une vielle sortie de la nuit des temps, le psaltérion de Narbonne ou l’organistrum, en la matière nous ne sommes pas suffisamment qualifiés pour nous prononcer !
On aura quand même une évocation de 1907 avec les images projetées sur le mur derrière la scène et le commentaire qui les accompagne. Des panneaux aussi, reproduisant diverses pancartes brandies par les manifestants de 1907 : Lou darnié croustet de Ginestas par exemple, ou la série des thermomètres indiquant le degré de patience et la montée de la fièvre, contribueront à rendre compte du climat.
La danseuse qui se produit sur le thème de Flamenca est à la fois belle, sensuelle, moderne et nous a paru en même temps traduire la place de la femme à l’époque florissante du Fin’ Amor.
Surprenant : l’intégration harmonieuse de la chorale cessenonaise dans le spectacle. Elle a interprété avec bonheur et avec l’aide des musiciens du groupe le célèbre « Gloire au 17ème » ainsi que le « Se Canta » et « Coupa santa ».
En hommage à Annette Blézy, la présidente de l’Office de Tourisme, Christian Salès a interprété une de ses compositions, créée pour la circonstance, dans laquelle il est question de pichona, de montanha, de figas e de castanhas.
Une très beau spectacle, dans un registre fort différent de ceux sur 1907 que nous avons vus par ailleurs
Posté le 10.09.2007 par cessenon

Photo Danièle Sanchez
C’est le titre du spectacle présenté ce dimanche 9 septembre à la salle polyvalente de Maraussan par la chorale « Le chiffon rouge » de Narbonne. Le titre comme le nom de la chorale c’est déjà une indication !
Disons-le tout de suite c’est à un spectacle de qualité particulièrement émouvant que nous avons assisté. Mais commençons par le début.
Si nous avons tout compris c’est Serge Dardenne qui a servi, sinon d’impresario du moins d’entremetteur, pour que nous puissions bénéficier de cette prestation de la chorale « Le chiffon rouge ».
Le public était nombreux, entre cent cinquante et deux cents personnes sans doute. Il était accueilli par Danielle Giordano qui représentait la municipalité. Elle a rappelé le contexte difficile que vivent présentement les viticulteurs. Contexte souligné dans l’intervention de Robert Galinier, le président d’une cave coopérative en déshérence.
Oui, la première cave coopérative créée en France vient de disparaître en tant qu’entité agricole. Ah certes on relèvera le courage de l’Association « L’avenir des Vignerons Libres de Maraussan » qui ne veut pas voir réduit à néant un monument classé au patrimoine. Il reste que le rouleur compresseur de la machine à écraser le monde rural est en marche et a déjà produit ses effets !
Et d’ailleurs le spectacle commence avec la lecture d’une circulaire confidentielle aux préfets datée de 1973 qui est un acte de condamnation à mort de la viticulture méridionale sur l’autel d’une certaine conception de l’Europe.
Sur scène ils sont une cinquantaine de choristes. Le chef de chœur, Martine Vidal, est assise à son pupitre entourée de quatre musiciens : un violoniste, deux accordéonistes et un contrebassiste. Les choristes sont beaux avec leur foulard rouge, particulièrement les hommes me fera remarquer ma voisine de droite : grands, le visage serein, dégageant une impression de force… aïe j’ai failli écrire tranquille. Non, je m’y refuse. Les femmes ont un regard volontaire qui rend compte d’un certain climat.
Le spectacle ? Il enchaîne des allers retours entre 1907 et les luttes viticoles postérieures. Montredon et ses morts seront évoqué cependant que la figure d’Emmanuel Maffre Baugé apparaîtra sur l’écran de projection placé à gauche de la scène.
On va retrouver les classiques des chansons de 1907 : la carmagnole, la Marseillaise, l’Internationale, auxquelles il faut adjoindre l’expression « des vignerons » pour rendre compte de leur adaptation aux problèmes de l’époque. Il y aura, c’est incontournable en pareilles circonstances, le célèbre « Gloire au 17ème ».
Nous allons faire un commentaire spécifique sur le « Cecilia » (rien à voir avec l’autre !), le très beau poème d’Yves Rouquette mis en musique par Marie Rouanet. Il est chanté a cappella par Martine Vidal. Sa diction est parfaite même si les oreilles d’un occitaniste ont pu percevoir que l’occitan n’est pas sa langue maternelle ! Mais quelle émotion ! On la perçoit dans le silence du public.
La chronologie des événements avec la situation dramatique des ouvriers agricoles, la place de Marcellin Albert, le rôle de Ferroul, la démission des maires, la lecture répartie du « Qui nous sommes ? » paru dans le premier numéro du Tocsin, la recette de la fabrication du vin artificiel… se fait par touches successives.
La scène est sans doute un peu étroite pour les évolutions prévues. Après plusieurs bis du « Vos vau parlar d’un pais que moris » qu'accompagne une vue du vignoble de Berlou avec le Caroux au fond du paysage, l’émotion est au rendez-vous. Comme dans la chanson de Marti le spectacle se termine par le texte d’espérance « Vos ai parlat d'un pais que vòl viure ! »
C’est autour du verre de l’amitié, offert par Les Vignerons du Pays d’Ensérune que se sont poursuivis les échanges entre le public et les acteurs de cette soirée remarquable.
Posté le 01.08.2007 par cessenon

Christian Mazzuchini en psychiatre façon Salvador Dali
Photo Patrici Baccou
C’est à un spectacle absolument désopilant que nous avons assisté lundi 30 juillet à Thézan les Béziers, dans la cour de Mlle Emile plus précisément, et qui était joué dans le cadre du Festival des Nuits de la Terrasse et del Catet.
La pièce est construite à partir d’une réalité historique : les travaux d’un psychiatre catalan, François Tosquelles, qui a mis en application ses conceptions révolutionnaires en matière de traitement des maladies mentales à l’hôpital de Saint Alban en Lozère.
Mais ce n’est pas une thèse de médecine qui nous était proposée ce soir là et le titre, « Psychiatrie / Déconniatrie », ne laissait place à aucune ambiguïté en la matière. D’ailleurs la circulation sur la scène dès le début de la représentation d’un jouet insolite remonté par une mécanique confirmait le peu de prétention de Serge Valletti, metteur en scène et auteur, dans ce domaine.
Christian Mazzuchini, c’est le nom de l’acteur, se présente à nous dans le rôle d’un psychiatre aux propos délirants et pour l’essentiel incompréhensibles bien, ou plutôt justement parce qu’ils ont l’apparence de ce que l’on est habitué à entendre de la bouche de ces praticiens.
On pense tout de suite à Salvador Dali ! D’autant que Christian Mazzuchini s’exprime avec la voix caractéristique, entrecoupée de sifflements dus à l’asthme, du célèbre peintre surréaliste ! La ressemblance s’imposera encore avec les moustaches postiches dont s’affuble l’acteur.
Toute une collection de malades mentaux nous sera présentée, l’interprète enlevant ici ou là un de ses vêtements, en remettant un autre, supprimant sa moustache pour le cas… où on serait tenté de confondre fou et psychiatre.
Beaucoup de ces pensionnaires de l’asile, pardon, l’hôpital psychiatrique, sont complètement déjantés : celui-ci par exemple, outre qu’il s’occupe d’huiler les gonds des portes, a la lourde responsabilité de faire se coucher le soleil. A cette fin il manœuvre une manivelle qu’il fait, le lendemain matin, tourner dans l’autre sens pour qu’il se lève.
Peut-être est-ce un autre, ou le même on ne sait plus, qui se plaint de ce que la nuit les rayons du soleil qui sont de l’autre côté de la Terre pénètrent dans son corps, soit entre ses orteils soit par une autre voie. Dans ce deuxième cas ils sortent par les narines en formant des éclairs certes jolis mais qui quand même l’incommodent.
L’alcoolique non plus n’est pas mal qui rend compte de ses contacts avec… ceux d’en haut. Très compliqués ceux d’en haut : il y a le Père, le Fils, l’Esprit Saint… en fait il y a un tas de gens, dont la mère au statut particulier et Joseph, bien sympathique avec sa barbe.
Ces derniers figurent dans la crèche mais pas Adam et Eve dont la tenue ne le permettrait pas.
On ne peut tenter d’être exhaustif, c’est dommage, mais nous risquerions d’en oublier. On ne va quand même pas passer sous silence la séquence avec Pilepoil, la chienne emmaillotée que le psychiatre transporte dans le panier d’un tricycle bas de cadre, sinon de gamme, sur lequel il arrive. De bonne composition Pilepoil, à l’image d’un patient il se couchera sur le divan du psychiatre et ma foi… la bête donne l’impression d’être partie prenante de l’analyse dont il est quasiment l’objet !
Ah, les analystes qui ne connaissent pas le catalan ? Ils ont rapidement acquis la moitié de la langue car la moitié de ce qui se dit c’est « Me cago en Deo ! » ou « Me cago en la hostia ! »
Ah, bien sûr celui qui, à l’instar de ces jeunes filles qui sortaient en avouant qu’elles n’avaient rien compris, a cherché le message qui était délivré, aura peut-être été un peu dérouté. Pourtant quelques éléments de la doctrine du docteur Tosquelles figuraient dans le texte. Citons : « Sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est l’homme même qui disparaît. »
Original, la dégustation de vin se faisait à partir des gobelets apportés sur un chariot habituellement utilisé dans les cliniques et hôpitaux pour véhiculer les remèdes. Mais peut-être que nous a été offert du vin médecin ?
On ne va pas dresser la liste de tous les intervenants dans la réalisation du spectacle. Toutefois on ne va oublier ni Karim Dridi pour les images projetées ni Maryline Le Minoux… au nom si bien porté !
Posté le 13.01.2007 par cessenon

La configuration des lieux est déjà insolite. Le public n’est pas dans la salle, il est, sinon en scène, du moins sur la scène. Ce n’est sans doute pas anodin ! Il occupe les côtés d’un rectangle dans lequel vont évoluer deux personnages, la reine qui est folle, le fou qui l’est moins.
Si la reine n’a pas sa raison elle a le pouvoir, enfin un certain pouvoir. Le fou qui a sa raison n’a pas beaucoup de pouvoir.
Nous nageons en pleine absurdité, cela pourrait être Kafka, Ubu Roi ou une pièce de Sartre. La reine, incarnée par Denise Barreiros, est parfaitement incohérente. Mais la logique de sa folie est implacable… et dangereuse.
Le fou, Alex Selmane, a toute sa tête, enfin pour l’heure. Car il est chargé d’une mission impossible qui, s’il ne l’accomplit pas, aura des conséquences fâcheuses… précisément pour sa tête.
Il s’agit ni plus ni moins que de sortir la reine de sa neurasthénie. Le mot est faible, nous dirions plutôt de sa démence. Une démence imprévisible devant laquelle le fou tente de ruser. Répondre à une question c’est en effet s’engager dans la voie de nouvelles questions, plus complexes, plus difficiles, plus risquées…
On le sait le texte une fois écrit, il échappe à son auteur, en l’occurrence Pierre Astrié. Le spectateur que j’étais a donc considéré que rester dans le registre de la reine folle était aussi immanquablement voué à l’échec que prétendre trouver une solution aux problèmes de notre temps sans sortir du cadre d’une société qui a fait le sien !
C’est peut-être ce qui explique qu’on a envie de se déconnecter par rapport au délire organisé de la reine. Denise Barreiros rend pourtant compte avec fidélité du rôle que lui a assigné François Macherey le metteur en scène. Alex Selmane lui aussi est crédible dans la mise en évidence de l’impasse à laquelle il est confronté.
Eh oui, je poursuis ma comparaison, des hommes politiques qui cherchent on en trouve, des politiciens qui trouvent on en cherche.
Le reste ? Le duché de Bourgogne, la tour du Paradis, les sorcières, la chèvre et la mule dans la neige, Clotilde la cousine de celle qui n’est pas tout à fait la grand-mère, les enfants de la reine, l’infante d’Espagne… c’est tout autant le fatras que le décor de vêtements dispersés sur le sol, d’autant que comme les acteurs tournent nécessairement et régulièrement le dos au public tout n’est pas audible !
A la réflexion, il m’a semblé, mais je ne suis sûr de rien, que j’ai tiré de cette création de la Compagnie Là-bas Théâtre davantage après que pendant la représentation ! « Le monde est fou et s’y soumettre ne résout rien » pourrait être ma conclusion !
Posté le 17.09.2006 par cessenon

C'est le titre du film qu'offrait le ciné-club biterrois vendredi 15, en soirée, et samedi 16 septembre, en matinée, en ouverture de la saison 2006 / 2007. Une journée portes ouvertes en quelque sorte, avec entrée gratuite. Il y avait affluence au Théâtre des Franciscains.
C'est Annie Piquemal, la présidente d'honneur du ciné-club, qui a présenté le film et son auteur, Stephen Frears. Elle a situé l'oeuvre du cinéaste dans son contexte. Le contexte du cinéma anglais d'abord dont le représentant le plus connu, Ken Loach, vient d'obtenir la Palme d'Or au Festival de Cannes. Le contexte de la production cinématographique de Stephen Frears, plutôt prolifique en matière de films, ensuite. Des films qui abordent souvent les problèmes sociaux ou de la société.
Le scénario de « Madame Henderson présente » est construit sur un fait historique, la reprise d'un théâtre par une veuve avant la deuxième guerre mondiale et son exploitation pendant la durée de la guerre. Ah, particularité, Mme Henderson innove : on verra des nus au théâtre. Elle doit négocier avec Lord Chamberlain, garant de l'ordre puritain anglo-saxon, pour obtenir l'autorisation de présenter des nus... statiques.
Nous sommes dans un univers qui n'est pas familier à qui n'est pas spécialement anglophile, l'Angleterre des années qui précèdent la guerre ou pendant laquelle celle-ci se déroule avec les bombardements de Londres.
Les deux veuves septuagénaires sont inénarrables dans leur style british accompli. Il y a peu à débattre sur un tel film, sauf quelques considérations sur l'absurdité de la guerre qui a vu la mort, on finira par l'apprendre, du fils unique de Mme Henderson en 1915 sur le sol français. Et effectivement, si on excepte les cinéphiles passionnés qui ont toujours quelque chose à dire sur les aspects techniques, peu de monde est resté le vendredi pour la discussion après la projection et personne le samedi. Peu à débattre donc sur le film mais un vrai plaisir à le suivre.
Judi Dench dans le rôle de Mme Henderson et Bob Hoskins dans celui de Van Damm, le directeur artistique, sont parfaits.
Merci donc au ciné-club biterrois et bon succès pour la saison qui commence.
Posté le 02.08.2006 par cessenon

Anuniciata et le journaliste déjanté
(Crédit photo Patou)
L’histoire est farfelue puisqu’il est question d’une ombre qui quitte son « maître » et mène sa propre vie, mettant en cause celle de celui qui la projette.
Nous avons vu la représentation du 1er août, en version déambulatoire, à Murviel les Béziers, dans le cadre des Nuits de la Terrasse et del Catet. C’est une production de Humani Théâtre.
La pièce est écrite en 1940 par Evgueni Schwartz, un auteur russe à qui l’on doit « Le roi nu », décédé en 1958. La mise en scène est de Fabien Bergès et la déambulation dans les rues de la circulade se fait aux accents de la fanfare du Minervois.
Ce 1er août il fait un peu de vent et le public est fourni. La première partie se joue sur la place Louis Soulié. On est un peu à l’étroit et comme les bancs sont insuffisants c’est assez inconfortable.
Christian Théodore est dans un pays mystérieux et en pension dans un hôtel où le patron, sa fille Anunciata et un client journaliste ont des comportements insolites. Il y a aussi Julie Jolie, chanteuse de son état et charmeuse de tout ce qui peut l’être. Christian Théodore lui est un savant (un historien plutôt) utopiste qui fait des recherches pour rendre les hommes heureux.
Se greffera rapidement une intrigue amoureuse où il est question d’une princesse héritière à la situation alambiquée. Christian Théodore joue un jeu dangereux puisqu’il délègue son ombre auprès de la belle.
Dans la suite, qui se déroule sur le plan des Arcades, on va faire connaissance du Premier Ministre et du Ministre des finances. Ils se comprennent à demi-mot. C'est-à-dire qu’ils en amputent la fin !
La situation est grave pour le pays : le savant, homme naïf est franc, met en cause tout l’équilibre qui est en place. Aussi il sera fait appel à un personnage qui le connaît bien, il s’agit tout simplement de… son ombre. L’acteur est parfait dans son rôle : froideur cadavérique et cynisme sont étonnamment bien rendus par un physique adapté. Long comme une ombre portée il a toutefois un pantalon trop court ! Il sera rapidement nommé secrétaire aux affaires particulières.
Ah le Ministre des finances est handicapé et circule à l’aide d’un fauteuil roulant. Il est servi par trois laquais musiciens qui ponctuent des notes de leurs instruments les moments décisifs. La scène où il demande qu’on lui fasse prendre les poses adaptées à l’état de ses sentiments est absolument inénarrable !
Celle du docteur qui examine Christian Théodore ne l’est pas moins. Notre savant n’est pas vraiment malade mais il ne sait ni fermer les yeux, ni baisser les bras, ni hausser les épaules…
L’Ombre ne se contente pas de sa promotion de secrétaire aux affaires particulières. Il ambitionne tout simplement d’être roi et pour cela conquiert le cœur de la princesse à qui il révèle son identité de… Théodore Christian !
La fin de la pièce a lieu devant la mairie où les bancs sont ramenés par des collaborateurs bénévoles. Ouf, c’est mieux d’être assis pour suivre !
L’Ombre semble avoir la situation en main. Il est au faîte du pouvoir et a donné des places à ses amis qui ont aussi été ses rivaux. Heureusement que le docteur a découvert une fontaine dont l’eau permet de ressusciter les morts (pourvu toutefois qu’ils soient bons !) Aussi cela se termine de manière morale, l’amour d’Anunciata et de Christian Théodore parachevant le happy end, le tout accompagné de feux d’artifice. Ah bien sûr la princesse se trouve délaissée…
Une très belle prestation de la troupe d’Humani Théâtre et pour conclure, une dégustation de vins du terroir particulièrement appréciée dans une ambiance musicale de guinguette que l’on devait encore à la fanfare du Minervois.
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