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cessenon
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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
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Blog Journal intime
Date de création :
27.04.2006
Dernière mise à jour :
16.05.2008
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Vie sociale

The Navigators

Posté le 10.05.2008 par cessenon


J'ai reçu du syndicat CGT des transports un document fort instructif concernant le manque de sécurité qui résulte de la politique de privatisation que le gouvernement met en oeuvre à la sncf. Il m'a paru intéressant de mettre en ligne un article consacré au film de Ken Loach "The Navigators" publié dans L'HERAULT du Jour en 2002.


Tel était le titre du film, un film de Ken Loach qui date de 2001, que le Ciné-Club biterrois et l’Union Locale CGT de Béziers présentaient vendredi 3 et samedi 4 mai à un public un peu inhabituel.
Oui, depuis 1995 c’est devenu une tradition dans notre ville de voir chaque année, en partenariat entre les deux organisations, la programmation d’un film qui traite d’un sujet qui interpelle le monde du syndicalisme.
Ici il s’agit de la privatisation de la British Rail. « The Navigators », on aurait envie de traduire par conducteur de locomotive. Mais c’est une équipe de cantonniers de la voie que nous allons suivre dans la débâcle.
L’annonce de la privatisation avec ses considérations sur la compétitivité entre les diverses entreprises qui succèdent à la British Rail, faite par un cadre, aux ouvriers réunis dans le local où ils prennent leur repas, est tellement énorme que, dans un premier temps, elle est vécue comme cocasse par ceux-ci. Le syndicat n’est guère présent même si un responsable essaie d’obtenir un dérisoire compromis sur la place de la pointeuse ou la dispense de pointer le dimanche soir.
Rapidement la dégradation des conditions de travail, la comparaison avec le salaire dans les entreprises sous-traitantes, conduit à la démission de plusieurs membres de l’équipe. Hélas ailleurs ce n’est pas le paradis. Malgré les besoins criants on n’est pas sûr de trouver du travail. D’autant moins quand on est exigeant du côté de la sécurité.
La sécurité ? Justement, c’est un point essentiel dans le film. Au nom de la rentabilité on la sacrifie, ce qui va conduire à la mort d’un des cheminots. La boucle est bouclée : pris dans l’engrenage du système, ses compagnons vont taire les causes du drame.
Et de plus tout le volet social : congés payés, protection sociale, prime d’équipement… passe à la trappe dans l’affaire.
Au passage on vit la situation, banale, d’un père de famille divorcé, l’ambiance dans la cantine où la gravité des choses n’empêche pas de rire et de faire des blagues…
C’est une cinquantaine de personnes qui ont participé au débat qui a suivi, un débat animé par les cheminots Cégétistes de Béziers qui ont rappelé l’absence de mot d’ordre mobilisateur des syndicats britanniques pour s’opposer à la privatisation. A noter le témoignage d’un usager de la SNCF racontant comment les carences du service public pouvaient amener l’opinion publique à souhaiter la privatisation et la mise en concurrence des moyens de transports. Solution illusoire sans aucun doute, à l’image des électeurs qui espérant s’attaquer à la délinquance ont accordé leurs suffrages à ceux qui surfent sur cette question mais n’ont aucunement la capacité de rien résoudre à ce niveau.
Autre point important du débat, celui de la sécurité quand certaines tâches, c’est le cas à EDF, sont confiées à des entreprises sous-traitantes qui ne sont pas regardantes sur les règles strictes que respectent les agents titulaires. Orientation lourde de conséquences pour les personnels employés, pour l’environnement, pour la population.
Le problème des salaires et du pouvoir d’achat pour les travailleurs des entreprises nationalisées a été également évoqué et a été l’amorce d’un échange entre les participants à cette intéressante initiative du Ciné-Club et de la CGT.

Paelle à la cité du parc

Posté le 18.04.2008 par cessenon
Photo Hélène Barthélémy


La cité du parc ? Elle est le long de l’avenue Auguste Albertini, face aux HLM de L’Iranget. Une surface conséquente : 10 000 m2. Huit bâtiments de cinq logements chacun entourent le parc proprement dit.
L’ensemble a été construit en 1968. Il reste encore plusieurs des propriétaires qui avaient fait l’acquisition d’appartements à cette date. Toutefois certains sont décédés, d’autres ont vendu, déménagé.
Les logements ne sont pas de très bonne qualité au niveau de l’insonorisation mais comme la population résidente a vieilli c’est très calme et la question des nuisances sonores n’est pas véritablement un problème.
La cité est pourvue de vastes espaces asphaltés qui servent de parking aux résidents… et à quelques autres ! Pour cette raison, pour d’autres encore, liées à l’insécurité dans le quartier, l’assemblée de la copropriété a, après un premier vote négatif, décidé l’année suivante et à la majorité, la fermeture de l’ensemble. Evidemment cela a un coût, et cela pose de nouveaux problèmes.
Mais la démocratie c’est évidemment le respect des choix majoritaires.
Les travaux de clôture sont quasiment terminés. Ne reste plus qu’à régler la commande de l’ouverture du portail par les habitants de deux cités voisines qui ont un droit de passage.
L’autre jour, c’était le samedi 12 avril, propriétaires et locataires étaient invités à se retrouver autour d’une paella pour inaugurer la fin des travaux. Une première ! Jamais à la cité du parc une telle rencontre ne s’était produite. On la doit à la volonté d’une petite équipe au sein de laquelle se dépense sans compter une nouvelle copropriétaire, Angeline pour ne pas la nommer.
Des tables, des chaises, tout un matériel avaient été mis en place à l’abri du vent dans le parc, devant les bâtiments 1, 2 et 3. C’est qu’il y avait une soixantaine de convives.
La paella ? Elle était délicieuse. Quant à l’ambiance elle était détendue. Evidemment, une fois attablés on ne pouvait communiquer qu’avec les voisins d’en face ou d’à côté ! Mais enfin, on ne peut que rendre hommage à ceux qui se sont dévoués pour assurer le succès d’une initiative où la convivialité était au programme.

Ça continue !

Posté le 17.04.2008 par cessenon
Photo Jean-Jacques Bathélémy

Et d’ailleurs pourquoi voudriez-vous que cela s’arrête ?
Donc, depuis déjà plus d’une semaine une voiture blanche, caillassée, est en travers, au fond de la rue Pierre Brossolette. Une impasse d’ailleurs plutôt qu’une rue, située à côté de l’église Sainte Thérèse, entre les quartiers de L’Iranget et de La Grangette donc.
La voiture ? Une « Clio. » Le pare-brise et les vitres des portières sont brisés, les roues sont crevées, d’un côté il en manque. En fait il doit manquer des tas de choses, l’autre matin des jeunes s’occupaient à prendre les pièces qui les intéressaient.
Mais qu’attend-on pour enlever le véhicule ?
Peut-être le mois de juin ? Il pourrait servir de combustible pour le feu de la Saint-Jean !
Drôle de monde quand même. Selon que vous serez puissant ou misérable… vous aurez droit à la sécurité de vos biens et à la qualité de votre environnement ou vous ne l’aurez pas !
Nous sommes ici dans un quartier pas encore trop déshérité mais ne vous impatientez pas, ça vient ! Ça vient vite d’ailleurs, la paupérisation, le mal vivre, gagnent des couches qui avaient pu jusqu’ici se croire à l’abri.
Alors jusqu’à quand allons nous continuer la descente aux enfers ?
Bonne question : une question rouge !
La réponse ? Eh bien ça durera jusqu’à ce qu’on accepte de prendre la mesure de l’ampleur de la crise économique et sociale, d’en chercher les causes profondes, d’en proposer les remèdes !
Oui je sais, ceux qui ont tenté de le faire ont obtenu 6,5 % aux dernières élections municipales ! C’est peu, mais c’est tout, il n’y a rien d’autre !

Les « calçòts »

Posté le 12.03.2008 par cessenon
Le catalan et l’occitan sont des langues voisines. Il arrive toutefois que des mots existent dans l’une mais sont inconnus dans l’autre. Il en est ainsi de « calçòt » un terme catalan que l’on doit pouvoir traduire par « cebeta » c'est-à-dire oignon de printemps.
Oui la « ceba » c’est l’oignon, voir Lézignan la Cèbe, capitale de cet oignon doux très aplati, absolument délicieux ! A noter que nous ne sommes pas très loin de l’espagnol : « cebolla » !
Cèbe est un patronyme assez répandu dans l’aire occitane.
Jacouti, l’époux de la Catinou (cf. l’émission qui était diffusée par le Grenier de Toulouse) vivait dans le village mythique de Manjaceba.
Un ami de mon père consommait un oignon à chaque repas considérant que « La ceba es la balaja de l’estomac ! » (L’oignon est le balai de l’estomac !) Cette médecine lui a permis de devenir vieux.
Pourquoi vous parler des « calçòts » ? C’est une suggestion d’une amie sétoise originaire de Cerbère. Là-bas sont organisées chaque année des « calçotadas » c'est-à-dire des banquets où l’on consomme des « calçòts » grillés et trempés dans une sauce tomate dans laquelle entrent des ingrédients que le secret professionnel ne m’a pas permis de connaître et encore moins de dévoiler !
L’édition du 27 février 2008 du journal L’Indépendant fait état de la 7ème « calçotada » de Cerbère au cours de laquelle ont été consommés 5000 « calçòts. » Ils accompagnaient des haricots blancs et des joues de porc (« las galtas » dont la traduction occitane « las gautas » est voisine.)
Ah, il paraît que c’est délicat d’ingurgiter des « calçòts » sans être sali par la partie carbonisée résultant de la grillade et le rouge de la sauce dans laquelle on les plonge.
Naturellement pour faciliter la digestion rien de tel qu’une sardane !

Paysage après la bataille

Posté le 07.03.2008 par cessenon
Photo Jean-Pierre Quirin

La photo ci-dessus a été prise le dimanche 2 mars 2008 à Cessenon, dans ce qui était le jardin de la « campagne » de Mourgue connue aujourd’hui sous le nom de Mas Sarrasi.
Il était jusqu’à peu cultivé par Monsieur Cosentino dont l’épouse, Josette, est originaire du village. Le couple tenait boutique avant l’entrée du pont dans ce qui avait été l’atelier de menuiserie de Noë Cambon, le père de Josette.
On pouvait s’y procurer de très beaux légumes, de très beaux fruits aussi, mais chacun a droit à la retraite et Monsieur Cosentino l’a prise récemment, apparemment sans avoir eu le temps d’enlever sa récolte de cucurbitacées !
Oui, il s’agit de cucurbitacées : melons, pastèques, il est difficile de répondre ! Le spectacle est assez étonnant.
Puisque nous sommes dans le secteur du Mas Sarrasi, que l’on peut voir écrit : Sarrasis,avoir eu le temps d’enlever sa récolte de cucurbitacées !
Sarrazi… ajoutons quelques compléments. Selon le dictionnaire étymologique des noms de lieux de Frank R. Hamlin le mot signifie « noir » et n’aurait, pas plus que La Maurerie, de rapport avec les Arabes.
Mourgue a été un des derniers propriétaires du domaine avant qu’il ne soit démembré. Les deux platanes immenses qui sont à côté d’un puits couvert, à présent muré, sont répertoriés. Ils étaient l’objet d’argument dans les débats théologiques, les mécréants ne craignant pas de les citer d’un « Las platanas de Morga son pas batejadas mai se portan plan ! » (Les platanes de Mourgue ne sont pas baptisés mais ils se portent bien !)
Dans le mur de soutènement de la vigne qui est au-dessus ont été encastrés des tessons qu’un charruage avait mis à jour. Il s’agit de tegulae, c'est-à-dire de tuiles, ou de vestiges de tombes gallo-romaines, voire wisigothiques, qui se trouvaient dans ladite vigne.
Ajoutons que le puits permettait d’abreuver les quatre chevaux de la campagne.

Insécurité à l'Iranget

Posté le 26.02.2008 par cessenon
Le week-end a été chargé pour le quartier de l’Iranget.
Samedi matin c’est le bureau de tabac de l’avenue Auguste Albertini qui a été l’objet d’un braquage. Deux jeunes mineurs ont été, l’un arrêté, il a reconnu les faits, l’autre, il a nié, mis en examen.
Déjà au mois de novembre 2007 ce bureau de tabac avait été l’objet d’un fric-frac.
Quelques années plus tôt, en 1999 plus précisément, un hold-up qui avait mal tourné s’était soldé par l’assassinat du buraliste.
Dans la nuit de samedi à dimanche c’est une voiture qui a brûlé devant le bâtiment 4 de la cité du parc, noircissant la façade et pouvant provoquer un sinistre d’une plus grand ampleur encore.
Quelques semaines avant deux autres véhicules avaient été incendiés au fond de la rue Albert Marc qui est en cul de sac.
Entre temps un tronc du parc de la cité a par deux fois été allumé par des « pyromanes. »
Si le mal vivre n’est pas toujours aussi dramatique il est difficilement supportable comme l’étaient les feux de poubelles au soir du 3 novembre 2007, comme le sont au quotidien les manifestations d’incivilité diverses que subissent les habitants des HLM.
Nous nous étions exprimés après les événements du 3 novembre, soulignant au passage que certaines entrées d’immeuble ne ferment pas et font de ces lieux le quartier général de jeunes en déshérence.
Naturellement aucune mesure n’a été prise, l’OPAC ayant estimé que remplacer une serrure ou une porte serait onéreux et sans effet.
Quant au fond du problème, la situation économique et sociale qui engendre les désordres que nous connaissons, autant dire que pour la plupart des hommes politiques c’est une question tabou. Quand on la pose les responsables « bottent en touche. » ou jouent la carte « Joker ! »
Aussi les réactions les moins justes sont perceptibles dans les échanges que l’on peut avoir : c’est la faute aux immigrés, il n’y a plus de morale, la police ne fait pas son travail, la justice est laxiste…
Certes on pourrait améliorer à ce niveau, mais ce n’est pas l’essentiel. L’essentiel c’est l’impasse des fondements même d’un système en fin de course dans lequel nous nous trouvons et qui est la source de toutes les dérives.
A la cité du parc, comme dans de nombreuses résidences collectives, on cherche une réponse : on s’enferme ! Cela ne va pas sans difficultés. Cela revient cher, il y aura à résoudre divers problèmes nouveaux : les poubelles, le courrier, l’entrée des visiteurs...
La réponse apportée sera-t-elle efficace ? Faudra-t-il, pour compléter le dispositif, embaucher des vigiles, électrifier la grille, placer des miradors… ? L’avenir nous le dira, en attendant le commerce des portails automatiques se trouve en plein développement et la psychose du tout sécuritaire marque des points.

Les sectes aujourd’hui… et demain ?

Posté le 22.02.2008 par cessenon
L'actualité me conduit à placer dans les premières positions un billet mis en ligne sur le blog il y a déjà plusieurs mois. Il avait été rédigé en avril 1999.

Le Cercle Républicain et Laïque de LIGNAN S / ORB, une association au libellé suffisamment explicite pour ceux qui savent se situer, a organisé vendredi 9 avril, à l’ensemble culturel de LIGNAN, une conférence débat sur le thème des sectes.
La salle était assez bien remplie et on pouvait remarquer dans l’assistance le Sénateur Gérard DELFAU ainsi que les Conseillers Généraux Eliane BAUDUIN et Michel BOZZARELLI.
Monsieur MAS, le Maire de la commune, qu’il dirige depuis bientôt trente ans, a présenté à son invité M. Alain VIVIEN, responsable de la mission interministérielle sur les sectes, l’évolution de son village. Jusqu’à la Révolution LIGNAN était la résidence d’été des Evêques de BEZIERS qui venaient trouver, à 5 km de leur cathédrale, la fraîcheur des bords de l’ORB. De 600 habitants au début des années 70, l’agglomération est passée aujourd’hui à 3 000. Cette expansion démographique s’est accompagnée d’un changement dans l’activité économique. D’une vocation initialement viticole la commune est devenue résidentielle et accueille aujourd’hui des fonctionnaires, des agents du secteur nationalisé, des artisans... des chômeurs aussi, hélas ! Les réalisations de la municipalité, dans le domaine culturel en particulier, programmées sur trois décennies, ne sont pas minces, le complexe culturel dans lequel se tenait la réunion en témoigne.
M. VIVIEN a ensuite introduit le débat par un exposé sur la situation en FRANCE en matière de secte. Le mot d’abord : à l’origine il désigne une dissidence, une hérésie pour les orthodoxes, dans une communauté religieuse. Cette acception n’a plus cours à présent qu’en ALLEMAGNE. En fait il est difficile de définir aujourd’hui une secte.
Elles sont une réalité. 172 sont officiellement recensées dans notre pays sera-t-il précisé en fin de séance, mais ce nombre fluctue, suivant les définitions ou suivant l’apparition et la disparition de telle ou telle secte. On peut estimer qu’il peut atteindre 250.
Leur fonctionnement reproduit sensiblement la même démarche. Un médiateur, un gourou dirait-on aujourd’hui, a reçu LA vérité. Celle-ci se veut absolue et lorsqu’une secte parvient, comme c’est toujours son but, à contrôler l’économie et les médias d’un pays - c’est pratiquement arrivé en AMERIQUE du Sud - elle se montre totalitaire.
Les sectes ont des techniques connues et rodées pour faire des adeptes. Elles offrent leurs services à l’individu désemparé, victime de chômage, de difficultés affectives, de la disparition d’un être cher ou lorsque les enfants sont confrontés au douloureux problème de la drogue. Elles ont réponse à tout ! Par ailleurs, certaines, c’est le cas de l’Eglise de la Scientologie, planifient l’endoctrinement du sujet par des cours qui le rendent dépendant, tant au plan psychique que financier. On notera ici l’habileté machiavélique des sectes qui savent utilisent le flou des dispositions concernant les officines de formation continue pour avancer leurs pions.
La FRANCE, qui a une tradition de démocratie, résiste mieux que d’autres pays à leur emprise. Le législateur a une marge de manœuvre qui se situe entre la liberté de conscience et d’expression, inscrite dans la constitution, et la nécessité de protéger la société et ses membres des activités qui visent à les aliéner. Marge réduite, d’autant que les sectes gagnent à se présenter en martyrs. L’arsenal judiciaire à la disposition de la lutte contre le fléau est toutefois considérable, même si des aménagements, tels ceux concernant les dispositions de la Loi de 1901, sont nécessaires. Mais leur application n’est pas toujours simple pour la victime.
Des questions ou des témoignages qui ont fusé de la salle on peut retenir en vrac : l’impact des sectes dans le domaine qui relève du Ministère de la Jeunesse et des Sports, la déontologie que l’on peut exiger des personnes recrutées pour certaines fonctions (employés territoriaux, fonctionnaires de l’éducation nationale...), l’efficacité de certaines de ces sectes (Le Patriarche notamment) dans l’aide aux drogués, l’expérience judiciaire en BELGIQUE rapportée par un participant Belge présent dans la salle...
On me permettra d’insister sur une intervention à laquelle j’ai été sensible, celle rendant compte de l’inquiétude devant la montée de l’irrationalisme dans une société en crise. Car le phénomène des sectes, qui peut avoir des aspects spectaculaires comme dans l’affaire de l’Ordre du Temple Solaire, est complété par un quotidien plus banal. Que de voyants, de cartomanciens, de médiums, d’astrologues, de marabouts ou de télépathes... fleurissent dans notre environnement. La FRANCE et son Siècle des Lumières paraissent bien éloignés de nous !
Peut-on prendre en considération l’appréciation, donnée par M. VIVIEN, au terme de laquelle le développement des sciences rend instable le monde actuel et nous fragilise ? Sans doute aussi la lutte contre l’irrationnel est un combat qui prolonge aujourd’hui celui mené en son temps contre l’obscurantisme. Mais à cette époque les forces au pouvoir avaient su accompagner la mutation de notre pays, qui passait d’un stade agricole à un stade industriel, d’un système éducatif répondant aux besoins de ce combat. Qu’en est-il aujourd’hui devant les défis de la révolution technologique ?
Par ailleurs n’y a-t-il pas un rapprochement à faire entre LA vérité absolue à laquelle prétend toute secte et le système de Pensée Unique auquel nous sommes confrontés ? N’y a-t-il rien de commun entre le conditionnement des adeptes d’une secte et le matraquage des médias pour forger la conscience des citoyens dans le sens souhaité par... eh bien par exemple en ce moment par... ceux qui ont choisi d’ajouter plus de guerre à la guerre ?
Ce n’est certes pas sur ces interrogations que s’est terminée cette conférence débat, au demeurant fort intéressante. Mais au moins ces questions auront été soulevées, sinon avec efficience, du moins avec courage !

De l'évolution générale des choses et du vocabulaire en particulier

Posté le 21.02.2008 par cessenon
Un ami m'a communiqué un texte sur la fonction autrefois polyvalente du tablier de nos grands-mères. Il m'a donné l'idée de mettre en ligne un article rédigé en 2002.

Le document ci-dessous a été emprunté à un billet paru dans la revue « UNITAIRES », le bulletin des retraités de la section du Gard du SNUIPP, un des syndicats, celui des Instituteurs et Professeurs d’Ecole, de la FSU.
Il est sous-titré « Ode à nos amis nés avant 1945… ou peu après ». Le voici donc :

« Nous sommes nés avant la télévision, avant le vaccin anti-grippe, les aliments surgelés, les photocopies, les lentilles de contact et la pilule. Nous vivions avant le radar, les cartes de crédit, les antibiotiques, les applications, civiles ou militaires, de la fission et de la fusion de l’atome, le rayon laser et le stylo à bille. Avant les lave-vaisselle, les couvertures chauffantes, l’air conditionné et avant même que l’Homme ne marche sur la Lune.
Nous datons de l’ère d’avant le fast food et du flirt par Internet. Nous n’avions jamais entendu parler de modulation de fréquence, de traitement de texte, de fours à micro-ondes, de platine laser ni de jeunes gens portant une boucle d’oreille.
Pour nous le partage du temps c’était le plaisir d’être ensemble. Draguer signifiait creuser le lit d’un fleuve ou le fond de la mer. On ne parlait pas de Mac Do. ni de café soluble. Un ordinateur était quelqu’un qui conférait un ordre ecclésiastique, une puce était un parasite et une souris de la nourriture pour chats. Les paraboles étaient les graphiques d’équations mathématiques. Un site était un point de vue panoramique et un joint empêchait un robinet de goutter. L’herbe était pour les vaches, le coke entreposé dans les caves. Une personne gaie était quelqu’un qui mettait de l’ambiance dans une réunion.
Nous qui sommes nés avant 1945 (ou peu après) devons être une race robuste quand on mesure l’ampleur de tous les changements, de tous les ajustements, auxquels nous avons dû nous adapter. Pas étonnant que nous soyons prêts à affronter la suite.
C’est que, voyez-vous, il ne semble pas que les choses doivent s’arrêter là, mais comme, l’expérience le confirme, nous sommes un bon cru, nous avons confiance en notre capacité à ne pas perdre la face devant l’aspect presque vertical et quasiment vertigineux que prend la courbe exponentielle de l’évolution »
Pour copie (presque) conforme : Jacques Cros

La cabane de Vignole

Posté le 11.02.2008 par cessenon
La cabane, en partie démolie, que l’on voit sur la photo se trouve sur la rive gauche de l’Orb, en amont du pont de Réals, à peu près en face du tunnel qui était sur la ligne de chemin de fer d’intérêt local Béziers Saint-Chinian. C’était d’ailleurs le seul tunnel sur cette ligne. Nous sommes là sur le plus beau passage d’un circuit répertorié sous l’appellation « Les bords de l’Orb » dans le topo-guide des randonnées « Balades en terre d’Orb ». La vue sur le fleuve est ici superbe. En témoigne la deuxième photo.
Plus en amont, toujours sur la rive gauche, au niveau de la base de canoës kayaks on découvre les ruines du moulin de La Roque qui ne manquent pas de cachet.
La cabane appartenait à un certain Vignole, garde-chasse et garde-pêche de son état. Il était à ce titre impopulaire dans le secteur car à l’époque beaucoup de gens braconnaient. Outre les nombreuses activités illicites de pêche décrites par ailleurs il se plaçait des pièges (las tendas) pour les oiseaux ainsi que des fers et des collets pour les lapins.
Il n’y a pas de chemin carrossable pour accéder à cette cabane, simplement un sentier. Vignole avait planté tout autour des résineux : sapinettes, cèdres… et y passait peut-être le plus clair de son temps. Immanquablement on le voyait le soir après 18 h revenir à moto à Saint-Chinian où il résidait.
On racontait volontiers l’épisode cocasse qui était arrivé à Noé Cambon. Ce dernier avait placé des fers à lapins tout en haut d’une vigne qu’il avait dans le tènement des Rhonnel. Ayant aperçu depuis le bas un monsieur qui avait l’air de lui voler son matériel il était remonté d’un pas alerte pour l’en empêcher. Dialogue : « C’est à vous ces pièges ? – Oui, ils sont à moi ! – Eh bien vous êtes verbalisé, je suis le garde-chasse ! »

Heure légale et heure solaire

Posté le 30.12.2007 par cessenon
Jusqu’à 15 ans, l’année où je suis entré interne à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Montpellier, j’avais, comme tous les Cessenonais, vécu à l’heure solaire, qu’on appelait l’heure ancienne ou l’heure vieille en opposition à l’heure nouvelle. L’horloge communale était à l’heure solaire et la cloche égrenait ses pics et ses repics avec une heure de retard sur l’heure légale.
Quand un rendez-vous était pris il fallait préciser de quelle heure il était question « De la nouvelle ou de la vieille ? » Il n’y avait toutefois pas trop de confusion et par exemple on savait que si le rendez-vous était à Béziers il était à coup sûr donné à l’heure légale.
Mais les Cessenonais faisaient en quelque sorte de la résistance et affichaient leur refus de se soumettre à une décision qui prétendait faire que le soleil se lève plus tôt et se couche plus tard !
Evidemment le particularisme concernant l’heure a, ainsi que de nombreux autres, fini par disparaître avec l’uniformisation générale de la société française.
En 1976 a été inventée l’heure d’été. Alors là on vit renaître une opposition qui ne s’était pas manifestée depuis déjà quelques années. Sur les bancs près du pont, au café de l’Escopinha, les langues allaient bon train.
« Ils disent que ça va permettre des économies ? Il fallait avancer l’heure de plus que ça alors ! »
« Tu n’es pas encore couché ? Si tu les écoutais tu devrais pourtant être déjà au lit ! »
Là encore les choses ont fini par rentrer « dans l’ordre » !
Encore heureux que le décalage avec les Etats-Unis soit important sinon on ne vivrait pas … à l’heure allemande mais… à l’heure américaine !
C’est que, exprimant l’hégémonie des USA sur le monde, un humoriste n’avait pas craint de dire « Et qui nous empêcherait à nous Américains de déplacer cette ligne imaginaire qu’est l’équateur ? »


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