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cessenon
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Histoires de Cessenon et d'ailleurs, avec des textes d''actualité (cf. articles parus dans l'HdJ)
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Blog Journal intime
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27.04.2006
Dernière mise à jour :
24.11.2009

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et voilà pourquoi on ne peut plus faire de grillades sur les sarments !......
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very interesting story!...
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très jolie photo. on aimerai bien s'allonger parmi les pâquerettes, regarder le ciel et rêver... a bientôt....
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on en apprend des choses...je me demandais quel gout pouvait avoir le vin de namibie..??? merci pour les belle...
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Viticulture

Un dispositif un peu archaïque

Publié le 24/11/2009 à 10:48 par cessenon
Un dispositif un peu archaïque

 

 

La photo a été prise ce dimanche 22 novembre à La Maurerie, un hameau de la commune de Prades s/ Vernazobres, par Jean-Pierre Quirin, « un Vosgien de souche ». Elle montre un dispositif permettant de brûler les sarments que coupe le viticulteur lorsqu’il taille sa vigne.

L’utilisation de ciseaux électriques ou à air comprimé laisse une main libre et permet à celui qui taille de mettre les sarments dans le bidon où le feu est entretenu par l’apport constant de combustible. Ah, il faut naturellement faire suivre le chariot sur lequel est fixé le bidon.

Ici on a reconverti un système qui servait à supporter une charrue lors d’un déplacement sur une route ou un chemin quand on allait labourer ou qu’on en revenait. En occitan on appelait cela un « rabalaire ».  Le soc et le versoir étaient alors à quelques centimètres au-dessus du sol.

Très souvent le laboureur montait en amazone sur le cheval, le large dos de celui-ci offrant un espace plat assez commode.

Ce dispositif pour brûler les sarments n’est guère plus employé, le plus souvent le viticulteur passe avec un tracteur et une griffe entre les deux rangs de ceps où il a fait tomber les sarments pendant qu’il taillait.

 

 



L’alicante de Bouschet

Publié le 18/11/2009 à 10:51 par cessenon
L’alicante de Bouschet

 

 

C’est le nom du cépage au feuillage rouge avec lequel a été plantée la vigne que l’on voit ici. La photo a été prise par Martine le dimanche 15 novembre, en dessous de la campagne de Mamette.

L’alicante de Bouschet avait un peu disparu du paysage viticole sans doute parce qu’il n’était retenu dans aucune appellation. Depuis quelques années on voit des parcelles replantées avec ce cépage, les caves coopératives ayant encouragé leurs adhérents par des primes en degré pour qu’il soit à nouveau choisi. La raison ? C’est que l’alicante de Bouschet est un cépage teinturier, c'est-à-dire que le jus de son raisin est très rouge et qu’il contribue à donner de la couleur au vin.

On peut d’ailleurs vérifier que le jus est vraiment rouge en écrasant un grain entre ses doigts. A l’époque on pouvait même faire croire qu’on s’était taillé en badigeonnant sa main avec un tel jus.

A l’automne le feuillage prend une teinte rouge vineuse qui tranche sur celui des autres vignes.

L’alicante de Bouschet, qu’on appelle aussi alicante Bouschet, est un hybride créé en 1855 par Henri Bouschet à Mauguio par croisement de grenache noir et de petit Bouschet.

 

 

Un pied de vigne atteint de chlorose

Publié le 09/06/2008 à 12:00 par cessenon
Un pied de vigne atteint de chlorose


La photo a été prise ce dimanche 8 juin dans une vigne située à un kilomètre environ de Lugné sur la droite quand on vient de Cessenon.
Comme vous pouvez le constater les feuilles du cep sont d’une couleur jaune qui n’a rien de rassurant quant à la santé du sujet. Il est en effet atteint de chlorose, une maladie qui se caractérise par une insuffisance de chlorophylle ce qui donne au pied de vigne son aspect anémié.
La maladie est apparue après le phylloxéra lorsqu’on a greffé le plant français sur le plant américain.
Le plus souvent c’est tout un secteur de la vigne qui est touché.
C’est la carence en fer qui serait responsable de la chlorose, le fer étant nécessaire à la photosynthèse qui produit la chlorophylle. La chlorose ferrique affecte les terrains calcaires, lesquels ne permettent pas, à cause de leur basicité, la solution de cet élément. Effectivement au cours de la randonnée effectuée dans le terrain schisteux des Landes et de la vallée du Rieu Berlou nous n’avons vu de feuilles jaunes dans aucune des vignes rencontrées.
Il est possible qu’avec les chaleurs la vigne ainsi touchée retrouve sa couleur verte. On peut aussi la traiter avec un produit chimique (sulfate de fer, chélate de fer…) dont le fer peut être assimilé par la plante au niveau de ses racines ou de ses feuilles. Oui, il ne servirait à rien d’enfouir des clous au pied du cep malade ou de pulvériser de la limaille sur son feuillage !
Si la maladie n’est pas enrayée la récolte est compromise, les feuilles se dessèchent, ses sarments deviennent rabougris, le cep dégénère, devient chétif, … comme le chêne de la chanson de Brassens, victime des nombreux amants de la mégère qui en avait fait un lit, « il vieillit prématurément ! »

C'était il y a 33 ans !

Publié le 16/05/2008 à 12:00 par cessenon
C'était il y a 33 ans !


Notre ami Pierre Escande a retrouvé dans ses archives une page de La Marseillaise datant de 1975 dans laquelle, avec un autre viticulteur de Murviel, Joseph Solans, aujourd’hui décédé, il donne une interview à Roger Champfort journaliste au quotidien.
Tous les deux sont militants du MODEF et dressent un bilan alarmant de la situation dans leur profession. Le vin se vend mal, quand il se vend. Il est en 1975 à 0,90 F le litre soit le même prix qu’en 1968 alors que les coûts de production ont augmenté, de même que le coût de la vie.
A cette époque- la commune de Murviel compte 1800 hectares plantés en vigne et il existe une centaine d’exploitants dont la viticulture est l’unique activité professionnelle. Déjà on aperçoit en perspective une baisse sensible de ce nombre : une dizaine de jeunes viticulteurs de moins de 25 ans seulement sont installés.
La superficie nécessaire pour vivre correctement n’a cessé d’augmenter. Que faire ? Prendre des vignes en métayage ? Il faut un rendement minimum de 100 hl / ha pour que cela soit viable. Acheter ? Oui mais il faut le plus souvent emprunter au Crédit Agricole. Et de plus avoir davantage de terre à cultiver conduit à atteindre la limite de la charge de travail de l’exploitant et de sa famille. Embaucher du personnel pose d’autres problèmes.
L’endettement des viticulteurs est devenu une donnée incontournable. On estime qu’en moyenne il correspond à une année entière de récolte.
Qu’est-ce qui est mis en cause dans les difficultés du monde viticole en 1975 ? En premier lieu les importations de vin de la communauté européenne, notamment d’Italie. D’autres facteurs sont également avancés : la TVA sur le vin qui est de 17,7 % contre 7 % pour les autres produits agricoles. L’insuffisance du pouvoir d’achat des salariés, cause de la réduction de la consommation, est également signalée.
Que pensent les interviewés des mesures prises avec la distillation ? Ils dénoncent l’envoi à la chaudière d’un vin « loyal et marchand. »
Ils mettent en cause l’insuffisance des aides à la viticulture qui sont de 8 000 F à l’hectare alors qu’elles devraient se situer entre 20 000 et 30 000 francs.
Dans la même page du journal Paul Balmigère, député communiste de la circonscription, rend compte de l’enquête d’une commission parlementaire sur les vins algériens à laquelle il a participé. Ce n’est plus de ce côté qu’il faut chercher la source de tous les maux.
On pourrait s’interroger sur c’est qu’est devenue la situation viticole trente trois ans plus tard. Si on remplace importation de la communauté européenne par importation mondiale et distillation par arrachage, on a à peu près les mêmes ingrédients, sauf qu’on ne trouve plus dans le syndicalisme viticole les leaders qui s’appelaient Maffre Baugé, Emilien Soulié… On ne trouve pas non plus dans le parti communiste l’analyse pertinente de ce que sont les racines de la crise. En harmonie avec sa quasi disparition de la scène politique, de ce côté-là ce serait « Silence radio ! »
Par contre la crise a atteint une telle dimension que c’est en fait une question de survie pour les viticulteurs et le monde rural qui entoure Béziers. Les surfaces plantées en vigne ont encore été réduites et le nombre d’exploitants a encore diminué. On notera également l’aggravation des mesures prises : distiller c’était détruire la production, arracher c’est détruire l’outil de production ! Quant au revenu des viticulteurs…
On peut relever dans l’interview une interrogation qui a pris encore plus de poids aujourd’hui : « Partir ? Et aller où ? »

A Thézan les Béziers en 1912

Publié le 02/03/2008 à 12:00 par cessenon
A Thézan les Béziers en 1912
En 1912 des grèves d’ouvriers agricoles ont secoué le monde viticole. La photo a été prise cette année là à Thézan les Béziers.
La photo indique qu’une grève des ouvriers agricoles a duré du 21 janvier au 6 mai 1912. Sous la surveillance, suprême recours, des gendarmes et des hussards, les propriétaires taillent les vignes.
On peut les voir, habillés d’une manière plutôt bourgeoise : chapeau, gilet, cravate, cordon, nœud papillon… les ciseaux de taille à la main.
On remarquera toutefois à travers la tenue vestimentaire que la situation sociale est assez disparate. Certains sont coiffés d’une casquette, n’ont rien autour du cou, pas de gilet. Quelques-uns ont visiblement une bedaine radical / radical socialiste !
Notre ami Jean Sagnes nous a fourni de précieux renseignements sur la grève des ouvriers agricoles de Thézan les Béziers en 1912.
C’est une des plus importantes qui se sont déroulées dans le Bas-Languedoc avant 1914.
Elle portait sur la non-prorogation du contrat de travail qui avait été signé en 1911 à la suite d’une première grève. Ce contrat arrivait à expiration le 31 décembre et les patrons ne voulaient pas le renouveler.
Le salaire des ouvriers était de 0.50 f de l’heure, celui des ouvrières de 0.25 f. La journée de travail était de 6 heures. Selon Jean Sagnes la question du paiement des heures supplémentaires a été l’élément décisif du déclenchement de la grève.
Celle-ci a touché 80 propriétaires et entraîné dans l’action 250 ouvriers (150 hommes et 100 femmes. Celle de 1911 avait vu la participation de 330 ouvriers et avait duré du 13 au 27 mars, la reprise s’étant effectuée deux jours après la signature du contrat.
Le rapport officiel fait état d’incidents sérieux pendant la grève de 1912 : charges de dragons et de hussards, actes de sabotage…
Le travail reprend après les élections municipales qui donnent la majorité à la liste patronnée par les propriétaires. 60 ouvriers agricoles seront congédiés, la plupart devront quitter le village. Parmi eux se trouve un certain Rocca qui s’expatrie à Capestang. Le fils, Edmond, âgé de 9 ans, deviendra secrétaire départemental de la CGT du Gard et son épouse Gilberte Rocca député communiste.
18 des participants à la grève seront l’objet de sanctions judiciaires, l’échec du mouvement marquera durablement le village.

Luttes de classes dans les vignes

Publié le 21/11/2007 à 12:00 par cessenon
Luttes de classes dans les vignes
Luttes de classes dans les vignes
Ouvriers et propriétaires à Cruzy de 1900 à 1914


C’est le titre d’une étude fort intéressante effectuée par Jean-Louis Escudier, chercheur au CNRS. Elle examine les mouvements sociaux qui se sont déroulés sur la commune de Cruzy avant, pendant et après les événements de 1907.
Une première grève va éclater à Cruzy en février 1904. Les grévistes demandent une augmentation des salaires. Au domaine de Sériège vient se greffer une revendication spécifique : le renvoi du régisseur Jean Tranier. Celui-ci se livre en effet à des tracasseries envers les membres du syndicat des cultivateurs de Cruzy récemment créé.
Sériège est un immense domaine qui appartient à Alexandre d’Andoque lequel vit à Montpellier. Y sont employés une vingtaine de domestiques gagés (ce sont des célibataires qui sont logés et nourris sur le site) et une soixantaine de journaliers qui viennent chaque jour du village, distant de deux kilomètres. Une permutation de Jean Tranier avec le régisseur d’un autre domaine sera effectuée.
La mévente du vin est déjà là et les propriétaires ont licencié une partie de leur personnel, réduisant au chômage 42 ouvriers de la commune. Une deuxième grève éclate à Cruzy en décembre 1904. A son issue 39 personnes seront embauchées.
La grève a été dure, les gendarmes sont intervenus. On a assisté à l’arrestation et à la condamnation de plusieurs manifestant(e)s à des amendes ou à diverses peines de prison.
En 1905 Alexandre d’Andoque vend Sériège à Edmond Bartissol, un député des P.O. qui vit à Paris. Il est propriétaire de six domaines qui totalisent une production de 45 000 hl de vin. Il ne semble pas qu’il soit jamais venu à Sériège qui est alors géré par Adolphe Turrel, ancien ministre des travaux publics dans le gouvernement de Jules Méline.
Dans son étude Jean-Louis Escudier évoque les tentatives des viticulteurs d’organiser un réseau de commercialisation du vin afin d’assurer un prix rémunérateur. A Béziers on relève le nom d’Antonin Palazy comme promoteur d’une telle opération. Bartissol s’est implanté à Cruzy avec un objectif de même nature cependant qu’à Maraussan c’est une coopérative de vente qui a été mise en place.
Depuis le congrès de la FNTA (Fédération Nationale des Travailleurs de l’Agriculture) qui s’est tenu à Perpignan en 1903 les ouvriers des villages viticoles se sont organisés en syndicats des cultivateurs et terrassiers. Outre la fonction revendicative première, ses militants gèrent des caisses de crédit mutuel et créent des coopératives de consommation (à Cruzy ce sont La Solidarité et L’Emancipatrice).
Sur le plan politique l’axe républicain de défense contre royalistes et cléricaux a peu à peu cédé la place à l’opposition d’un parti socialiste naissant à un parti radical socialiste solidement implanté dans le paysage. Si lors de l’élection partielle de 1904 Jules Razimbaud fils gagne sans surprise le siège de député de la circonscription de Saint-Pons jusque là tenu par son père, à Cruzy Jean-Marie Bron, le candidat socialiste, fait presque jeu égal avec Razimbaud : 110 voix contre 156, cependant que les socialistes conquièrent une série de municipalités dans le secteur, à Capestang notamment.
La grève de 1906 affectera Sériège avec l’annonce du licenciement de 62 des 94 journaliers employés sur le domaine. Elle débute en octobre et se solde par un accord le 13 novembre. Différents faits sont développés dans l’étude : l’affaire du transport des demi-muids de la cave du domaine au port de la Croisade, empêché par les grévistes, la présence de l’armée, le 18ème régiment de chasseurs, la place des femmes dans les manifestations, les poursuites judiciaires et les condamnations.
Deux Cruzyates sont condamnés à de lourdes peines : Augustin Calmette, secrétaire du syndicat des ouvriers agricoles à 15 mois de prison, Michel Malaret à 6 mois. Alors que la révolte du Midi se développera tout au long du printemps 1907 ils resteront incarcérés, Augustin Calmette ne sera libéré de la prison de Nîmes, où on l’a mis par mesure de sécurité, que le 5 décembre 1907 !
Jean-Louis Escudier examine sans complaisance les effets de la CGV (Confédération Générale des Vins) dans la dissolution des revendications spécifiques aux ouvriers agricoles au sein d’une nébuleuse où sont confondus les intérêts des exploités et de leurs exploiteurs.
Cela n’empêchera pas à terme de nouveaux conflits du travail. A Quarante par exemple une grève se déroule en 1912 à l’occasion des traitements contre le mildiou. Elle verra les mêmes ingrédients qu’ailleurs dans le passé : emploi de jaunes, de saisonniers espagnols, intervention de la troupe, tentatives de médiation du sous-préfet…
Entre temps Sériège est revenu dans le giron de la famille d’Andoque. Le 21 décembre 1910 Edmond Bartissol a revendu le domaine à un André d’Andoque et à sa sœur Marie-Madeleine, épouse de Gustave Fayet, pour la somme de 888 500 francs, soit une plus-value de 330 000 francs en cinq ans !

La révolte du Midi Viticole cent ans après

Publié le 13/10/2007 à 12:00 par cessenon
La révolte du Midi Viticole cent ans après
Les femmes dans les manifestations de 1907

C’était le thème du colloque national d’histoire organisé au Palais des Congrès les 12 et 13 octobre pour les XVIIIème rencontres de Béziers.
Nous avons choisi de rendre compte de la communication faite par Jean-Louis Escudier, chercheur au CNRS, sur le thème « Entre luttes de classes et union sacrée, ouvriers et ouvrières agricoles devant la crise viticole ». L’intervenant développera plus particulièrement la question de la main d’œuvre féminine. De plus il rendra compte de la situation plutôt avant et après 1907 que pendant les événements de l’année.
Le nombre des ouvriers agricoles est alors important et les statuts variables. Il y a les domestiques qui vivent sur le domaine et qui éventuellement sont nourris, notamment quand ils sont célibataires. Il y a ceux qui habitent les bourgs. Certains sont payés à l’année, d’autres au mois, d’autres encore à la journée. Il y a diverses catégories, les laboureurs, les brassiers, les ramonets… Plusieurs exploitent, en marge de leur activité salariée, quelques vignes dont ils sont propriétaires ou métayers. Bref la situation est très disparate.
Certains travaux ne sont pas effectués par les hommes. En général pendant les vendanges ce sont les femmes qui coupent les raisins. Ce sont elles qui « lèvent les bûches » expression du français méridional qui signifie enlever les sarments de la vigne. A cette époque on ne jette pas les sarments, ils sont utilisés comme combustible et on en fait des fagots.
Les femmes peuvent également être employées à la préparation et au transport de la bouillie bordelaise, pour échauler…
Si le rôle premier qui leur est attribué consiste à assurer les tâches ménagères on ne peut pas considérer leur travail à la vigne comme une activité résiduelle. D’après les statistiques le nombre de journées de travail des femmes correspond à 80 % de celui des hommes.
Leur salaire est la moitié de celui des hommes et apparaît comme un complément à ce dernier. Appréciation nuancée car il existe à cette époque des familles monoparentales, même si l’adjectif n’est pas encore utilisé. Veuves ayant des enfants en bas âge, filles-mères, femmes célibataires vivant chez les parents… Il n’y a pas de catégorie particulière dans leur emploi chez les propriétaires viticulteurs.
En 1903 le congrès de la Fédération Nationale des Travailleurs de l’Agriculture (CGT) qui se tient à Perpignan pose les jalons de la prise en compte des revendications des ouvrières agricoles. C’est un peu une révolution dans un temps où au sein de la CGT existe un courant qui considère que le travail des femmes est source de chômage pour les hommes.
Naturellement en 1907 le droit de vote n’est pas accordé aux femmes et il faudra attendre 1920 pour que leur soit reconnu celui de se syndiquer sans l’accord de leurs maris !
Les femmes qui sont responsables de l’économie familiale participent avec leurs enfants aux manifestations, que ce soit pendant celles qui se déroulent en 1907 mais également lors des importantes grèves des ouvriers viticoles qui ont eu lieu dès 1903. Certaines prennent des risques, se couchant devant la troupe, les charrettes qui sont interceptées. Elles sont un atout pour les manifestants et ceux qui les soutiennent.
En 1912 on assistera à Coursan à un conflit social mettant en scène les ouvrières agricoles employées à l’enlèvement des sarments. Leur grève durera 58 jours et les ouvriers agricoles se montreront solidaires en y participant 2 jours. Ils refuseront de ramasser les sarments mais il faut dire qu’il n’y a peut-être pas que de la solidarité à ce sujet. Oui « lever des bûches » est en effet un travail de femme et donc dévalué aux yeux des hommes.
C’était un regard tout à fait original qui, avec cette communication, a été porté sur un aspect particulier de cette période de la révolte du Midi viticole.

La production artisanale de « vin blanc »

Publié le 28/09/2007 à 12:00 par cessenon
La production artisanale de « vin blanc »
La plupart des viticulteurs produisent chez eux pour leur consommation personnelle ce qu’il est convenu d’appeler du « vin blanc » bien que le liquide ne soit en général pas incolore.
En fait c’est surtout le procédé de fabrication qui conduit à l’appellation « vin blanc ». La fermentation du moût se fait sans contact avec la peau ou la rafle du raisin, sauf dans le cas où le grain est blanc auquel cas on parle de « Blanc de blanc ».
Le raisin est le plus souvent du grenache, désigné aussi sous le nom d’alicante de pays. Il est cultivé sur de petites parcelles, sur des terrains bien exposés. Il est récolté après les vendanges, et la vinification se fait chez le propriétaire. D’autres cépages peuvent également produire du vin blanc : la clairette et le muscat notamment. Mon oncle Aimé utilisait du Terret, plutôt destiné au rosé.
Tiens ma tante Rose suspendait des grappes de Terret dans sa cave et quand j’allais lui rendre visite je faisais un arrêt avant de monter et en redescendant pour chiper des grains qui avaient déjà commencé à sécher à la manière des raisins de Corinthe. J’adorais ce goût de sucre !
On ne doit pas quichar (presser) le raisin destiné au vin blanc lors de sa cueillette. Celui-ci sera faunhat (foulé) puis pressé à l’aide d’un petit pressoir, en prenant soin de laisser s’écouler le moût avant de donner un nouveau tour de vis. Le moût sera mis à fermenter tout seul dans des tonneaux. Il y restera quatre ou cinq mois avant d’être consommé. Il sera même meilleur l’année suivante.
Les qualités du produit obtenu vont dépendre de plusieurs facteurs, le degré mustimétrique du raisin étant l’élément déterminant. Mais le savoir-faire du viticulteur, qui peut ajouter de l’alcool, du sucre, voire de l’antiferment, va lui aussi contribuer au résultat.
Le résultat ? C’est très variable, ça va de bon à franchement médiocre ! Le « vin blanc » peut être doux ou sec avec tous les niveaux intermédiaires. Le sec est employé pour les sauces, mais certains amateurs le préfèrent au doux. On y trempait des biscuits, ce qu’on désignait par « faire saussola ».
Le marc (la raca) pouvait être utilisé pour fabriquer des piquettes. On rajoutait de l’eau et on laissait fermenter le tout. On obtenait alors un vin de faible degré qui avait un goût piquant. Il me semble que cela se buvait quand on mangeait des châtaignes.
Le marc pouvait ensuite être donné aux poules et finissait le plus souvent dans un jardin pour en ameublir la terre. Tiens j’ai appris de l’ami Peppone une expression que l’on emploie à Murviel : « Sembla un piòt sus un molon de raca ! » (Il ressemble à un dindon sur un tas de marc !) J’ignore si le jugement fait état de la sottise ou de la vantardise de l’individu ainsi jugé.
L’autre jour je m’étais arrêté chez lui. Il était dans son « magasin » avec deux amis en train de « faire son vin blanc ». Malheureusement la batterie de mon appareil photo était à plat je n’ai pas pu fixer la scène pour la postérité. Je l’ai d’autant plus regretté que cette activité devient rare aussi rare en fait que les viticulteurs !

Impressions sur une manifestation

Publié le 05/07/2007 à 12:00 par cessenon
Impressions sur une manifestation
Vue du rassemblement sur les Allées
Photo Michel Szewczyk


Lundi 2 juillet les viticulteurs de la région étaient appelés par un ensemble d’organisations minoritaires à manifester à Béziers. Parmi ces associations on trouve le MODEF et la Confédération Paysanne. Les syndicalistes « institutionnels » n’étaient pas présents.
Ah certes ce n’était pas la foule des grands jours sur les Allées Paul Riquet. Entre deux et trois cents participants sans doute. Ceci étant, les interventions étaient particulièrement justes. Divers éléments peuvent être relevés.
Le lien entre les difficultés de la viticulture et celles du monde rural amputé de toute une série de services publics (Poste, Trésor Public notamment) a été mis en évidence. La mondialisation capitaliste a été présentée comme la cause des drames économiques et sociaux que vivent nos villages.
L’arrachage c’est encore une perte d’emplois dans une région déjà sinistrée en la matière : exploitants, salariés agricoles, employés des caves coopératives, emplois induits dans divers secteurs.
La contradiction entre le plan d’arrachage et les mesures de libéralisation des droits de plantation a par ailleurs été soulignée.
C’était peut être la première fois que les viticulteurs ont participé à la commémoration des événements de 1907 avec l’hommage rendu aux mutins du 17ème devant la plaque apposée sur la façade du théâtre municipal. Drapeau occitan en berne puis courageusement relevé, tout un symbole !
Je me trouvais à côté d’un groupe d’exploitants de Ginestat alors qu’ils étaient interviewés par un journaliste de La Dépêche. Des gens entre 40 et 45 ans travaillant de 20 à 25 hectares de vignes. Pour eux l’aggravation des difficultés remonte à trois ans. L’absence de dirigeants viticoles « officiels » était plus que regrettée, elle était condamnée. Nous ne sommes plus au temps des Maffre Beaugé ou des Emilien Soulié ont-il lâché ! Quel devenir ? L’arrachage ? Cela peut aider ceux qui sont à la veille de prendre leur retraite et qui n’ont pas de relève. Mais les autres ? Se reconvertir dans le tourisme ? Comment, quand les vignes sont à trois kilomètres de l’agglomération ? Trouver du travail dans quel secteur ? Il n’y en a pas dans la région ! Et que devient le potentiel économique de la commune quand l’arrachage des les vignes est programmé ?
Voir disparaître un patrimoine patiemment construit au fil des ans a quelque chose de particulièrement désolant a-t-il été ajouté !
Impressionnant aussi le calme qui régnait : pas de débordement, des consignes de dissolution claires et scrupuleusement suivies.
Il y a peut-être quelque chose de nouveau qui naît. C’est en tout cas ce qu’il faut souhaiter et encourager. D’autant que les décisions qui viennent d’être annoncées à Bruxelles tournent résolument le dos aux revendications. Mais on sait quels intérêts défend l’Union Européenne, certainement pas ceux de la viticulture familiale !

Identification !

Publié le 25/06/2007 à 12:00 par cessenon
Identification !
La photo ci-dessus est connue et a été utilisée comme carte postale. Elle a été prise le 21 juin 1907. On y voit un groupe de mutins du 17ème de ligne sur les Allées Paul Riquet à Béziers.
Elle a été publiée en première page de l’édition du 20 juin 2007 (soit cent ans jour pour jour après le déclenchement de la mutinerie !) du journal L’Humanité et reproduite également dans L’HERAULT du Jour du 24 juin.
Une lectrice de Montblanc a reconnu formellement dans le personnage qui est à droite, la main sur le fusil et une cigarette à la bouche, le grand-père paternel de son mari. Il s’agit de Bruno Saint-Just Bourret qui était originaire de Neffiès.
Il a par la suite été tonnelier / foudrier à Montblanc où il est décédé à l’âge de 93 ans, c'est-à-dire à la fin des années 70. Il était républicain et avait été candidat lors d’élections cantonales (ou d’arrondissement ?) qui avaient eu lieu le 18 octobre 1931 sous l’étiquette du Parti républicain, radical et radical-socialiste.
A la Libération il avait assuré par intérim les fonction de maire de Montblanc, le titulaire du poste, Edouard Barthe, le député du vin, ayant dû rendre des comptes sur ses activités pendant l’Occupation.