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cessenon
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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
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Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
19.07.2008
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Vie sociale

Le jeu de balle au tambourin

Posté le 28.08.2007 par cessenon
L'article sur le jeu de balle au tambourin avait été publié en 2005. Comme on a reparlé récemment de cette activité sportive je le mets en ligne.

Joueur de Cournonsec en pleine action

Nous avons eu droit cette année, dans le cadre de la Festa d’Oc, à une demi-finale de la coupe de France masculine de jeu de balle au tambourin. L’occasion pour nous de nous intéresser à ce sport originaire du département de l’Hérault, et pratiqué particulièrement autour du bassin de Thau même si des ligues se sont créées en Provence Alpes Côte d’Azur et dans le Nord Pas-de-Calais.
La ligue du Languedoc Roussillon compte une quarantaine de clubs et plus de deux mille adhérents. Elle est peu présente sur le Biterrois avec toutefois des clubs à Vendres, Maureilhan, Bessan, Florensac … A Béziers même un club a existé jusqu’autour des années 50.
C’est un sport de village qui nécessite un espace libre assez conséquent. Un terrain de jeu de balle au tambourin est en effet long de 80m sur 18 à 20m de large. En de nombreux endroits, à Pézenas par exemple, aux Arceaux aussi, les espaces consacrés au jeu de tambourin sont utilisés comme parking ! A Béziers le Champ de Mars offre une possibilité remarquable pour la pratique de ce sport.
Les équipes sont composées de cinq joueurs : deux fonds, dont le batteur qui assure la mise en jeu, deux cordiers à l’avant, un tiers au milieu. La balle de 59mm de diamètre pèse 78g et est en caoutchouc. Les tambourins ont 28cm de diamètre et sont aujourd’hui en matière synthétique. Ils sont pourvus d’une poignée en cuir. La mise en jeu peut se faire au choix en utilisant un battoir, de 18cm de diamètre avec un manche de 80 à 100cm, un tambourin normal, éventuellement un tambourin ovalisé que l’on appelle une mandoline, ce qui est pratiqué en Italie, pays ou le jeu est très répandu. Il y a même des professionnels !
La partie se joue en seize jeux gagnants et peut durer jusqu’à plus de trois heures, le score pour chaque jeu étant compté comme au tennis. Chaque trois jeux les équipes changent de camp
La demi-finale à laquelle nous avons assisté a vu en présence les équipes de Gignac et de Cournonsec. Commencée à 17 h l’affaire se soldait vers 19 h, après une seule balle de match, par la victoire de Cournonsec, 16 jeux à 9. C’est donc Cournonsec qui, dimanche 21 août à Bessan, affrontera en finale Vendémian, vainqueur la veille à Florensac de l’autre demi-finale.
Le jeu est très sportif et exige une bonne condition physique. Il n’est pas sans rappeler le jeu de pelote basque. Il est rythmé par le bruit du choc de la balle sur le tambourin, soit qu’elle est reprise à la volée, soit qu’elle a rebondi une fois sur le sol. Elle atteint les 250 km/h ! Naturellement les joueurs de fond sont ceux à qui l’on demande le plus de puissance. Dans tous les cas à la force musculaire doivent s’ajouter la vitesse, la souplesse, le coup d’œil et l’adresse !
Le jeu est également ponctué par les décisions prises par chacun des joueurs qui annoncent qu’ils prennent ou qu’ils ne prennent pas la balle, la laissant dans ce cas à un de leurs partenaires jugé mieux placé.
Le jeu de balle au tambourin est hérité d’une forme du jeu de paume, la longue paume. C’est en 1860 qu’à Lunel on utilise pour la première fois le tambourin pour frapper la balle et c’est en 1988 qu’est créée à Mantova en Italie une fédération internationale de ce sport.
Le jeu de balle au tambourin se pratique chez les féminines. Depuis 1997 c’est le club de Notre Dame de Londres qui tient le haut du pavé dans cette catégorie.



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Les Caraques

Posté le 22.08.2007 par cessenon
Ah, là ça pourrait être ce que l’on voyait !

Cessenon, comme toutes les communes du Midi, connaissait les gitans. Le mot que l’on employait pour les désigner était « Caraques ». Certains d’entres eux, il me semble que c’était le cas des Amador, avaient même une maison dans le village.
Dans la rue du Fer à Cheval habitaient un frère et une sœur qui devaient s’appeler Rey. Lui était violent et je pense qu’il a fini par être interné. Elle a continué à survivre là de manière misérable, sans aucun confort. Elle ne devait avoir ni eau ni électricité et sans doute pas de revenu. Cette maison, appelée la maison de la gitane, a été récemment démolie de même qu’une remise voisine qui appartenait à Georges Borras. Ainsi a été créée une petite place, baptisée la Place des Cuves car on a gardé les cuves qui étaient dans la remise.
Une autre personne du village, amie de ma mère, avait des antécédents chez les gens du voyage mais elle s’était mariée et sédentarisée. Elle savait réparer les parapluies et on la désignait sous le nom de La Paraplejaira..
Quelles étaient les activités des gitans ? Vanniers sans doute, commerçants aussi. On voyait surtout des femmes qui proposaient du fil, des aiguilles, du tissu, des fioles contenant un produit permettant de fabriquer du pastis.
Quelques-uns achetaient et vendaient des chevaux. Il paraît même qu’ils savaient les maquiller et les faire apparaître pour plus jeunes et plus en forme qu’ils ne l’étaient. Certains, les Patrac je crois, s’étaient spécialisés dans le trafic des voitures.
A cette époque il n’y avait pas d’aire d’accueil pour les forains vanniers (oui encore une expression pour les désigner) et ils stationnaient un peu partout, notamment à la sortie de Cessenon sur la route de Saint-Chinian, dans un endroit qui a pour nom Limore.
C’était encore le temps des roulottes tirées par des chevaux qui n’auraient pas remporté de prix à Longchamp ! Ils se nourrissaient comme ils pouvaient, broutant l’herbe des talus.
Mon père avait raconté le tour imbécile, il aurait pu être dramatique, que les jeunes du village, lui-même y avait peut-être participé, avaient joué à des gitans qui avaient mis leur roulotte dans une terrain en pente : ils avaient enlevé les cales qui la maintenaient immobile !
L’été il arrivait que s’installait sous le pont qui enjambe l’Orb toute une tribu. Les enfants étaient dépenaillés, les femmes vêtues de noir, les hommes pas très présents… C’était un spectacle car nous étions au contact direct depuis le pont avec eux et leur intimité. J’ai le souvenir précis d’une corneille ou d’un corbeau qui avait été élevée par ces gens et qui circulait librement parmi eux sans chercher à fuir.
Des gens peu intégrés, vivant d’une manière marginale et comme tels un peu inquiétants ! C’est du moins l’image que j’en avais mais à la réflexion c’était d’abord une population que l'on situait comme étant au bas de l’échelle sociale. Et d’ailleurs un ouvrier agricole, posait cette question à ses enfants en parlant de ses patrons qui lui procuraient emploi et revenu : « Qu’est-ce que nous serions si ce n’étaient pas eux ? » A quoi les enfants devaient répondre « Des Caraques ! »
On les considérait comme chapardeurs, ce qui n’était sans doute pas tout à fait inexact. D’ailleurs un des Amador, assez copain avec mon père, lui avait livré cette phrase qui avait valeur de quasi aveu : « « Raubam pas res à digús mai la primièra frucha es per nosautres ! » (Nous ne volons rien à personne mais le premier fruit est pour nous !)
Toutefois je vais nuancer la chose par l’anecdote qui m’a été rapportée. Des choux avaient été volés dans le jardin d’un certain Gastou. Comme la tribu des Amador campait dans le secteur la maréchaussée, soupçonneuse, était venue enquêter auprès d’eux. Eh bien le chef de la tribu avait fourni la preuve que les siens n’avaient pas besoin de voler des choux. Impassible il avait roulé puis enflammé un billet de 50 000 f et en avait allumé sa pipe.
Les choux ? Ah, là, là, il semble que la personne qui les avait dérobés ait été condamnée à un mois de prison !

Joutes à Béziers, regard d'un profane

Posté le 20.08.2007 par cessenon
Puisque c'est la Saint-Louis, je mets en ligne un article sur les joutes qui date de 1999.
La photo est d'Annie Menras.

Samedi 10 juillet s’est déroulé à BEZIERS, sur le Canal du Midi, dans le bief du Port Neuf, un tournoi de joutes, le challenge Marcel NICOLLIN, organisé par l’Association des Jouteurs Biterrois. Si le chroniqueur a tout compris, il concernait la catégorie des Lourds - Moyens.
BEZIERS est à la limite occidentale du monde des joutes languedociennes plus centrées sur SETE, AGDE, MEZE, FRONTIGNAN, BALARUC, PALAVAS... Aussi un tournoi de joutes à BEZIERS n’est pas une manifestation banale et ma foi, puisqu’il est rare, autant aller voir l’événement.
Le cadre du tournoi est des plus agréables, des tribunes métalliques ont été dressées devant l’IUT, à l’ombre des platanes, sans doute séculaires, qui bordent le canal. Pourtant, sans être désert, ce n’est pas la grande foule sur ces tribunes. Le groupe musical de MONTAGNAC assure avec bonheur l’ambiance sonore de cet après-midi. Denis et Alain, deux amis reconnus parmi les instrumentistes, m’expliquent qu’ils font cela depuis une dizaine d’années, à raison d’une vingtaine de tournois par saison.
Les barques, aux armes de la ville de BEZIERS, Désiré pour la rouge et Bienvenue pour la bleue, ont fière allure. Dans chacune une équipe de huit rameurs et d’un barreur en permet le déplacement. Dans chacune aussi, deux musiciens, en canotiers enrubannés, jouent, l’un d’un tambour, l’autre d’un hautbois, l’air des joutes de SETE à chaque engagement. C’est une musique aigrelette, différente de celle des joutes de MARTIGUES, inlassablement répétée au cours de l’après-midi.
C’est qu’il y a une soixantaine de concurrents. Aussi il n’y a pas de temps mort. Distantes d’une centaine de mètres les barques se rapprochent à la force des rames, un cri du rameur situé à l’avant, à tribord, commandant à ses coéquipiers de ce bord de rentrer les rames le long du flanc de la barque au moment de la rencontre.
En haut, perchés sur leurs tintaines, les jouteurs, en tenue blanche, avec un polo rayé de bleu en dessous, saluent d’abord en tendant leurs lances et leurs pavois à bout de bras. Puis avant l’affrontement, chacun s’arc-boute et se prépare au choc. Ils ont des chaussettes épaisses aux pieds et, la lance pointée, ils visent le pavois de l’adversaire dans lequel viennent se ficher les retenants.
Pour accéder aux phases ultimes chaque jouteur doit éliminer trois concurrents. Il arrive que les deux protagonistes tombent tous les deux à l’eau. Ils sont alors éliminés tous les deux. Il arrive aussi que le jury disqualifie l’un d’eux, notamment pour avoir tenu sa lance trop loin de sa garde, pour d’autres raisons aussi, pas toujours accessibles au néophyte que je suis. Et ce malgré les explications gentiment fournies par mes voisins de devant qui ont l’air de s’y connaître.
Un canot à moteur circule pour récupérer les lances et pavois tombés à l’eau. Les jouteurs eux regagnent la berge seuls, nageant pour cela dans une eau pas trop ragoûtante. Les ennemis de tout à l’heure se saluent et même souvent s’embrassent quand ils se retrouvent ensemble dans l’élément liquide. C’est tout à fait sympathique ! Le même canot amène les nouveaux concurrents dans les barques où ils attendent leur tour sur les échelles qui sont à la poupe. Le jury s’assure que les deux barques sont également chargées et que les tintaines sont au même niveau. Eventuellement on rajoute un passager.
Parfois l’un des jouteurs lève la lance au moment de l’affrontement. C’est qu’il estime qu’il n’est pas prêt. Les barques vont alors tourner et reviennent ensuite à la charge. Il arrive aussi que le jouteur ne tombe pas à l’eau mais se retrouve sur la tintaine de l’autre barque. Il est bien sûr éliminé. De même si tombe à l’eau simplement son pavois ou sa lance.
Parfois aussi il est demandé à une péniche qui circule sur le canal d’attendre, pour poursuivre sa course, la fin de l’engagement amorcé. C’est ce qui est fait de bonne grâce.
Quatre concurrents restent en lice pour les demi-finales. Avant chacune d’elles, un cérémonial plus élaboré est mis en œuvre : le salut consiste en effet à faire tournoyer la lance. Lors de la première demi-finale les deux candidats tombent à l’eau. La deuxième demi-finale sera donc la finale. C’est Stéphane GOMEZ, de la Nouvelle Lance de MEZE, qui est déclaré vainqueur et qui a droit à un tour d’honneur avant la remise des récompenses.
Une après-midi originale en vérité, ancrée dans une tradition régionale très ancienne, qui sans doute aurait mérité une plus grande affluence.

J'ai encore gagné !

Posté le 19.07.2007 par cessenon
Il vous est sûrement arrivé de recevoir un appel téléphonique vous informant que vous êtes l’heureux gagnant d’un tirage au sort et qu’un magnifique lot vous a été attribué qu’il vous faut aller retirer… en couple !
Ben oui, c’est impératif d’être en couple ! Un couple d’homosexuels peut-il se présenter ? Je l’ignore.
Quelques jours plus tard vous recevez le bon qui vous permettra de retirer votre cadeau. Enfin il faut employer le pluriel car en règle générale il y a un cadeau pour madame et un autre pour monsieur. Et la veille du rendez-vous un nouveau coup de téléphone vous rappelle pour vous demander si vous avez reçu votre courrier et bien noté les coordonnées pour recevoir vos cadeaux… sans obligation d’achat bien sûr !
La première fois, j’avais sollicité une amie randonneuse pour me servir d’épouse de substitution. C’était dans un magasin qui vendait des salons. Nous n’avons pas eu la patience d’attendre ce qu’était le cadeau. Nous avons été harcelés, aux enchères descendantes (la chute était vertigineuse), par un vendeur qui voulait nous fourguer canapé et fauteuils avec tellement d’insistance que nous avons préféré battre en retraite.
La seconde fois j’étais accompagné de LBC (c’est le sigle que j’emploie pour désigner La Belle Colette). Elle avait avec elle la fille de son fils et avait eu ce commentaire : « Je suis livrée avec petite-fille intégrée ». Là j’ai eu droit à une perceuse qui marche peut-être mais je ne l’ai jamais essayée et LBC une panoplie de couteaux à découper avec fusil pour les aiguiser qui je crois ne sont jamais sortis de leur écrin !
Nous avons renouvelé l’expérience. Cette fois là c’était au Castelet, route de Narbonne où LBC avait des souvenirs d’une autre nature que commerciaux ! Nous avons eu droit chacun à une montre-bracelet, mais le bracelet de la mienne n’a jamais pu se fermer. Nous sommes restés un moment à écouter poliment le démonstrateur présenter un ensemble d’appareils de cuisine vendus par le magasin « Les Trois Toques. »
Depuis je réponds à la personne qui me sollicite par téléphone que je ne suis pas en couple ce qui arrête l’importun. Oui le client ciblé c’est un couple et de préférence un couple de retraités. Ces gens là ont du temps, de l’argent et des envies de le dépenser.
Ce mercredi 18 juillet j’ai encore un certificat me permettant de me présenter en couple au Castelet pour y retirer les cadeaux offerts : une montre gousset pour moi et une magnifique pièce d’horlogerie ayant la forme d’une coccinelle et pouvant se porter au choix comme porte-clés ou en sautoir (mais là il faudra acheter la chaîne !)
Je propose à ma consoeur Line de jouer l’épouse de substitution. Dans quel registre me demande-t-elle ? Celui d’un couple qui se dispute, ou celui d’un couple amoureux ? Je la rassure, il n’y aura aucune obligation, ni d’achat, ni… Line accepte et s’équipe d’une belle robe qui lui va très bien ! Moi je suis en short !
C’est encore Les Trois Toques et je constaterai que c’est encore le même matériel qui est l’objet de la démonstration par un monsieur jeune, plutôt élégant, capable de vendre… de la glace aux Esquimaux et du sable aux Touaregs !
Il nous explique d’abord que la société Les Trois Toques est bien obligée de faire de la publicité et qu’elle fait appel à une entreprise de marketing qui a pris contact avec nous. Il est un peu cynique et annonce que si nous sommes fichés, nous sommes fichus !
Il a un bagout de professionnel, répétant à l’envi, « d’accord ? », glissant ici et là « C’est logique ! », ajoutant parfois « C’est une constatation », ou « Ce n’est pas vrai ? » interpellant l’auditoire d’un « Madame » ou d’un « Monsieur », voire « Madame, Monsieur ». Il nous sera épargné toutefois les « Ok ? » Par moment il en fait un peu trop et ressemble à Coluche !
Ah l’auditoire ? Une soixantaine de personnes, c'est-à-dire une trentaine de couples. Le matériel ? Eh bien ça commence avec une « braisière » puis un « Wok ». Pas donnés ces instruments culinaires : 680 euros pièce ! Mais c’est de l’inox 18 / 8. Vous n’en aviez jamais entendu parler ? Moi non plus à vrai dire.
La cuisine ? Jusqu’ici vous ne saviez pas la faire. Enfin ce n’est pas dit aussi brutalement, non, mais il ne faut pas manger gras et les appareils qui vous sont présentés permettent d’éviter de mettre du gras et évacuent celui qui peut être produit. Sans compter les vitamines et les oligoéléments qu’il ne faut pas détruire par une température trop élevée.
Vous n’avez pas besoin d’un feu intense, le minimum suffit. Un thermomètre, enfin ça a un nom beaucoup plus savant, quelque chose comme controlstat, vous permet de surveiller la température et vous n’êtes pas obligé de soulever le couvercle, cause de déperdition de chaleur, pour vérifier la cuisson. Il est en effet pyrex et donc transparent.
En fait il y a en tas de choses dans ces instruments. Le plus spectaculaire étant un ensemble qui forme une pile très haute (une carcasselada dirait-on en Lozère !) où à chaque étage on peut faire cuire des plats différents !
Naturellement vous avez droit à une plaque à induction ou un nom approchant, une plaque électrique quoi ! C’est qu’avec Alzheimer qui nous guette, il vaut mieux prendre ses précautions. Et là c’est sans danger.
Le démonstrateur en fait beaucoup, ça prend du temps. Il le meuble en offrant ici et là quelques cadeaux supplémentaires. C’est ainsi que Robert héritera d’une mallette contenant tout un arsenal de couteaux à découper ce qui inquiète son épouse !
Ces dames ont rempli des fiches, elles recevront deux fois par an le catalogue des Trois Toques et seront informées des promotions qu’il ne faut pas confondre avec des soldes. On leur a fourni des stylos à billes qu’elles pourront garder, ils sont à elles ! Par ailleurs cinq personnes présentes recevront gratuitement et au choix soit une braisière soit un Wok.
Les paiements en cas d’achat ? Ils seront impérativement effectués en quatre versements à l’aide de quatre chèques datés à la convenance de l’acheteur pourvu que cela reste dans l’année civile en cours.
Nous sommes sur la fin de la démonstration. Voilà des enveloppes sont distribuées et on opère… à quoi exactement ? En fait tout, absolument tout, y compris la cocotte-minute, vous êtes offert pour moins de 3000 euros payables puisque c’est la règle en quatre fois.
Ce couple, sans doute un peu, et même plutôt beaucoup, complice, s’est décidé : la dame remplit les quatre chèques et surprise, comme ces gens sont sympathiques, le lot pourra être emporté sans payer, les chèques leur sont laissés !
Le final est assez abrupt, grossier même, nous n’avons pas attendu tout à fait l’épilogue arguant que nous n’avons pas de chéquier et pas davantage l’intention d’acheter tout un matériel dont la première question est de savoir où ça peut se ranger !
Très inconfortable le final mais ça méritait d’être vécu. Line a à présent une coccinelle qui donne l’heure et un stylo à bille qui écrit, du moins jusqu’ici. Moi j’ai une montre gousset très vaillante, elle tombe l’heure en 50 mn !
« Putas de vielhs ! » dit Padena dans un de ses sketchs. Con de système qui exploite les plus vulnérables ai-je envie de conclure !

Conduite avec système de navigation

Posté le 15.10.2006 par cessenon
Etes-vous déjà monté dans une voiture équipée d’un système de guidage par GPS ? Non sans doute. C’est tout à fait impressionnant.
Ce dimanche 15 août nous étions en randonnée du côté de La Salvetat avec des amis vosgiens. Jean-Pierre avait pris sa nouvelle voiture : une Renault Laguna équipée du dispositif en question.
Au moment du retour, nous étions entre les cols du Cabaretou et de La Baraque, notre chauffeur a placé un CD-ROM dans le lecteur, a indiqué notre objectif et nous avons attendu.
L’objectif ? C’était la place de Cessenon. Nous n’avons pas attendu longtemps. Très rapidement une voix nous a dit de suivre la direction donnée par une flèche apparue sur un écran placé sur le tableau de bord. Etait également affiché le nom de la route qui était la nôtre.
A l’entrée de Saint-Pons la voix nous a prévenus que nous allions arriver à un carrefour et que nous devrions tourner à droite puis à gauche. Quand nous y avons été ce qu’il y avait lieu de faire a été rappelé.
Un scénario voisin s’est déroulé au rond-point situé avant Saint-Chinian. Dans Saint-Chinian même nous avons été informés que nous devions tourner à gauche puis, quand nous l’avons eu fait, sur l’écran est apparue le nom de l’avenue, elle s’appelle Raoul Bayou, sur laquelle nous étions engagés.
Les choses ont continué dans le même registre jusqu’aux premières maisons de Cessenon où la même voix nous a précisé que nous étions à quelques centaines de mètres de notre objectif. Au passage sur la place du village nous avons su, toujours par la même source, que nous étions rendus !
Il nous fallait nous arrêter au jardin, excentré par rapport aux routes. Eh bien malgré ce, quand nous en sommes repartis, après avoir donné comme objectif le nom de la rue Auguste Albertini à Béziers, nous avons été aussitôt pris en charge par le système.
Ah, il avait établi pour nous un trajet par la voie la plus courte, c’est à dire via Cazouls les Béziers, ce qui nous aurait obligé à traverser Béziers à l’heure où la Feria devait commencer à connaître une certaine affluence. Aussi nous n’avons pas obtempéré et avons choisi un autre itinéraire, celui par Murviel les Béziers. Notre système de guidage s’est rapidement adapté à notre choix et dans Murviel les instructions étaient correctes.
Au rond-point assez complexe situé à l’entrée nord de Béziers la voix nous a donné les renseignements nécessaires (« Prendre la quatrième sortie ») cependant qu’un schéma du rond-point et des divers embranchements apparaissait sur l’écran.
Nous avons encore suivi les instructions qui nous faisaient emprunter la rocade de dégagement. Peu après nous nous sommes retrouvés, et la voix nous l’a annoncé, dans l’avenue Auguste Albertini.
Le GPS (Global Positionning System) est dû aux Américains. Le véhicule qui est équipé d’un système GPS est relié à 4 des 24 satellites qui le composent et qui donnent au mobile sa position. L’ordinateur de bord a à sa disposition, grâce au CD-ROM introduit dans son lecteur, l’ensemble des routes, villes, rues, carrefours, intersections… La combinaison de ces différents apports permet de fournir au conducteur les éléments nécessaires à ses décisions. Demain elle pourra amener au pilotage automatique. C’est vraiment époustouflant !

La bufatière

Posté le 02.10.2006 par cessenon
Une bufatiera à Barre près de Murat s/ Vèbre

C’est une danse traditionnelle de l’espace occitan. A l’origine ce sont les hommes qui la dansent. Ils sont vêtus d’une chemise de nuit, éventuellement coiffés d’un bonnet de nuit et munis d’un soufflet (lo bufet). Ils forment une ronde ou une farandole, chacun soufflant avec son instrument dans l’arrière-train de celui qui est devant. Les paroles, répétitives, ne sont pas très compliquées : on y entend notamment « E bufa ie al trauc que n'a ben de besonh » (Et souffle lui au trou qu’il en a bien besoin).
Il y a des variantes. Les danseurs peuvent se noircir la figure, envoyer de la farine, voire de la cendre avec leurs soufflets.
D’où vient cette danse ? De la nuit des temps sans doute. Une légende prétend que l’annonce d’une victoire des armées du Roi de France avait réveillé les habitants d’un village, qu’ils s’étaient levés en chemise de nuit et pour exprimer leur joie avaient dansé dans cette tenue, dispersant les cendres dont ils avaient rempli leurs soufflets. Une autre version affirme que l’objectif de la danse des soufflets était de chasser les démons.
Il y a également une variante pas trop éloignée, la danse du feu au fesses. Chacun des participants est équipé d’une bougie et essaie d’enflammer le papier de celui qui, devant lui, l’a suspendu à son derrière. Là c’est en espagnol et les paroles sont « ¡ Y yo te lo encenderé el tío de papel ! » (et moi je te l’allumerai ton papier !) Il me semble l’avoir vu exécuter à Cessenon, à la Libération, sur la place du village.
En Provence l’air de la danse des soufflets est assez différent de celui que nous connaissons par ici, les paroles aussi, plutôt grivoises. En voici un extrait écrites dans la graphie provençale :

Sian uno bando de bravo jouventuro
Avèn un grand fue que nous brulo
Se sian imagina pèr se lou fa passa
De prendre dei boufet au cuou se fa boufa
Au cuou se fa boufa au cuou se fa boufa

Ainsi que sa traduction :

Nous sommes une troupe de joyeux jouvenceaux
Nous avons un grand feu qui nous brûle
Nous avons imaginé pour se le faire passer
De prendre des soufflets et se souffler au cul
Et se souffler au cul et se souffler au cul.
Son associé au billet :

Scène de pêche au bord de l'Orb

Posté le 08.09.2006 par cessenon
Photo Mme Domis

Ce jour là, j’avais emmené, en fin d’après-midi, une amie effectuer une petite balade autour d’un étang que l’exploitation des gravières au bord de l’Orb, entre Murviel et Cazouls les Béziers a formé en amont du Pont Doumergue. Ce n’est pas moi qui critiquerai l’activité de ces gravières. Elles modifient d’heureuse manière le paysage dans le secteur.
Nous étions entre l’étang et l’Orb, à peu près en dessous de la Campagne de Savignac le Bas. Ayant aperçu des pêcheurs au bord de l’étang j’ai proposé d’avancer jusqu'à eux. Nous sommes arrivés très exactement au moment où le Monsieur ramenait vers la rive une énorme prise. « Une carpe ? » ai-je demandé. « C’est bien cela » a répondu le pêcheur de manière fort sympathique. Son épouse s’employait, une épuisette très profonde en main, à réceptionner la bête.
Petite angoisse, la carpe est d’abord passée sous l’épuisette. Toutefois elle a été amenée rapidement à l’intérieur. Il ne restait plus au pêcheur qu’à la sortir hors de l’eau. Une très belle carpe en vérité, d’un jaune soutenu, sans doute une carpe cuir, et non une carpe miroir comme nous l’avions cru tout d’abord, avec une seule rangée d’écailles sous la nageoire dorsale, le reste du corps étant tout à fait lisse.
Nous apprenons très rapidement que nos pêcheurs ne gardent pas ce qu’ils pêchent mais le rejettent à l’eau. Il y a pour cela toute une stratégie. D’abord il faut, sans abîmer le poisson, enlever l’hameçon de la bouche. Un hameçon N° 2, c’est à dire très gros, très solide aussi. Ah, ce n’est pas tout à fait évident, des pinces sont nécessaires pour l’exécution de l’opération.
Mais, si nos gens ne gardent pas le poisson, « Dans quel récipient pourrait-on le faire cuire ? » fait remarquer la dame, ils le pèsent. Un peson à ressort et une espèce de hamac permettent d’effectuer la pesée : 9,5 kg ! « C’est mon record ! » annonce le pêcheur. Il ajoute que c’est la deuxième prise de la journée, la précédente ayant un poids de 8 kg. La dame indique qu’ils n’avaient rien pris depuis une semaine qu’ils sont en vacances et qu’ils viennent régulièrement sur le lieu de pêche.
Evidemment il va falloir, pour la postérité, fixer l’événement sur la pellicule. La carpe, portée par les bras du pêcheur, est photographiée par son épouse. Ah, encore un petit incident : un coup de queue de l’animal l’envoie rouler dans le sable. Notre pêcheur s’inquiète pour la santé de sa capture. Bon, ce ne doit pas être grave. On va pouvoir relâcher la bête. Au préalable elle va, histoire de se remettre, effectuer un séjour d’une dizaine de minutes dans un sac de toile immergé au bord de la rive. Petit baiser d’adieu du pêcheur et elle est libérée, s’enfonçant lentement dans les profondeurs de l’étang.
La canne à pêche a été réamorcée avec une pelote et est venue prendre place sur un support sophistiqué, à côté de deux autres cannes. Elles sont munis de dispositifs électroniques qui permettent, nous est-il expliqué, d’entendre les touches quand, lassé de regarder le bout des scions, on porte ses yeux ailleurs.
Comme ce que nous venons de vivre m’a passionné, je propose à mes gens d’en faire un article de presse. « Non non, pas pour MIDI LIBRE, pour LA MARSEILLAISE » dois-je préciser à la dame qui m’a interrogé à ce sujet. Elle déclare avoir de la sympathie pour le journal. Nous apprenons qu’elle est originaire de Puimisson, qu’ils vivent à La Ciotat et qu’ils sont en vacances au camping de Cessenon. Pour tout dire ce sont des gens charmants. Les coordonnées sont données par l’auteur de ces lignes afin qu’il puisse recevoir la photo qui illustre le présent article.

Lo paure Bernat

Posté le 05.09.2006 par cessenon
Je n’ai pas connu ce Bernat mais j’ai entendu plusieurs fois mon père raconter son histoire. Elle a pris de l’acuité avec les mesures « sociales » envisagées par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin.
A cette époque-là, temps béni dirait le MEDEF, il n’y avait pas de système de retraite et quand on devenait vieux, eh bien… on faisait comme on pouvait. En général d’ailleurs les patrons continuaient à employer leurs ouvriers mais, leur capacité de travail ayant diminué, ils les payaient au tarif « femme » c’est à dire à un taux inférieur.
D’ailleurs cela ne résolvait pas vraiment la question des toutes dernières années et la canicule n’était pas chaque été au rendez-vous pour, comme cela a été le cas cette année, aider à résoudre le délicat problème de ces vieux qui coûtent cher à la nation. « Putas de vièlhs ! » dit Padena dans un de ses sketchs.
Je suppose que ce Bernat n’avait pas d’enfants. Il avait planifié la fin de sa vie et avait liquidé ses quelques biens – il devait en avoir un peu – pour subvenir à ses derniers jours. Il avait calculé le nombre d’années qui lui restaient à vivre et s’était organisé en conséquence.
Hélas il n’avait pas vu assez large, l’argent était épuisé et… il n’était pas encore mort ! Sans ressources, il mendiait dans les rues du village pour avoir de quoi manger, tentant d’apitoyer les gens d’un : « Ajatz pietat del paure Bernat, la longa vida l’a engarçat ! » (Ayez pitié du pauvre Bernard, la longue vie l’a trompé !)

Extra ces lucides !

Posté le 25.08.2006 par cessenon
Je l'ai appris par un petit carton placé sur le comptoir de ma boulangère : il y a une voyante dans mon quartier. Ouf ! Jusqu'ici il fallait se rendre en ville.
Rassurez-vous je n'étais pas démuni : je trouve très souvent dans ma boîte à lettres ou sur le pare-brise de ma voiture des informations concernant les activités professionnelles de ces médiums, voyants, guérisseurs, marabouts, télépathes, astrologues ou simples cartomanciennes.
D'ailleurs dans la page du N° 465 de BEZIERS Présence réservée à cet effet, j'ai recensé pas moins de 10 pavés me permettant de choisir.
L'arsenal à la disposition du client est impressionnant : tarot, lignes de la main, talisman, graphologie, astres, travail sur photo, magnétisme, voyance (directe ou à distance)...
Pour certains les dons sont anciens. Celle-ci par exemple, initiée à la magie antillaise et au vaudou haïtien, est voyante héréditaire depuis la quatrième génération.
Tel autre médium africain vient du centre le plus important du talisman.
En général les travaux, comme le pouvoir, sont occultes. Cela n'empêche pas telle voyante, qui fait état de vingt ans d'expérience, d'annoncer : "travaux occultes constatés par huissier" (sic).
Plus vague ce guérisseur déclare : "travail sérieux avec références".
Ce marabout est particulièrement intéressant : "Résultats immédiats". Dommage que son adresse - Rue Cirque - ne fasse pas sérieux !
Celle-ci me paraît complète. Elle se veut "conseillère, psychologue, médium aussi". Ses consultations ont lieu toutes les fins de mois. Allez savoir pourquoi !
Il y a réponse à tous vos problèmes : santé, travail, réussite, amour... Chez quelques-uns on vous garantit des "travaux personnalisés". Chez beaucoup on vous propose un désenvoûtement (au cas sans doute ou votre voisin de palier ou votre collègue de travail vous aurait jeté un sort !) Très souvent on peut vous procurer un "retour d'affection". Même dans des cas désespérés, voire pour des cas spéciaux (sic !), précise l'une ou renchérit un autre, les deux s'occupant, aussi de sexualité. C'est que dit un de mes amis "la corne de rhinocéros n'a pas les vertus aphrodisiaques qu'on lui prête". L'argument qu'il avance étant "qu'il n'en prend pas et que ça fait quand même !"
A propos de santé, cette autre, dont la notoriété n'est pas encore établie, si j'en juge par la faible surface qu'occupe son pavé, arrête l'herpès. S'il n'y a pas de coquille dans le texte, elle exercerait ce pouvoir précis gratuitement.
Quelques-uns de ces professionnels vous rassurent, leur activité ne porte atteinte ni à la morale ni à la religion. Mais parmi ceux-ci cette cartomancienne accepte uniquement la clientèle féminine.
Il faut savoir évoluer, vivre avec son temps, accepter le monde actuel, la modernité... m'exhorte-t-on de tous côtés. Je l'avoue humblement j'ai de grosses, grosses difficultés : j'en suis encore à DESCARTES.

Lo martelet

Posté le 23.06.2006 par cessenon
Photo Doris Distelbarth

« Martelet » ? Il faut traduite par heurtoir. Mais c’était aussi, autrefois, une activité nocturne à laquelle, dans les villages, se livraient les adolescents. En quoi cela consistait-il ? Eh bien à frapper en pleine nuit à la porte d’une maison jusqu’à réveiller son propriétaire. Pour cela on utilisait, autant que faire se pouvait, le heurtoir.
Il y avait toute une stratégie pour ne pas se faire attraper par la personne ainsi dérangée. La technique la plus élaborée consistait à attacher le heurtoir à une corde et à tirer de loin afin d’éviter les représailles auxquelles on s’exposait. La plus classique de celles-ci étant de recevoir sur la tête le contenu d’un « pissador » (un pot de chambre.)
Le fin du fin était de prolonger la corde, du côté du heurtoir, par un fil de laine que l’on pouvait casser d’un coup sec afin de ne pas devoir abandonner la corde dans la fuite qu’il fallait prendre en cas de danger !
Les jeunes se fixaient des interdits : il était convenu qu’on ne faisait pas « lo martelet » chez un docteur ou un vétérinaire. Pour le reste le choix de la victime se portait volontiers sur les plus irascibles. La porte de ceux-ci n’était pas forcément munie d’un « martelet. » Qu’à cela ne tienne, on suspendait un objet lourd, en général une pierre, à la porte et on le man½uvrait comme le battant d’une cloche.
A Cournonterral, où l’on choisissait une bouteille plutôt qu’une pierre en guise de battant, l’objectif que poursuivait la jeunesse en se livrant au jeu du « martelet » était de se faire offrir à boire.
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