Le lance-pierre
Publié le 26/10/2007 à 12:00 par cessenon

On le désignait sous le nom de flèche. C’était formé d’une armature, en général en bois, quelquefois faite d’un gros fil de fer, ayant la forme d’un Y. Deux élastiques d’égale longueur, récupérés dans une chambre à air, étaient reliés par un bout aux branches de l’armature, par l’autre à une pochette en cuir dans laquelle on plaçait la pierre.
Au temps de ma jeunesse la division entre activité intellectuelle et activité manuelle était sans doute plus marquée qu’aujourd’hui dans notre société. Pour tout un faisceau de raisons je n’étais pas doué dans le deuxième registre. C’était général dans ma famille. Personne n’avait de compétence en matière de bricolage et je peux même préciser qu’il n’y avait pratiquement aucun outil dans notre maison. Quand j’avais besoin d’une pince universelle j’allais l’emprunter chez Paul Marsinhac, le voisin d’en face.
Mais il y avait d’autres jeunes, pas spécialement bons élèves, tout le contraire même le plus souvent, qui savaient faire des tas de choses de leurs dix doigts et donc en particulier des flèches. C’est qu’il fallait savoir accrocher les élastiques à leurs extrémités avec soit de la ficelle forte, soit avec du fil de fer fin.
En principe les flèches étaient destinées à tirer sur les oiseaux, nombreux dans les vignes à cette époque. Je ne pense pas qu’il n’y ait jamais eu d’hécatombe avec cet engin de chasse. Il était en effet difficile d’atteindre sa cible bien que certains aient essayé d’augmenter leur chance en remplaçant la pierre par de la grenaille de plomb.
Toutefois j’ai été témoin d’un coup au but. L’auteur en était René Gutzwiller, aujourd’hui retiré à Cazouls les Béziers. Cela devait se passer autour de 1954. J’avais pris l’habitude de sortir en campagne le dimanche après-midi avec lui et ses deux cousins, Paul et Philippe Humbert, ce dernier, que plus tard on a appelé Pipo, est décédé il y a une dizaine d’années.
Ce jour-là il avait plu et un peu au hasard de notre inspiration nous avions pris un chemin qui arrivait perpendiculairement au ruisseau du Landeyran. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un torrent tumultueux !
Retour sur nos pas et retour vers le village. A l’entrée du pont, à l’angle du chemin qui aujourd’hui dessert le camping, était un figuier qui prenait racine dans un jardin que cultivait alors Louis Petit. Il y avait aussi une noria et j’ai le souvenir de la mule qui la faisait tourner permettant ainsi à Marius, le père de Louis, d’arroser ses plates-bandes.
Un moineau, peut-être plusieurs d’ailleurs, était sur ce viguier. René arma sa flèche, le projectile dût atteindre l’oiseau. Celui-ci chercha à s’envoler mais visiblement il était blessé car il partit avec difficulté. René courut après lui, l’attrapa et me semble-t-il l’étouffa en lui serrant le cou. Cela m’avait fortement impressionné !
J’ai deux autres souvenirs attachés à cette affaire de lance-pierre. Derrière la distillerie avait été découvert tout un gisement de petits morceaux de fer en forme de cylindre aplati qui étaient considérés comme de meilleurs projectiles qu’un simple caillou.
Le second concerne un moment de bonheur que j’avais eu en contrebas de la voie ferrée du chemin de fer d’intérêt local où se trouvait un pré qui appartenait à Alphonse Miro. Plus tard ce terrain a été planté en vigne, aujourd’hui disparue, et il me semble que le cépage employé avait été un hybride.
Oui, un moment de bonheur comme ils arrivent sans qu’on sache pourquoi. Robert Calas, très en train, m’avait enthousiasmé par l’ambiance qu’il avait créée auprès du groupe de garçons qui se trouvaient avec lui.
Je ne sais plus si c’est lui ou un autre mais l’un d’entre nous avait utilisé comme projectile pour son lance-pierre une tige de roseau. C’était une découverte de voir ainsi partir dans le ciel la tige comme si elle avait été lancée par un arc.
Tiens à propos d’arc je complète mon histoire avec la méthode de pêche que j’avais vu employer par Roger Sénégas. Après avoir vécu à Murviel, il habite aujourd’hui Cessenon, rue de la Fontaine Sucrée. On l’avait baptisé Tarzan, encore que le surnom familial était plutôt La Caque. Son père avait été un des mutins de la Mer Noire. Il utilisait un arc et des baleines de parapluie en guise de flèche. Je crois qu’il arrivait à attraper ainsi quelques poissons. L’ancêtre du fusil sous-marin en quelque sorte, sauf que lui opérait depuis la berge.
:: Les commentaires des internautes ::
Je me souviens parfaitement de ce genre d'instrument que je qualifierais de "barbare".Effectivement mon frère ainé, l'intello de la famille n'avait aucun besoin de lance-pierre. Tandis que mon frère cadet, lui, en fabriquait à "gogo" avec sa bande de petites canailles.
Je dis "petites canailles", car cette horreur servait à lancer de petites pierres bien rondes dans les jambes et les ****** des filles.
Nous les fuyons comme la peste en hurlant et pleurant...
Dieu, comme nous détestions les garçons...à cette époque.
Sympathique comme souvenir (sourire).
Bonne soirée.
je recherche de "l'élastique carré" comme sur votre photo ...savez vous où je peux m'en procurer car mon lance-pierre donne de sérieux signes de fatigue ...il date de mon grand père !!Je m'apelle patrick Gutzwiller, fils de René..., je vais vendredi le voir à la clinique, opération du coeur bien passée, ce n'est pas à vous que j'apprendrais la rudesse de la mauvaise herbe! , je me fais un plaisir de lui faire lire vos récits, encore merçi...Je suis un gros fana de lance pierre!!!j'habite dans le 95 je voudrais savoir ou je peu trouver un elastique de lance pierresi tu n'habites pas trop loin de PARMAIN près de l'ISLE ADAM tu en trouvera à l'armurerie de parmain près de la gare. mon mari , toqué de lance pierres s'approvisionne régulièrement là-bas. j'espère que ma réponse n'est pas trop tardive vu la date de ton message.Moi je cherche comment bien visee avec le lance-pierre pour essayer de jamais rater ca cible.
Merci
http://www.gizmodo.fr/2010/11/25/comment-se-fabriquer-un-lance-pierre-a-visee-la ser.html
Si cela peut te répondre.
le lance pierre en argot dans les années 50 =un pigotbonjour
j habite Montady et il me semble vous connaître.Ma question est simple:comment vise ton au lance pierres? ou est ce d'instinct?jE voudrais m entrainer a tirer mais j aimerai savoir s il y a une façon de viser
merci a vous
Du temps de l'Algérie française ce bel instrument de chasse s'appelait: UN STACK. Peut être que quelqu'un de LA BAS s'en souviendra aussi.....
On a connu ça en France, on l'appelait "une flèche". Je n'en ai jamais eu mais je n'étais pas très habile pour le travail manuel. Il faut dire que chez moi il n'y avait aucun outil !http://Cessenon.centerblog.net
Chez nous, dans ma jeunesse, ce lance-pierres s'appelait Stack