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cessenon
Description du blog :
Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
19.07.2008
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Vie sociale

Insécurité à l'Iranget

Posté le 26.02.2008 par cessenon
Le week-end a été chargé pour le quartier de l’Iranget.
Samedi matin c’est le bureau de tabac de l’avenue Auguste Albertini qui a été l’objet d’un braquage. Deux jeunes mineurs ont été, l’un arrêté, il a reconnu les faits, l’autre, il a nié, mis en examen.
Déjà au mois de novembre 2007 ce bureau de tabac avait été l’objet d’un fric-frac.
Quelques années plus tôt, en 1999 plus précisément, un hold-up qui avait mal tourné s’était soldé par l’assassinat du buraliste.
Dans la nuit de samedi à dimanche c’est une voiture qui a brûlé devant le bâtiment 4 de la cité du parc, noircissant la façade et pouvant provoquer un sinistre d’une plus grand ampleur encore.
Quelques semaines avant deux autres véhicules avaient été incendiés au fond de la rue Albert Marc qui est en cul de sac.
Entre temps un tronc du parc de la cité a par deux fois été allumé par des « pyromanes. »
Si le mal vivre n’est pas toujours aussi dramatique il est difficilement supportable comme l’étaient les feux de poubelles au soir du 3 novembre 2007, comme le sont au quotidien les manifestations d’incivilité diverses que subissent les habitants des HLM.
Nous nous étions exprimés après les événements du 3 novembre, soulignant au passage que certaines entrées d’immeuble ne ferment pas et font de ces lieux le quartier général de jeunes en déshérence.
Naturellement aucune mesure n’a été prise, l’OPAC ayant estimé que remplacer une serrure ou une porte serait onéreux et sans effet.
Quant au fond du problème, la situation économique et sociale qui engendre les désordres que nous connaissons, autant dire que pour la plupart des hommes politiques c’est une question tabou. Quand on la pose les responsables « bottent en touche. » ou jouent la carte « Joker ! »
Aussi les réactions les moins justes sont perceptibles dans les échanges que l’on peut avoir : c’est la faute aux immigrés, il n’y a plus de morale, la police ne fait pas son travail, la justice est laxiste…
Certes on pourrait améliorer à ce niveau, mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel c’est l’impasse des fondements même d’un système en fin de course dans lequel nous nous trouvons et qui est la source de toutes les dérives.
A la cité du parc, comme dans de nombreuses résidences collectives, on cherche une réponse : on s’enferme ! Cela ne va pas sans difficultés. Cela revient cher, il y aura à résoudre divers problèmes nouveaux : les poubelles, le courrier, l’entrée des visiteurs...
La réponse apportée sera-t-elle efficace ? Faudra-t-il, pour compléter le dispositif, embaucher des vigiles, électrifier la grille, placer des miradors… ? L’avenir nous le dira, en attendant le commerce des portails automatiques se trouve en plein développement et la psychose du tout sécuritaire marque des points.



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Les sectes aujourd’hui… et demain ?

Posté le 22.02.2008 par cessenon
L'actualité me conduit à placer dans les premières positions un billet mis en ligne sur le blog il y a déjà plusieurs mois. Il avait été rédigé en avril 1999.

Le Cercle Républicain et Laïque de LIGNAN S / ORB, une association au libellé suffisamment explicite pour ceux qui savent se situer, a organisé vendredi 9 avril, à l’ensemble culturel de LIGNAN, une conférence débat sur le thème des sectes.
La salle était assez bien remplie et on pouvait remarquer dans l’assistance le Sénateur Gérard DELFAU ainsi que les Conseillers Généraux Eliane BAUDUIN et Michel BOZZARELLI.
Monsieur MAS, le Maire de la commune, qu’il dirige depuis bientôt trente ans, a présenté à son invité M. Alain VIVIEN, responsable de la mission interministérielle sur les sectes, l’évolution de son village. Jusqu’à la Révolution LIGNAN était la résidence d’été des Evêques de BEZIERS qui venaient trouver, à 5 km de leur cathédrale, la fraîcheur des bords de l’ORB. De 600 habitants au début des années 70, l’agglomération est passée aujourd’hui à 3 000. Cette expansion démographique s’est accompagnée d’un changement dans l’activité économique. D’une vocation initialement viticole la commune est devenue résidentielle et accueille aujourd’hui des fonctionnaires, des agents du secteur nationalisé, des artisans... des chômeurs aussi, hélas ! Les réalisations de la municipalité, dans le domaine culturel en particulier, programmées sur trois décennies, ne sont pas minces, le complexe culturel dans lequel se tenait la réunion en témoigne.
M. VIVIEN a ensuite introduit le débat par un exposé sur la situation en FRANCE en matière de secte. Le mot d’abord : à l’origine il désigne une dissidence, une hérésie pour les orthodoxes, dans une communauté religieuse. Cette acception n’a plus cours à présent qu’en ALLEMAGNE. En fait il est difficile de définir aujourd’hui une secte.
Elles sont une réalité. 172 sont officiellement recensées dans notre pays sera-t-il précisé en fin de séance, mais ce nombre fluctue, suivant les définitions ou suivant l’apparition et la disparition de telle ou telle secte. On peut estimer qu’il peut atteindre 250.
Leur fonctionnement reproduit sensiblement la même démarche. Un médiateur, un gourou dirait-on aujourd’hui, a reçu LA vérité. Celle-ci se veut absolue et lorsqu’une secte parvient, comme c’est toujours son but, à contrôler l’économie et les médias d’un pays - c’est pratiquement arrivé en AMERIQUE du Sud - elle se montre totalitaire.
Les sectes ont des techniques connues et rodées pour faire des adeptes. Elles offrent leurs services à l’individu désemparé, victime de chômage, de difficultés affectives, de la disparition d’un être cher ou lorsque les enfants sont confrontés au douloureux problème de la drogue. Elles ont réponse à tout ! Par ailleurs, certaines, c’est le cas de l’Eglise de la Scientologie, planifient l’endoctrinement du sujet par des cours qui le rendent dépendant, tant au plan psychique que financier. On notera ici l’habileté machiavélique des sectes qui savent utilisent le flou des dispositions concernant les officines de formation continue pour avancer leurs pions.
La FRANCE, qui a une tradition de démocratie, résiste mieux que d’autres pays à leur emprise. Le législateur a une marge de manœuvre qui se situe entre la liberté de conscience et d’expression, inscrite dans la constitution, et la nécessité de protéger la société et ses membres des activités qui visent à les aliéner. Marge réduite, d’autant que les sectes gagnent à se présenter en martyrs. L’arsenal judiciaire à la disposition de la lutte contre le fléau est toutefois considérable, même si des aménagements, tels ceux concernant les dispositions de la Loi de 1901, sont nécessaires. Mais leur application n’est pas toujours simple pour la victime.
Des questions ou des témoignages qui ont fusé de la salle on peut retenir en vrac : l’impact des sectes dans le domaine qui relève du Ministère de la Jeunesse et des Sports, la déontologie que l’on peut exiger des personnes recrutées pour certaines fonctions (employés territoriaux, fonctionnaires de l’éducation nationale...), l’efficacité de certaines de ces sectes (Le Patriarche notamment) dans l’aide aux drogués, l’expérience judiciaire en BELGIQUE rapportée par un participant Belge présent dans la salle...
On me permettra d’insister sur une intervention à laquelle j’ai été sensible, celle rendant compte de l’inquiétude devant la montée de l’irrationalisme dans une société en crise. Car le phénomène des sectes, qui peut avoir des aspects spectaculaires comme dans l’affaire de l’Ordre du Temple Solaire, est complété par un quotidien plus banal. Que de voyants, de cartomanciens, de médiums, d’astrologues, de marabouts ou de télépathes... fleurissent dans notre environnement. La FRANCE et son Siècle des Lumières paraissent bien éloignés de nous !
Peut-on prendre en considération l’appréciation, donnée par M. VIVIEN, au terme de laquelle le développement des sciences rend instable le monde actuel et nous fragilise ? Sans doute aussi la lutte contre l’irrationnel est un combat qui prolonge aujourd’hui celui mené en son temps contre l’obscurantisme. Mais à cette époque les forces au pouvoir avaient su accompagner la mutation de notre pays, qui passait d’un stade agricole à un stade industriel, d’un système éducatif répondant aux besoins de ce combat. Qu’en est-il aujourd’hui devant les défis de la révolution technologique ?
Par ailleurs n’y a-t-il pas un rapprochement à faire entre LA vérité absolue à laquelle prétend toute secte et le système de Pensée Unique auquel nous sommes confrontés ? N’y a-t-il rien de commun entre le conditionnement des adeptes d’une secte et le matraquage des médias pour forger la conscience des citoyens dans le sens souhaité par... eh bien par exemple en ce moment par... ceux qui ont choisi d’ajouter plus de guerre à la guerre ?
Ce n’est certes pas sur ces interrogations que s’est terminée cette conférence débat, au demeurant fort intéressante. Mais au moins ces questions auront été soulevées, sinon avec efficience, du moins avec courage !

De l'évolution générale des choses et du vocabulaire en particulier

Posté le 21.02.2008 par cessenon
Un ami m'a communiqué un texte sur la fonction autrefois polyvalente du tablier de nos grands-mères. Il m'a donné l'idée de mettre en ligne un article rédigé en 2002.

Le document ci-dessous a été emprunté à un billet paru dans la revue « UNITAIRES », le bulletin des retraités de la section du Gard du SNUIPP, un des syndicats, celui des Instituteurs et Professeurs d’Ecole, de la FSU.
Il est sous-titré « Ode à nos amis nés avant 1945… ou peu après ». Le voici donc :

« Nous sommes nés avant la télévision, avant le vaccin anti-grippe, les aliments surgelés, les photocopies, les lentilles de contact et la pilule. Nous vivions avant le radar, les cartes de crédit, les antibiotiques, les applications, civiles ou militaires, de la fission et de la fusion de l’atome, le rayon laser et le stylo à bille. Avant les lave-vaisselle, les couvertures chauffantes, l’air conditionné et avant même que l’Homme ne marche sur la Lune.
Nous datons de l’ère d’avant le fast food et du flirt par Internet. Nous n’avions jamais entendu parler de modulation de fréquence, de traitement de texte, de fours à micro-ondes, de platine laser ni de jeunes gens portant une boucle d’oreille.
Pour nous le partage du temps c’était le plaisir d’être ensemble. Draguer signifiait creuser le lit d’un fleuve ou le fond de la mer. On ne parlait pas de Mac Do. ni de café soluble. Un ordinateur était quelqu’un qui conférait un ordre ecclésiastique, une puce était un parasite et une souris de la nourriture pour chats. Les paraboles étaient les graphiques d’équations mathématiques. Un site était un point de vue panoramique et un joint empêchait un robinet de goutter. L’herbe était pour les vaches, le coke entreposé dans les caves. Une personne gaie était quelqu’un qui mettait de l’ambiance dans une réunion.
Nous qui sommes nés avant 1945 (ou peu après) devons être une race robuste quand on mesure l’ampleur de tous les changements, de tous les ajustements, auxquels nous avons dû nous adapter. Pas étonnant que nous soyons prêts à affronter la suite.
C’est que, voyez-vous, il ne semble pas que les choses doivent s’arrêter là, mais comme, l’expérience le confirme, nous sommes un bon cru, nous avons confiance en notre capacité à ne pas perdre la face devant l’aspect presque vertical et quasiment vertigineux que prend la courbe exponentielle de l’évolution »
Pour copie (presque) conforme : Jacques Cros

La cabane de Vignole

Posté le 11.02.2008 par cessenon
La cabane, en partie démolie, que l’on voit sur la photo se trouve sur la rive gauche de l’Orb, en amont du pont de Réals, à peu près en face du tunnel qui était sur la ligne de chemin de fer d’intérêt local Béziers Saint-Chinian. C’était d’ailleurs le seul tunnel sur cette ligne. Nous sommes là sur le plus beau passage d’un circuit répertorié sous l’appellation « Les bords de l’Orb » dans le topo-guide des randonnées « Balades en terre d’Orb ». La vue sur le fleuve est ici superbe. En témoigne la deuxième photo.
Plus en amont, toujours sur la rive gauche, au niveau de la base de canoës kayaks on découvre les ruines du moulin de La Roque qui ne manquent pas de cachet.
La cabane appartenait à un certain Vignole, garde-chasse et garde-pêche de son état. Il était à ce titre impopulaire dans le secteur car à l’époque beaucoup de gens braconnaient. Outre les nombreuses activités illicites de pêche décrites par ailleurs il se plaçait des pièges (las tendas) pour les oiseaux ainsi que des fers et des collets pour les lapins.
Il n’y a pas de chemin carrossable pour accéder à cette cabane, simplement un sentier. Vignole avait planté tout autour des résineux : sapinettes, cèdres… et y passait peut-être le plus clair de son temps. Immanquablement on le voyait le soir après 18 h revenir à moto à Saint-Chinian où il résidait.
On racontait volontiers l’épisode cocasse qui était arrivé à Noé Cambon. Ce dernier avait placé des fers à lapins tout en haut d’une vigne qu’il avait dans le tènement des Rhonnel. Ayant aperçu depuis le bas un monsieur qui avait l’air de lui voler son matériel il était remonté d’un pas alerte pour l’en empêcher. Dialogue : « C’est à vous ces pièges ? – Oui, ils sont à moi ! – Eh bien vous êtes verbalisé, je suis le garde-chasse ! »

Heure légale et heure solaire

Posté le 30.12.2007 par cessenon
Jusqu’à 15 ans, l’année où je suis entré interne à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Montpellier, j’avais, comme tous les Cessenonais, vécu à l’heure solaire, qu’on appelait l’heure ancienne ou l’heure vieille en opposition à l’heure nouvelle. L’horloge communale était à l’heure solaire et la cloche égrenait ses pics et ses repics avec une heure de retard sur l’heure légale.
Quand un rendez-vous était pris il fallait préciser de quelle heure il était question « De la nouvelle ou de la vieille ? » Il n’y avait toutefois pas trop de confusion et par exemple on savait que si le rendez-vous était à Béziers il était à coup sûr donné à l’heure légale.
Mais les Cessenonais faisaient en quelque sorte de la résistance et affichaient leur refus de se soumettre à une décision qui prétendait faire que le soleil se lève plus tôt et se couche plus tard !
Evidemment le particularisme concernant l’heure a, ainsi que de nombreux autres, fini par disparaître avec l’uniformisation générale de la société française.
En 1976 a été inventée l’heure d’été. Alors là on vit renaître une opposition qui ne s’était pas manifestée depuis déjà quelques années. Sur les bancs près du pont, au café de l’Escopinha, les langues allaient bon train.
« Ils disent que ça va permettre des économies ? Il fallait avancer l’heure de plus que ça alors ! »
« Tu n’es pas encore couché ? Si tu les écoutais tu devrais pourtant être déjà au lit ! »
Là encore les choses ont fini par rentrer « dans l’ordre » !
Encore heureux que le décalage avec les Etats-Unis soit important sinon on ne vivrait pas … à l’heure allemande mais… à l’heure américaine !
C’est que, exprimant l’hégémonie des USA sur le monde, un humoriste n’avait pas craint de dire « Et qui nous empêcherait à nous Américains de déplacer cette ligne imaginaire qu’est l’équateur ? »


Marcel Abel

Posté le 22.12.2007 par cessenon
Dans le cimetière de Cessenon, sur une tombe située contre le mur du nord on peut lire sur un plaque mortuaire : « Marcel Abel décédé accidentellement le 8 décembre 1944 ».
Je n’avais pas 5 ans à cette date et je ne me souviens pas de ce Marcel Abel. Par contre j’ai souvent entendu parler de lui et j’ai fini par avoir les éléments pour reconstituer l’histoire qui suit.
Marcel Abel avait un atelier dans lequel il réparait les vélos. Il était aussi électricien et si mes renseignements sont bons il était assez débrouillard.
Il était membre du parti communiste.
En décembre 1944 la France n’était plus occupée mais ce n’était pas encore la fin de la guerre. Marcel Abel était parti dans le Massif Central chercher du ravitaillement. Hélas ce fut sa dernière sortie. En gare de Saint-Flour il fut victime d’un train qui effectuait des manœuvres. Je crois savoir, sans en être sûr, qu’il avait été pris entre les tampons de deux wagons. Quoi qu’il en soit il était mort.
Un sien cousin, Albert Abel, encore en vie bien que plus très jeune aujourd’hui, était parti chercher le corps. Il lui fut impossible d’obtenir qu’un wagon soit affrété pour rapatrier le défunt.
Albert Abel rencontra à Saint-Flour un certain Dumas que j’ai connu alors qu’il travaillait au chemin de fer d’intérêt local et habitait Cessenon. Il était lui aussi communiste et avait été dépêché par son parti pour s'occuper des formalités. Ce Dumas sollicita l'aide du secrétaire de la cellule locale du pcf et trouva une camionnette qui permit de ramener la dépouille mortelle.
Marcel Abel avait la particularité d’être toujours en retard. Eh bien ce fut encore le cas pour ses obsèques mais dans ces circonstances il y avait des raisons objectives et il n’en était pas responsable !
Enfin le corps fut là et on pu procéder à la cérémonie. Celle-ci rappelle Don Camillo et Peppone ! La famille avait prévu des obsèques religieuses. Les membres de la cellule du parti communiste entendaient être présents avec le drapeau rouge décoré de la faucille et du marteau. Point de vue tout à fait légitime si l’on considère que c’était celui qui venait de mourir qui l’avait confectionné !
L’abbé Segondy, curé de la paroisse, ne voyait pas les choses de cette façon. Il y eut donc un peu de difficulté à intégrer le drapeau dans le cortège qui se rendait à la maison du mort, les adhérents du pcf attendant au Café de la Source, voisin de l’église, la sortie du curé pour emboîter le pas !
Finalement, après négociations, le drapeau fut autorisé à suivre le cortège. Toutefois il n’était pas question qu’il entre dans l’église au retour. Les militants du parti communiste firent alors une haie d’honneur devant la porte de celle-ci et le porte-drapeau abaissa la hampe de façon à ce que le curé soit obligé de l’écarter pour passer.
Une invective fut lancée par le porte-drapeau à l’adresse de l’abbé Segondy qui répondit dans le même registre mais dans un langage plus châtié.
Voilà ce que je sais de Marcel Abel et de ses obsèques qui avaient fortement marqué les esprits quand elles s’étaient déroulées. Longtemps après mon père, d’un naturel assez anticlérical, en parlait encore.
Ah la camionnette ? Elle revint à Saint-Flour chargée de vin de Cessenon !
Je tiens quelques détails que j’ignorais de cette affaire de Jean Abel, le fils d’Albert Abel !

Journée d’automne des retraités du SNES

Posté le 16.11.2007 par cessenon
Une vue de l'asssitance


C’est Cessenon qui avait été choisi pour cette journée d’automne des retraités du Syndicat National de l’Enseignement du Second degré. On pouvait craindre que le lieu, excentré, aurait découragé les Montpelliérains. Il n’en a rien été : un peu plus de trente personnes, trente deux exactement, ont participé aux travaux de cette A.G.
Ils étaient accueillis ce jeudi 15 novembre dans la salle d’Occitanie par Jacques Cros qui apparemment est ici chez lui. Après quelques mots de présentation du village d’où il est originaire il a laissé la parole à Henri Escudier, le trésorier, qui a dressé un bilan de la situation de la section de l’Hérault des retraités du SNES, présentant les excuses de ceux que la maladie ou d’autres raisons avaient empêché d’être présents. Il a également rendu hommage à Antoine Beille, une figure sétoise du militantisme, ancien responsable du SNES. Il a aussi à travers la correspondance reçue rendu compte de l’état d’esprit qui prévaut. Inquiétudes pour l’avenir et difficultés pour le présent sont les constantes qu’il a relevées.
Lui a succédé Maryse Aigon qui a rappelé la détérioration du pouvoir d’achat des pensions de retraite. Les augmentations annoncées sont loin de compenser la hausse du coût de la vie dans des domaines aussi sensibles que l’alimentation et l’énergie. La question des dépenses de santé, dont sont, plus que d’autres, tributaires les gens du troisième âge, a été également mise en exergue avec les franchises médicales notamment. A été dénoncé également le décrochage des pensions des retraités par rapport aux traitements des actifs.
Dans son intervention Pierre Antonini a évoqué les multiples actions auxquelles les retraités du SNES avaient participé et les divers cadres (FSU, FGR-FP) dans lesquels elles s’étaient inscrites. Il a précisé ce qu’avait apporté le principe de la péréquation et déploré sa remise en cause par le fait que les retraites des fonctionnaires ne sont plus en correspondance avec la valeur du point indiciaire et que ceux qui ont cessé leurs activités professionnelles ne puissent bénéficier des mesures de revalorisation dans leur corps d’origine.
Il a par ailleurs fait état de l’état d’esprit hostile de la part de policiers à l’encontre du corps enseignant qu’il a relevé suite à une affaire dont il a eu à s’occuper en tant que membre de la Ligue des Droits de l’Homme.
L’assemblée a souhaité rendre publique sa condamnation de ce qui s’est produit à cette occasion en même qu’elle a enregistré le manque de sécurité qui prévaut dans certains quartiers.
Elle a également décidé d’un appel à participer aux manifestations du 20 novembre prévues lors de la grève de la fonction publique, soulignant son attachement aux moyens d’un service public de qualité.
Christian Francès, le maire de la commune, est venu en cours de matinée saluer de manière chaleureuse les participants à cette journée. Nous ne nous étendrons pas mais notre ami Jacques a été une nouvelle fois victime d’éloges excessifs de la part du premier magistrat qui a, il faut le préciser, le même âge que lui et qui a rappelé qu’ils s’étaient trouvés ensemble sur les bancs de l’école laïque du village.
Finalement il y avait trois convives de plus que ce qui était annoncé et le restaurateur a dû s’adapter pour servir les vingt neuf personnes qui étaient attablées. Ah, après ce repas, unanimement apprécié, il était difficile de faire s’apitoyer l’opinion publique sur le sort des professeurs retraités !
Conformément au programme, l’après-midi a été consacrée à une visite commentée du village. Certes il y avait du vent et il faisait même franchement froid. Aussi notre guide a eu la sagesse de ne pas trop allonger les choses.
Tout de même il a eu le temps de nous montrer divers éléments d’un patrimoine très riche en même temps qu’il nous a servi un tas d’anecdotes savoureuses sur quelques personnages pittoresques qu’il a connus. Mais on vous l’avait déjà dit, notre camarade est chez lui à Cessenon !

Désordres à l’Iranget

Posté le 06.11.2007 par cessenon
Inscripiton un peu sybilline devant le N° 1 de la rue Chaussouy

Dans la nuit de samedi à dimanche, vers minuit, on pouvait voir un feu de poubelles qui s’était développé à l’angle de la rue Albert Arnaud et de l’avenue Auguste Albertini.
Les flammes étaient hautes, trois mètres peut-être, et le micocoulier sous lequel étaient entreposées les poubelles a souffert de l’incendie. Tout à côté les voitures garées là risquaient de s’enflammer.
Il y avait des gens à leurs fenêtres et d’autres étaient rassemblés sur le trottoir alors qu’arrivaient la police et les pompiers, lesquels ont rapidement maîtrisé la situation.
Nous avons appris par la suite que le feu avait également été mis aux dépôts de poubelles de la rue des Félibres.
Il ne s’agit donc pas d’un accident mais d’un acte volontaire aux conséquences qui auraient pu être dramatiques.
Des inscriptions exprimant à leur façon le mal vivre de jeunes immigrés ont été faites sur les murs de la rue André Chaussouy et sur la place située derrière la boucherie / charcuterie, seul commerce restant au centre de l’Iranget.
Une dame habitant au N° 1 de la rue André Chaussouy a été molestée. Il faut préciser que la porte de l’entrée de l’immeuble ne ferme plus depuis des mois et que des jeunes ont fait du hall et des caves de ce bâtiment leur quartier général.
Selon d’autres informations que nous n’avons pas pu vérifier deux voitures auraient été brûlées récemment dans le quartier
Dans la nuit du dimanche un fric frac a été perpétré dans le bureau de tabacs / marchand de journaux qui se trouve tout à côté. Rappelons à ce sujet qu’en 1999 le buraliste avait été tué, victime d’un casse qui avait mal tourné.
Rappelons aussi qu’en 1996 une jeune femme avait été grièvement blessée par un balle tirée par un jeune en garçon de 25 ans en état de démence. Elle est depuis clouée sur un fauteuil !
Bien sûr nous n’avons pas d’autre élément d’analyse sur ce qui s’est passé ces jours-ci à l’Iranget. Nous ne savons pas en particulier si les auteurs des désordres enregistrés sont le fait de jeunes de la cité ou s’ils viennent d’ailleurs.
Quoi qu’il en soit la vie dans les HLM est rendue désagréable pour les locataires, des personnes souvent âgées, qui doivent subir des comportements qui n’ont sans doute pas pour objectif, et à coup sûr pas pour effet, de poser clairement les problèmes actuels de notre société.

Le COC remplumé

Posté le 10.10.2007 par cessenon
Nous avons pu, grâce à Cécile Cordoba identifier les personnages qui figurent sur la photo du COC (le Club Olympique Cessenonais) prise en avril 1941 et que nous a envoyée Jocelyne Douarche.
Voici leurs noms :
Debout de gauche à droite : Aimé Hebles (avec le béret, tué pendant la dernière guerre) ; Vincent Pérez (disparu en déportation) ; Henri Pignol ; Joseph Lopez ; Pierrot Contrera (encore en vie) ; Benoît Pignol, Joseph Roger ; Alphonse Miro ; André Tarbouriech. Elle n'a pas reconnu le personnage "en civil" qui est à droite. Elle pense "qu'il coupait les citrons à la mi-temps".
Accroupis de gauche à droite : Gaston Vidal ; Daniel Pignol (encore en vie) ; Alphonse Quillès ; Victor Bonnafous (Totor) ; Pierrot Cordoba (Tatave) ; Georges Douarche.
Au premier plan de gauche à droite : Michel Martinez ; Pascal Serrano (décédé après un match au cours duquel il avait été plaqué sévèrement).
Cécile Cordoba m'a prêté un document dans lequel le secrétaire de mairie de l'époque, un certain G. Coulon a mis, sur des airs connus, des paroles pour chacun des joueurs du COC mais c'est postérieur à 1941.

Le temps des troupeaux de moutons

Posté le 25.09.2007 par cessenon
J’ai connu à Cessenon l’époque où existaient des troupeaux de moutons. Autant que je me rappelle il y en avait au moins six.
Il en était un au fond de la place de la Jasse (qu’en toute rigueur on devrait écrire jaça), le mot désignant une bergerie, le verbe jaçar lui signifiant se gîter et en Lozère se coucher. Le propriétaire s’appelait Perrault (je ne garantis pas l’orthographe) mais il avait un surnom : Col de Canard ou Còl d’Auca (Cou d’Oie) car il avait un cou très long !
Un homme plutôt grand, même qu’une fois alors qu’était organisée à Genève une conférence des « Quatre Grands » c'est-à-dire des quatre puissances les plus importantes de l’heure, La Lolotte l’avait interpellé d’un « I sòs pas ? » (Tu n’y es pas ?)
Roger Peytavi lui gardait le troupeau de son père, Bernat qui était hébergé dans Le Patus. Une modification du « Se canta » avait été adaptée et cela donnait « Alà dins la prada Bernat e son tropèl » (Là-bas dans la Prades Bernard et son troupeau).
Roger avait la faveur d’une jeune fille du village qui le rejoignait dans la plaine au milieu des vignes où il gardait ses bêtes. Le troupeau était alors livré à lui-même et un jour où je lui rappelais la chose il s’était défendu d’un « Le troupeau a toujours été gardé ! » Une amie qui suivait la conversation était intervenue et avait commenté « Oui, il y avait le chien ! »
Kléber Bonnafous devait avoir des chèvres dans son troupeau de moutons car sa fille Lucienne était appelée « Lulu des chèvres ». J’ai le souvenir des fromageons, livrés dans de la faisselle en terre cuite que, deux fois par semaine, j’allais chercher chez lui. Son fils César a pris la relève et c’est le dernier berger que nous ayons connu au village.
Il faut mentionner encore Julonnet qui habitait sur la place et dont la bergerie était près de la pharmacie, Oliver que j’ai toujours entendu appeler « Coutillac » sans que j’en connaisse la raison.
Il y avait un troupeau de moutons et de chèvres à La Grange Neuve que le propriétaire, Monsieur de Barthez, un personnage assez hors normes, gardait en donnant des ordres à un chien virtuel quand il n’en avait pas.
Venaient aussi hiverner régulièrement dans certains domaines des troupeaux andorrans. C’était le cas à Saint Blaise, à Cazal Viel aussi me semble-t-il.
Pendant la guerre ou après celle-ci dans plusieurs familles on élevait une chèvre afin d’avoir du lait, du fromage et des chevreaux. Evidemment garder une seule chèvre n’aurait pas été rentable pour la personne affectée à cette tâche. Aussi on mettait la bête en pension dans le troupeau d’un des bergers du village. Il fallait l’emmener avant le départ de celui-ci tout de suite après le repas de midi. Il arrivait que le troupeau soit déjà parti mais en général l’épouse du berger savait dans quelle direction celui-ci devait aller, il suffisait donc de presser le pas pour le rejoindre.
Le soir au retour il fallait récupérer l’animal mais très souvent, à la manière des enfants à la sortie de l’école, celui-ci quittait le troupeau de lui-même pour rejoindre la maison où il était logé.
Los pastres (les bergers) louaient les vacants à la commune et y conduisaient leurs bêtes. Les bords de l’Orb étaient très fréquentés.
Divers facteurs, en particulier les problèmes de fièvre de Malte, ont contribué à la fin de cette activité. Les seules chèvres qu’on puisse trouver appartiennent à Odette, une dame de plus de quatre-vingts ans qui habite Les Granges. Elle les mène paître dans les environs, à Pissa-Cabras (Pisse-Chèvres) notamment !
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